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existence to the end
Of the beginning
(J'aime ces 2 versions pour des raisons différentes)
existence to the end
Of the beginning
(J'aime ces 2 versions pour des raisons différentes)
par Maybe
publié dans :
Sous, à, de-venir
Elle appelle quand elle s'ennuie.
Qu'elle est seule, pour ne pas être entendue de son mari.
Elle appelle pour se plaindre de sa vie.
Des gens.
De son mari.
De sa mère.
Des maladies, drames affectifs et catastrophes qui ne vont pas manquer d'arriver.
Elle appelle parce qu'il ne lui reste que ça ...
Elle a éliminé toute autre relation possible dans sa vie.
Elle appelle d'autant plus depuis que sa mère est morte.
Elle appelle parce qu'elle a besoin de trouver une résonnance à l'autre bout du fil, de trouver qq'un qui fonctionnerait comme elle, qui serait elle.
Elle appelle parce qu'elle a besoin d'être malmenée, par moi, qui lui rappelle qq'un de malmenant.
Elle appelle pour se plaindre, et pouvoir plaindre qq'un qui serait comme elle, qui serait elle.
Elle appelle et ne supporte pas que je prenne des nouvelles de son époux, voire que je le prenne au bout du fil.
Elle appelle.
Morbide.
Elle appelle avec des jeux de voix différents selon sa demande , son besoin de me plaire ou de susciter mon intérêt compassionnel:
fausse alacrité, faux dynamisme humoristique, mais plus souvent voix désespérée, haut perchée et tremblotante, que d'aucuns réserves aux vrais drames, voix lasse qu'on pense au bord de la mort, voix véhémentement affolée, qu'on réserve en principe aux accidents. Tellement jouée que je n'ai aucune empathie.
Elle appelle, et parle au répondeur parce que je ne réponds plus.
Je sais que la souffrance, même jouée, est toujours une souffrance, ailleurs.
Mais souffrir est son identité: je n'y peux rien, quoi qu'il se passe, sa jouissance est là, l'en priver serait pire pour elle, c'est affreux à dire.
Elle appelle, et se prend des pelles.
Et elle recommence.
Je l'envoie bouler, souvent, depuis longtemps.
D'autres fois, les jours de patience, j'écoute, je me protège comme je ferais d'un-e patient-e en consultation psy, mais je refuse d'être le support de transfert, or, comme la marée, elle revient, elle revient, elle revient.
Elle 'oublie' qu'elle a appelé peu de jours auparavant.
Elle 'oublie' bcp de choses.
Elle cherche à savoir la vie de l'autre, pour la raconter.
Car elle vit par procuration.
Elle est capable de se mettre dans une chambre du fond pour se plaindre d'un couple d'invités qu'elle a au même moment au salon, dont la femme serait soupçonnée de vouloir marier son époux lorsqu'elle-même sera morte.
Elle appelle 'pour prendre des nouvelles'.
3 jours après elle rappelle. Le répondeur l'écoute.
Lorsque j'écoute le message, pas de chance, le téléphone est frité, je n'entends que son ton.
Catastrophique. Comme il y a eu des pbmes hospitaliers, je rappelle, quand même, le soir à l'heure où je sais son époux présent.
Qui m'explique que finalement, ils viennent de décider de partir le lendemain en tunisie plutôt qu'en espagne.
C'était ça, la catastrophe.
Car elle se plaint de ses voyages, aussi. De sa piscine, de son jardin, de sa maison climatisée..... De tout.
Six jours plus tard, 9 h le matin, un appel, je prends sans regarder le numéro qui s'affiche: je suis pressée, j'ai un rv toubib, si ça se trouve c'est un contre-ordre.
Non c'est elle, de tunisie, pour me raconter que le portable de son mari est tombé à l'eau et qu'ils rentrent le soir même, comme prévu.
Le lendemain, elle appelle pour dire qu'ils sont bien arrivés, que pour le portable, c'est réglé, et qu'elle rappellera (c'est le répondeur qui l'a écoutée).
Des années qu'elle se projette sur moi, qu'elle projette sur moi ses malheurs à elle.
Qu'elle tente de savoir, ou simplement imagine, mes malheurs à moi, pour me plaindre et jouir de cette 'ressemblance'. Qu'elle est dans le mortifère, le morbide, le mortel, le mord tel...
Des années qu'elle me prend pour sa poupée, son boulet, sa copine, son miroir, sa psy, son extension, sa toubib, sa tortionnaire, sa prof, et maintenant, de plus en plus, pour sa mère.
Des années que je lui oppose du silence bourru, de la phrase qui ferme, du mot qui engueule, car au bout de 20mn de ses questions indiscrètes et de plaintes, je considère avoir fait mon devoir d'écoute bi-hebdomadaire.
Qu'elle est seule, pour ne pas être entendue de son mari.
Elle appelle pour se plaindre de sa vie.
Des gens.
De son mari.
De sa mère.
Des maladies, drames affectifs et catastrophes qui ne vont pas manquer d'arriver.
Elle appelle parce qu'il ne lui reste que ça ...
Elle a éliminé toute autre relation possible dans sa vie.
Elle appelle d'autant plus depuis que sa mère est morte.
Elle appelle parce qu'elle a besoin de trouver une résonnance à l'autre bout du fil, de trouver qq'un qui fonctionnerait comme elle, qui serait elle.
Elle appelle parce qu'elle a besoin d'être malmenée, par moi, qui lui rappelle qq'un de malmenant.
Elle appelle pour se plaindre, et pouvoir plaindre qq'un qui serait comme elle, qui serait elle.
Elle appelle et ne supporte pas que je prenne des nouvelles de son époux, voire que je le prenne au bout du fil.
Elle appelle.
Morbide.
Elle appelle avec des jeux de voix différents selon sa demande , son besoin de me plaire ou de susciter mon intérêt compassionnel:
fausse alacrité, faux dynamisme humoristique, mais plus souvent voix désespérée, haut perchée et tremblotante, que d'aucuns réserves aux vrais drames, voix lasse qu'on pense au bord de la mort, voix véhémentement affolée, qu'on réserve en principe aux accidents. Tellement jouée que je n'ai aucune empathie.
Elle appelle, et parle au répondeur parce que je ne réponds plus.
Je sais que la souffrance, même jouée, est toujours une souffrance, ailleurs.
Mais souffrir est son identité: je n'y peux rien, quoi qu'il se passe, sa jouissance est là, l'en priver serait pire pour elle, c'est affreux à dire.
Elle appelle, et se prend des pelles.
Et elle recommence.
Je l'envoie bouler, souvent, depuis longtemps.
D'autres fois, les jours de patience, j'écoute, je me protège comme je ferais d'un-e patient-e en consultation psy, mais je refuse d'être le support de transfert, or, comme la marée, elle revient, elle revient, elle revient.
Elle 'oublie' qu'elle a appelé peu de jours auparavant.
Elle 'oublie' bcp de choses.
Elle cherche à savoir la vie de l'autre, pour la raconter.
Car elle vit par procuration.
Elle est capable de se mettre dans une chambre du fond pour se plaindre d'un couple d'invités qu'elle a au même moment au salon, dont la femme serait soupçonnée de vouloir marier son époux lorsqu'elle-même sera morte.
Elle appelle 'pour prendre des nouvelles'.
3 jours après elle rappelle. Le répondeur l'écoute.
Lorsque j'écoute le message, pas de chance, le téléphone est frité, je n'entends que son ton.
Catastrophique. Comme il y a eu des pbmes hospitaliers, je rappelle, quand même, le soir à l'heure où je sais son époux présent.
Qui m'explique que finalement, ils viennent de décider de partir le lendemain en tunisie plutôt qu'en espagne.
C'était ça, la catastrophe.
Car elle se plaint de ses voyages, aussi. De sa piscine, de son jardin, de sa maison climatisée..... De tout.
Six jours plus tard, 9 h le matin, un appel, je prends sans regarder le numéro qui s'affiche: je suis pressée, j'ai un rv toubib, si ça se trouve c'est un contre-ordre.
Non c'est elle, de tunisie, pour me raconter que le portable de son mari est tombé à l'eau et qu'ils rentrent le soir même, comme prévu.
