Suite de
ça.
Alors alors ... fonction paternelle.
Pour être comprise des matheux on va tenter une explication simple:
une fonction suppose une corrélation.
Donc c’est une mise en relation d’au moins 2 éléments.
Donc la fonction paternelle est constitutive de la tiercité.
Pas du tiercé dans la ville, de la tiercité.
Cad de mettre en rapport une chose avec une autre.
Pour qu’il y ait relation, il faut qu’il existe une séparation, un espace, un délai, une non ressemblance suffisante, entre ces choses,
et une fonction (qui fasse donc opération, si on peut dire).
Autrement dit, ce n’est pas la personne du père qui est là sollicitée mais ce qui est nécessaire pour qu’il y ait du père.
Càd: la parole, le langage, qui peut renvoyer d’un mot à un autre.
C’est une fonction symbolique en exercice.
Accepter qu’une chose ou un mot vienne à la place d’un autre suppose que tout objet soit marqué de par la perte de l’immédiat: il a toujours un caractère décevant ou inadéquat.
C’est cette expérience du manque qui fait d’un être humain un être de langage, un sujet de désir.
Jusqu’ici, tout va bien? Donc ce qu’il se passe pour le bébé c’est qu’un moment donné, dans la fusion mère/enfant, le tiers s’inscrit, càd qu’il y a de l’autre, auquel la mère se réfère.
Elle est l’autre d’un autre.
Donc elle n’est pas toute, ni toute pour l’enfant, ni l’enfant n’est tout pour elle.
Elle existe comme femme avec/pour/aux côtés de son homme, le père, et doit aussi lui laisser une place.
Quand je dis, dans mes posts sur certains enfants: ‘où est le père?’, c’est donc de cela qu’il s’agit.
Le père doit d’abord être l’homme de sa compagne, afin qu’elle même soit d’abord femme avant d’être mère de.
A tous les niveaux, dont sexuel.
Il ne s’agit donc pas d’une position morale ou d’autorité, mais simplement d’un équilibre de base dans un couple, où l’adulte est d’abord un adulte avant d’être un parent.
Or ce qu’on voit le plus souvent, dans le cas d’enfants en souffrance, ce sont des parents qui ne sont pas adultes - ou ne le veulent pas - (ce n’est pas conscient le plus souvent) ,
et/ou des mères qui, portées par les stéréotypes de la féminité doublés par la vogue de la maternité béate et merveilleuse, culpabilisent d’exister comme femme et n’existent/ font en sorte de n’exister que comme ‘mère de’ ,
et/ou des pères qui, dans cette même structure sociale, ne signifient pas à leurs compagnes comme à leurs enfants qu’ils ne sont pas frères ou enfants de cette même mère, mais bien l’homme désiré par et désirant ( ou l’ayant été ... ça marche ainsi dans le cas de séparations) cette femme-là.
Donc, reprenons, la fonction paternelle permet à l’enfant de renoncer à la fusion d’avec sa mère (et réciproquement parfois)., de comprendre qu’il n’a rien à attendre là, et qu’il doit se constituer d’autres choix pour prendre sa place de femme ou d’homme dans la société.
La parole impose cette contrainte à notre désir : il nous faut renoncer à posséder le tout, à être dans le tout, et même être le tout.
NB: c’est évident mais il vaut mieux que ça soit dit: pour moi mère et père sont des raccourcis pour dire figure/position maternelle ou paternelle, autrement dit, le sexe biologique importe peu. Alors, et le PN dans tout ça?
Là je vais suivre l’article de JPLebrun , toujours dans le même mag (le Journal des Psys de décembre).
Il propose que notre modèle social est en pleine restructuration: cad que le patriarcat s’effondre.
Boum.
Que le Père (en tant que symbole, et même en tant que qu’instance religieuse) et donc aussi le PN, est un signifiant qui donne à croire qu’il y a toujours qq’un qui veille à ce que les choses tournent à notre avantage.
Or la WWII et surtout les horreurs de la Shoah (je mets ce mot pour faire court car il n’y eut pas que cela, mais c’est à cela que se réfère l’auteur de l’article) nous montrent que ce Père n’a pas su nous en protéger, ni non plus de nos propres horreurs internes d’humains.
Donc il faut se défier de croire au Père.
Au PN aussi. (d’ailleurs l’apostrophe ‘tu crois encore au PN’ est un signe de dérision face à une naïveté ‘enfantine’... grandir serait donc ne plus ‘croire au Père’)
Et c’est là qu’on revient à la fonction paternelle.
Jusque maintenant, dit JPL, le père lambda pouvait s’autolégitimer dans sa parole de père de l’existence socialement construite et admise du Père (celui d e la Loi, etc.; de ce que vous voudrez...)
Or le lien social qui était vertical, pyramidal , avec autorité clairement identifiée , posée dans un lieu d’exception, et qui légitime ceux qui y ont recours ... devient une structure sociale en réseaux, horizontale.
Merci à la mis en question du patriarcat:
les femmes ont pu prendre la parole dans le social (mouais...) et la répression sur le sexuel s’est levée (mouais aussi)..
ce qui fait que l’issue uniquement maternelle du féminin et le patriarcat comme refuge de l’homme-père pour asseoir son autorité ont été bousculées (JPL parle d’effondrement).
