Voisinedudessus est allée ces derniers jours aux journées pédagogiques de l'INRP (voir
là ) .
Elle a même dû se bagarrer avec l'admin de la Maisonmammouth pour ce faire, et n'était pas la seule dans ce cas.
Comme quoi, même quand on est IMF (en primaire), assister à un très important colloque (vu la qualité des intervenant-e-s et les modifs qui se mettent en œuvre dans la Maisonmammouth) c'est
carrément pas évident.
Elle est spécialisée en maths, mais comprendre les maths c'est d'abord comprendre la langue dans laquelle on va les travailler (ce qui pose le pbme de la dyscalculie d'ailleurs: elle existe ou
pas?) et en plus quand on est instit, on fait de tout alors, bon.
Et donc.
Elle m'a raconté 2 ou 3 trucs que les media ne vous diront pas. Ou bien pas tout de suite et ou bien c'est déjà fait, zwwiip, et pas comme ça.
(en plus je
vais le raconter de seconde main et à ma façon, n'hésitez donc pas à vous renseigner, bien sûr)
Notamment au sujet de l'enquête sur les résultats, pardon, performances, des élèves dans notre beau pays.
Enquête sur laquelle les débats autour des méthodes d'apprentissages prennent appui.
Pbmes de méthodes qui permettent de stigmatiser l'école française et ses mauvais (?) résultats
(cf plus bas), de façon à la réformer dans le sens du
poil.
Le poil actuel, cad celui de l'opinion générale, est que:
- la génération qui nous suit vivra moins bien que celle de ses
parents (nos clients actuels)
- lesdits clients se disent quand même que l'école pourra donner
une porte de sortie aux meilleur-e-s (l'école est devenue élitiste,
si elle ne l'était pas déjà)
- l'attente de réussite est donc majeure et le besoin de contrôle
du comment y arriver aussi,
- il faut donc discuter des méthodes
(sauf que le grand public n'est pas
formé à comprendre ce qu'il se passe dans les classes, on va donc avoir du mal
à discuter, mais bon...bientôt les caméras dans les classes,
ça va résoudre le pbme)
- et il faut globalement améliorer le service (rentabiliser, quoi) car
si les résultats sont nuls avec tant de personnel,
suffit de revoir tout ça, n'est-ce pas...
Entendons nous bien, réformer la Maisonmammouth, il y a certes besoin.
Mais mettre les enseignant-e-s en demeure de "faire réussir" avec des critères de résultats encore plus subordonnés à des rails de plus en plus serrés et à ce que notre société demande, déjà
ça suppose d'être au clair avec les enjeux sociaux économiques et à mon avis on n'est pas parti-e-s pour....
Et cette réforme là s'étaye sur une enquête
(je retrouve pas le nom, brdl....edit: ha si mais kellkruche,Pisa et Pirls il en est question là) et voici ce qu'elle m'en a dit:
- les protocoles frenchies sont introuvables, même par les
chercheurs de la branche, une journaliste est sur la piste,
elle n'a pas encore pu trouver, et pourtant c'est une
enquête européenne
(là j'avoue que je comprends pas et
que j'ai mis en doute ce que m'a raconté Voisinedudessus,
si qq'un-e peut me renseigner?);
- le biais d'échantillonnage
(âge, francophonie de l'échantillon) manifeste;
des âges (15 ans pour Pisa) différents
- le travail de comparaison sur lequel les "réformateurs"
- économiques surtout - s'appuient se réduit à
france2002 vs france2006 ,
or
les enfants testés ont 1 an de moins dans
l'enquête 2006 que dans celle de 2002,
et 2 ans de moins que les enfants européens testés à la même date,
ils sont pour 2006 66% de francophones pour 90% en 2002)
alors même qu'il s'agit d'une enquête européenne et que
ce sont d'abord les diférences de performances entre
pays qui sont censées être testées;
- au moins un biais de test est manifeste:
4 fois 40 mn de tests d'affilée à 8 ou 9 ans...,textes dont
au moins l'un présente des références culturelles qui ne peuvent
pas être partagées par tous les enfants testés;
- un autre biais: les questions ouvertes+temps de reflexion,
plus profitables aux pays type finlande dont c'est le type d'enseignement,
et non en france où d'ailleurs la modalité de tests est dans la rapidité/question
fermée (or il y a une compétence à répondre à des tests),
- au niveau européen, les échantillons hors france comportent
un plus fort taux d'enfants parlant la langue du pays à leur
domicile que l'échantillon d'enfants prélevé et testé
sur les territoires
français en français;
- la comparaison entre france et europe,
au niveau du préélem surtout,
est largement invalidée par le fait que l'école préélem,
en france, est publique, ce qui est rare voire inexistant ailleurs..
Allez, pour rigoler ensemble, une anecdote qui fera hurler de rire les instits normalement constitués:
un exemple de biais de test phonologique, histoire de vous montrer à quel point il est nécessaire que tous les chercheur-e-s qui bossent autour ou dans la pédago et le développement de
l'enfant s'attablent et se causent.