Le lendemain, elle appelle pour dire qu'ils sont bien arrivés, que pour le portable, c'est réglé, et qu'elle rappellera (c'est le répondeur qui l'a écoutée).
Des années qu'elle se projette sur moi, qu'elle projette sur moi ses malheurs à elle.
Qu'elle tente de savoir, ou simplement imagine, mes malheurs à moi, pour me plaindre et jouir de cette 'ressemblance'. Qu'elle est dans le mortifère, le morbide, le mortel, le mord tel...
Des années qu'elle me prend pour sa poupée, son boulet, sa copine, son miroir, sa psy, son extension, sa toubib, sa tortionnaire, sa prof, et maintenant, de plus en plus, pour sa mère.
Des années que je lui oppose du silence bourru, de la phrase qui ferme, du mot qui engueule, car au bout de 20mn de ses questions indiscrètes et de plaintes, je considère avoir fait mon devoir d'écoute bi-hebdomadaire.
par Maybe
publié dans :
Sous, à, de-venir
Elle marche dans une grande maison lumineuse, claire, ouverte au soleil.
Les objets sont aussi harmonieusement disposés que son corps est svelte et ondoyant.
Rien ne la prend au dépourvu: elle tient salon, manie l’art de la conversation, du pinceau et de la plume. Mais ni le plumeau ni les casseroles.
Non.
Elle est assise devant des grimoires aux écritures lointaines, elle sait les mots inconnus, elle sait les agencer pour dire et taire. Elle devine les destins. Elle peut les influencer. Détester et aider. Et on vient. Les incantations passent dans ses gestes.La puissance.
Elle peut faire et défaire des actes, des amours et des pensées.
Elle manie la très ancienne magie. Noire. Blanche.
Et rouge.
Un jour, elle sait qu'elle ne doit plus détester.Quelque chose s'abolit, enfin.
Non.
Elle a râclé dans son ventre, douleurs raides et meutrissures rouges, tant de fois; elle a dû aider d'autres à pelleter au dedans. Elle hurlé ses spasmes tant de fois et vu tant d'enfants vagir. Elle fait semblant de les aimer. Et surtout, elle a dû ne s'occuper que d'eux. Alors elle a souvent râclé.
La terreur d'une autre fois régit sa vie.
Jamais plus.Jamais rien dans son ventre. Soulagement.
Non.
Elle condamne sa sœur. Loi.
Un grand honneur qu'on lui fait: elle doit la tuer elle-même. Loi.
C'est à sa robe de haut dignitaire qu'elle le doit.
Elle lève son tranchant, elle n'a pas le choix.
Sa sœur meurt en la remerciant de le faire, et en lui pardonnant d'avoir à respecter la loi.
Elle fait respecter le livre. Foi.
Elle égorge les agneaux. C'est un grand honneur et c'est sa tâche. Foi.
C'est à sa robe de prêtre qu'elle le doit.
Les agneaux meurent et leurs yeux s'éteignent dans des gargouillis étonnés.
Elle a été respectée pour sa rigueur et pour avoir suscité la peur qu'engendre la loi.
Foi et loi. Les foies et les oies. Basse, très basse cour. Fuir, vite.
Non.
Elle s'est trompée, ce n'était pas sa faute: cette médication était réputée pourtant.
Alors la mère endeuillée colporte.
Elle aurait fait exprès, elle aurait voulu la mort de l'enfant, elle aurait fait en sorte. Ce n'était pas sa faute. Elle se reproche l'erreur, elle se sent coupable déjà sans qu'on lui dise rien, elle aurait dû savoir que faire.
La mère colporte.Ce n'était pas sa faute. La mère colporte.
Dans le village, on se divise.
La mère colporte.Ses mots rongent et prennent corps.
Prennent son corps à elle. Elle se pend par le col.
Se souviendra longtemps de l'étouffement.
Derrière la porte.
Non.
Elle doit toujours poser à porter de sa main ce qui lui est le plus précieux. Ce fut un pécule de vieil homme certain de ses choix. C'est un collier de poupée, une mouchoir brodé, une bague de fer-blanc d'enfant.
Ce doit être facile à porter et à cacher: quand on fuit, il ne faut pas être encombrée.
Souvent elle rechoisit ce qui est précieux. Le reste n'a pas d'importance. Le reste on s'en passe, on l'oublie, le reste sera déchet pour ceux qui le trouveront. Et cette fois, elle fuira sans être attrapée.
Elle ne sera pas affligée d'une incompréhensible infâmie, de savoir que son peuple, son pays, c'est sa peau, et que sa peau ne vaut rien pour eux. Cette fois elle ne perdra pas toute dignité en geignant de faim et de douleur. Elle n'attendra pas la mort sous les quolibets de ceux qui moquent ses jambes saignantes aux os par eux rompus. Elle ne mourra pas bouche bée comme un poisson osseux. Comme un reste. Comme des millions d'autre poissons. Une friture.
Cette fois, elle sauvera sa peau. Mais où ira t-elle, cette peau, pour continuer à vivre? N'importe. Ne pas penser.
Elle vérifie encore et encore ses petits objets précieux. Le reste, de toute façon, il faut toujours l'abandonner.
Le reste.
Non
Elle sait qu'on lui doit respect, obéissance, et hommage.
C'est comme ça. Elle tient un pays dans ses mains et prépare un bouleversement difficile, mais il faut tenter.
Son orgueil paraît sans limite. Mais il s'agit d'incarner la force et la puissance, cela requiert de ne pas s'incliner pour des détails.
Une fois elle réussit à mener à bien sa tâche. Donner la paix. Changer les symboles.Une grande sagesse et de la chance.
Une autre fois elle sombra dans la terreur qui fait des monarques trop accueillants aux sanglants conseils de courtisans. C'était difficile à éviter. Expier.
Non.
Elle s'assied au sortir de la cabane, sur la terre rouge. Sa mère reste dedans.
Sa mère qui la bat. Sans raison. Parce qu'elle est là. Petite en trop.
Elle la voit s'y préparer. Sa haine exsude dans son regard.
Devant ce trou noir qu'est la porte, un peu de lumière. Personne autour ne se soucie.
C'est ainsi.Sa mère frappe.C'est ainsi.
Sur la terre rouge, elle regarde ses pieds nus. Ses mains jouent de cette terre poussièreuse. Ses jambes osseuses se posent. La haine vient par derrière.
Elle fait le gros dos quand sa haine-mère la frappe sans une parole.Que dire.C'est sa mère.
Non.
Elle possède les très anciens savoirs, les étoiles et les kabbales. Elle est celle qui aide et guide. Elle devine. Elle l’a travaillé. Mais elle sait, c’est ainsi qu’elle est née. On vient la voir comme on approcherait un air plus vivifiant.
Elle est aussi ancienne que la terre et aussi jeune que les avenirs.
Elle donne des mots, elle propose les énigmes et leurs indices, chacun fera son chemin. Trop d’aide tue l’aide.
Non.
Elle prie et se mortifie comme l'enseignement et les ordres lui ont sont donnés. Elle obéit. Ses pas ne résonnent pas dans les couloirs froids, les dalles sous ses genoux ne portent aucune lumière, mais le choix ne lui appartient pas.
Les jours pareils aux jours.La mère supérieure est tout sauf mère, mais bien supérieure. Le fouet rend humble les cœurs non endurcis. Son cœur à elle l'est déjà, humilié. Alors elle cherche de la joie.Du rire. A donner. Devant l'autel immuable.
Non.
Elle est vêtue des peaux consacrées, elle porte les symboles car elle a appris à les manier.Il est de haute taille et porte sa main droite à son front. Elle est maintenant son égale après avoir été son élève. Elle sait les arbres, les signes des pierres, les animaux et les transes. Dans la lande venteuse, elle est maintenant le même recours que lui.
Elle sait la puissance de l'eau de la pierre et du vent. Et celle du feu qui les transforme. Elle continuera à apprendre.
Il lui faut transmettre.
Pour cela, elle reviendra.
Non.
