Comme je disais récemment, j'ai un papa d'élève épigone de Tartarin de...Tarasbite.
Lourd, ayant besoin de prendre de la place, de l'importance, et de brasser de l'air, qui tente l'humour et c'est raté (évidemment) .. faut que je vous donne des exemples...
Il nous est arrivé des fois à autres avec sa grosseuh moto et en uniforme, alors que le chemin qui mène à la porte de l'école (entre très petit portail et porte donc faut vouloir pour passer) est
strictement piéton et donc interdit à tout véhicule motorisé,
ou bien 5 mn avant l'heure d'ouverture des portes, au motif qu'il est pressé,
vient pendant la récré de l'apreme porter son goûter à sa gosse,
tous les matins ou soirs où il amène ou reprend sa gamine, il parle fooOOort en tentant l'humour avec nos 'dames',
et par la même occase glisse une remarque plus ou moins fine, plutôt moins, et toujours vache, sur Maybemaicresse (elles me le rapportent parce que ça les choque en fait, notamment quand ça se
passe devant d'autres parents eux-mêmes dubitatifs face au personnage),
soi-disant humour au second degré qui me fait dire que ce type est en fait un lâche puisqu'il ne me dit rien en face, et qu'il ne supporte pas que je ne m'intéresse ostensiblement pas à lui (mais
bien à sa gosse) et à ses rodomontades...
C'est le type qui, à 8:22, le jour de la rentrée, sa gamine dans les bras m'a apostrophée avec un
" ça va pas lui [parlant de sa gosse] plaire!"
- pardon?
" ça va pas lui plaire, il y a 8 filles et 20 garçons dans la classe"
-....
D'emblée j'ai pensé: tiens encore un qui parle/pense à la place de sa gosse...Pauvre d'elle...
Je vous rassure, elle va bien , socialise tout à fait à son gré, sauf que de temps en temps, elle se souvient de ce que papa a dit, et vient m'annoncer: maicresse j'ai pas de copine.. alors même
qu'elles sont à 2 pas.
...Bref un grolourd, à la différence de sa compagne, mère de la petite, avec qui il est possible de discuter et notamment de faire comprendre que les propos que Tartarin tient aux adultes de
l'école, en présence de sa fille de 4 ans, ne devraient pas être entendus par elle, parce que le second degré, surtout raté, est difficilement accessible aux jeunes enfants, notamment dans le cadre
d'une relation parent-enfant au climat confus, et c'est là que je voulais en venir.
Parce que ce type peut bien me traiter de tombereau en chinois et/ou derrière mon dos, j'en ai rien à cirer.
En revanche, ce qu'il fait vivre à sa fille surtout - et à sa compagne, par extension- me dérange.
Précisons tout de suite que la petite, Blondbidon, est sympathique et pas bête, de fois à autres, elle tente la voix impérative avec attitude associée, alors je lui dis en riant: "Blondbidon, ne
fais pas la grosse voix de ton papa, ici c'est la classe." et elle rigole et cesse son manège, mais pendant combien de temps cela marchera t-il?....
Précisons aussi que MamandeBlondbidon m'a confié être 'celle qui éduque et parle' avec la petite.
Ce qui ne m'étonne guère.
Tartarin demande tous les matins à sa Blondbidon un 'bisou d'amour' (à savoir un baiser sur la bouche) ce qui me paraît symptomatique d'un climat incestuel, patent par ailleurs. Je dis bien
*climat*
Il faut bien constater que, dans notre culture actuelle (ça varie selon les lieux et les temps), le baiser sur la bouche est réservé à autre chose que la relation parent-enfant, et que ça me
questionne quels que soient les sexes respectifs desdits parent et enfant.
En l'occurrence, il marque, ici, une concrétisation de ce qu'il se passe entre le père et la fille, initié par le père, évidemment.
