Samedi 22 mars 2008
Voici ce que j'allais pour poster jeudi.

Alors attention: ce post ne vise pas à choquer, il n'est pas particulièrement fouillé, il cible autre chose que les morts, les vivants et le respect qu'on doit à tous.Peut-être même qu'il plaide pour ce respect, justement.

J'écoute  franceQ assez souvent, et en ce moment une série d'émissions a pour thème les tabous.

Dans un très court dialogue de l'une, il est question de la mort, des mots de la mort et autour de, cad donc du corps défaillant, vieillissant, voire mourant.
Càd notre destin commun (oui, c'est un post gai :-))

Ca fait longtemps que je remarque qu'on ne dit plus, ou bien rarement:
"un-e tel-le est mort-e" mais "un-e tel-le est décédé-e".
Le verbe décéder, comme son adjectif décédé-e ne m'a jamais paru rendre compte d'une fin de vie, sauf dans des actes admin d'où il est issu, en fait (ou judiciaires, mais je fréquente peu la chose).
Alors que mort-e/mourir/mourant, oui.
C'étaient ces mots là que j'entendais, gamine.
Certes on parlait à égalité de 'la mort' de  ou du 'décès' d'un-e telle, mais on disait, et  je dis encore: truc est mort-e. Le substantif ok (notez que 'décès' est masculin), le verbe et ses conjugaisons... moins voire pas.
Parfois, quand je ne connais pas mon interlocuteur-trice, j'use de 'décéder', au cas où ça le ou la choquerait  notamment s'il s'agit d'un-e proche à lui ou elle, vu la prégnance du mot.
Bon, vous me direz, c'est mon usage perso.
Oui. Mais ça m'interroge/pelle/dit quand même.
(ben quoi, c'est un blog de questions sans fond, non? bon alors, arrêtez de râler,là-bas dans le coin)

La mise en usage étendu vient-elle de l'idée qu'employer le verbe "décéder" serait plus respectueux du/de la mort-e que "mourir", puisqu'usité initialement dans des actes 'officiels'?
Ou bien parce que ce verbe paraît actif ('truc décède' ne serait pas équivalent à 'truc meurt'? et par extension les participes passés aussi?)?
Ou bien parce que les actes admin justement mettent à distance le vécu et ses déliquescences biologiques?

Rappel:
Décéder: Latin, cedere, s'en aller (sens voyager )+ de; donc: "sortir de"
Donc qq'un-e est parti, a donc mené une action qui nous délaisse,  et nous a laissé son désormais inutile corps à prendre en charge de façon x ou y.
Hé ben, moi, dans décéder j'entends: céder avec une nuance de reproche:
on a baissé pavillon, on a cédé face à l'adversité biologique, à la limite, ce serait donc volontaire.
(et les jours de matérialisme incarné -haha- j'entends 'cd', ha des diques, où ça donc?)

Dans ce petit dial radio j'entends développer un aspect qui me permet les reflexions suivantes...
...ce qui est maintenant (dans notre société hein) tabou du côté de la mort et de la maladie/du vieillissement, c'est que ce corps, outre son aspect fort peu ragoûtant,  ce corps, donc,  n'a plus aucune utilité/ rentabilité, n'est plus productif.
Ni de choses, ni d'argent, ni d'affectif (autre qu'angoissant par l'image qu'il est de notre avenir physique à tous, autrement dit, il n'est pourvoyeur que d'affect et d'une émotion associée rien moins que plaisante et qui demande un effort pour la surmonter/sublimer), ni d'échange d'égal à égal: le vieux, le malade, le mourant, le mort, c'est qui? Qq'un-e qui déshabite son corps?Qq'un-e qui est habité-e par autre chose (maladie, vécu différent...)
Comment  considérer la personne qui habite ce corps de façon immédiate et évidente?
Surtout si l'on pense que le corps est ou fait la personne et réciproquement (chacun-e ses croyances, s'pa).
Remarquez, si l'on pense qu'il est une âme qui fait la personne, on peut aussi se dire que son corps, déliquescent n'est plus un "bon" véhicule..

Oui, ca demande un effort à la fois interne et social d'accepter la mort en tant que finition (tiens, en couture, les "finitions" ont un autre sens...).Heu finitude....
Même l'agonie se devrait d'être rapide?
Le veillissement, c'est un processus, c'est trop lent.. on voudrait partir, dit-on, mais plus encore voir partir les autres (aimés ou indifférents) comme une flamme qui s'éteint.

La dépression, qui rend des gens improductifs, image même de l'inhibition, gênante, décalée par rapport à l'aspect 'intact'  du corps, renvoyant un signal difficile à gérer pour les autres,
qui rend les gens comme morts à la société (sociabilité zéro, capacité de travail nulle, etc),
est à traiter fissa avec des molécules au plus tôt (cf là).
Tout ce qui est tranquille, inopérant, voire simplement apaisé et non mouvant, non porté vers un but  palpable est, à première vue, analogue de fait ou de pensée, à la mort et donc pas intéressant...
Ne génère aucun intérêt (s)...
Je dis 'à première vue' , et je me demande si, socialement, le mouvement général ne s'arrêterait pas à cette première vue très économique/libérale.
On serait responsable de sa mort (et de ce qui la précède, tiens..cède) comme on doit l'être de sa santé (cf bouquins de R.Gori) selon une norme. Mmhh.. on va normer la mort?
Comme m'avait dit un jour Maybejunior, dans un moment de jeune évolte adolescente: oh les vieux ça sert à rien.
Marquant bien là son questionnement angoissé sur le sujet.
Et en même temps: dans nos sociétés, un-e vie-ux-ille, ça "sert" à quoi?Et vieillir?

Et qui est malade, vieillit, meurt, en fait  cèderait à qqchose de plus fort que lui, honte sur lui, le faible que voilà, qui n'a pas su vivre plus pour gagner plus, ou dépenser plus, ahem.
... bref, la mort, pardon, le décès, c'est devenu un concept économique:
on sait déjà la relègation des malades/mourants/morts....du côté des professionnels de la thanatologie,
on pense la retraite  la bonne la vraie, comme un temps de dépense des acquis, les autres retraites vegètent et celles et ceux qui la subissent  doivent se faire oublier, ou alors sont l'objet d'un moment de compassion dont nos journaleux et notre zydent sont friands,
on met les murants (décédants?) dans ce qu'on appelait les hospices, portant maintenant, divers noms, mais surtout pas au milieu de nous.

