Lundi 7 juillet 2008
Honnêtement, j'ai pas l'intention de blogger, cet été.
Pour mille raisons .
Cependant, j'ai mis des comms chez Caro, ce matin, et  ce sont des petites reflexions que j'ai souvent eu envie de poster ici même, alors je copie colle:

"Je crois que l'actuelle présidence est à la mesure de l'inculture de celui qui s'y assied.
Qui s'assoit dessus, même.
Qu'il soit malin, pour être arrivé là, nul doute; qu'il ose dire que lui seul sait dire les discours de Guaino, sinon ls ne 'passeraient' pas montre aussi à quel point cette clique au pouvoir fonctionne pour elle même.
Je vais dire un truc qui pourra paraître dingue, veuillez m'en excuser par avance:
nos gouvernants actuels me font tous l'effet de fonctionner comme une secte.
Leur pensée est 'tenue' par des gens de l'ombre (et ça, c'est pas un fantasme, c'est réel, ceux qui initient les 'réformes', on ne les voit pas vraiment), les seconds couteaux sont tenus par la peur de déplaire au chef le zydent, et tous -lui compris- se réfèrent à une pensée (mais de quel gourou?) qui veut que le bien du plus grand nombre,ou plutôt du nombre choisi de gens biologiquement prêts à cela, excuse toutes les tortures mentales, sociales ou financières faites aux non élus- cad ceux qui ne se bougent pas, car n'ayant pas les capacités de le faire, et qui ne sont de toute façon pas dignes de gagner un paradis bien concret: le fric et le marchage sur la tête du voisin, et un autre que je ne mesure pas, genre on viendrait d'une autre planète pour modifier celle-ci donc on a tous les droits, le bon dieu reconnaîtra les siens, les autres resteront dans leur géhenne...
Ô malheur.. je viens de causer chientologie là...
Ouh.. le mauvais trip...

Et d'acc avec Caro au sujet d'IB.
La couv media est gerbante, et l'aspect catho revendiqué me fait encore plus peur, sachant que toutes les 'religions' savent faire collusion quand il s'agit de maîtriser la pensée des peuples, et.. le corps de femmes.
Enfin les divers de invités de ci de là du zydent me font honte pour la France en général et sa culture en particulier, qui jusqu'ici avait un minimum de grandeur faisant référence.
Je sais pas dans quel mur on va, mais on y va.
Et une fois la spécificité française bien démontée, en vue d'un fonctionnement à l'américaine - qui ne pourra pas marcher, on n'a pas le même substrat socio-historico-culturel, ce sera donc un désastre- je ne vois pas quel type de gouvernants, dans 4 ou 9 ans pourra remttre els choses sur les rails, en moins pire qu'avant de préférence voire en plus mieux bien.
Ouais je cause super mal tiens.
Comme ça j'vais être présentée au prochain raout élyséen, cool."


Je rajouterais que le besoin de se montrer au public en duettiste permanent, du zydent me fiche la gerbe de longue date, genre quand il était sinistrement à l'Intérieur, par ex...
Dernier exemple en date: dire que lorsqu'il y a une grève on la voit même pas.
Qu'il dit d'un air gourmet, se pourléchant de se voir si beau en ce miroir.
Avec sa voix tellement suavisée qu'elle fout les jetons, car  on sent la violence du personnage derrière.
Outre le fait que cela signe sa manière d'envisager ce qu'on appelle le 'dialogue social' (et ma foi, les syndicats  s'ils ne se réforment pas un minimum, en structure et en moyen d'action, ils risquent fort de passer à la trappe de l'histoire) à savoir un monologue, cela montre aussi qu'une grève, pour être considérée par le zydent, se doit de bloquer tout ce qu'il est possible de bloquer, sinon ça vaut pas.Ouaip, très infantile.
En clair: montrez moi vos couilles, voilà les miennes, que je laisse bien à l'air de toute façon.
Toujours une stratégie viriliste... enfin, peut-on parler de stratégie dans le virilisme?
C'est tellement éculé...

Ils me font peur...





