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Le crâne en ébullition.
La bouilloire près du clavier.
Et un doigt dans l'oeil    du cyclone.

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Mercredi 26 septembre 2007
   Au moment de l'accueil du matin, quand les jeux sont libres (cf emploi du temps ) , les ptits gars (Grandgrain, Ptitblocdur....) se jettent sur le tapis-circuit  + voitures (camions, bus, tracteurs...).
Mais.
Dès que certains des filles ont constitué leur bande, hop, le vroum vroum change de main.
Et je me marre  bien, non de la situation, plutôt habituelle, dès lors que les filles osent prendre l'espace (en général à la faveur de leur nombre, y'a encore du boulot pour la mixité)  mais de voir ces petits bouts de femmes, en couleurs pastels, souvent rose, robes ou jupes éparses autour des ch'tits culs en l'air, arpenter le tapis-circuit en avançant leurs véhicules respectifs à la main.
   A  ce moment là, les p'tits meks investissent le coin cuisine+poupées.
Ils viennent se faire nouer les petits tabliers (vouaip, on a des petits tabliers, pour jouer  au/à la/ chef-fe de cuisine, kessvous croyez, on a le sens de l'hygiène parcheunous!) ou bien câlinent les gros poupons, ou encore activent les petites poupées de la maison du même nom.
Tiens, faut que je fasse un appel à toutes les voitures, histoire de créer un coin-déguisement....

   Autre situation habituelle: ce sont les gamin-e-s (souvent garçons) qui  auront le plus exigé de câlin/bisous  lors des séparations d'avec la mère, les siens, les vôtres, ceux de l'atsem,  qui feront le plus de c...ries ensuite, càd qui testeront les limites voire feront copieusement ch...
Ainsi de Ptitblocdur, qui commence à se lâcher....

  Encore une autre: ces tout jeunes gamin-e-s (souvent filles) qui refusent de faire peinture ou tout autre atelier salissant, et qu'il faut convaincre voire un peu contraindre. Car  une fois dans l'atelier, on les voit s'éclater.
(Mettons là de côté les enfants de parents qui ne supportent pas de voir leur enfant revenir avec un millimètre carré de couleur inadéquate sur la peau ou les fringues.Y'en a. A ces exemplaires de parents-là je dirais qu'il suffit de mettre leur enfant dans du coton, à vie.)
En fait  c'est quand même leur désir d'aller patouiller: mais salir (et se salir)  correspond bien à un élément sadique-destructeur.
Le corps change d'aspect/couleur, le pigment de peinture, la trace de colle qui reste sur la peau est vécue comme attaquant l'intérieur, en plus de l'aspect extérieur;
La matière utilisée correspond à de la....celle qui ne doit surtout pas sortir du corps sauf au lieu/moment approprié, car elle correspond alors à une attaque sadique,
En patouillant, se salissant, l'intégrité du corps .. disons idéal... est donc attaquée du dehors et du dedans.
Or le corps de l'enfant tel que préparé/lavé/habillé par la figure parentale (je dis parentale mais on est le plus souvent dans une relation mère-fille) est à la fois celui de cette figure là (fantasme de l'enfant de contenir/être contenu, et cf Klein avec le corps mythique de la mère contenant tout), et donc en agressant l'un on agresse l'autre, c'est un fantasme de destruction du parent qui est intolérable;
et celui qui est aimé d'elle: il doit être immuable pour ne pas détruire de cet amour, or en transformant le corps, c'est cet amour qu'on peut détruire, c'est intolérable pour l'enfant, cette angoisse de modifier=détruire le corps tel qu'il est aimé par l'imago parental...

Patouiller, transformer son propre aspect, manipuler la matière, cad le monde, se salir puis se laver de cette salissure, cad avoir une emprise sur son corps propre (au figuré... lol) c'est  éminemment désirable justement:  c'est aussi ainsi que se construit le sujet, et plus prosaïquement ce que nouzaut instits nommons l'autonomie, en sortant de ces fantasmes angoissants ...
Mais ça peut être difficile à concevoir pour l'enfant qui fantasme y perdre, par sa propre faute,  l'amour de son parent..  il se sait pas encore que cet amour ne se perdra pas,
 et pense aussi lui faire beaucoup de mal en se prenant, et en prenant le monde,  en main ...

   Bien sûr, il est des enfants qui vont refuser de se salir d'une façon plus étalée dans le temps et plus rationnalisée: ce n'est plus la même chose, on entre dans un aspect obsessionnel, qui, le plus souvent mais pas exclusivement, découle d'une structure relationnelle familiale dans le rapport à la propreté (obsessionnelle, toujours).

 
par Maybe publié dans : Oboulo !
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