Une confusion générationnelle et pas que: il place sa fille là où devrait être placée sa compagne (adulte), qui doit être séduite par lui et séductrice de lui.
Mais aussi comme sa chose à lui. Une relation exclusive en somme.
MamandeBlondbidon s'en rend compte, nous avons pu parler à ce sujet.
En fait, je me demande jusqu'où, dans un moment de colère, Tartarin serait capable d'aller sur la personne de sa compagne, parce que j'ai bien cru comprendre (et DirloPS est d'accord avec moi) que
cette dame a de plus en plus de mal à supporter son compagnon, est donc ravie d'avoir pu recommencer à bosser, mais se trouve prise dans les contraintes qu'il pose au sujet de la fillette, et
qu'elle doit en permanence expliquer et négocier des trucs qui pourtant sont évidents.
En clair: elle a peur de perdre sa gosse si d'aventure elle part - du moins est-ce ainsi que je l'analyse, sans compter la peur éventuelle pour sa propre sauvegarde.
Autre confusion, MamandeYeuxdebois.
C'est qq'une de bien plus fine et intelligente, sauf que, comme souvent, la raison arrive à être mise entre parenthèses quand le désir (au sens psy) parle.
Yeuxdebois a un frère en PS.
A qui sa mère dit, et là je cite:
"Tu n'as qu'une amoureuse, c'est maman, bon peut-être Yeuxdebois, mais c'est tout, alors laisse les autres filles."
Vous suivez....?
D'autres exemples du même ordre: càd des gens assez fins mais qui sont dans cette confusion avec leur enfant ?
Facile, à ne prendre que des gens dont j'ai causé l'an passé:
PapadeBavette
MamandeAgneauprécieux
...Et il y en a d'autres.
Qu'est-ce qui fait que tant de gens soient dans cette confusion de l'enfant et de l'adulte?
Peut-on relier cela au phénomène récent de grande peur (donc 'désir') générée par les affaires très médiatisées de pédocriminalité?
A partir de quand la limite est-elle franchie entre la relation de protection, d'aide etc et les explications du monde données à l'enfant et l'annexion du corps, du cœur et de la pensée de
l'enfant à/par l'adulte?
L'infantile est toujours agissant en chacun-e, certes, mais est-ce une enfance non intégrée, avec sa toute-puissance, qui génère ces relations confuses,
ou encore autre chose de plus insidieux, et notamment combiné avec la séduction de l'enfance exploitée par la pub/=mode, l'enfant-prescripteur de consommation, l'enfant-gage de bonheur, le
jeunisme actuel, la pression globale à la parentalité parfaite et autres besoins de consolation du monde tel qu'il est avec le monde tel qu'on le rêverait pour soi?
Pour soi enfant, ou redevenu tel-le?
.....Pistes.. pas de réponse....
Clairement, ce type a effectivement 2 neurones qui se causent et placés bas.
Hélas pour ses fille et compagne.
Je voulais juste développer un peu dans ce post.
A noter que la relation inscestuelle mère-fils s'inscrit aussi dans le système patriarcal....
On n'est pas rendu-e-s....
Et merci pour les pistes que tu évoques, quand j'observe les relations parents-enfants de mon entourage je me pose pas mal de questions auxquelles ton blog contribue à répondre, quand il n'enc rée pas de nouvelles ;-)
bises
Disons que réflechir au mouvement social global de la confusion générationnelle ne peut se faire qu'en lien avec l'histoire singulière de chaque adulte devenant parent.
Mais tout de même, ça interpelle, quelque part, comme on disait il y a ... une paire de décennies..
Ton Tartarin il me fait penser à certains personnages vus dans "la domination masculine" (le film), pas les plus plaisants ; c'est flippant assez, plutôt.
Passke il est passé en avant-première débat en octobre dans un bled à 10 bornes, mais pour la sortie nationale, sur les 26 films proposés dans Mavillebleue, il n'y est pas!
J'étais verte.