Samedi 5 juillet 2008
Un œil dans l'admin du blog m'indique ceci:
    *   Brouillons d'articles  (3)
=> Nb: en fait ce sont des références que je garde, pas des textes
    * Articles publiés (563)
-----
    * Oboulo ! (103)
    * L'écorce du boulot (108)
    * Alékolkesskonfé? (12)
    * In memoriam (11)
    * Fêtes passer (13)
    * Brevitatis causa (17)
    * Pseudocortex. (43)
    * Page à page (22)
    * Rubrikabrak (95)
    * Rââââlement (49)
    * Blouse bouse (24)
    * Enjouement (21)
    * Sous, à, de-venir (22)
    * Félineries et feulements (17)
    * Vies, avis des autres (6)
    * Non classé (0)
------
Je constate donc que
- malgré ma graaaande purge de je ne sais plus quand,
  j'écris plus que je ne le crois,
- certaines cat-égos sont déficitaires,
- notamment celle qui VOUS invite à causer,
- qu'il me faut donc remédier à ces errements.

Aaaaaalors:
- soit je me tais et c'est vous qui racontez vos laïvezzz,
- soit vous vous taisez et je raconte ....heu...
- soit nous nous taisons de concert, car ça conserve.
(ouhlà.. nous sommes proches d'un aphorisme géant)

Tiens à titre d'info, l'article le plus consulté, toute périodes confondues, et jusqu'à nouvel ordre (mondial?) c'est celui ci.
Entre les fantasmes fessiers des uns et les interrogations sur les  violences  (et désirs -refoulés- de?)  des autres ...

(post expurgé des trucs sans intérêt)

Vendredi 27 juin 2008
Je crois que je ne supporte plus la chaleur. Enfin, pas moi, mon organisme.
Et je ne pensais pas d'abord dire ça un jour.. puis, le dire avant ma -au moins -70 ème année.
Pourtant.
Travailler dans 32° en intérieur, avec 35° en extérieur, je peux plus. Je me demande même comment j'ai pu.
Et je le peux d'autant moins quand l'inflammation ORL entamée début juin voire fin mai  chaipu tellement ça date, abreuvée d'anti-ci ou ça, est réactivée par la chaleur et la pollution intense.
Un volcan dans la gorge, d'accord, mais éteint je préfèrerais.
Un bouchon à géométrie variable et écoulement  spontané, soit, mais en hiver, par exemple?
Une fièvre, ok mais sous la couette un jour non bossable, si possible.

Enfin voilà.
La fille du sud se mue en mamette du mitan, n'arrive plus  à respirer, bouger, causer, oscours, donnez lui un frigo.
Trahie par le climat, faut le faire non?
Moi qui pleure quand il fait froid?
Où aller?

Koffkoff.
J'ai souvent dit que l'âge venant, et n'ayant pas vraiment d'attache (càd que j'arrive même  pas à imaginer en avoir, comme quoi, je vois mon avenir comme particulièrement socialisé) j'irai en Breizh installer mes vieux jours, un peu de douceur ne pouvant nuire.
Mais finalement, l'âge c'est maintenant, donc.
Celui de mon organisme, s'entend.
Moi, évidemment, dans le dedans de l'intérieur de moi même, je suis jeune (et aussi belle, intelligente et riche, évidemment, le propre du rêve est de tout permettre).

Brdl de m...à q... j'en peux plus de cette touffeur, pourtant normale, ici.
Et j'en peux plus non plus de bosser une moitié de l'année avec une affection ORL (ou une gastro) et l'autre moitié en me demandant quand ça va me retomber dessus.

Y'a des gens qu'ont la santé; cad le silence du corps.
Ben dites, il cause 'aaachement trop le mien.

Et il fait chooooooooooo.





Lundi 16 juin 2008
    En passant papoter avec Voisinsdudessous, au sujet de nos caves inondées de m... (et surtout des démarches d'assurance, vu que la mairie est responsable, je vous dis pas la difficulté...), donc en passant, je voyais de la porte madame me parlant qui mettait le couvert machinalement, et c'était un joli couvert.
Sur la table basse, nappe, assiettes originales, serviettes brodées...
Ses gestes empreints de naturel indiquaient bien l'habitude.
Et ça m'a interrogée.
Non pas du côté de la répartition des rôles ménagers (pour une fois, je vais pas râler, ça changera) mais bien sur le versant du respect du moment de nourrissage.
Respect de la nourriture, du partage et de soi -même.
Je relie cela au comportement similaire de Voisinedudessus,  que je connais depuis plus longtemps et qui continue à se dresser joliment la table pour elle seule depuis que sa fille a changé de crèmerie.