Elle est si vamp qu’elle peut tuer d’un sourire tout homme qui passe à sa portée. Pour les rendre aussi petits que leurs désirs d’elle. Elle sait les regards, les gestes et les mots pour les affadir. Elle n’est pas à leur merci. D’ailleurs, elle se rit d’eux et de leur pitoyables efforts pour dominer. Elle les mène précisément là où elle veut aller et les pose là. Et elle rit. Elle la tient, sa vengeance. Aussi mesquine qu'eux peuvent l'être. Aussi ridicule.
Non.
Elle sait ce que pensent et éprouvent les autres avant même que cela ne les envahissent, elle le sait quand bien même eux ne pourraient savoir ce qui est en eux. Ainsi, elle est protégée. Bien sage. Elle peut attendre attendre attendre que sa vie change, que la chance vienne. Elle attend. Dans son cocon. L'aile attend. Attend toujours.
Non.
Elle est allongée, entravée, manipulée sur une table grossière. Elle couchée, eux debout.
Une danse macabre ricane autour d'elle, des yeux fous, des bouches baveuses, des mains outillées, sa douleur. Elle couchée, eux debout.
Leurs plaisirs minables, leurs soulagements ridicules, leurs mauvaisetés, sa terreur. Elle couchée, eux debout.
Leur pouvoir de faire mal, leur crainte de son corps, leur besoin de l'avilir, ses pleurs.
Qui les font rire. Elle ne crie plus.
Elle couchée, eux debout. Elle couchée, eux debout.
Et puis, elle a brûlé.
Non.
Elle est la mamie blanche et replète des contes, celle qui console, qui conte, qui comptera après sa mort.
Elle sait. Après une vie d’humilité et de pénombre, la lumière est en dedans d’elle.
Chèrement payée.
Elle montre des chemins, des chemins intérieurs. Le sien est encore à venir, derrière le passage apeurant, étouffant, le troisième pas. Lumineux enfin.
Non.
Elle a appris la très ancienne langue et elle cherche le savoir qui s'y trouve. Un jour, elle décrypte. Tout prend sens. Et elle a mené à terme le travail de celle qui fut une mère, il y a si longtemps, et qui voulait l'ignorer. Aux temps de cette écriture.
Une page est enfin tournée. Que faire à présent ?
Non.
Elle mêle les substances. Les odorantes. Les insipides. Les formules à bulles qui préservent.
Elle donne ce qui réparera les blessures. Les visibles, les invisibles. Fragrances et fumées soignent. Elle sait où les poser, comment les proposer. Les plantes ont chacune leur façon de nous aimer. Elle sait la lune et le soleil qui les animent. Elle rit de plaisir lorsqu’une cicatrice s’efface.
Non.
Elle dessine les corps et leurs voiles. La futilité qu'elle aime voir changer au gré des saisons. Elle compose des perfections pour des corps irréprochables. Elle harmonise les couleurs. Parfois les tissus s’agencent par ses mains. Elle fait d’une femme un elfe satiné. Une femme de papier. Elle finit par ne faire que peindre et dessiner la beauté et la futilité.
Non.
Elle calligraphie ses mots lorsqu’ils sont déjà posés en poème. C’est son exercice de paix, quand elle a écrit des vérités mouvantes et des possibles définitifs. On la lit. Elle se délie en délitant les logiques. Elle envole les tapis que sont les destins en liant leurs trames aux anciens cieux et leurs chaînes aux futures étoiles. Elle romance. Elle avance sur du papier. Elle sait que pour faire avancer les autres il faut leur romancer la vie.
Non.
Elle sentait ces chemins et voulait les préparer.
Elle ne savait pas encore qu'ils étaient déjà clos.
Elle fut aussi il, et c'était bien ainsi.
Il n'y avait rien à préparer ni à attendre.
Ce qui était derrière ne pouvait pas être devant, mais le masquait facilement.
Elle ne le savait pas encore.
Non.
Elle avait un petit corps en danger, elle a un plus grand corps de danger qui se déforme et se reforme, sans crier gare. Elle perd pied de la réalité. Des moments terrifiants où se regarde d’en haut, d’à-côté, d’ailleurs; elle n’est jamais là, mais on la voit quand même.
Pas d'échappatoire: tu as choisi la matière de ce monde-ci.
Elle s'incarne et sombre tous les jours, elle meurt toutes les nuits.
La folie la guette, sous son oreiller, à la table du dîner, au lever.
Elle s’accroche à ses tremblantes paniques, à l’air qui ne revient jamais, au corps qui s’affole:
tant qu’elle meurt, tant qu'elle se sent mourir, c’est encore de la vie.
Comment s'en protéger? Tu l'as choisie.
Non.
Si.
Les objets sont aussi harmonieusement disposés que son corps est svelte et ondoyant.
Rien ne la prend au dépourvu: elle tient salon, manie l’art de la conversation, du pinceau et de la plume. Mais ni le plumeau ni les casseroles.
Non.
Elle est assise devant des grimoires aux écritures lointaines, elle sait les mots inconnus, elle sait les agencer pour dire et taire. Elle devine les destins. Elle peut les influencer. Détester et aider. Et on vient. Les incantations passent dans ses gestes.La puissance.
Elle peut faire et défaire des actes, des amours et des pensées.
Elle manie la très ancienne magie. Noire. Blanche.
Et rouge.
Un jour, elle sait qu'elle ne doit plus détester.Quelque chose s'abolit, enfin.
Non.
Elle a râclé dans son ventre, douleurs raides et meutrissures rouges, tant de fois; elle a dû aider d'autres à pelleter au dedans. Elle hurlé ses spasmes tant de fois et vu tant d'enfants vagir. Elle fait semblant de les aimer. Et surtout, elle a dû ne s'occuper que d'eux. Alors elle a souvent râclé.
La terreur d'une autre fois régit sa vie.
Jamais plus.Jamais rien dans son ventre. Soulagement.
Non.
Elle condamne sa sœur. Loi.
Un grand honneur qu'on lui fait: elle doit la tuer elle-même. Loi.
C'est à sa robe de haut dignitaire qu'elle le doit.
Elle lève son tranchant, elle n'a pas le choix.
Sa sœur meurt en la remerciant de le faire, et en lui pardonnant d'avoir à respecter la loi.
Elle fait respecter le livre. Foi.
Elle égorge les agneaux. C'est un grand honneur et c'est sa tâche. Foi.
C'est à sa robe de prêtre qu'elle le doit.
Les agneaux meurent et leurs yeux s'éteignent dans des gargouillis étonnés.
Elle a été respectée pour sa rigueur et pour avoir suscité la peur qu'engendre la loi.
Foi et loi. Les foies et les oies. Basse, très basse cour. Fuir, vite.
Non.
Elle s'est trompée, ce n'était pas sa faute: cette médication était réputée pourtant.
Alors la mère endeuillée colporte.
Elle aurait fait exprès, elle aurait voulu la mort de l'enfant, elle aurait fait en sorte. Ce n'était pas sa faute. Elle se reproche l'erreur, elle se sent coupable déjà sans qu'on lui dise rien, elle aurait dû savoir que faire.
La mère colporte.Ce n'était pas sa faute. La mère colporte.
Dans le village, on se divise.
La mère colporte.Ses mots rongent et prennent corps.
Prennent son corps à elle. Elle se pend par le col.
Se souviendra longtemps de l'étouffement.
Derrière la porte.
Non.
Elle doit toujours poser à porter de sa main ce qui lui est le plus précieux. Ce fut un pécule de vieil homme certain de ses choix. C'est un collier de poupée, une mouchoir brodé, une bague de fer-blanc d'enfant.
Ce doit être facile à porter et à cacher: quand on fuit, il ne faut pas être encombrée.
Souvent elle rechoisit ce qui est précieux. Le reste n'a pas d'importance. Le reste on s'en passe, on l'oublie, le reste sera déchet pour ceux qui le trouveront. Et cette fois, elle fuira sans être attrapée.