On peut aussi envisager les choses comme je viens de le dire: l'apaisé est trop paisible pour être honnête....
L'homéostasie fait peur tout en représentant l'état désiré...
Alors?
On cause du deuil sous pas mal de formes, le deuil, c'est bien, car maintenant c'est pensé -et dit comme- du travail, ouff, sauvés:
allons, l'occidental-e moyen-ne ne saurait rester bec bée et bras ballant face au fatum..
Est-ce que toujours se penser actif face à qqchose qui nous échet serait seul honorable et salvateur....alors qu'il faut aussi simplement accepter, laisser venir et laisser partir...savons-nous encore faire cela?
A la limite  savons nous accepter que nous ne sommes pas si forts que ça?Que nous ne sommes pas grand'chose face à Mère nature.. en nos temps de désir de maîtrise/contrôle de soi/du corps, c'est pas commode à prendre en compte.
C'est un "nous" global, bien sûr: je parle de grandes tendances médiatisées.

Les maladies graves bénéficient (?)  aussi de périphrases (oncologie, ça dit moins que cancérologie, cancer ca va, métastase ca va plus..) ou certains de leurs aspects...Vous saurez faire une liste vous-mêmes.

Nous avons peur des mots: les mots sont les choses.
Les contourner, les atténuer.... permet la mise en place de défenses psychologiques.
Mais un jour ou l'autre, le mot choisi n'atténue plus rien, ne protège plus, ne fait plus barrière, il faut à nouveau changer le mot.
Le fait reste.

Des mots:
disparaître -expirer -finir - aller ad patres - avaler sa chique - avaler son acte de naissance - avaler son bulletin de naissance - boire le bouillon d'onze heures - calancher -caner -canner - casser sa pipe - cesser de vivre - clamser -claquer -crever - descendre au cercueil - dévisser son billard - éteindre - être à sa dernière heure - exhaler son âme - faire couic - fermer la paupière - finir sa vie - manger les pissenlits par la racine - mordre la poussière - mourir -passer - passer dans l'autre monde - passer de vie à trépas - passer l'arme à gauche - perdre le goût du pain - périr - quitter la vie - rendre l'esprit - sauter le pas - succomber -trépasser - trouver la mort

J'aime bien trépasser: de trans (outre) et passare (lat pop, de passus, pas):
passer au delà ...
Mais quand même: on entend simplement trépas; le 3 eme pas.
Pas de porte.
Le 3 ème pied. (qui a dit le 3ème type...?)
Bon, le 3 ème pas.
Un pour naître, un pour vivre, un pour mourir.
Le pas, le pont, la porte.
Franchir le pas, le 3ème pas, pas sage, ce pas...
le pas qui mène ailleurs, le pas dont on ne sait rien, le pas qu'on ne maîtrise pas.
Ne... pas...
Ouch.. pardon pour le gloubiboulga..

Edit: j'ai pas écrit le quart de la moitié de ce que j'avais envie de dire, mais en l'état, j'espère vraiment que ce post ne vous choque pas, que ce soit par ce qu'il omet, par ce qu'il induit involontairement, ou par ce qu'il dit.
Jeudi 20 mars 2008
   Ce matin, j'allais en fait pour poster un gloubiboulga sur les mots de la mort, les mots d'évitement social (on se bouche les yeux sur le biologique immaîtrisable) ou personnel (qui servent de défense psychologique).
Or quand je me suis réveillée, tôt évidemment (petits zoizos, greffiers affamés, moi plus sommeil) j'ai appris la mort de Mme Sebire.

Ce qui a ravivé d'autres souvenirs de morts plus proches.

   Donc je vous ai gratifié-e-s (heu?) de ce machin sur les docs de bouffe.
Avec vergogne et cependant pour me dire à moi-même, et peut-être à voukilisez  que la vie continue et se doit d'être appréciée tant qu'on peut le faire, par respect justement pour celles et ceux qui n'ont pas les mêmes possibilités.

   Mais dans ma tête trottine depuis ce matin une espèce de coin qui fouaille...

Mercredi 12 mars 2008
Récemment, j'ai publié, puis ôté, un article qui parlait de moi-Ourse.
Je ne m'attendais pas à des comms derrière et moins encore à des comms qui prendraient pour point d'accroche une question me semblant parfaitement rhétorique,.
J'y disais aussi qu'on ne maîtrise pas ce qu'on montre/donne/ne donne pas.
Démonstration éclatante :-)

Mais tout ça m'a reposé (pour la n-ième fois) le pbme du bloggage.
On parle toujours de soi, toujours, même à travers des sujets aussi éloignés que possible, que ce soit par le fond, par la forme.. et par le simple fait de parler sur...
Qu'on expose sa parole au plus grand nombre, qui viendra ou non la lire, c'est encore autre chose, qui m'a été difficile  parce que je fonctionne avec un 'à quoi bon?' en tâche de fond:
on ne m'ôtera pas de l'idée que ma parole n'a pas plus de valeur que celle du, de la, voisin-e, même si c'est la mienne et qu'à ce titre elle a le droit d'exister.
Oui mais ex-ister, justement.
Posséder une réalité. Surgir du néant ou avoir une cause.
La réalité n'est pas en dehors de la perception que nous en avons.
Le temps, de même: il mourra avec moi.
L'espace, itou: là où je me dissoudrai ne sera plus 'là'.