N'y a t-il  que moi à manger sur un bout de table (basse), voire sur mes genoux dans le canap', sans me poser un verre à côté, en chopant un sopalin au passage, avec un bouquin pas loin ou un bout de télé ou de radio, bref.. la version bohême pas bourge du tout du repas, et sans même l'excuse de la djeunesse ou du manque de matos ?

J'ai tellement haï  le repas "à table", que la famille soit élargie ou rétrécie, qu'il n'y a plus de table haute chez moi: j'ai tenté de faire ce que je croyais être 'bien' pendant longtemps.. je n'essaie plus, surtout depuis que Maybejunior a suffisamment grandi et que, quoi que je fasse, son éducation est relativement bouclée et.. bâclée (ouh la mauvaise mère...) bref. Nous ne prenons plus nos repas au même moment depuis belle heurette, ni ne mangeons les mêmes choses, d'ailleurs.
Je suis authentique avec moi-même, mais je me demande si, en ne me contraignant pas au rituel de préparation/installation, à ce qui m'a été inculqué comme règles de civilité dans le foyer, et donc à une certaine forme de respect,  je me demande donc si ne passe pas à côté de qqchose...

Vous mangez comment vous?
Mardi 10 juin 2008
Depuis avril, il fait un climat étrange pour ici: ça pleut tant que ça peu, avec ou sans orage, avec ou sans vent.
La végétation qui devrait  virer paillasse est non seulement verte sur tous les tons, mais carrément exubérante, limite clinquante. La végétation bling bling, quoi.
Tout ça pour dire que j'ai rien à dire.
Ah si, tout ce vert quand même...
Restez kelts et gaffe à votre vote...

Mercredi 28 mai 2008

XXX

Je viens d'avoir une conversation avec une psychiatre, au sujet de la mixité...
J'évoquais le fait que comme dit dans les comms ici  rien n'avait soutenu la mise en place de la mixité, dans le scolaire même si
"le dogme veut que tous les enfants soient égaux en éducabilité et capacités.
Par extension filles et garçons. Et enseignant-e-s F ou H. Ca, c'est pour le dogme...La structure est aussi théoriquement égalitaire. En revanche, tout le reste...On est dans le relationnel. Donc le socio-culturel."
"En allant plus loin, nous nous sommes aussi dit que pour certaines séances, ou certains modules, de sport, et notamment à la puberté, la mixité pourrait être réévaluée mais au coup par coup (comme pour les heures d'éducation sexuelle- je sais plus comment ça se nomme maintenant, un moment non mixte avant ou après le grand groupe, ça peut aider certain-e-s à parler)..."

De fil  en chas,  nous en sommes arrivées à causer des petites de 11, 12, 13 ans.
Elle en voit bcp, et me dit que ce qui l'effare est leur propension à se couler dans le moule hyper rétrograde de la cuisine comme grand maman, la tenue de la maison, l'éduc des n'enfants petits, bref un modèle de genre et du genre.Par réaction à l'imagerie évoquée plus bas?Pour se rassurer sur elles-mêmes cad ne pas être que cet objet là?
Ceci couplé au fait que l'espèce de nivellement qui avait vaguement eu lieu post 68 n'est plus du tout valide: les classes socio-économiques sont revenues en force et avec une stratification culturelle puissante.
Ainsi, en ce qui concerne les  jeunes filles:  pour la upper class, elles s'en tireront, ayant d'autres horizons que le scolaire pour se cultiver et s'ouvrir au monde.
Les classes moyennes hautes, aussi.
Mais le pbme se pose avec intensité pour les classes moyennes tout court et au dessous: les filles ne voient rien d'autre que le scolaire et les mythes véhiculés par les media.
Et dans son boulot à elle, outre celui de psy, outre écouter et aider à surmonter la violence du collège et les pbmes persos, c'est d'amener ces filles à se sentir responsables d'elles-mêmes, un empowerment en somme, parce que ces petites ne se rendent pas compte que le leurre du prince charmant/modèle familial, lorsqu'il va s'écrouler, les laissera sur le carreau économique, avec fort peu de possibilités de se diplômer et trouver un job qui leur convienne à 30 ans. 