Elle ne sera pas affligée d'une incompréhensible infâmie, de savoir que son peuple, son pays, c'est sa peau, et que sa peau ne vaut rien pour eux. Cette fois elle ne perdra pas toute dignité en geignant de faim et de douleur. Elle n'attendra pas la mort sous les quolibets de ceux qui moquent ses jambes saignantes aux os par eux rompus. Elle ne mourra pas bouche bée comme un poisson osseux. Comme un reste. Comme des millions d'autre poissons. Une friture.
Cette fois, elle sauvera sa peau. Mais où ira t-elle, cette peau, pour continuer à vivre? N'importe. Ne pas penser.
Elle vérifie encore et encore ses petits objets précieux. Le reste, de toute façon, il faut toujours l'abandonner.
Le reste.
Non
Elle sait qu'on lui doit respect, obéissance, et hommage.
C'est comme ça. Elle tient un pays dans ses mains et prépare un bouleversement difficile, mais il faut tenter.
Son orgueil paraît sans limite. Mais il s'agit d'incarner la force et la puissance, cela requiert de ne pas s'incliner pour des détails.
Une fois elle réussit à mener à bien sa tâche. Donner la paix. Changer les symboles.Une grande sagesse et de la chance.
Une autre fois elle sombra dans la terreur qui fait des monarques trop accueillants aux sanglants conseils de courtisans. C'était difficile à éviter. Expier.
Non.
Elle s'assied au sortir de la cabane, sur la terre rouge. Sa mère reste dedans.
Sa mère qui la bat. Sans raison. Parce qu'elle est là. Petite en trop.
Elle la voit s'y préparer. Sa haine exsude dans son regard.
Devant ce trou noir qu'est la porte, un peu de lumière. Personne autour ne se soucie.
C'est ainsi.Sa mère frappe.C'est ainsi.
Sur la terre rouge, elle regarde ses pieds nus. Ses mains jouent de cette terre poussièreuse. Ses jambes osseuses se posent. La haine vient par derrière.
Elle fait le gros dos quand sa haine-mère la frappe sans une parole.Que dire.C'est sa mère.
Non.
Elle possède les très anciens savoirs, les étoiles et les kabbales. Elle est celle qui aide et guide. Elle devine. Elle l’a travaillé. Mais elle sait, c’est ainsi qu’elle est née. On vient la voir comme on approcherait un air plus vivifiant.
Elle est aussi ancienne que la terre et aussi jeune que les avenirs.
Elle donne des mots, elle propose les énigmes et leurs indices, chacun fera son chemin. Trop d’aide tue l’aide.
Non.
Elle prie et se mortifie comme l'enseignement et les ordres lui ont sont donnés. Elle obéit. Ses pas ne résonnent pas dans les couloirs froids, les dalles sous ses genoux ne portent aucune lumière, mais le choix ne lui appartient pas.
Les jours pareils aux jours.La mère supérieure est tout sauf mère, mais bien supérieure. Le fouet rend humble les cœurs non endurcis. Son cœur à elle l'est déjà, humilié. Alors elle cherche de la joie.Du rire. A donner. Devant l'autel immuable.
Non.
Elle est vêtue des peaux consacrées, elle porte les symboles car elle a appris à les manier.Il est de haute taille et porte sa main droite à son front. Elle est maintenant son égale après avoir été son élève. Elle sait les arbres, les signes des pierres, les animaux et les transes. Dans la lande venteuse, elle est maintenant le même recours que lui.
Elle sait la puissance de l'eau de la pierre et du vent. Et celle du feu qui les transforme. Elle continuera à apprendre.
Il lui faut transmettre.
Pour cela, elle reviendra.
Non.
Elle est si vamp qu’elle peut tuer d’un sourire tout homme qui passe à sa portée. Pour les rendre aussi petits que leurs désirs d’elle. Elle sait les regards, les gestes et les mots pour les affadir. Elle n’est pas à leur merci. D’ailleurs, elle se rit d’eux et de leur pitoyables efforts pour dominer. Elle les mène précisément là où elle veut aller et les pose là. Et elle rit. Elle la tient, sa vengeance. Aussi mesquine qu'eux peuvent l'être. Aussi ridicule.
Non.
Elle sait ce que pensent et éprouvent les autres avant même que cela ne les envahissent, elle le sait quand bien même eux ne pourraient savoir ce qui est en eux. Ainsi, elle est protégée. Bien sage. Elle peut attendre attendre attendre que sa vie change, que la chance vienne. Elle attend. Dans son cocon. L'aile attend. Attend toujours.
Non.
Elle est allongée, entravée, manipulée sur une table grossière. Elle couchée, eux debout.
Une danse macabre ricane autour d'elle, des yeux fous, des bouches baveuses, des mains outillées, sa douleur. Elle couchée, eux debout.
Leurs plaisirs minables, leurs soulagements ridicules, leurs mauvaisetés, sa terreur. Elle couchée, eux debout.
Leur pouvoir de faire mal, leur crainte de son corps, leur besoin de l'avilir, ses pleurs.
Qui les font rire. Elle ne crie plus.
Elle couchée, eux debout. Elle couchée, eux debout.
Et puis, elle a brûlé.
Non.
Elle est la mamie blanche et replète des contes, celle qui console, qui conte, qui comptera après sa mort.
Elle sait. Après une vie d’humilité et de pénombre, la lumière est en dedans d’elle.
Chèrement payée.
Elle montre des chemins, des chemins intérieurs. Le sien est encore à venir, derrière le passage apeurant, étouffant, le troisième pas. Lumineux enfin.
Non.
Elle a appris la très ancienne langue et elle cherche le savoir qui s'y trouve. Un jour, elle décrypte. Tout prend sens. Et elle a mené à terme le travail de celle qui fut une mère, il y a si longtemps, et qui voulait l'ignorer. Aux temps de cette écriture.
Une page est enfin tournée. Que faire à présent ?
Non.
Elle mêle les substances. Les odorantes. Les insipides. Les formules à bulles qui préservent.
Elle donne ce qui réparera les blessures. Les visibles, les invisibles. Fragrances et fumées soignent. Elle sait où les poser, comment les proposer. Les plantes ont chacune leur façon de nous aimer. Elle sait la lune et le soleil qui les animent. Elle rit de plaisir lorsqu’une cicatrice s’efface.
Non.
Elle dessine les corps et leurs voiles. La futilité qu'elle aime voir changer au gré des saisons. Elle compose des perfections pour des corps irréprochables. Elle harmonise les couleurs. Parfois les tissus s’agencent par ses mains. Elle fait d’une femme un elfe satiné. Une femme de papier. Elle finit par ne faire que peindre et dessiner la beauté et la futilité.
Non.
Elle calligraphie ses mots lorsqu’ils sont déjà posés en poème. C’est son exercice de paix, quand elle a écrit des vérités mouvantes et des possibles définitifs. On la lit. Elle se délie en délitant les logiques. Elle envole les tapis que sont les destins en liant leurs trames aux anciens cieux et leurs chaînes aux futures étoiles. Elle romance. Elle avance sur du papier. Elle sait que pour faire avancer les autres il faut leur romancer la vie.
Non.
Elle sentait ces chemins et voulait les préparer.
Elle ne savait pas encore qu'ils étaient déjà clos.
Elle fut aussi il, et c'était bien ainsi.
Il n'y avait rien à préparer ni à attendre.
Ce qui était derrière ne pouvait pas être devant, mais le masquait facilement.
Elle ne le savait pas encore.
Non.
Elle avait un petit corps en danger, elle a un plus grand corps de danger qui se déforme et se reforme, sans crier gare. Elle perd pied de la réalité. Des moments terrifiants où se regarde d’en haut, d’à-côté, d’ailleurs; elle n’est jamais là, mais on la voit quand même.
Pas d'échappatoire: tu as choisi la matière de ce monde-ci.
Elle s'incarne et sombre tous les jours, elle meurt toutes les nuits.
La folie la guette, sous son oreiller, à la table du dîner, au lever.
Elle s’accroche à ses tremblantes paniques, à l’air qui ne revient jamais, au corps qui s’affole:
tant qu’elle meurt, tant qu'elle se sent mourir, c’est encore de la vie.
Comment s'en protéger? Tu l'as choisie.
Non.
