Alors, Chuisbébé.
Voir là
J’hésitais sur le poids respectif de la stratégie et du vrai pbme pour cet enfant.
Surtout parce que je voulais garder du positif dans ce que je vois.
Ben on peut le mettre de côté, le positif.
S’il y a stratégie, c’est juste parce que rien d’autre ne peut se mettre en place.
Peut-on alors parler de stratégie...
Quand j’avais écrit le post auquel je vous renvoie, il y a avait eu, enfin, pour la première fois depuis le début d’année, un semblant de mieux: l’enfant un peu plus présent, un peu plus communiquant.
Alors on a essayé d’y croire.
Parce que depuis le début d’année, et même avant, j’avais peur pour ce gosse...
Comment vous dire...un truc simple:
il ne peut pas tenir son feutre, y imprimer un mouvement volontaire est déjà un effort à la fois de préhension et de coordination, parler vous savez déjà (monosyllabes ou mots seuls), patouiller par ex coller (colle dans pot+pinceau) c’est difficile, et la consigne lui échappe plus ou moins complétement, faut être à côté de lui de toute façon, ne peut pas utiliser seul un escalier (indicateur tout à fait efficace pour repérer les retards de développement, l’utilisation correcte de l’escalier)...
Il aurait été un grand prémat, on ne se serait pas affolées, c'est normal: les prémats mettent du temps à "rattraper" le cours du developpement des enfants à terme, mais ce n'est pas son cas.
Rien ne se passe en termes d'apprentissages, et en termes relationnels.; heu...
Bref, il est à l’école parce que c’est comme ça.
Ca fait plaisir à maman qui l’y emmène.
A ce sujet: il ne se différencie pas de sa mère en fait (j’y reviens dessous).
Il “boit” littéralement des yeux les adultes qui s’occupent de lui, avec son sourire inamovible: imaginez que vous avez, à 70 cm de vous, le visage du ravi de la crèche. Pendant des séquences entières de temps. C'est long.
Lequel ravi se met tout à coup à aller agresser les voisin-e-s (il ne colle plus, maintenant, il agresse direct), et quoi que vous disiez, il continue.
A part le prendre en poids pour le reposer à un endroit “safe”, rien à faire.
Ce collage/intrusion visuel aux adultes est particulièrment marquant.
Avant de vous donner la piste en cours, je vous livre une des clefs du mystère Chuisbébé qui fait suite aux comms là
Vous avez relu?
Notamment du côté de l’intrusion, pbme de limites...
Bon, alors, au fil des rencontres avec la maman:
quand je lui ai donné cette interprétation, à savoir que son vécu à elle, de bébé agressé/blessé/transformé peut être rejoué par son fils (qu’elle a eu bcp de mal à avoir), elle a acquiescé ajoutant que son enfant a été un bébé malade durant une période courant de sa naissance à la date à laquelle elle-même bébé fut enfin tirée d’affaire et d’hôpital. Et remarquant en sus que jamais elle n’avait pu évacuer ce traumatisme là, avec des rv psy, par ex.
Puis elle a opéré une dénégation, signalant donc l’importance de cette clef et l’angoisse du “bébé normal” qui a pu être (et est sans doute toujours) la sienne et imprègne la toute jeune vie de Chuisbébé
Ajoutons que le père n’a sans doute pas été assez “contenant” de sa compagne enceinte puis jeune mère+enfant... ou ne s'est pas construit comme père par rapport à cet enfant là.(cf ce post)
Et sa dénégation lui permettait aussi de parler du vécu de la famille, autre clef.
Où le relationnel est altéré:
le père laisse Mamandechuisbébé se dépatouiller (elle a bcp de force, c’est sûr, et il lui en faut, donc il ne voit pas le malaise, ou ne veut pas le voir);
celle-ci est rejetée par les aînés (fils ados d’un premier lit) qui l’ignorent, elle et le petit, consciencieusement (sans que le père n’intervienne);
elle est rejetée et insultée -devant tous- par la mère du père, qui entrait à son gré dans la maison, dans toutes les pièces ... jusqu’à ce que, récemment, après des ans de demande de la part de son épouse, monsieur se décide à lui en retirer les clefs...grand mère qui insulte aussi Chuisbébé devant lui...(sur ses moindres performances visibles mais surtout parce que...c'est le fils de sa bru, bêtement)
La mère est donc très isolée dans ce système là, avec son enfant, très “intrusée” dans son couple, dans sa vie de mère, bref, tout cela dysfonctionne, et elle a bien du mérite à faire tourner à peu près les choses. Au final: elle n’a que son enfant pour se sentir vivre comme femme.