De fait, lorsque je fais causer mes petit-e-s de 4, 5 ou 6 ans, sur ce type de sujet, j'interviens le moins possible, en supputant que la parole des pair-e-s un peu moins en-rail que les autres, doublée de la mienne façon petite perle de ci de là, fera son chemin.. mais dans combien de temps? Et au prix de quels errements? Et sachant que pour les en-rail, c'est la famille  (et le social autour, très puissant) qui structure le rail et déstructure la parole donnée dans l'école...
Entre le tonneau des Danaïdes et la pierre de Sysiphe, on est pas rendu-e-s.

De plus hier soir sur Arte, avait lieu une théma sur l'impact du pr0n dans les relations adolescentes.
Passons sur le bulldozer internet qui permet de voir tout et tout le temps, et dans ce tout, posons des "fantasmes" construits du côté de la masculinité.
L'impact est bien présent.
Les garçons attendent certaines choses de filles du côté de la technique et de l'acceptation, et se fondent sur leurs propres performances, on s'en doute, et on se doute aussi que cet aspect là met mal à l'aise bien des garçons.
Mais les filles ont intégré qu'elles n'existent dans la relation (sexuelle mais pas que, cf plus haut, et c'est pour ça que je fais le lien entre la conversation de ce matin et la théma de hier soir) n'existent dans la relation que pour autant qu'elles satisfont l'autre.
Leur désir et leur plaisir n'est pas convoqué par elles. (les zhoms,eux, supposent qu'elles ont plaisir à ce qu'elles font, puisqu'elles le font et même demandent à le faire).
En revanche elles supposent avoir une forme pouvoir sur l'autre en ayant répondu à la demande standard.
En fait: utiliser la grammaire du pr0n serait garant de bonheur et d'existence.
L'itw d'une jeune femme 'des beaux quartiers' dit la voix off, étudiante en je sais plus quoi, qui dit que ce qui la fait kiffer  "c'est d'être embrochée" comme dans les pr0n, est très instructive, surtout  dans sa seconde partie, où elle  reconnaît n'avoir pas de plaisir, notamment dans des situations à plusieurs tellement il faut réfléchir à quoi faire et comment pour satisfaire et ne pas se louper, et dit aussi que ce qui l'excite c'est de bien faire tout comme il faut, mais dans ce qu'elle disait, il ne s'agit pas d'excitation sexuelle.
Comme disait une sexologue canadienne: "je leur dis: si vraiment tu désirais faire ça, tu mouillerais".
Et ce n'est pas le cas.
Ces filles sont décalées de leurs corps, qui sert d'objet aux zhoms qu'elles rencontrent, mais sont aussi pour elles un objet porté en avant pour exister tout en niant sa vie propre.
C'était déjà comme ça (c'est encore le cas dans bien des pays) pour les générations précédentes, ça revient, mais pas du côté de la production de bébé mais bien de la production de plaisir.
Pas le leur, s'entend.

NB: je vous raconte un truc très très résumé, bien sûr.
Il y a encore mille choses à dire du côté du backlash et de ces filles qui se revendiquent comme des salopes (elles le disent, je n'insulte personne, là) et agissent dans leur vie privée et publique, comme les supposées telles (en principe, des actrices de pr0n). Zut j'ai oublié le nom qu'on donne à ces filles là.

Pour finir: je ne vois pas comment endiguer cette vague de fond: comme pour toutes les minorités, la prise de conscience est d'abord individuelle, avant même de pouvoir travailler sur soi ET sur la situation.
De plus, il faudrait arriver à faire comprendre aux  zhoms à quel point ce qu'il se passe et malsain et les ampute  eux aussi d'une partie d'eux-mêmes.
Bon... je dis des banalités, hein? Ouais, je sais bien..
Mais  ce sont mes réflexions de ce matin...

Et donc, comme je disais dans le post précédent: comment avez vous vécu la mixité ou non mixité, vous?
Edit: bon, okay, j'arrête de poser des questions.
Jeudi 22 mai 2008
Suite de CE post (lisez les comms!!)
Alors, les gens ... je ne peux pas décemment vous laisser mariner dans un océan de doutes et de supputations.
Je sais que vous n'en avez pas dormi de la nuit, et il ne serait pas  citoyen de vous gâcher la suivante, car cela nuirait à votre rendement, et je me doute que le travailler plusss vous tient à cœur.
Vos propales (mention spéciale Rififi!) ont amené des sourires entendus, voire de francs éclats de rire, des 'oh ben ça  c'est clair!' parmi les 'collègues' qui ont lu la feuilleoù j'avais imprimé tout ça.