Bref, quand je cause d'école, je sens une légitimité à ce blog, et ce ne fut pas facile de le penser,
quand je cause de tout autre chose, nettement moins,
et quand je cause de moi comme sujet du post, alors là...casse gueule.
D'autant que pour bien se faire comprendre, il faut entrer dans des détails que je n'ai pas envie de donner, ou partir dans une analyse, dont je considère qu'elle ne concerne que moi, ou des très proches.
Je pourrais parler de tous mes errements et autres mochetés, de ces combats intérieurs, de tout ce que j'ai eu à surmonter, etc.
Il en resterait quoi?
J'aurais surtout l'impression (erronée ou pas, mais une impression c'est toujours personnel) de m'étaler pour qu'on admire ma capacité à m'écorcher face caméra ou d'implicitement me donner en exemple, au sens éducatif du terme.
En ce sens ce serait putassier, comme je disais dans un des comms sous le post supprimé.
De fait, la capacité à  cette pudeur, très ciblée, me paraît respecter les autres: eux aussi ont  à faire avec leur intérieur, eux aussi auraient à dire, eux aussi voudraient sans doute qu'on les admire pour leur travail interne, leur évolution, leur ouverture différente au monde etc.
Moralité:
on en est tous là, alors, quel sens cela pourrait-il avoir de faire la danse des 7 voiles ou celle des pelures d'oignon sur un blog?

Et pourtant, il est des posts sur ce blog où je me suis livrée.
A chaque fois que je l'ai fait, c'est parce que ce qui était évoqué était réglé.
Et que vu ma capacité à oublier, stratégie personnelle -ce qui ne sert pas peut être remisé dans l'armoire- il m'était bon à ce moment là de mettre des mots, plus ou moins explicites.
Mais alors pourquoi publics, les mots?Parce qu'on vit dans la mémoire des autres?
C'est finalement la seule chose qui reste quand on a tout oublié, et non la culture, comme on le dit ;-)
(oui je mélange tout)
Une façon de déléguer peut-être? Une façon de continuer à avancer:
tiens, voilà, exposons le squelette de ce qui me fut fardeau, c'était léger, en fait, hein?
Tu l'as (ou tu t'es) bien vu? Allez, on le range.

Que restera t-il de ce blog, en somme, quand on l'aura oublié?
Un journal d'instit de préélem, qui lit un peu des trucs et qui ralouille.
C'est  pas si mal, en somme.

Dimanche 2 mars 2008
...mais après j'arrête.
Dans un  post de la rubrique "Page à page" (autopromo éhontée), je vous avait fait un digest d'un article du Jdespsys concernant  le www.
Récemment, suite à un des dérapages sans fart et sans fard de notre zydent, j'y suis allée de mon comm chez Swami, passke la cruche en moi a tout autant envie de se casser que le pauvre con allumé par le zydent.
Et avait envie de causer.
Et j'avais donc écrit ceci, directement tiré de mon post (je recycle en fait, tssss):
"Bonjour :-)
 de swami comm 57:
 "Pendant que la main gauche du prestidigitateur fait ce genre de choses, le bon peuple, Ma Sainteté en tête, se concentre sur le traitage de pauvre con commis ostensiblement par la main droite. Mais seul un paranoïque imaginerait qu'une diversion aussi grosse ait pu être organisée.."
 Il me semble aussi: ce n'est pas une diversion intentionnelle, c'est bien un des (nombreux) symptômes de l'instabilité (nerveuse? mentale? les deux?) du gars qui peut poser le doigt sur le bouton nucléaire.
 Et ça va avec son hénaurme ego qui a besoin que les choses roulent comme il les veut- même pas comme il les pense, comme il les veut, il pense après: l'action fait reflexion, dirait-on.
 Et le vouloir (conscientisé) n'est pas du désir (non conscientisé et donc masqué par du vouloir)
 Ca me fait penser à une logique binaire.
 Et je vais me permettre d'extrapoler un peu avec un truc que j'avais écrit ailleurs et à propos de tout autre chose:
 La logique binaire ramène le sujet  au niveau primaire du principe de plaisir-déplaisir (tel que Freud l’a décrit en 1925 «bon, à avaler, mauvais, à recracher»).
 Cette solution par l’action qui court-circuite et évacue l’angoisse de l’inconnu et l’angoisse de mort a plusieurs conséquences, notamment:”
 1 le désinvestissement du temps (et donc de la marche vers la mort) au profit de l’agir immédiat vécu comme intemporel (je rajouterais donc qu’on est aussi dans une fantasme agi de toute -puissance)
 2 le déni du principe de réalité (F.G. ajoute que cela dénie en premier lieu la réalité de la mort de l’individu, moi je mettrais volontiers là le déni de l’autre en tant qu’il est sujet de lui-même, qu’il est un autre, et existe pour lui-même, donc)
 3 les mythes de transformation et renaissance orientent vers ceux de la technologie (extérieure), au détriment du développement des capacités psychiques (se transformer soi-même en interne, plutôt qu’exiger cela de la réalité externe, humains compris, en somme)
 Fin de l'extrapolation.
 De toute façon, si l'on en vient à se questionner sur le fonctionnement psychique du zydent, on va trouver bien d'autres choses encore (perversion plus ou moins narcissique, et/ou Surmoi flottant, etc, on peut trouver plusieurs modèles, nous sommes tous multiples ).
"

Et j'avais aussi écrit ceci en comm 7 de
"On dirait bien que nous avons un zydent égotique (le Moi prédomine, du côté de l'ego) avec un Surmoi flou voire inexistant (comme on le dit le plus souvent des délinquants, même si je ne suis pas forcément d'accord avec cette typologie si elle est pensée comme systématique), de fait, ça expliquerait bien des choses.(...)
Je parlais d'hypnôse collective pendant la campagne élecprez.
 Peut-être que nous en sortons un peu... mais le mal est fait.
 Il fut question aussi de perversion narcissique, au sujet du zydent... mais comme nous sommes justement dans une société de la perversion (avec une idéologie de la réparation me disait récemment un psychanalyste de bon aloi lors d'une conversation privée et assez atypique), ce n'est (ou ne sera plus, dans très peu de tmeps) même plus considérable comme une pathologie ... effrayant non?"