Tout cela me fait d’autant plus de peine pour elle... parce que lorsque tous les constats auront été finalisés, il faudra bien qu’elle soit informée...
Monsieur aussi d’ailleurs...qui avait accepté de venir me voir lors d’un rv, et qui est allé au Camsp, mais qu’a t-il retenu de tout ce qui a été dit?
L’enfant ne se différencie pas de sa mère: c’est aussi sa façon à lui de la protéger dans cet univers familial. A un niveau non conscient, si l’un-e se distancie de l’autre, l’un-e et/ou l’autre meurt.
Si vous êtes versés en psychopatho, vous voyez où je veux en venir.
A savoir: oui le père participe aux soins à donner à l’enfant.
Il n’empêche qu’il n’a pas fait son job de tiers séparateur; étant lui-même enferré dans une relation pas bien claire avec sa propre mère, et qu’il ne peut pas y en avoir d’autre dans cette famille ni en dehors:
tout ce qui pourrait séparer mère et enfant est en fait un danger de mort (cf le vécu intrusif médical précédent notamment) et obligerait l’un comme l’autre à *exister* autrement.. mais comment?Quelle garantie de survie?
Alors le constat est, pour le moment, que Chuisbébé montre un
retard global de développement (*), dont on n’a pas encore l’étiologie.
On se pose la question de l’organicité du pbme ou pas. Ou bien du poids qu’elle pourrait ou non avoir, si elle existe, par rapport à la construction familiale élargie ou à la relation parents-enfant.
Les explorations nécessaires ne sont pas encore faites.
Du côté comportemental/relationnel, avec tout ce que je vous ai dit plus haut des passages du “collage” intrusif, fusionnel, absorbeur (visuel ou physique) à l’agression cad à la projection de la violence/souffrance interne que génère chez lui la sensation d’être lui-même absorbé, je cherche depuis le début du côté de la psychose infantile.
Sauf qu’il est maintenant incorrect de dire cela (la psychose serait un retrait du monde, alors qu’à cet âge là c’est une non-construction du monde et de ses représentations, et il n’y a pas délire mais défaut d’imaginaire):
il faudrait parler de "trouble envahissant du développement", cad d’autisme typique ou atypique.
NB: suffirait de bien penser que la psychose infantile n’est pas la psychose plus tardive, hein, et donc ne se construit ni ne se traite de la même façon, qu’elle peut être autistique ou non, c’est une question de terminologie, cf la psychose précoce déficitaire (Retard mental avec troubles autistiques ou psychotiques) ou de la dysharmonie psychotique....m’enfin bon
Pour l’autisme typique: mis à part un peu d’écholalie, et de langage expressif non relationnel, les autres indicateurs ne sont pas présents.
Se renseigner? Ici
A vrai dire, tous les indicateurs développementaux sont dans le rouge foncé, virant au violet profond, seul le langage (compréhension ok, expression niet) reste simplement -si j’ose dire- rouge.
Alors voyez-vous je me demande, et pas que moi, si l'on peut, si l'on doit, parler plutôt de ceci...
Ceci posé, je reste avec mon idée de psychose infantile, vraiment.
Donc.. vous voyez l’ampleur du pbme...sachant que maintenant, lorsqu’il est absent de la classe, ça soulage les enfants et moi-même (grand indicateur d’un pbme, de quelque nature qu’il soit, ça) et que sa présence à l’école n’a pas plus de sens pour lui que pour moi faire le poirier en attendant hypothétiquement le grand soir.
Sans compter que tout le groupe classe a vachement avancé: la faille entre ce qu’il peut faire et ce qui se vit en classe est devenue un gouffre, puisqu’il n’est même pas *là*... sauf pour coller/agresser.
Alors retard massif dans tous les champs, oui.
On en est là, en attendant mieux.
Enfin de mieux savoir ce qu’il se passe.
Va falloir expliquer nos interrogations petit à petit à la maman....