Exception faite pour Supraorthonormée (la très orthodoxe évoquée hier) qui a lu l'en-tête puis le début de page avec une succession de moues que je vous restitue:
c'est quoi ce truc?
aaah ca cause pédago!
ha non.On m'a eue.
Oh purée je comprends rien.
En plus c'est toute une liste.
Oh mais c'est subversif !!
Je passe à la voisine d'un air dégagé-méprisant.

Alors fin de la torture:
voyez vous, la Maisonmammouth aime les périphrases, protophrases, antiphrases et toutes les beeeep-phrases que vous voudrez, à condition qu'il ne s'agisse pas d'utiliser des mots simples et évidents dans leur sens le plus clair et le tout, simplement.
On appellerait ça des Jourdaineries que ça ne m'étonnerait point...
Or donc, marquis et marquises, que veut dire APPN?
Sigle fameux, au point que je l'oublie dans les 5 mn qui suivent son énoncé complet,
au point que nombre de 'collègues' en lisant la feuille où j'ai imprimé vos propales, ont murmuré:"'tain mais c'est quoi déjà Appn?", me rassurant sur mes facultés mémorielles,
au point que faire des projets (parce que oui, pour quelque activité que ce soit, il faut faire des "projets") devient une torture sémantique, déjà bien initiée par la novlangue...
Alors qu'est-ce, qu'est-ce donc, haletez vous?
 APPN :
Acitivtés Physiques de Pleine Nature.

Ha oui, il fallait y penser.Je vous sens épaté-e-s pour le coup.
N'est-ce pas?
:-)
Samedi 19 avril 2008
Premières sorties, suite.
Alors bien sûr, j'avais fait des stocks.
Rapport à ce que Maybejunior et moi même ne sommes pas des purs esprits.
De fois  à autres, Maybesenior a apporté qqes denrées.
Mais un beau jour, il a bien fallu m'y coller.
A la grande surface.

Allons, je le passe à l'aise, d'autant que c'est pas moi qui vais conduire, me disais-je, naïve.

Munie de mon habituel panier, mon trajet connu, au point d'en avoir creusé le sol, je pensais en avoir pour les 10mn habituelles... sans compter la caisse, s'entend.
Je sais pas vous, mais quelle que soit la caisse que je choisis, c'est toujours celle qui va s'arrêter pour au choix, vérifier un grooos billet, appeler un rayon pour prix manquant ou contestation de, comptage des liquidités, changement de personnel, blocage de CB, etc.
Bon c'est comme ça, je ne prends même plus la peine de changer de queue: il se passe la même chose à la suivante, chuis maraboutée des caisses.
D'où mon choix des automatiques, quand je peux.

Donc le trajet.
Allez.
Déjà aller jusqu'à l'entrée.. b*dl mais qu'elle est loin du parking..
Et de l'entrée jusqu'à l'entrée du magasin (bah oui, à l'autre bout de la galerie marchande).
Je commence à penser que l'idée n'est pas géniale d'aller chercher les denrées moi-même.
Une fois dedans, il faut aller jusqu'aux rayons alimentaires... et là je m'aperçois qu'un complot international a littéralement multiplié les longueurs au sol par deux, clairement.J'aurais dû m'en douter.

J'arrive dans mon terrain de chasse.
Slalom entre les gens.. enfin, piétinement en essayant de pas tamponner des gens qui se foutent complètement de votre présence.
Peut-être aurions nous pu nous nourrir de pâtes avec un peu de sel, en fait.
Panier se remplit.
Mais 2 eme constat: le complot sus-cité a des dimensions galactiques, les largeurs au sol aussi sont multipliées par deux.
Et les rayons ont pris de la hauteur, comme c'est curieux, j'ai les bras plus courts?
On aurait pu se contenter des croquettes des chattes, en fait.
J'emporte panier devant les caisses.
J'avise la première devant mon nez (inutile de choisir, cf plus haut).
Un trentenaire dynamique avec un gros caddie est en premier dans la file, puis 2 cagoles, mère blonde  et fille brun-noir, chacune un string à la main.
Je les avais croisées un moment avant. Papotant à en perdre haleine, mais clairement en promenade (qu'un super marché soit un lieu de promenade me sidère toujours).
Bonn c'est une caisse, je ne suis pas morte des pieds. Ca devrait le faire.
Sauf que j'aimerais bien m'asseoir, en fait.
Sur mon panier.
N'auraient été les laitages...
Allons, on se tient droite.On maîtrise, bond'là.
Je m'aperçois au bout d'un moment qu'en fait je suis devant la caisse "femmes enceintes et personnes à mobilité réduite", elle est bien bonne: à cette caisse je vois trèèèès souvent des meks en pleine forme, allez comprendre.
Enfin, ça avance.