Or, que lis-je  ces temps ci, enfin aujourd'hui?
Le temps !
"Cette fois, nous avons donc affaire à un sujet immature – probablement suite à des carences affectives précoces – et de plus narcissiquement fragile. Chez le banlieusard moyen, ajoute le spécialiste, le narcissisme se traduit, par exemple, par trois séances de gonflette par semaine. Sarkozy, lui, épouse précipitamment une femme-étoile, qui a elle-même notoirement des problèmes avec les hommes (elle n'a connu son vrai père que l'an dernier).
Cela s'appelle «la fuite dans l'agir». Au niveau individuel, c'est moins malfaisant qu'un comportement pervers. A l'échelle d'un pays, c'est en tout cas nettement plus visible (le pervers avance masqué), et potentiellement très gênant.
"
A.Lietti
Ouais, ça date du 18, mais j'avions point vu...

Et puis il paraît que ce monsieur parle de 'narcissisme compensatoire'  (cad pour lui l'angoisse de ne pas à être à la hauteur de ce qu'on souhaiterait être, ce n'est pas pathologique, en soi)
Il pourrait aussi bien être, comme proposent d"autres, un 'narcissique' tout court, à prendre le mot comme un désir puissant d'être supérieur aux autres et donc être très inquiet de soi-même, au fond...

   On peut parler longtemps de toute façon; en n'ayant comme indicateurs que qqes parties émergées de la personne (fais et mots publics), on ne peut pas acertainer une idée de son fonctionnement interne.
   En fait, quelle que soit la structure psy du bonhomme, c'est bien la première fois que je m'intéresse de cette façon à un personnage politique, mais celui-ci a tellement effacé la fonction au profit de l'homme (mâle), ou tout du moins confondu l'une et l'autre, et voulu tout avoir dans ses mains, que comment faire autrement pour comprendre ce qui nous tombe sur le paletot?
Et en plus il n'est pas tout seul: un cercle autour légitime et met en acte ...les relais de pouvoir sont ils plus efficients que celui/celle qui détient le pouvoir?à ce titre, ne seraient-ce pas eux qui le détiennent, en fait?sur la populace s'entend, cad le cercle indifférencié de bipèdes numérotés?.

   Comme je disais  en privé à Anna, les divers dérapages du zydent ne masquent pas, pour moi, tout ce qu'il tente de faire et fait (son programme quoi)en termes politiques, économiques, sociaux,(enfin ce que j'apprends, bien sûr, moi citoyenne lambda, je ne sais pas tout et ne suis aps en mesure de tout comprendre), mais ces petites choses (qui ne sont pas si petites que ça, souvent) sont tellement symptomatiques qu'elles sont difficiles à ne pas remarquer et mettre en lien les unes avec les autres.
   A la limite: je regarde le zydent comme je regarde les gamin-e-s de mes classes.
That's why je m'interroge sur sa personnalité émergée ou profonde.
Bah dites donc....Comme je te le moucherais, le petit... entre rassurance et  ouverture au lâcher-prise ...
Ca suffirait sans doute pas, mais ça vaudrait le coup d'esssayer, comme pour tous les autres mômes...
Jeudi 24 janvier 2008
Je propose des sujets de ConfPed qui devraient nous éviter la noyade dans la pédag'eau:

balaie ou déblaie ?
sublime ou déprime ?
lave ou bave ?
carrosse ou cabosse ?
invente ou évente ?
magouille ou débrouille ?
renvoie ou dévoie ?
canaille ou cliquaille ?
brise ou frise ?
engage ou dégage ?

...

Vous en avez sûrement d'autres ...
Samedi 19 janvier 2008
Vous vous souvenez de la campagne au sujet de la dépression?
On la voit encore de fois à autres.
Ce spot dessin animé, avec une voix off "il existe une maladie qui..."
Avec un guide qui se trouve là...
Où il est question d'un "épisode dépressif" qui se traite, autrement dit  où le modèle est la classification DSM IV.
Ca fait longtemps que je voulais  dire un mot de cettte campagne, mais voilà, le temps tue.. le temps...et certainement plein de choses ont dû être dites par des spécialistes.. mais  c'est pas une raison pour que je me la ferme, tiens.

Or donc, je suis vachement dans l'actu puisque je vais en causer maintenant tout de suite illico là.
Et je reprends, pour faire ce post, des notes que j'avais mises dans un coin.. il y  a donc heu, genre 2 bons mois.

Or donc, quand j'ai vu le spot la première fois, je me suis dit:
...tiens tiens, on fait une campagne de santé publique comme pour les fruizélégumes à manger nombreusement tous les jours pour vivre vieux et chier mieux (pardon hein c'est juste pour le slogan bien sûr) ...

Puis, comme je suis persuadée que plein de gens ignorent ce qu'il en est vraiment d'une dépression (sous diagnostiquée, déjà), j'ai pensé:
....bon ben au moins ça permettra d'en savoir un peu plus aux gens qui face à un-e déprimé-e disent:  oh ben taka!
Suivi au choix de: te secouer, sortir, voir des gens, faire du sport, voir la vie en rose (t'es trop hypersensible, allons), te calmer (un bon marqueur de la dépression est l'irritabilité), prendre tel médoc, essayer le yoga.
Et ça, pour bien des déprimé-e-s, ce serait un vrai soulagement, de plus entendre ces propos qui culpabilisent qqu'un-e déjà en pleine noirceur de soi-même.
Donc à la limite dire que c'est une maladie, ok, quoi.

Mais, aïe, là ça coince, voyez.
Parce que à bien y regarder (le message lui-même et ses supports) ce qu'il s'y dit, c'est qu'une dépression est UN trouble isolé, un trouble en soi, sans aval ni amont ni alpages sur tous les côtés, ce serait  une déviance de la santé, de la pensée et de l'activité normales (normées?) et en plus de tout, elle serait  définie par le traitement qui s'y applique.

D'abord comme traitée  par telle molécule.
Cad qu'une maladie arriverait par défaut de telle molécule dans le corps.(ce sur quoi jouent une bonne partie des antidépresseurs)
Genre, j'ai pas assez d'acide acétylsalicylique dans le corps, paff je me fais une migraine.
Bé zut tiens. C'est ballot. Si j'aurais su, j'en eu prenu !