Voir là
J’hésitais sur le poids respectif de la stratégie et du vrai pbme pour cet enfant.
Surtout parce que je voulais garder du positif dans ce que je vois.
Ben on peut le mettre de côté, le positif.
S’il y a stratégie, c’est juste parce que rien d’autre ne peut se mettre en place.
Peut-on alors parler de stratégie...
Quand j’avais écrit le post auquel je vous renvoie, il y a avait eu, enfin, pour la première fois depuis le début d’année, un semblant de mieux: l’enfant un peu plus présent, un peu plus communiquant.
Alors on a essayé d’y croire.
Parce que depuis le début d’année, et même avant, j’avais peur pour ce gosse...
Comment vous dire...un truc simple:
il ne peut pas tenir son feutre, y imprimer un mouvement volontaire est déjà un effort à la fois de préhension et de coordination, parler vous savez déjà (monosyllabes ou mots seuls), patouiller par ex coller (colle dans pot+pinceau) c’est difficile, et la consigne lui échappe plus ou moins complétement, faut être à côté de lui de toute façon, ne peut pas utiliser seul un escalier (indicateur tout à fait efficace pour repérer les retards de développement, l’utilisation correcte de l’escalier)...
Il aurait été un grand prémat, on ne se serait pas affolées, c'est normal: les prémats mettent du temps à "rattraper" le cours du developpement des enfants à terme, mais ce n'est pas son cas.
Rien ne se passe en termes d'apprentissages, et en termes relationnels.; heu...
Bref, il est à l’école parce que c’est comme ça.
Ca fait plaisir à maman qui l’y emmène.
A ce sujet: il ne se différencie pas de sa mère en fait (j’y reviens dessous).
Il “boit” littéralement des yeux les adultes qui s’occupent de lui, avec son sourire inamovible: imaginez que vous avez, à 70 cm de vous, le visage du ravi de la crèche. Pendant des séquences entières de temps. C'est long.
Lequel ravi se met tout à coup à aller agresser les voisin-e-s (il ne colle plus, maintenant, il agresse direct), et quoi que vous disiez, il continue.
A part le prendre en poids pour le reposer à un endroit “safe”, rien à faire.
Ce collage/intrusion visuel aux adultes est particulièrment marquant.
Avant de vous donner la piste en cours, je vous livre une des clefs du mystère Chuisbébé qui fait suite aux comms là
Vous avez relu?
Notamment du côté de l’intrusion, pbme de limites...
Bon, alors, au fil des rencontres avec la maman:
quand je lui ai donné cette interprétation, à savoir que son vécu à elle, de bébé agressé/blessé/transformé peut être rejoué par son fils (qu’elle a eu bcp de mal à avoir), elle a acquiescé ajoutant que son enfant a été un bébé malade durant une période courant de sa naissance à la date à laquelle elle-même bébé fut enfin tirée d’affaire et d’hôpital. Et remarquant en sus que jamais elle n’avait pu évacuer ce traumatisme là, avec des rv psy, par ex.
Puis elle a opéré une dénégation, signalant donc l’importance de cette clef et l’angoisse du “bébé normal” qui a pu être (et est sans doute toujours) la sienne et imprègne la toute jeune vie de Chuisbébé
Ajoutons que le père n’a sans doute pas été assez “contenant” de sa compagne enceinte puis jeune mère+enfant... ou ne s'est pas construit comme père par rapport à cet enfant là.(cf ce post)
Et sa dénégation lui permettait aussi de parler du vécu de la famille, autre clef.
Où le relationnel est altéré:
le père laisse Mamandechuisbébé se dépatouiller (elle a bcp de force, c’est sûr, et il lui en faut, donc il ne voit pas le malaise, ou ne veut pas le voir);
celle-ci est rejetée par les aînés (fils ados d’un premier lit) qui l’ignorent, elle et le petit, consciencieusement (sans que le père n’intervienne);
elle est rejetée et insultée -devant tous- par la mère du père, qui entrait à son gré dans la maison, dans toutes les pièces ... jusqu’à ce que, récemment, après des ans de demande de la part de son épouse, monsieur se décide à lui en retirer les clefs...grand mère qui insulte aussi Chuisbébé devant lui...(sur ses moindres performances visibles mais surtout parce que...c'est le fils de sa bru, bêtement)
La mère est donc très isolée dans ce système là, avec son enfant, très “intrusée” dans son couple, dans sa vie de mère, bref, tout cela dysfonctionne, et elle a bien du mérite à faire tourner à peu près les choses. Au final: elle n’a que son enfant pour se sentir vivre comme femme.