Si.
par Maybe
publié dans :
Sous, à, de-venir
En entrant, face à l'immense miroir, j'ai plongé dans ses grands yeux cerclés de noir.
Un vert d'eau très clair, très lumineux, si limpide et profond.
Mais il eût été malséant de la fixer longtemps ainsi.
Pourtant, c'est magnétique.
Elle attendait, patiemment, que ses cheveux roux reprennent leur couleur là où le temps l'avait trop lavée.
Une fleur posée là, qui occupait douillettement son espace, discrète, en embellie... malgréles feux liquides de ses prunelles.
Plus tard, je suis assise à ses côtés.
Nous nous saluons rapidement dans le miroir.
Elle feuillette un magazine de nana, arrivée à une page astro, je la sens perplexe.
Elle demande au Joyeuxciseaux derrière mon dos s'il peut lui expliquer telle phrase.
Il s'embrouille.Je lui traduis. Elle rit: c'est tellement bête. L'article lui-même l'est, et même le mag, dit-elle.
Nous papotons. Elle a une voix basse, un peu voilée, une grande élégance de maintien et de discours.
J'ai le grand plaisir égoïste de pouvoir me rafraîchir dans ses iris.
Et.. je lui dis..Dès mon entrée, savez vous, vos yeux...
Elle rit; avec un merveilleux petit accent, elle le dit en français cette fois: oh, ce sont juste des yeux d'irlandaise.
Haaaaaaa... c'était donc ça.
Nous continuons.Je rappelle mes connaissances d'anglais.
Et elle fait de même avec son français.
J'adore le français parlé avec de jolis accents un peu chantants et certains sons atténués.
C'est charmant.
Et elle est charmante.
Joyeuxciseaux est allé vaquer dans un coin du salon, gentiment.
Je la sens sereine, comme si elle avait passé par de multiples épreuves qui lui ont laissé cette grande chance de savoir savourer des instants banals, des minutes en sursis, des moments cadeaux.
Elle me demande si j'ai eu qqe difficulté avec mes pieds.
J'apprends qu'elle en sort elle aussi, un peu différemment. Elle me raconte un peu tout ça.Nous avançons dans la complicité.
Elle me demande si ce fut douloureux.
Et là j'apprends qu'elle devait être très précautionneuse dans sa médication antalgique, eu égard à son cancer avancé.
C'était donc ça.
Nous papotons encore un peu. Mais Joyeuxciseaux doit finir son travail...Que nous entrecoupons de petits dialogues gais.
J'aurais aimé la côtoyer plus longtemps, la retrouver ailleurs, l'entendre rire et parler encore.
La sentir vivre.
Regarder cette incroyable couleur tendre et froide.
A mon départ, un peu démunie, je lui dis de prendre soin d'elle...
Un vert d'eau très clair, très lumineux, si limpide et profond.
Mais il eût été malséant de la fixer longtemps ainsi.
Pourtant, c'est magnétique.
Elle attendait, patiemment, que ses cheveux roux reprennent leur couleur là où le temps l'avait trop lavée.
Une fleur posée là, qui occupait douillettement son espace, discrète, en embellie... malgréles feux liquides de ses prunelles.
Plus tard, je suis assise à ses côtés.
Nous nous saluons rapidement dans le miroir.
Elle feuillette un magazine de nana, arrivée à une page astro, je la sens perplexe.
Elle demande au Joyeuxciseaux derrière mon dos s'il peut lui expliquer telle phrase.
Il s'embrouille.Je lui traduis. Elle rit: c'est tellement bête. L'article lui-même l'est, et même le mag, dit-elle.
Nous papotons. Elle a une voix basse, un peu voilée, une grande élégance de maintien et de discours.
J'ai le grand plaisir égoïste de pouvoir me rafraîchir dans ses iris.
Et.. je lui dis..Dès mon entrée, savez vous, vos yeux...
Elle rit; avec un merveilleux petit accent, elle le dit en français cette fois: oh, ce sont juste des yeux d'irlandaise.
Haaaaaaa... c'était donc ça.
Nous continuons.Je rappelle mes connaissances d'anglais.
Et elle fait de même avec son français.
J'adore le français parlé avec de jolis accents un peu chantants et certains sons atténués.
C'est charmant.
Et elle est charmante.
Joyeuxciseaux est allé vaquer dans un coin du salon, gentiment.
Je la sens sereine, comme si elle avait passé par de multiples épreuves qui lui ont laissé cette grande chance de savoir savourer des instants banals, des minutes en sursis, des moments cadeaux.
Elle me demande si j'ai eu qqe difficulté avec mes pieds.
J'apprends qu'elle en sort elle aussi, un peu différemment. Elle me raconte un peu tout ça.Nous avançons dans la complicité.
Elle me demande si ce fut douloureux.
Et là j'apprends qu'elle devait être très précautionneuse dans sa médication antalgique, eu égard à son cancer avancé.
C'était donc ça.
Nous papotons encore un peu. Mais Joyeuxciseaux doit finir son travail...Que nous entrecoupons de petits dialogues gais.
J'aurais aimé la côtoyer plus longtemps, la retrouver ailleurs, l'entendre rire et parler encore.
La sentir vivre.
Regarder cette incroyable couleur tendre et froide.
A mon départ, un peu démunie, je lui dis de prendre soin d'elle...
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Sous, à, de-venir
Bon alors, l'autre jour je cherchais un vieux cd.
Non, pas Jethro Tull ou Alan ou Tonton ou les Cafards, plaisantez pas avec les monuments hein, je risquais pas de m'en débarrasser :-)
En l'occurrence c'était le Secret world tour (oui Peter Gabriel, et on rigole pas, chacun ses goûts et ses souvenirs, Shaking your tree et je shake le mien nanmého, it's your day, woman's day)
Du coup, ce soir, de fil en saphir, chuis allée voir dans le gros coffre d'osier près de ma porte si dans mes vinyles me restaient "Trespass" et "Wind & wuthering", écoutés pendant des heures en boucle le soir (et on rigole pas non plus), pas fort pour pas me faire choper.
Comme souvent on fait quand on est ados: on s'immerge dans la zike, à défaut de pouvoir le faire dans autre chose, parfois, et plus sûrement parce que ça a vraiment du sens, à ce moment là, social souvent, via le groupe de pairs, ou dans la construction identitaire et émotionnelle, choses qui font la grande affaire de l'adolescence.
....
Rhamézut, j'ai plus le super "Selling England..." quand et à qui je l'ai donné? Dénoncez vous.
....
Edit: Je réécoute tout, vive le net. Qu'il est bon cet album.Et Nursery Cryme, fabuleux.Et Foxtrot.
Pourquoi cherchais-je les 2 autres, en fait?
Et pourquoi avais-je tout remis dans le circuit achat-vente?
Pour me donner l'impression d'avancer ? On fait de ces stupidités, parfois. ;-)
La musique comme une liberté et parce qu'elle permet de faire passer des messages.
C'est bateau hein ce que je dis? Pourtant c'est excatement comme je le pense.
Oui m'dame.
Le "son" a changé, depuis le temps...on s'est habitué-e-s ou ouvert-e-s à d'autres techniques, aussi....
...là j'ajouterais volontiers un peu d'ampleur dans les graves, et des machins un peu partout que je repère quand je les entends, mais dont je ne sais pas les noms (effets? reverb? qualité? profondeur de champ?oups non c'est pas le même sens) ou bien j'enlèverais un truc ou deux que je trouvais, déjà à l'époque où je les écoutais avec ferveur, un peu tartignolles, alambiqués inutilement ou un peu faux ...
Mais c'était, c'est bon à entendre.
Je sais encore *le* endroit où ca va gratter parce qu'un jour de maladresse, le bras est tombé trop brutalement sur le disque, le moment où je vais chanter à tue-tête, celui où je faisais sauter le saphir parce que ça m'agaçait....
Bon, une innocente (héhé) petite ballade, d'accord?
Allez, tout par coeur, et tous en choeur.