Mère et fille cagole sont à exactement 20 cm de moi (y'a eu un recul dans la file...) à blablater.
Mèrecagole avise mes pieds moonsandalés. Silence.
S'adresse à Fillecagole, bien fort et  au ras de mon nez: "Oh t'as vu elle a les chaussures spéciales...".
Bon visiblement  Mèrecagole connait.Tout aussi visiblement, elle est d'une impolitesse rare (enfin non.. pas si rare que ça), et `'elle' le lui ferait volontiers remarquer mais 'elle' sait se tenir.. enfin surtout 'elle' met son énergie à mater la douleur, sale bête, allez coucher.
Mais tout se voit sur mon visage, je sais que j'ai les traits décomposés, le gars qui arrive derrière moi, à la faveur d'un vague demi tour pour éviter le regard à la fois impudent et scrutateur de MèreCagole, me demande gentiment "ça va?'
Bon, donc ça se voit, zut.
Donc Mèrecagole a vu aussi.
Elle sait très bien ce que j'ai aux pieds, que ça fait mal et qu'elle est dans une file dédiée avec sa fille et un string.
Et que sa fille passera aussi avec un string et sa mère.
Sa mère à elle, pas celle du string.
Et elles se sont remises à piapiater.
Pas une seconde il ne vient à l'idée de l'une ou de l'autre de .. me laisser passer, puisque gars de devant est en cours de.
Et je ne le leur demanderai pas, non plus.Vu le visage fermé qu'elles ont adopté, ça sent l'emm... à l'horizon.
J'aurais eu gain de cause, sans doute, en faisant appel à la dame de la caisse, mais je répugne aux esclandres.
In petto, j'ai une pensée pour les femmes enceintes bien fatiguées et aux bidons pas forcément visibles et pour les gens moins mobiles que je ne suis, lorsqu'elles ou ils ont ce genre de personnage dans la queue de caisse qui leur est dédiée, ça doit être rageant.

Bon, moi, c'est pas si grave, en fait.
Heu... si
Je m'appuie un peu sur le caddie du gars de derrière, il est gentil.
J'aurais jamais dû venir, la diète ça fait de mal à personne.

Mère et Fille cagole passent enfin, toujours en papotant sur des trucs aussi capitaux que l'heure du coup de fil de CopineStupide qui aurait dû savoir qu'elles n'avaient pas que ça à faire.
Je ricane, dans l'inaudible.
D'abord je trouve injurieux qu'on ne respecte pas un minimum la personne qui tient la caisse, au moins en ne l'ignorant pas, ensuite, j'avoue, je trouve ces 2 specimen humains particulièrement désagréables.
Chacun-e ses goûts, mais là, je manque d'indulgence. Limite misanthrope, sur ce coup.
C'est pas bien mais je ne suis aps un ange, non plus.

Allons, c'est enfin mon tour, je salue la dame de la caisse avec ma tronche de déterrée, et elle me regarde avec la sienne, pas mieux.
Immédiatement, toute ma capacité d'empathie me revient.
Ouff je ne suis pas complètement égocentrique. Petit papotage anodin, je ne suis qu'une des centaines de personnes qui passent devant sa caisse et lui donnent des tonnes de trucs à soulever et poser plus loin... mais on peut être un peu humain quand même.

Une fois passé ce petit échange, il faut repartir vers l'entrée.
Devenue une sortie, du coup, maaââââagique.
J'envisage de marcher sur les mains, en fait
Sauf que Panier ne sait pas se déplacer seul, je l'ai mal dressé.
Enfin, voiture, rentrage, canapé.
Reeeeespirez....