Il y sera donc next week alors j'irai voir.
Paraît que y'a des trucs caricaturaux envers les zhoms (cf le blog d'Olympe), qu'en penses tu?
Ma foi, vu le nombre de siècles qu'on caricature 'les bonnes femmes'...et en même temps, vu que le sexisme, c'est du lourd, et que lutter contre c'est rude, autant ne pas y aller avec le dos de la cuillère..bref, je verrai.
Tartarin est pénible c'est sûr, je l'évite au max, mais tout est tellement flagrant que ça en est emblématique d'un phénomène assez répandu et que me semble assez malsain.
Mais bon, je peux toujours me tromper.
Je l'imagine tellement bien, ton "Tartarin", braillard "tellement nature", n'est-ce pas, "on va pas faire de manières"... Tout sauf inoffensif.
Bouhhh...petit accès de misanthropie découragée, ça va passer :-)
D'abord je ne me suis pas du tout ennuyée, le film met l'accent sur tous les signes/objets quotidiens qui nous entourent et sont l'expression silencieuse du système dans lequel on baigne et c'est plutôt bien fait.
C'est vrai qu'il y a eu quelques rires dans la salle par moment, mais les propos d'un autre âge (enfin, qui devraient être d'un autre âge) qui les ont provoqués donnaient une teinte très jaune à ces rires (perso ça me fait plus flipper que rire).
Pour les trucs caricaturaux envers les zhoms, pas vraiment, ce sont certains d'entre eux qui se caricaturent (pas volontairement) eux-même, il n'y a aucune généralité. Et j'ai trouvé important que le film montre qu'il y a des mouvements masculinistes et ce que disent et revendiquent ces hommes, parce que justement c'est plus masqué ici qu'au Québec.
Bref, comme j'ai vu la même projection qu'Olympe j'en ai pensé plutôt l'inverse d'elle : très intéressée par le film et plutôt déçue par le débat qui finalement n'en était pas un (même si les interventions des invitées étaient intéressantes).
Mais en même temps, si je lis toujours le blog d'Olympe, je n'y commente plus, n'étant souvent pas d'accord avec ses options interprétatives égalitaristes (mythe d'une égalité plus ou moins déjà là, qui tourne à la protection des zhoms, alors même que le pbme n'est pas les zhoms enttant qu'individus, mais en tant que groupe social et ses expressions dans le champ du système sexiste), et avec la latitude que les masculinistes peuvent avoir dans ses comms (quoi qu'apparemment elle ait annoncé je ne sais quand qu'elle sera plus vigilante à leur égard).
Bref...
Pour l'anecdote, ce matin, au titre des denrées que nous demandons aux familles d'apporter pour le goûter de nowel, Tartarin m'a passé un sachet de papillottes.
A pétards.M'annonce t-il.
Et comment on les enlève?
"Ben quand vous ouvrez le papier suffit de le retirer..."espère t-il...
- Bah non on leur donne les papillottes fermées hein, on va pas s'amuser à les ouvrir toutes avant..
J'ai conclu sur un 'on se débrouillera', qui signifie pour moi qu'on les mettra dans un coin paumé du fin fond de mon cafouch...
Nanmé j'vous jure...
Je ne pense pas que le jeunisme, la pub, la peur du désir et le reste augmente les choses, peut être juste les habillent différement...
Même si l'hypersexualisation des filles, mhmmhmm, peut peut-être agraver les choses.
Mine de rien, quand je lis ça, je ne peux pas m'empêcher de penser : mais comment font ces parents pour ne se rendre compte de rien...
Pour les diverses raisons-pistes évoquées.
Et comment font les parents...... vaste question, poutre, paille, toussa...
Des comme tu décris, j'ai eu aussi.
Des fois, les bras m'en tombent: comment remettre les choses à peu près en cohérence?
Mais bon, si la société va mal, c'est la faute de l'école, c'est bien connu...