Ou bien qu'elle arriverait par défaut de soin à porter à soi même, cad hygiène de vie.. définie par qui? Ha voui les spots de campagne de santé publique.
Et en termes d'hygiène morale (les TCC vous aprendront à vous autohypnotiser!), kicéki nous dit comment faut penser droit, fort et wouinneur pour ne pas laisser la vilaine humeur triste et paralysante qui coûte cher à la sécu s'installer?
Allons, déjà c'est ta faute si tu attrapes des virus, microbes et crobes entiers, déjà alors bon si en plus tu te mets à penser, hein...

Savez vous?
Des psys se sont battus pour que la diversité des thérapies possibles soit mentionnée.
Cad que c'était pas gagné au départ de la conception de la campagne.
Heureusement, mais ça ne change pas le fond du message: si traitement alors maladie.
Et maladie isolable.
Renversant, non?
(en plus d'être une maladie qui isole- ce qui est une réalité, ça, en revanche)

 Rappel:
Un symptôme : une des manifestations subjectives d'une maladie ou d'un processus pathologique en cours, tel qu'exprimé par le patient. En général, pour une pathologie donnée, les symptômes sont multiples et singuliers.
Signe clinique: manifestation objective d'une pathologie/maladie ... cad résultante (interprétation subjective?) de l'observation d'un-e patient.
Donc il faut avoir une collection de maladies prêtes à se caler dans/sur les signes et réciproquement, sinon... ça sort du cadre.


Une dépression c'est un symptôme ou un ensemble de symptômes pour dire un mal-être personnel ou un nœud psychique qui se trouve ailleurs.
En elle-même, elle ne signe pas une maladie, donc.
Même en mettant les dépressions des bipolaires (maniaco-dépressif-ve-s) et unipolaires (hahaha-pardon c'est nerveux- mélancoliques, donc) et donc tout le versant psychotique des dépressions du côté de la maladie, il n'en reste pas moins que la maladie qui s'exprime là, chez ces sujets, est autre chose que la dépression (ou la manie) qu'ils manifestent.(d'ailleurs, parle t-on de maladie -isolable, donc- pour la manie?)

Quand on sait aussi que 30% des dépressions ont pour étiologie majeure... le contexte socioéconomique (on le dit pas souvent d'ailleurs, on privilégie d'autres choses en termes de causalité - j'avais qqes profs de facs dissidents :-))  ben ça peut aussi poser question.
Qui dérange, la question.

Quand on sait aussi qu'il y a 60% de rechute à 5 ans.. bon...

Par ailleurs, le "plan "santé mentale"(*) me ramène inévitablement à ce post ci et surtout à l'autre bouquin de Gori/DelVolgo  évoqué , ... et à rappeler ici que dans les facs (là où s'obtient le diplôme pro de psychologue) et en médecine pour les intéressé-e-s à la psychiatrie, la formation est de plus en plus axée DSM (cad un syndrome=une molécule) ou TCC,  et de moins en moins singularité du sujet.
Le temps de l'écouter, de suivre son histoire et sa plainte et de l'aider à se construire sa vie à lui, le temps d'avoir ses propres passages à vide qui vont le fonder autrement, non, !
...allons, voyons, soyons rentables.
Cad la formation est de plus en plus réduite à ce qui irait vite et marcherait. (et là je lolle, pour de bon)
Et les traitements feraient des gens bien formatés pour "fonctionner".
Pas pour imaginer, rêver, exister pour et par soi-même, changer d'horizon mental ou affectif, allons, c'est pas bientôt fini la dissidence?

 Voilà: je vous ai là reformulé en phrases mes notes du moment.

Et puis, un certain temps après ces reflexions là, sortait le JdesPsys du moment (cad celui de décembre janvier, quand je vous dit que je suis super en retard sur l'actu...), alors je vous en  livre l'édito in extenso:

"C'est décidé, n'y allons pas par 4 chemins, les suicidaires et les pédophiles sont génétiquement programmés, certains enfants auraient l'instabilité dans la peau dès le plus jeune âge, l'autisme est causé par un dérèglement biochimique.
Seule ombre au tableau, la dépression qui fait de la résistance, bien que la stimulation de certaines aires corticales pourrait, selon certains, éradiquer notre caractère bougon.
Ce qui est intéressant, c'est de constater que nombre de ces déviances font l'objet d'une rectification sociale à coup de campagnes publicitaires.
Leur trait commun est leur caractère épisodique: une campagne chasse l'autre. Il faut, cependant, que le citoyen intègre la précédente pour être réceptif à la suivante, surtout s'il vient à cumuler les défauts de fabrication.
Ainsi, la dépression est une maladie sur laquelle existerait désormais un consensus. Le journal Le Monde le dit. La dépression est devenue une maladie isolable qu'il faut traiter en tant que telle, si possible avec l'arsenal à la mode: petites pilules et, pourquoi pas, électrodes.
Cette dernière technique s'appelle "stimulation magnétique transcrânienne", est dite indolore et apportant bcp d'espoir aux malades!
Que signifie ce soudain consensus?D'où vient-il?
Est-il la conséquence de cette fameuse journée européenne du 9 oct 2007 contre la dépression?Resterait-il des stocks d'antidépresseurs à écouler?
Bien entendu il n'est pas question de nier l'affect dépressif et toutes les formes qu'il peut prendre.
A cet égard, la diffusion d'un guide peur revêtir des aspects positifs en termes d'information.
Mais les messages publicitaires qui consistent à présenter la dépression comme une épidémie à éradiquer au plus vite sont d'un simplisme pour le moins inquiétant, au risque d'occulter les multiples questions que pose la prise en charge réelle et complexe des signes que l'on place sous le terme de «dépression».
Et surtout le rabattement du soin du côté du tout médical alors qu'aucun moyen supplémentaire de prise en charge n'est envisagé dans l'avenir par ces temsps de ...morosité.
A multiplier les infos sur le syndrome dépressif, on risque au contraire de 'lintention de départ, d'augmenter  à l'infini la cohorte des déprimés et, du coup, on frôle le fléau national.
Répétons le .
Le mal-être subjectif a des causes multiples qui vont des difficultés sociales à des accès dépressifs profonds en passant par des périodes de retrait parfois inévitables pour le sujet, nécessaires à une reprise personnelle.
Après le risque de devenir méchants, obèses, ou encore de dangereux  anorexiques, voici les dépressifs, tous confondus, qui dovent rentrer dans la norme.
Reste t-il encore une place pour un sujet qui n'est pas sans défaut?"
D Col, P.Conrath