Le père n’a plus de légitimité à intervenir pour aiguiller sur la tiercité si ce n’est qu’avec ses ressources interne d’être humain, cad comment lui même s’est libéré de la fusion originelle à sa mère pour devenir sujet.
Le père est donc mis en demeure d’amarrer mieux ses interventions que de s’appuyer commodément sur le lieu d’exception du Père dont il serait représentant par construction sociale: c’est une autre manière de penser son rôle de père, et cela peut tout à fait se faire en dehors d’un système patriarcal, puisque c’est le langage qui est agent de cette tiercité: il faut renoncer à posséder le tout, être dans le tout, être le tout.
Le père n’est plus soutenu dans sa fonction paternelle par le patriarcat?
Mais la fonction en question reste au programme, c’est seulement l’idole du père qui est tombée de la scène....
Cette idole au nom de laquelle on a commis les pires massacres ou les pacifications les plus coûteuses en termes de culpabilité ( rituels, sacrifice, travail...)
L’idole qui pompe l’amour au point de bouffer l’érotisme à son profit.
Maintenant l’homme doit engager son désir singulier, et non se protéger par l’armure du patriarcat, pour s’adresser à une femme et endosser la tâche de père, il ne peut plus compter que sur lui-même... autrement dit se responsabiliser individuellement dans son rôle de père.
Dans le patriarcat le ‘père hors la loi’ était confondu au ‘père dans la loi’, celui qui l’énonçait: son statut d’exception l’innocentait d’avance de tout abus et l’exonérait de toute culpabilité.
Il ne s’agit pas non plus de le soupçonner du fait même de cette place, les choses vont se réguler, mais le père délégitimé doit maintenant rendre compte individuellement de ses actes....
Il ne s’agit pas pour lui de seulement être plus présent dans la petite enfance ou d’intervenir autant que la mère, cad de dupliquer la mère, mais d’occuper la place de père pour ses enfants cad celle du monsieur concret qui assume la jouissance permise ( car elle l’accepte et la désire aussi, idéalement) qu’il tire de sa femme.
L’enjeu de la fonction paternelle reste donc d’aider l’enfant à se séparer de la mère, en tant que celle-ci occupe toute la place dont l’enfant a besoin pour désirer, désirer parler et parler
Mais ‘croire au père’ fait question, au bas mot.
Croire au PN aussi, en tant qu’il serait un représentant du mythe du Père (Symbolique pour le coup).
Et dans ce cadre là, je vais m’inscrire en faux par rapport à ce que propose iniialement JPL, non pas sur le fait que les hommes sont dans une phase de remise en question de leur position de père, mais sur son idée que le patriarcat s’est déjà effondré.
Je le verrais plutôt en cours de.
Voire au début du.
Voire remplacé par ... l’androcentrisme.
Cad le masculin comme place d’exception , et qui satellise tout le reste.
Si le PN est une représentant du Père du patriarcat, et que ledit patriarcat s’effondre, si grandir c’est renoncer à croire au Père (dont Noêl) comment se fait-il que son ‘culte’ (consumériste notamment) soit si prégnant, et tellement maintenu à grand renfort de concrétisations diverses?
C’est la peur de le sentir s’effondrer qui conduit à cela?
Je ne vois pas vraiment le pouvoir masculin s’effondrer, voyez vous... sans doute faut il dissocier père et masculin.
Auquel cas, le patriarcat en prend effectivement dans la tronche .. et ma foi, tant mieux, mais l’androcentrage du social reste, et prend le relais avec bcp de puissance. Disons un masculinocentrage.
Au sens des stéréotypes de genre masculin vs féminin.
De fait, on oublie commodément, dans le mythe familial du PN qu’il y a derrière lui une mère noël de la réalité qui prend en charge les offices (je prends ce mot à dessein).
Elle maintient le rituel :
de la préparation et toutes ses anticipations temporelles et spatiales,
du décor (sauf s’il y a bricolage lourd -- je parle de tendances majeures, me tapez pas dessus ) ,
du rassemblement (invitations diverses, réunion de famille) et de la cohésion du groupe,
de l’offrande ... pardon de la nourriture à la famille,
de la gestion matérielle des cadeaux...
En quoi cet ensemble d’activités remet -il en question le patriarcat, là?
Puisque le père, comme homme de la famille, reste dans sa position d’exception?
De même, lorsque les parents se réfèrent au PN pour légitimer leur autorité pendant le ou les mois qui précèdent noël (sois sage, le PN voit tout ...), où y a t-il effondrement du patriarcat?
J’y verrais plutôt là un recours - souvent soulageant, car ce que j’entends des mères c’est :
-”ouff je lui ai fait peur avec le PN passke là j’en peux plus”
qui tendrait à prouver que
le père et la mère n’assument pas leur positions comme définie plus haut;
que donc le seul recours social proposé est bien le modèle patriarcal;
qu’en l’occurrence ça suppose qu’il est toujours actif d’une manière ou d’une autre (disons consumériste et masculinocentrée) ;
et que si le défi de la modernité est cette nouvelle place assumée personnellement et engagée individuellement de l’homme-père au sein du couple et de la famille, hé ben , on n’est pas rendu-e-s.
Bon sang mais elle serait féministe? Ouais. si les instits s'y mettent, où va t-on?;-)))))))
Et fin
là
Autres Mrrrawww