Comme me disait Voisinedudessus: si tu savais, on était tous des formateurs à assister à ces journées, formateurs à des niveaux différents, mais chacun-e tellement
enkysté-e dans sa spécialité on avait un mal fou à se comprendre, il nous a fallu redéfinir plein de trucs avant de pouvoir se parler...
Hé oui: il n'y a que les instits pour être généralistes.
Ca a sa limite mais ça ouvre des horizons à d'autres ;-)
Donc, un chercheur hyper sympa (il a reconnu son erreur après intervention de Voisinedudessus) et hyperspécialisé, avait voulu tester la conscience
phonologique des jeunes enfants.
Il est bien resté dans le champ sémantique de l'âge requis, il a bien tout fait attention tout partout sauf ....qu'il n'a pas causé avec des instits ou des gens
spécialisés dans ces âges là;
voici un item du test:
Dans les 3 mots suivants, quel est l'intrus? 'chien' 'chat' 'coq'
Demandez à un enfant entre 4 et 6 ans.
'Coq' bien sûr.
Maintenant demandez lui pourquoi (rappel: test de conscience phonologique, cad différenciation de sons)
Quand on sait qu'on travaille sur les sons, cad à partir d'un certain âge, et qu'on a bien investi cette conscience phonologique, on va dire qu'on n'entend pas le
"ch".
Avant cela, c'est la relation au vivant qui est première: la réponse est 'coq' parce que c'est un animal qui n'a pas de poil!
Il avait omis de s'interroger - ou d'interroger des gens compétents- sur le développement de l'enfant...qui est d'abord en relation au vivant avant de pouvoir s'en démarquer et manipuler des
abstractions sonores.
Et des biais comme ça, y'en a pas mal....
Bon, tout cela pour prouver que depuis 2002 où l'école française était louée
(et notamment le préélem) et à bon droit, tout s'est cassé la fiole,
vlam, et que même, on a été aveugle à ces catastrophes, et que donc il faut se fustiger un peu bond'là et continuer à recommencer à dire qu'on est nuls par rapport à l'Europe, comme ca on va
faire tout pareil que els pays ... où l'école coûte le moins cher à l'état ,ne vous leurrez pas sur les intentions... on verra comment ça se met en place, si ça se trouve, un joli mouvement de
prise de conscience différente va venir?
Les enfants frenchies sont nuls, donc? Ce n'est pas évident, suffit de bien savoir lire les résultats, et de les replacer dans le contexte socio-éco de chaque pays pour le voir, mais qui veut
noyer son chien...pardon .. son mammouth...
Et donc, non seulement donner des cadres encore plus serrés aux instits de primaire (courage collègues) mais fissa virer la préléem et mettre la GS en primaire (mes remarques
là)
Sauf que ceux qui décideront cela oublient qu'avant la GS et ses apprentissages déjà bien axés sur les prérequis
(n'en déplaisent à ceusses qui croient qu'on se les
roule) il a fallu la PS et la MS pour modeler des enfants à devenir des élèves et commencer les apprentissages qui conduiront à travailler la lecture de façon systématisée.
Si la PS et la MS deviennent des jardins d'enfants sous la gestion des département ou des communes (enfin comme les crèches quoi) l'enseignement qui y sera dispensé sera drivé comment et sur
quelles bases?
Et apparemment, ça va aller très très vite.
Bon tout ce que je dis là vient de Voisinedudessus.
Et j'ai pas tout tout retenu de ce qu'elle m'a raconté.
(et pas les noms surtout, c'est ça que j'oublie le plus rapidement :-) et je vous rappelle que je vous conseille d'aller vous renseigner parce que moi, la pédago ça me
gonfle, je lis des trucs sulnet, mais j'ai pas envie de disserter dessus)
Et vous pouvez suivre les choses par exemple
ici
dont l'un des rédacteurs
(picard je crois) serait sur le coup pour avoir les infos au sujet des biais et protocoles de l'enquête dont je cause plus haut.
Autre chose les IUFM.
Entrent de plus en plus dans le fonctionnement de l'université seraient rattachées à.. je sais aps quoi, bref, n'existeraient plus en tant que tels... mais on commence à y dire qu'il faudrait se
(re) pencher sur les anciens travaux de l'
AFL.
Sauf que ça s'appellerait autrement maintenant (encore oublié le nom je suis une buse!) s'agit de pas faire ringard au dehors alors même que grâce à l'AFL nous (oui vous qui me lisez si vous avez
mon âge et plus) avons une maîtrise de la langue qui tourne bien sept fois dans ses méninges :-)
Ha au fait:
IMF:
instituteur maître formateur
(ce genre d'intitulé n'existe pas au féminin, ainsi suis-je 'instituteur' sur les actes admin)
Cad des gens qui ont une classe à faire tourner ET des stagiaires PE à former.
Donc des gens de terrain, payés au lance-pierre, mais hautement nécessaires.
Et qui ne bossent pas que dans des écoles à population calibrée scolaire, loin de là.