Vous bilez pas , ca va pas devenir un blog zike, je saurais pas faire ça, y'a des pros dans ma liste "Catgut", à gauche :-)
Non, pas Jethro Tull ou Alan ou Tonton ou les Cafards, plaisantez pas avec les monuments hein, je risquais pas de m'en débarrasser :-)
En l'occurrence c'était le Secret world tour (oui Peter Gabriel, et on rigole pas, chacun ses goûts et ses souvenirs, Shaking your tree et je shake le mien nanmého, it's your day, woman's day)
Du coup, ce soir, de fil en saphir, chuis allée voir dans le gros coffre d'osier près de ma porte si dans mes vinyles me restaient "Trespass" et "Wind & wuthering", écoutés pendant des heures en boucle le soir (et on rigole pas non plus), pas fort pour pas me faire choper.
Comme souvent on fait quand on est ados: on s'immerge dans la zike, à défaut de pouvoir le faire dans autre chose, parfois, et plus sûrement parce que ça a vraiment du sens, à ce moment là, social souvent, via le groupe de pairs, ou dans la construction identitaire et émotionnelle, choses qui font la grande affaire de l'adolescence.
....
Rhamézut, j'ai plus le super "Selling England..." quand et à qui je l'ai donné? Dénoncez vous.
....
Edit: Je réécoute tout, vive le net. Qu'il est bon cet album.Et Nursery Cryme, fabuleux.Et Foxtrot.
Pourquoi cherchais-je les 2 autres, en fait?
Et pourquoi avais-je tout remis dans le circuit achat-vente?
Pour me donner l'impression d'avancer ? On fait de ces stupidités, parfois. ;-)
La musique comme une liberté et parce qu'elle permet de faire passer des messages.
C'est bateau hein ce que je dis? Pourtant c'est excatement comme je le pense.
Oui m'dame.
Le "son" a changé, depuis le temps...on s'est habitué-e-s ou ouvert-e-s à d'autres techniques, aussi....
...là j'ajouterais volontiers un peu d'ampleur dans les graves, et des machins un peu partout que je repère quand je les entends, mais dont je ne sais pas les noms (effets? reverb? qualité? profondeur de champ?oups non c'est pas le même sens) ou bien j'enlèverais un truc ou deux que je trouvais, déjà à l'époque où je les écoutais avec ferveur, un peu tartignolles, alambiqués inutilement ou un peu faux ...
Mais c'était, c'est bon à entendre.
Je sais encore *le* endroit où ca va gratter parce qu'un jour de maladresse, le bras est tombé trop brutalement sur le disque, le moment où je vais chanter à tue-tête, celui où je faisais sauter le saphir parce que ça m'agaçait....
Bon, une innocente (héhé) petite ballade, d'accord?
Allez, tout par coeur, et tous en choeur.
Vous bilez pas , ca va pas devenir un blog zike, je saurais pas faire ça, y'a des pros dans ma liste "Catgut", à gauche :-)
par Maybe
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Zut, re-zut et dix de der.
Je cherchais un disque et je le trouve point.
Pourtant je sais l'avoir eu: je revois la pochette etc, je l'ai écouté en boucle, même, parfois.
Alors je ne peux m'en prendre qu'à moi:
pendant des années, avant l'arrivée du zorro et de la pomme , chez moi, j'opérais certains va et vient de cd en achat-vente, le principe des occases quoi.
Ce qui fait que au final, pas mal ont défilé chez moi mais.. que je n'ai plus, parce qu'un jour j'ai décidé que bon, je l'avais bien en tête, que telle ou telle mélodie représentait telle période de vie et que j'étais passée à autre chose, au point d'avoir oublié le disque assez longtemps, que ce serait facile à retrouver, au cas où, que fallait faire un peu de la place dans le binz....
Toujours cette habitude de déménager.. ça a bien forgé ma façon de fonctionner, finalement:
que veux-tu ou non garder, et pourquoi?
Curieusement je garde des vieux 33t, et même un 78t...
Je fais "lieu de mémoire" pour la famille et pour certaines choses (bah oui, pas tout, non plus, peu, en fait), surtout depuis que je suis dans cet appart et que mes grands parents sont morts.
Je sais des gens qui stockent, ad lib.
Perso je stocke ce qui mérite de l'être.
Censément.
Sauf que la vie ça bouge, et que nous-mêmes aussi, (heureusement sinon quel ennui) même s'il reste une certaine pérennité qui fait fil (rouge, vert, bleu, c'est vous qui voyez...).
Mais x années après, le charme, le rythme, le souvenir de telle zike, je voudrais bien le-s re-trouver et me voilà devant l'impossible: c'st plus là, il faudrait aller le pêcher qqpart (magasin, internent...) mais surtout:
qu'est-ce qui a fait, qu'un moment donné, j'ai estimé que ce cd pouvait repartir dans le circuit, cad ne pas être gardé chez moi?
Intéressante réflexion.
Mais quand même... j'voulais le réentendre, là, toute suite...
Et merdoume.
Grmbl.
Edit1: dites donc (haha)
J'ai entendu je ne sais où que finalement les cd ne gardent leurs données qu'environ 5 ans?
Hein?
Nous v'la bien.
Edit2: dans la série: les archives c'est long à chercher et j'aime me faire de la pub:
Fan de
Tympans crevants
Je cherchais un disque et je le trouve point.
Pourtant je sais l'avoir eu: je revois la pochette etc, je l'ai écouté en boucle, même, parfois.
Alors je ne peux m'en prendre qu'à moi:
pendant des années, avant l'arrivée du zorro et de la pomme , chez moi, j'opérais certains va et vient de cd en achat-vente, le principe des occases quoi.
Ce qui fait que au final, pas mal ont défilé chez moi mais.. que je n'ai plus, parce qu'un jour j'ai décidé que bon, je l'avais bien en tête, que telle ou telle mélodie représentait telle période de vie et que j'étais passée à autre chose, au point d'avoir oublié le disque assez longtemps, que ce serait facile à retrouver, au cas où, que fallait faire un peu de la place dans le binz....
Toujours cette habitude de déménager.. ça a bien forgé ma façon de fonctionner, finalement:
que veux-tu ou non garder, et pourquoi?
Curieusement je garde des vieux 33t, et même un 78t...
Je fais "lieu de mémoire" pour la famille et pour certaines choses (bah oui, pas tout, non plus, peu, en fait), surtout depuis que je suis dans cet appart et que mes grands parents sont morts.
Je sais des gens qui stockent, ad lib.
Perso je stocke ce qui mérite de l'être.
Censément.
Sauf que la vie ça bouge, et que nous-mêmes aussi, (heureusement sinon quel ennui) même s'il reste une certaine pérennité qui fait fil (rouge, vert, bleu, c'est vous qui voyez...).
Mais x années après, le charme, le rythme, le souvenir de telle zike, je voudrais bien le-s re-trouver et me voilà devant l'impossible: c'st plus là, il faudrait aller le pêcher qqpart (magasin, internent...) mais surtout:
qu'est-ce qui a fait, qu'un moment donné, j'ai estimé que ce cd pouvait repartir dans le circuit, cad ne pas être gardé chez moi?
Intéressante réflexion.
Mais quand même... j'voulais le réentendre, là, toute suite...
Et merdoume.
Grmbl.
Edit1: dites donc (haha)
J'ai entendu je ne sais où que finalement les cd ne gardent leurs données qu'environ 5 ans?
Hein?
Nous v'la bien.
Edit2: dans la série: les archives c'est long à chercher et j'aime me faire de la pub:
Fan de
Tympans crevants
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Sous, à, de-venir
Paris me manque.
Enfin, précisions: le Paris de mes pérégrinations enfantines et plus âgées.
C'était une grande chance d'avoir des grands parents aimant leur ville et ayant assez de culture pour nous emmener là où il fallait, et bien expliquer ce qu'on y voyait, sites, musées, biblios.. parcs, aussi, quand même...pour les enfants, il faut de la verdure, un peu.
J'ai continué ensuite, pour Maybejunior.
Tiens, ce jour où il courut dans les vieux couloirs du Louvre (c'était avant la modif avec la pyramide) est un joli souvenir.
Je cousais les fringues, souvent, et nous avions l'un et l'autre un ensemble jaune.