Tout cela me fait d’autant plus de peine pour elle... parce que lorsque tous les constats auront été finalisés, il faudra bien qu’elle soit informée...
Monsieur aussi d’ailleurs...qui avait accepté de venir me voir lors d’un rv, et qui est allé au Camsp, mais qu’a t-il retenu de tout ce qui a été dit?
L’enfant ne se différencie pas de sa mère: c’est aussi sa façon à lui de la protéger dans cet univers familial. A un niveau non conscient, si l’un-e se distancie de l’autre, l’un-e et/ou l’autre meurt.
Si vous êtes versés en psychopatho, vous voyez où je veux en venir.
A savoir: oui le père participe aux soins à donner à l’enfant.
Il n’empêche qu’il n’a pas fait son job de tiers séparateur; étant lui-même enferré dans une relation pas bien claire avec sa propre mère, et qu’il ne peut pas y en avoir d’autre dans cette famille ni en dehors:
tout ce qui pourrait séparer mère et enfant est en fait un danger de mort (cf le vécu intrusif médical précédent notamment) et obligerait l’un comme l’autre à *exister* autrement.. mais comment?Quelle garantie de survie?
Alors le constat est, pour le moment, que Chuisbébé montre un
retard global de développement (*), dont on n’a pas encore l’étiologie.
On se pose la question de l’organicité du pbme ou pas. Ou bien du poids qu’elle pourrait ou non avoir, si elle existe, par rapport à la construction familiale élargie ou à la relation parents-enfant.
Les explorations nécessaires ne sont pas encore faites.
Du côté comportemental/relationnel, avec tout ce que je vous ai dit plus haut des passages du “collage” intrusif, fusionnel, absorbeur (visuel ou physique) à l’agression cad à la projection de la violence/souffrance interne que génère chez lui la sensation d’être lui-même absorbé, je cherche depuis le début du côté de la psychose infantile.
Sauf qu’il est maintenant incorrect de dire cela (la psychose serait un retrait du monde, alors qu’à cet âge là c’est une non-construction du monde et de ses représentations, et il n’y a pas délire mais défaut d’imaginaire):
il faudrait parler de "trouble envahissant du développement", cad d’autisme typique ou atypique.
NB: suffirait de bien penser que la psychose infantile n’est pas la psychose plus tardive, hein, et donc ne se construit ni ne se traite de la même façon, qu’elle peut être autistique ou non, c’est une question de terminologie, cf la psychose précoce déficitaire (Retard mental avec troubles autistiques ou psychotiques) ou de la dysharmonie psychotique....m’enfin bon
Pour l’autisme typique: mis à part un peu d’écholalie, et de langage expressif non relationnel, les autres indicateurs ne sont pas présents.
Se renseigner? Ici
A vrai dire, tous les indicateurs développementaux sont dans le rouge foncé, virant au violet profond, seul le langage (compréhension ok, expression niet) reste simplement -si j’ose dire- rouge.
Alors voyez-vous je me demande, et pas que moi, si l'on peut, si l'on doit, parler plutôt de ceci...
Ceci posé, je reste avec mon idée de psychose infantile, vraiment.
Donc.. vous voyez l’ampleur du pbme...sachant que maintenant, lorsqu’il est absent de la classe, ça soulage les enfants et moi-même (grand indicateur d’un pbme, de quelque nature qu’il soit, ça) et que sa présence à l’école n’a pas plus de sens pour lui que pour moi faire le poirier en attendant hypothétiquement le grand soir.
Sans compter que tout le groupe classe a vachement avancé: la faille entre ce qu’il peut faire et ce qui se vit en classe est devenue un gouffre, puisqu’il n’est même pas *là*... sauf pour coller/agresser.
Alors retard massif dans tous les champs, oui.
On en est là, en attendant mieux.
Enfin de mieux savoir ce qu’il se passe.
Va falloir expliquer nos interrogations petit à petit à la maman....
par Maybe
publié dans :
Oboulo !