J'ai une définition perso: la dépression est une maladie du temps et de la  lucidité....
Samedi 8 décembre 2007
    Voisinedudessus est allée ces derniers jours aux journées pédagogiques de l'INRP (voir ) .
Elle a même dû se bagarrer avec l'admin de la Maisonmammouth  pour ce faire, et n'était pas la seule dans ce cas.
Comme quoi, même quand on est IMF (en primaire), assister à un très important colloque (vu la qualité des intervenant-e-s et les modifs qui se mettent en œuvre dans la Maisonmammouth) c'est carrément pas évident.
Elle est spécialisée en maths, mais comprendre les maths c'est d'abord comprendre la langue dans laquelle on va les travailler (ce qui pose le pbme de la dyscalculie d'ailleurs: elle existe ou pas?) et en plus quand on est instit, on fait de tout alors, bon.

   Et donc.
Elle m'a raconté  2 ou 3 trucs que les media ne vous diront pas. Ou bien pas tout de suite et ou bien c'est déjà fait, zwwiip, et  pas comme ça.(en plus je vais le raconter de seconde main et à ma façon, n'hésitez donc pas à vous renseigner, bien sûr)
Notamment au sujet de l'enquête sur les résultats, pardon, performances, des élèves dans notre beau pays.
Enquête sur laquelle les débats autour des méthodes d'apprentissages prennent appui.
Pbmes de méthodes qui permettent de stigmatiser l'école française et ses mauvais (?) résultats  (cf plus bas), de façon à la réformer dans le sens du poil.
Le poil actuel, cad celui de l'opinion générale, est que:
- la génération qui nous suit vivra moins bien que celle de ses
  parents (nos clients actuels)
- lesdits clients se disent quand même que l'école pourra donner
  une porte de sortie aux meilleur-e-s (l'école est devenue élitiste,
   si elle ne l'était pas déjà)
- l'attente de réussite est donc majeure et  le besoin de contrôle
  du comment y arriver aussi,
- il faut donc discuter des méthodes (sauf que le grand public n'est pas
  formé à comprendre ce qu'il se passe dans les classes, on va donc avoir du mal
  à discuter, mais bon...bientôt les caméras dans les classes,
  ça va résoudre le pbme)

- et il faut globalement améliorer le service (rentabiliser, quoi) car
  si les résultats sont nuls avec tant de personnel,
   suffit de revoir tout ça, n'est-ce pas...

Entendons nous bien, réformer la Maisonmammouth, il y a certes besoin.
Mais mettre les enseignant-e-s en demeure de "faire réussir" avec des critères de résultats encore plus subordonnés à des rails de plus en plus serrés et  à ce que notre société demande, déjà ça suppose d'être au clair avec les enjeux sociaux économiques et  à mon avis on n'est pas parti-e-s pour....

Et cette réforme là s'étaye sur une enquête (je retrouve pas le nom, brdl....edi: ha si mais kellkruche, il en est question ) et voici ce qu'elle m'en a dit:
- les protocoles frenchies sont introuvables, même par les 
  chercheurs de la branche, une journaliste est sur la piste,
  elle n'a pas encore pu trouver, et pourtant c'est une
  enquête européenne (là j'avoue que je comprends pas et
  que j'ai mis en doute ce que m'a raconté Voisinedudessus,
  si qq'un-e peut me renseigner?
);
- le biais d'échantillonnage (âge, francophonie de l'échantillon) manifeste;
- le travail de comparaison sur lequel les "réformateurs"
  - économiques surtout -  s'appuient se réduit à
   france2002 vs france2006 ,
   or les enfants testés ont 1 an de  moins dans
   l'enquête 2006 que dans celle de  2002,
   et 2 ans de moins que les enfants  européens testés à la même date,
   ils sont pour 2006 66% de francophones pour 90% en 2002)
 
   alors même qu'il s'agit d'une enquête européenne et que
   ce sont d'abord les diférences de performances entre
   pays qui sont censées être  testées;
- au moins un biais de test est manifeste:
   4 fois 40 mn de tests d'affilée à 8 ou 9 ans...,textes dont
   au moins l'un présente des références culturelles qui ne peuvent
   pas être partagées par tous les enfants testés;

- au niveau européen, les échantillons hors france comportent
   un plus fort taux  d'enfants parlant la langue du pays à leur
   domicile que  l'échantillon d'enfants prélevé et testé
   sur les territoires
   français en français;
- la comparaison entre france et europe, au niveau du préélem surtout,
  est  largement invalidée par le fait que l'école préélem,
  en france, est publique, ce qui est rare voire inexistant ailleurs..

   Allez, pour rigoler ensemble, une anecdote qui fera hurler de rire les instits normalement constitués:
 un exemple de biais de test phonologique, histoire de vous montrer à quel point il est nécessaire que tous les chercheur-e-s qui bossent autour ou dans la pédago et le développement de l'enfant s'attablent et se causent.

Comme me disait Voisinedudessus: si tu savais, on était tous des formateurs à assister à ces journées, formateurs à des niveaux différents, mais chacun-e tellement enkysté-e dans sa spécialité on avait un mal fou à se comprendre, il nous a fallu redéfinir plein de trucs avant de pouvoir se parler...
Hé oui: il n'y a que les instits pour être généralistes.
Ca a sa limite mais ça ouvre des horizons à d'autres ;-)
 Donc, un chercheur hyper sympa (il a reconnu son erreur après intervention de Voisinedudessus) et hyperspécialisé, avait voulu tester la conscience phonologique des jeunes enfants.
Il est bien resté dans le champ sémantique de l'âge requis, il a bien tout fait attention tout partout sauf ....qu'il n'a pas causé avec des instits ou des gens spécialisés dans ces âges là;
voici un item du test:

Dans les 3 mots suivants, quel est l'intrus? 'chien'  'chat'  'coq'
Demandez à un enfant entre 4 et 6 ans.
'Coq'  bien sûr.
Maintenant demandez lui pourquoi (rappel: test de conscience phonologique, cad différenciation de sons)
Quand on sait qu'on travaille sur les sons, cad à partir d'un certain âge, et qu'on a bien investi cette conscience phonologique, on va dire qu'on n'entend pas le "ch".
Avant cela, c'est la relation au vivant qui est première: la réponse est 'coq' parce que c'est un animal qui n'a pas de poil!
Il avait omis de s'interroger - ou d'interroger des gens compétents- sur le développement de l'enfant...qui est d'abord en relation au vivant avant de pouvoir s'en démarquer et manipuler des abstractions sonores.
Et des biais comme ça, y'en a pas mal....

