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Le crâne en ébullition.
La bouilloire près du clavier.
Et un doigt dans l'oeil    du cyclone.

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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 16:55
J'ai vécu cet apreme un truc que je redoute.
Une crise de panique en plein dans la piscine.
Comme j'étais dans la ligne de nage des 'confirmés', avec qq'un devant, qq'un derrière, je ne pouvais pas m'arrêter.
Et il restait 43 mètres à effectuer, avec le ressenti de tout le système respiratoire en constriction du haut en bas et réciproquement, le cœur en douleur et/ou chamade, la nausée pas trop intense, chance, la sensation d'effondrement/éparpillement, la déréalisation et dépersonnalisation, bref, ce que toute personne qui a déjà fait au moins une crise d'angoisse (ou dit aussi attaque de panique) connaît, en clair: on se sent mourir.
En même temps, ça entraîne.

J'ai fini ma ligne, fait la transversale pour sortir du bassin et me suis muée en méduse tremblotante et asphyxiée sur le bord, sans que personne ne s'en inquiète, ma foi, tant mieux, ça fait toujours un peu chochotte de dire entre 2 respirations malaisées: z'inquiétez pas, c'est juste une angoisse ...

La première que je répertorie comme telle- car il y en eut d'autres avant mais avec des trucs associés, donc, on va considérer celle la comme la crise zéro- j'avais 10 ans.
Pendant des années j'ai cru que j'étais folle.
Ou très malade. Ou les deux.
Mais surtout folle.
Donc, comme j'avais honte, et que je me sentais coupable, je n'en parlais pas; de toute façon je n'avais pas de mot pour décrire ça, ni d'oreille qui l'aurait entendu et compris ...
Ca remonte à loin, très loin.
                   *** hop autocensure***
Et ce que j'ai vécu bébé, puis toute petite, aura pourri quasi tous les domaines de mon existence.
En clair (et en simplifiant), c'est un PTSD qui aura duré des décennies :-)

Et puis un jour qq'une a enfin mis un mot dessus.
Et je me suis occupée de moi. Gros boulot, à la force du poignet, comme une grande.
Je sais d'où ça vient, ce que ça fait et comment ça marche (chez moi du moins).
Il n'empêche: c'est là.
Il y a eu, au fil des années, des symptômes divers, des registres d'atteintes différents, des intensités variables, mais c'est là.
J'ai appris à gérer mes crises d'angoisse et la fatigue qui suit.
En compagnie. Seule. Avec bébé dans les bras.
La nuit. Le jour. Dans la rue. En voiture.Dans ma classe.Etc.
En principe je sens les prémisses, l'état qui peut durer des jours ou qqes heures et qui va culminer, mais, là, j'ai cru qu'elle attendrait le soir.
Alors, dans la piscine...

Comme je suis une vieille briscarde de la crise d'angoisse, je crains degun, et encore cette fois,  j'en suis sortie sans dégât mais sans fierté: ça ne me lâchera donc jamais?Hé non, jamais.
Le corps a ses clichés émotionnels que la raison ne connaît pas, faut faire avec; même si je connais maintenant les déclencheurs et le trajet psychique d'elles empruntent, les angoisses et leurs pics ont fait, font, feront partie de ce qui reste de ma vie.

Se lever titubante, aller dans les vestiaires, douche, rhabillage, conduire jusqu'à maison..vouloir étendre la serviette et faire choir l'ensemble à côté: grosse tv+ dvdscope+décodeur+antenne+petit meuble à roulettes où tout cela est posé et les dvd qui s'y trouvent.
La tv est tombée sur le nez (son écran) elle est très lourde (un vieux modèle que m'a donné Maybefrérot) mais elle bande encore (passante la bande), vive le vieux matos.
GothMinou en entendant le grand bruit  et le petit 'oh non' de sa responsable est venu prêter main forte.
Un petit bonheur au milieu de ce grand chambardement intérieur.

D'aussi loin que je me souvienne, je me suis sentie venir d'une autre planète et ne pas appartenir à celle-ci.
Dans ce genre de moments, la sensation revient, nette et évidente, une fois la crise passée... qu'est-ce que je fous là, c'est pas chez moi.

Allons, on mourra guéri-e-s.
Par Maybe - Publié dans : Humeurs, mours, murs
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