Les gens le regardaient courir (il avait 2 ans, il était- est toujours- silencieux, mais sa bouille craquante et la couleur des fringues attiraient les regards) d'un bout à l'autre des galeries pour me désigner des œuvres, et me repéraient (bah oui, le jaune.. dans ces vieux murs...) et rigolaient encore plus.
Le Louvre, c'était un copain.
Le département des antiquités égyptiennes, c'était une extension de la maison, pour tout dire.Forcément.
Et puis il est devenu une vaste usine (merde où ont-ils fichu ma stèle fausse porte préférée?et Sethi Ier accueilli par Hathor?Et le petit couple de la XVIII°?le collier bleu?La copie du zodiaque de Denderah?) ...et l'appart de la rue L. n'abrita plus les grands parents.
Pour montrer des trucs à Maybejunior, il fallu faire autrement, c'était moins facile.
Paris, c'est une peu la seule chose qui restait stable dans ma vie, et qui reste la seule ville où je peux rêver d'une certaine façon bien perso, et où je peux me perdre dans avoir *vraiment* peur: suffit de trouver une bouche de métro, je m'en sors. J'ai eu des mauvaises angoisses parfois, mais finalement, on survit. Et on mourra guéri.
Donc, je peux y marcher des plombes . Enfin, je pouvais (gngngngn).
Bon, pas la nuit.
Je ne connais pas Paris la nuit, d'abord je ne sais ni où aller ni pour quoi y faire, toute seule.
Bah oui, c'est mon instant nostalgie.
Mélancolie aussi.
Alors, je vous recommande, si vous ne le regardiez pas déjà,
le blog de Bren du fat, qui joint à sa poésie personnelle des photos très évocatrices.
Merci brendie :-)
Enfin, précisions: le Paris de mes pérégrinations enfantines et plus âgées.
C'était une grande chance d'avoir des grands parents aimant leur ville et ayant assez de culture pour nous emmener là où il fallait, et bien expliquer ce qu'on y voyait, sites, musées, biblios.. parcs, aussi, quand même...pour les enfants, il faut de la verdure, un peu.
J'ai continué ensuite, pour Maybejunior.
Tiens, ce jour où il courut dans les vieux couloirs du Louvre (c'était avant la modif avec la pyramide) est un joli souvenir.
Je cousais les fringues, souvent, et nous avions l'un et l'autre un ensemble jaune.
Les gens le regardaient courir (il avait 2 ans, il était- est toujours- silencieux, mais sa bouille craquante et la couleur des fringues attiraient les regards) d'un bout à l'autre des galeries pour me désigner des œuvres, et me repéraient (bah oui, le jaune.. dans ces vieux murs...) et rigolaient encore plus.
Le Louvre, c'était un copain.
Le département des antiquités égyptiennes, c'était une extension de la maison, pour tout dire.Forcément.
Et puis il est devenu une vaste usine (merde où ont-ils fichu ma stèle fausse porte préférée?et Sethi Ier accueilli par Hathor?Et le petit couple de la XVIII°?le collier bleu?La copie du zodiaque de Denderah?) ...et l'appart de la rue L. n'abrita plus les grands parents.
Pour montrer des trucs à Maybejunior, il fallu faire autrement, c'était moins facile.
Paris, c'est une peu la seule chose qui restait stable dans ma vie, et qui reste la seule ville où je peux rêver d'une certaine façon bien perso, et où je peux me perdre dans avoir *vraiment* peur: suffit de trouver une bouche de métro, je m'en sors. J'ai eu des mauvaises angoisses parfois, mais finalement, on survit. Et on mourra guéri.
Donc, je peux y marcher des plombes . Enfin, je pouvais (gngngngn).
Bon, pas la nuit.
Je ne connais pas Paris la nuit, d'abord je ne sais ni où aller ni pour quoi y faire, toute seule.
Bah oui, c'est mon instant nostalgie.
Mélancolie aussi.
Alors, je vous recommande, si vous ne le regardiez pas déjà,
le blog de Bren du fat, qui joint à sa poésie personnelle des photos très évocatrices.
Merci brendie :-)
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Sous, à, de-venir
Ce jour, il a 40 ans que la contraception n'est plus interdite en France.
Une chrono là
Et ne croyez pas qu'alors les obstacles s'évanouirent.
Dans l'histoire des droits des femmes (et qui concernent les hommes) les lois à elles seules ne suffisent jamais.
Même quand elles sont votées, que les décrets d'application sortent, les pieds traînent.
Voir là.
Et l'histoire n'était pas finie.. (d'ailleurs elle ne l'est toujours pas... )
Et vous savez depuis quand une femme mariée peut avoir son propre compte en banque (et donc avoir une activité professionnelle) sans avoir à demander l'autorisation de son époux?
Non, là comme ça, de tête, sans chercher sur exalead ou gogole?
(Emelire et Arbobo vous êtes hors-jeu hein :-) )
Alors:
"La loi de 1943 a supprimé la nécessité d'autorisation maritale pour l'ouverture d'un compte bancaire. Mais en pratique, les banques continuent de réclamer l'accord du mari. A partir de 1965, la femme mariée peut ouvrir un compte à son nom et en disposer librement. (...)
Par ailleurs, la notion de chef de famille, maintenue en 1938 permettait au mari de s'opposer à l'activité professionnelle de sa femme s'il considérait que celle-ci lésait la famille. La loi de 1965 accorde à la femme le droit de travailler sans restriction. "
Article complet ici.
Une chrono là
Et ne croyez pas qu'alors les obstacles s'évanouirent.
Dans l'histoire des droits des femmes (et qui concernent les hommes) les lois à elles seules ne suffisent jamais.
Même quand elles sont votées, que les décrets d'application sortent, les pieds traînent.
Voir là.
Et l'histoire n'était pas finie.. (d'ailleurs elle ne l'est toujours pas... )
Et vous savez depuis quand une femme mariée peut avoir son propre compte en banque (et donc avoir une activité professionnelle) sans avoir à demander l'autorisation de son époux?
Non, là comme ça, de tête, sans chercher sur exalead ou gogole?
(Emelire et Arbobo vous êtes hors-jeu hein :-) )
Alors:
"La loi de 1943 a supprimé la nécessité d'autorisation maritale pour l'ouverture d'un compte bancaire. Mais en pratique, les banques continuent de réclamer l'accord du mari. A partir de 1965, la femme mariée peut ouvrir un compte à son nom et en disposer librement. (...)
Par ailleurs, la notion de chef de famille, maintenue en 1938 permettait au mari de s'opposer à l'activité professionnelle de sa femme s'il considérait que celle-ci lésait la famille. La loi de 1965 accorde à la femme le droit de travailler sans restriction. "
Article complet ici.
par Maybe
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Sous, à, de-venir
Grâce aux blogs zikes, lorsque leurs auteur-e-s parlent de trucs que je connais (autant dire, de vieilleries, sinon chuis paumée) des pans de souvenirs me sautent à la figure.
Les sons/mélodies, comme les odeurs, sont de très bons ancrages mémoriels, parce que très liées aux émotions.
Alors des figures me sautent à la gorge. Glups.
Années école(s) primaire, 4 différentes, allez on passe...la musique ne jouait aps un rôle majeur dans ma vie sociale (Mélol. Une vie sociale)
Années collège, 6 ° cette Isabelle, plutôt rejetée du groupe-classe, tellement son look son visage ne plaidaient pas en sa faveur
Un jour où je me suis trouvée dégueulasse de même pas chercher à savoir ce qu’il y avait derrière l’aspect, juste pour rester comme un mouton dans le troupeau, j’a tenté le coup.
Ce fut une amie.
Et... déménagement.
4°, cette autre Isabelle, fille du concierge du bahut.. on rusait pour aller écouter 10 mn qqes uns de ses disques, dans la loge, après la cantoche.
Et là je me disais que qqchose tournait pas rond dans ce qu’elle me racontait...mais les un peu frappés ou simplement un peu “mal élevés” plaisent souvent à celles et ceux qui sont, ou doivent être par contrainte externe ou interne, raisonnables .
Et un jour j’ai trouvé que c’était trop. Qqchose ne tournait pas rond, je ne savais pas quoi.