   Bon, tout cela pour prouver que depuis 2002 où l'école française était louée (et notamment le préélem) et à bon droit, tout s'est cassé la fiole, vlam, et que même, on a été aveugle à ces catastrophes,  et que donc il faut se fustiger un peu bond'là et continuer à recommencer à dire qu'on est nuls par rapport à l'Europe, comme ca on va faire tout pareil que els pays ... où l'école coûte le moins cher à l'état ,ne vous leurrez pas sur les intentions... on verra comment ça se met en place, si ça se trouve, un joli mouvement de prise de conscience différente va venir?

Les enfants frenchies sont nuls, donc? Ce n'est pas évident, suffit de bien savoir lire les résultats,  et de les replacer dans le contexte socio-éco de chaque pays pour le voir, mais qui veut noyer son chien...pardon .. son mammouth...
Et donc, non seulement donner des cadres encore plus serrés aux instits de primaire (courage collègues) mais fissa virer la préléem et mettre la GS en primaire (mes remarques là)

Sauf que ceux qui décideront cela oublient qu'avant la GS et ses apprentissages déjà bien axés sur les prérequis (n'en déplaisent à ceusses qui croient qu'on se les roule) il a fallu la PS et la MS  pour modeler des enfants à devenir des élèves et commencer les apprentissages qui conduiront à travailler la lecture de façon systématisée.
Si la PS et la MS deviennent des jardins d'enfants sous la gestion des département ou des communes (enfin comme les crèches quoi) l'enseignement qui y sera dispensé sera drivé comment et sur quelles bases?
Et apparemment, ça va aller très très vite.

   Bon  tout ce que je dis là vient de Voisinedudessus.
Et j'ai pas tout tout retenu de ce qu'elle m'a raconté.
(et pas les noms surtout, c'est ça que j'oublie le plus rapidement :-) et je vous rappelle que je vous conseille d'aller vous renseigner parce que moi, la pédago ça me gonfle, je lis des trucs sulnet, mais j'ai pas envie de disserter dessus)
Et vous pouvez suivre les choses par exemple ici
dont l'un des rédacteurs (picard je crois) serait sur le coup pour avoir les infos au sujet des biais et protocoles de l'enquête dont je cause plus haut.

   Autre chose les IUFM.
Entrent de plus en plus dans le fonctionnement de l'université seraient rattachées à.. je sais aps quoi, bref, n'existeraient plus en tant que tels... mais on commence à y dire qu'il faudrait se (re) pencher sur les anciens travaux de  l'AFL.
Sauf que ça s'appellerait autrement maintenant (encore oublié le nom je suis une buse!) s'agit de pas faire ringard au dehors alors même que grâce à l'AFL nous (oui vous qui me lisez si vous avez mon âge et  plus) avons  une maîtrise de la langue qui tourne bien sept fois dans ses méninges :-)

Ha au fait:
IMF:
instituteur maître formateur (ce genre d'intitulé n'existe pas au féminin, ainsi suis-je 'instituteur' sur les actes admin)
Cad des gens qui ont une classe à faire tourner ET des stagiaires PE à former.
Donc des gens de terrain, payés au lance-pierre, mais hautement nécessaires.
Et qui ne bossent pas que dans des écoles à population calibrée scolaire, loin de là.
Mardi 27 novembre 2007
Ben en fait, j'ai pas d'appréhension.
Une inspection, c'est comme pour tout le monde: on sait qu'on sera critiqué-e, parfois (souvent) sur des points de détail, et donc qu'on passera sous les fourches caudines de l'admin, laquelle, ces temps derniers, est rien moins qu'indulgente avec les enseignant-e-s.
Exemple de truc dont je sais que de toute façon c'est paaaas bien, dans mon boulot, c'est mon cahier journal et les fiches de preps.
Ca m'endort et ca m'emmerde.
Donc c'est plus que succinct, et d'année en année, ça se succintise, d'une force....une lilliputienne  ne ferait pas mieux.
Il faut savoir que légalement rien n'oblige un-e instit à faire ces trucs là.
Mais notre Leplusgrandtom (l'inspecteur d'académie) d'en ce moment, empli d'une saine conviction envers la capacité de rienfoutage de ses ouailles, a pondu récemment un papelard où il demande que ces paperasses là soient accessibles, fouillées, précises, approfondies, respirez.
Les Legrandtoms, étant sous sa coupe à lui, sont donc tenus de faire respecter ça.
Donc je sais où la foudre peut tomber en plus des lubies persos du monsieur.
Et son humeur du jour, aussi, enfin de tout ce qui peut infléchir :-)
Bah oui, la grille d'observation est censée être objective (des résultats!! des résultats!!), mais on est avant tout dans l'humain, quoi.
Donc bon. j'ai rien modifié et ne modifierai rien de ma façon de faire/être -oui c'est ça aussi le truc: on est bcp dans la relation aux enfants, donc dans l'être....

Mais en fait, moi ça me réjouit qu'il vienne inspecter: plus on attend dans l'année, plus c'est pesant, et à dire vrai, je crois que j'aime me confronter, dans une certaine mesure.
Non, sans complément.
Me confronter, point.
Parce que je me situe, comme ça, tiens. Enfin qqes morceaux de moi se situent avec ça.
Et quitte à me prendre une tornade blanche in ze noze. Ca nettoie, hop.