Cagole: voir ou
La cagole manque de sens esthétique et ne sait pas associer les motifs et couleurs de ses fringues, elle se maquille à la truelle, se coiffe au clou et cause comme.. ben comme une cagole, j'peux pas dire mieux.
Et vous connaissez sûrement les tribulations d'une caissière
..
(question subsidiaire: un ou plusieurs 'en fait'  s''est/se sont caché-s dans le texte, sauras tu les trouver et comprendre pourquoi il y en a tant?)
Vendredi 18 avril 2008
Bon, reprenons.
(Le 'pour toujour', c'est fantasmatique.Et fantastique même.Genre je suis merveilleuse, fabuleuse et tout ce qu'on veut -euse. Pour toujours.Haha.)
Or donc, j'ai mis le nez dehors.
Je veux dire ailleurs que pour voir  ma JolieKiné de rééduc  à 2 pas de la maison (chance que le cabinet soit si près, sinon comment y aller?) ou pour marchoter sur le trottoir ou dans la cour, derrière...avec ou sans chats (puis z'ont tranformé cet espace en parking, alors ça m'inspire moins...).

Hé ouaiche: chuis z'allée en ville! Downtown!!

Ben p*t*in comme j'ai pleuré ma race au bout de 10 mn de marche.. et surtout 3 mn de conduite auto.
Puis en rentrant maison. Les coups de poignards là où y'a les clous, misère...
Je sais, mea culpa j'aurais pas  dû prendre l'auto, vu l'état des lieux pédestres,  c'est pas sécure comme conduite, merci à  mon ange gardien.
Mais j'ai personne pour me poser au centre ville et attendre la fin de mon rv toubib, alors voilà.
C'est dans ces cas là qu'on se dit qu'avoir un-e con-ne joint-e, ça peut servir.
Ahem.
Oui hein, j'ai une idée hyper romantique du couple, là...
De toute façon, en général non plus, notez...
Donc j'ai vu de la ville et des gens dedans.
Autres que les cabossés côtoyés en rééduc ou JolieKiné.
J'ai même acheté des pompes où entrent les espèces de baudruches cartonneuses et hypra sensibles qui me tiennent lieu d'arpions, passke les Moon-sandales, faut arrêter au bout d'un moment, il a dit, MonsieurScalpelPerçeuse.

Donc maintenant j'ai des sortes de heu...comment décrire des birkenstock?Sabots légers et découpés dessus?

Et j'ai croisé des gens.
Qui, regardant ma démarche éthérée, ondulante et assurée, oeilrondaient sur mes pieds moonsandalés puis sur mon visage, comme si je portais mon pbme de petons sur la face...
J'avoue que je comprends pas: ce sont mes pieds qui marchent zarbis, pas ma tête.
(Enfin, quoique???Ciel, mais comment savent-ils????)
Hé ben on se sent bien stupide à focaliser une attention dont on se passerait bien.
En plus on croit qu'on a un truc sur le nez...(Chuis maquillée normal pourtant.J'ai oublié le rimmel? Non.. Le fond de teint ne coule pas, tout est bien poudré... non vraiment j'vois pas ce qui les accroche comme ça.. j'ai l'air si dingue que ça??)
En revanche, petits sourires de connivence en croisant des gens à béquilles ....
Après tout, on les merde tous, les marcheurs, ha mais.

Les rv toubib, c'est pas toujours très fun, et celui là ne le fut pas.
Du coup déjà que j'avais pas le moral en fête... que 1 mois et demi d'enfermement, malgré ma très très grande habitude, ça n'aide pas .... ben...ça va moyen je dois dire.
Mais voyez, quand même, tout s'arrange, à la fin, comme dans les films z'amerlocains: v'la un post.
Si c'est pas beau la vie..

Mais le résumé de tout ça c'est que marcher, ben c'est pas gagné.
Que donc reprendre le boulot, non plus.
Que donc je vis aux crochets de la société pendant encore un moment, c'teu honte.
Que faudrait que je fasse une rubrique: 'ma petite vie'.
Que les vieux Genesis ça me fait du bien aux oreilles (chuis fidèle en musique, hein..).
Que je voudrais bien vivre des tas de trucs avant d'être coincée par la déliquescence de mon body, lequel ne move pas vraiment ces temps ci.
Que les kleenesque, c'est bien, mais ça bouffe une forêt.
Vendredi 11 avril 2008
                                                       ?

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