Et.. déménagement....plus changement de bahut.
3°, Georges. Il avait perdu sa mère, qqes années plus tôt.
Années lycée.
Christine, oui la raide dingue de Jethro Tull, qui vivait dans un foyer pour jeunes filles, avec sa flûte...Un passif familial qui expliquait les fugues, le foyer, le shit et plus...Il me fallait ruser pour qu’on se voie en dehors du lycée, j’étais très surveillée.
Non, plus que ça.
J’avais exactement le temps du trajet de retour entre l’heure de sortie des cours et la maison pour y être.
Sinon l’œil de moscou me donnait de ses nouvelles.
Il m'en fallait des ruses de sioux pour voir, de temps en temps, si rarement, les gens en dehors des heures de bahut.
Je crois que c'est justement parce que très "protégée' queje chopais par les z'oreilles des bouts de zikes partout où je pouvais. Les radars ouverts, quoi.
Enfin.. on est déjà pas super dans sa peau, ado, mais là en plus, j’avais l’impression de voir une caméra partout, de devenir parano.
Bref, on s’est revues qqes années après lycée, et déménagement: elle était devenue une bête en programmation informatique.
Et 20 ans plus tard, formant un joli couple avec un jeune femme bien sous tous rapports.
Contente pour elle.
Laure, ses yeux clairs, son intelligence aigüe, la fêlure de son incisive gauche, sa force, un roseau ne rompt jamais, sa sensibilité, sa capacité de synthèse... elle que j’ai si mal su aimer, me semble t-il. Ce jour chez sa grand mère, où, peu après l’arrivée je l’ai entendue sangloter ‘pourquoi moi pourquoi moi?’.... je savais qu’elle parlait là de son bégaiement.
Laure qui m'a montré, sans le vouloir, à quel point j'étais (je suis?) une bourrine comparée à sa finesse.
De bien bonnes leçons.
A ma décharge, ça allait plutôt mal pour moi, dans ma vie, enfin surtout dans ma tête.
Mais c'est pas une raison. Si un jour on pouvait se revoir...
Qqes autres encore.
Dont je constate au final, que c’étaient des cabossé-e-s, celles et ceux qui m’ont marquée et à qui je dois un peu d’ouverture au monde, dans ces périodes là.
Des gens qui ne plaisaient pas en première instance.
Qui bossaient pour, ou bien justement se décalaient, parce qu'après tout, à quoi bon essayer de forcer une porte lorsqu'on se dit que la pièce à laquelle elle mène n'est pas forcément celle qu'on a envie de jouer?
Les sons/mélodies, comme les odeurs, sont de très bons ancrages mémoriels, parce que très liées aux émotions.
Alors des figures me sautent à la gorge. Glups.
Années école(s) primaire, 4 différentes, allez on passe...la musique ne jouait aps un rôle majeur dans ma vie sociale (Mélol. Une vie sociale)
Années collège, 6 ° cette Isabelle, plutôt rejetée du groupe-classe, tellement son look son visage ne plaidaient pas en sa faveur
Un jour où je me suis trouvée dégueulasse de même pas chercher à savoir ce qu’il y avait derrière l’aspect, juste pour rester comme un mouton dans le troupeau, j’a tenté le coup.
Ce fut une amie.
Et... déménagement.
4°, cette autre Isabelle, fille du concierge du bahut.. on rusait pour aller écouter 10 mn qqes uns de ses disques, dans la loge, après la cantoche.
Et là je me disais que qqchose tournait pas rond dans ce qu’elle me racontait...mais les un peu frappés ou simplement un peu “mal élevés” plaisent souvent à celles et ceux qui sont, ou doivent être par contrainte externe ou interne, raisonnables .
Et un jour j’ai trouvé que c’était trop. Qqchose ne tournait pas rond, je ne savais pas quoi.
Et.. déménagement....plus changement de bahut.
3°, Georges. Il avait perdu sa mère, qqes années plus tôt.
Années lycée.
Christine, oui la raide dingue de Jethro Tull, qui vivait dans un foyer pour jeunes filles, avec sa flûte...Un passif familial qui expliquait les fugues, le foyer, le shit et plus...Il me fallait ruser pour qu’on se voie en dehors du lycée, j’étais très surveillée.
Non, plus que ça.
J’avais exactement le temps du trajet de retour entre l’heure de sortie des cours et la maison pour y être.
Sinon l’œil de moscou me donnait de ses nouvelles.
Il m'en fallait des ruses de sioux pour voir, de temps en temps, si rarement, les gens en dehors des heures de bahut.
Je crois que c'est justement parce que très "protégée' queje chopais par les z'oreilles des bouts de zikes partout où je pouvais. Les radars ouverts, quoi.
Enfin.. on est déjà pas super dans sa peau, ado, mais là en plus, j’avais l’impression de voir une caméra partout, de devenir parano.
Bref, on s’est revues qqes années après lycée, et déménagement: elle était devenue une bête en programmation informatique.
Et 20 ans plus tard, formant un joli couple avec un jeune femme bien sous tous rapports.
Contente pour elle.
Laure, ses yeux clairs, son intelligence aigüe, la fêlure de son incisive gauche, sa force, un roseau ne rompt jamais, sa sensibilité, sa capacité de synthèse... elle que j’ai si mal su aimer, me semble t-il. Ce jour chez sa grand mère, où, peu après l’arrivée je l’ai entendue sangloter ‘pourquoi moi pourquoi moi?’.... je savais qu’elle parlait là de son bégaiement.
Laure qui m'a montré, sans le vouloir, à quel point j'étais (je suis?) une bourrine comparée à sa finesse.
De bien bonnes leçons.
A ma décharge, ça allait plutôt mal pour moi, dans ma vie, enfin surtout dans ma tête.
Mais c'est pas une raison. Si un jour on pouvait se revoir...
Qqes autres encore.
Dont je constate au final, que c’étaient des cabossé-e-s, celles et ceux qui m’ont marquée et à qui je dois un peu d’ouverture au monde, dans ces périodes là.
Des gens qui ne plaisaient pas en première instance.
Qui bossaient pour, ou bien justement se décalaient, parce qu'après tout, à quoi bon essayer de forcer une porte lorsqu'on se dit que la pièce à laquelle elle mène n'est pas forcément celle qu'on a envie de jouer?
par Maybe
publié dans :
Sous, à, de-venir
... peut déchirer le tissé.
Dessouder la cotte de mailles.
Une à l'endroit, une à l'envers.
A l'endroit de qui?
Sur l'envers de quoi?
Et réciproquement.
Le lien?
Je risque de vous empoisonner, j'ai trop peur de vous faire mal, non, restez loin.
Et je voudrais être si près, tout saisir de vous, tout comprendre.
Alors restez loin.
Un lien fut près, je l'ai voulu près, malgré les ébullitions de colère, qui flottaient là autour comme des feux de bengale, une fois, juste une.
J'avais tellement besoin de ne plus être loin.
Mais c'est trop prendre, c'est abuser, c'est mal, et ça fait mal et ça reste sur une ardoise.
Les ardoises sont des tuiles.
Alors restez loin.
Un jour je serai loin.
Sans ardoise.
Sans maille.
Sans cotte.
A côté.
Ou de l'autre.
Dessouder la cotte de mailles.
Une à l'endroit, une à l'envers.
A l'endroit de qui?
Sur l'envers de quoi?
Et réciproquement.
Le lien?
Je risque de vous empoisonner, j'ai trop peur de vous faire mal, non, restez loin.
Et je voudrais être si près, tout saisir de vous, tout comprendre.
Alors restez loin.
Un lien fut près, je l'ai voulu près, malgré les ébullitions de colère, qui flottaient là autour comme des feux de bengale, une fois, juste une.
J'avais tellement besoin de ne plus être loin.
Mais c'est trop prendre, c'est abuser, c'est mal, et ça fait mal et ça reste sur une ardoise.
Les ardoises sont des tuiles.
Alors restez loin.
Un jour je serai loin.
Sans ardoise.
Sans maille.
Sans cotte.
A côté.
Ou de l'autre.
par Maybe
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Sous, à, de-venir