Ca me rappelle que j'ai appris un jour que Maybegrandpère disait souvent à Maybemother "ta fille est faite pour étudier long et passer des concours".
Vu que Maybegrandpère est mort il y a 20 ans, et que ça faisait déjà apparemment partie du folklore familial, quand j'ai appris ça il y a 4 ou 5 ans, j'ai bien mesuré l'ironie de mon destin. Vlan.
Vous savez la chance que vous avez, jeunes gensses qui pouvez faire des études, de préférence celles qui vous tentent bien sûr, dans vos jeunes années, justement?
Faut il devoir  tout reprendre au deug (oui ancienne appelation) à la quarantaine, et en bossant, pour mesurer le plaisir (oui, très égotique, et il en avait bien besoin mon égo malmené) qu'il y a à obtenir sa maitrise confortablement? (qui ne sert à rien et qui n'est pas grand-chose mais quand même,hop, autocirage de pompes, on  a les satisfactions qu'on peut)
Je crois que j'ai adoré étudié.
Comme tous les étudiants, j'ai râlé, pleuré de fatigue, me suis traitée de tous les noms d'oiselle, me suis retrouvée bloquée par moments sur mon gros mémoire, me disant que j'avais une façon de travailler qui me perdrait (zoner, lire un truc, zoner, zoner, zoner, pondre 10 pages, trouver ça nul, zoner), me suis plainte d'arriver à rien, ai joué avec une peur de rater assez distanciée, en fait, mais en vrai, quel plaisir.

Donc bon, là je me sens plutôt bien, en fait.
Chiantenboucle en revanche est littéralement tétanisée, enfin ça va avec sa psychophatologie à elle. (faudra que je vous livre la suite de la continuation de ..)

Ma question est: vais-je réussir à le bluffer, lui aussi?
Le comique de la question, c'est que vu les nouvelles grilles de notation, même s'il est content de ce qu'il voit, il ne pourra m'accorder que 0,25 points de plus.
(aller jusqu'à la 'note execptionnelle'  c'est bon pour celles et ceux qui sont des vrais bluffants avec projets pédas partout et tout ça).
C'est pas que je sois accro à la note, mais si elle monte un peu, vous accédez un peu plus vite à l'échelon suivant: gagner quelques de pépettes de plus en travaillant pareil (hum).
Le rapport, s'il est correct, ça me ferait plaisir aussi: personne n'aime à se faire démolir le portrait (ou alors, faut consulter, hein) , surtout quand on estime se donner pas mal à ce qu'on fait et se torturer pas mal aussi sur la façon dont on le fait (chose que pas grand monde ne voit, m'enfin).
Mais surtout, finalement,  ce qui me botte là dedans, c'est dans la relation humaine: ce 'supérieur'  là, allons, pour le fun, pour le challenge, mon challenge perso de comédienne, vais-je réussir à le bluffer?


* copyright le prezydent.
Samedi 17 novembre 2007
...qui tue:
Et vous?
Comment vous sentez-vous vivre?
Vendredi 2 novembre 2007
   Ce clair matin, je me lève avec envie de bouquins, de bouquins, de bouquins...
Ma reconnaissance éternelle à qui m'offrira un jour de piller à ma guise  les rayons d'une librairie.

C'est tout?
Oui.
Ah non, c'est un peu court, jeune (?) femme...
On pouvait dire... Oh ! Dieu !... bien des choses, bonne âme...
En variant le ton, -par exemple, de lire:
Agressive : "Moi, madame, si j'avais un tel désir,
Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse !"
Amicale : "Mais il doit entraîner toute votre masse!
Pour tenir, allongez vous dans un canap' !"
Descriptive : "C'est un flop !... c'est un hic !...  c'est un rap !
Que dis-je, c'est un rap ?... C'est d'un ridicule !"
Curieuse : "De quoi servirait ce nombre de virgules ?
D'exutoire, madame, ou de liste de rateaux ?"
Gracieuse : "Aimez-vous à ce point les stylos
Que maternellement vous vous préoccupâtes
De rendre leurs mouches à ces petites pattes ?"
Truculente : "Ca, madame, lorsque vous pérorez,
La pointe de la plume vous sort-elle du nez
Sans qu'un voisin ne rie à si peu de pensée ?"
Prévenante : "Gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids de mots, de tomber droit sur le sol !"
Tendre : "Faites-vous faire un petit parasol
De peur que ce crâne au soleil ne se fane !"
Pédante : "L'animal seul, madame, qu'Aristophane
Appelle Hippocampéléphantocamélos
Dut avoir sous le front si peu d'axones, et tant d'os !"
Cavalière : "Quoi, l'amie, ce creux est à la mode ?
Pour en perdre son latin, c'est vraiment très commode !"
Emphatique : "Aucun vent ne peut, crâne magistral,
T'aérer tout entier, excepté le mistral !"
Dramatique : "C'est la Mer Tume quand on le peigne !"
Admirative : "Pour un parfumeur, quelle enseigne !"
Lyrique : "Est-ce une conque, êtes-vous un tri-thon ?"
Naïve:: "Ce monument, quand le visite-t-on ?"
Respectueuse : "Souffrez, madame, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle avoir l'envie têtue !"
Campagnarde : "Hé, ardé ! C'est quoi donc un bouquin ?
C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ?"
Militaire : "Pointez votre étourderie !"
Pratique : "Voulez-vous la mettre en loterie ?
Assurément, madame, ce sera le gros lot !"
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot:
" Le voilà donc ce désir qui des méninges de sa maîtresse
A détruit l'harmonie ! Elles s'en enfuirent, les traîtresses !"
- Voilà ce qu'à peu près, mes chèr-e-s, je me serais dit
Si j'avais un peu de lettres et d'esprit :
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Je n'en eus jamais un atome, et de lettres
Je n'ai que les cinq qui forment le mot : sotte !
Eussé-jes eu, d'ailleurs, l'invention dont on se dote
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que je n'en eus pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Si je me les sers en moi-même, avec assez de verve,
Je ne permets pas qu'on sache que j'en suis serve.


Spéciale dédicace à Edmond, et remerciements 
pour ce quart d'heure de bidonnage devant mon écran.

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