Allez, on en prend pour notre grade:
"Ce mauvais départ est parfois pris dès la maternelle où "presque tous les enfants sont scolarisés en petite section dès l'âge de 3 ans". Le HCE estime qu'elle "ne met pas tous les enfants dans les conditions de réussir l'école élémentaire", la première de ces conditions étant la maîtrise du langage oral. Or, outre son rôle d'accueil collectif, la maternelle "doit préparer les enfants à la lecture, au calcul et à tous les apprentissages de l'école élémentaire", tout en "développant des comportements favorables" à ces apprentissages. Se référant aux programmes, le HCE rappelle que la maternelle "est une véritable école", qui ne doit cependant pas oublier sa spécificité : au contraire, il déplore que ses méthodes "s'alignent souvent sur celles de l'école élémentaire", notamment en raison d'un manque de formation spécifique des enseignants. Il regrette aussi "la pression des familles pour que la petite école ressemble à la grande". "La question de la responsabilité de l'école maternelle dans l'échec scolaire à long terme ne peut être éludée", dit le rapport."Article du MondeAlors voilà, selon les ministres et les années, on nous demande de faire du fondamental tout en faisant de l'ouverture à l'art, la techno, le sport des projets pédas avec des sorties là puis là puis là et tout ça en respectant, écoutant, faisant entrer, les parents dans l'école. Et puis faire du fondamental.
Puis faire de l'éduc à ci ou à ça...alors au final, avec de la bouteille.. on laisse courir et on fait notre taf dans notre coin... en espérant pas se voir arriver un Legrantom mal embouché. (ils ont une hiérarchie sur le dos ces femmes et hommes...)
Bref, la schizo générale qui préside à notre façon de voir l'école (je dis nous= la société française, bêtement) finit toujours par se retourner contre l'école.
La "maternelle" a des techniques pédas, une didactique très particulières.... mais que les parents ne comprennent pas: j'ai déjà évoqué au long du blog la façon dont nos souvenirs sont déconstruits/reconstruits, et les souvenirs scolaires qui restent à la plupart des gens sont ceux du primaire.
De plus, on demande de plus en plus aux sortant-e-s des IUFM un travail de résultat (quantitatif notamment) qui suppose pour eux bcp de grattage théorique (le cahier journal ,The truc que je fais quasiment plus) dans une logique de contrôle hiérarchique, et plus sournoisement, de formatage de leur manière de faire.
La préélem ne bénéficie pas d'enseignement spécifique dans les Iufm, s'il y a un module de 2 h c'est le bout du monde, dans mon académie.
Corollaire: les instits qui décident de "faire" de la préélem sont obligé-e-s de construire de façon très perso leurs 'méthodes' : ça oblige à pas mal d'ouverture et de créativité...
..et de résistance aux desiderata parentaux, qui ne pigent pas que ce qu'il se passe dans la pré élem, ils ne peuvent quasiment pas en voir les traces, sauf finales et encore pas toutes.
Cette résistance n'est pas le fait de tout le monde.. du coup on voit fleurir les demandes de "cahier de.." de la part de certains IEN (les Legrandtoms).
De techno, de sortie, d'EPS, l'un avait en vue " de technique musicale". Oui en MS GS.
Moui. Et les fondamentaux, alors?
On finit par se disperser voyez.. et pourtant en préélem, le transdisciplinaire, on est habitué-e-s, on fait que ça ou quasi, d'où une des difficultés de compréhension de nos fonctionnement de la part des familles (en n'oubliant pas le désir projectif de tout savoir/maîtriser de la vie de leur enfant, déjà évoqué dans ce blog).
De fait, bon sang de p** de b** à q**,, laissez nous bosser, familles et assoces de parents, faites nous confiance et juste venez admirer ce que vos enfants
ont envie de vous montrer et basta così.
Et vous, la hiérarchie, laissez nous bosser aussi, faites nous confiance, des fois, et sans nous coller vos dadas successifs sur le dos, ni vos critiques permanentes, vous croyez que c'est motivant de se faire casser lors d'une inspection parce que tel affichage ne se voit pas assez ou que tel aspect du chant choral n'a pas été mis en place/noté/fait l'objet d'un cahier suivi?
Alors que si justement on ne le fait pas c'est que soit on ne sait pas le faire (formez nous autrement) soit on répond d'abord aux nécessités de la classe (les fondamentaux), et donc à ce qui est demandé par ... la classe suivante quoi !
Je plains les instits de primaire.. qu'est-ce qu'elles et ils vont prendre, encore.
Et nous pareil, puisque, selon une logique simpliste; c'est toujours la faute de la classe d'avant.
Car, je recite l'article:
"Les chances d'accomplir une bonne scolarité étant "très fortement liées au niveau initial des compétences au cours préparatoire", il observe que, au lieu de se résorber, "les difficultés identifiées dès le début de la scolarité s'aggravent avec le temps"."
L'apprentissage de la lecture, dans les textes c'est CP et CE1, quand même, ceci dit pour mémoire...
Or il est des enfants dont la maturation affective (et à cet âgelà c'est important!) , ou autre, (celle de leur famille aprfois, voyez Mamamdebébécygne) ne leur permet pas d'entrer dans la lecture, ou simplement dans l'imprégnation qu'on en fait en GS.Ni dans l'apprentissage systématique qu'on peut y faire , aussi (oui on le fait, aussi, répétez pas aux Legrandtoms).
Le temps de la maturation cognitive et affective n'est pas le même pour tous les enfants.
Apprendre par cœur un code (notre langue) ne va pas à la même vitesse ni ne se fait *facilement* au même mom.ent pour tous.
Oh oui on peut faire avancer des enfants comme on 'force' des plantes: je le sais, j'ai appris à lire/écrire en 2 mois d'été.
Sauf que par quoi certain-e-s gamin-e-s paieront ça, plus tard?
Mais le 'plus tard' c'est une notion en désuétude, quand on fonctionne au"résultat" et à l'immédiateté.
Je sais bien, et je le dis souvent, que la Maisonmammouth est une entreprise de formatage.
Ce qu'il faudrait sans doute c'est pouvoir ... laisser du jeu. Je ne parle pas de "jouer" là bien sûr.
Et voyez tout ce que je vous ai raconté de .. Bébécygne par ex, et Grosbourrin, ou Doudette, dans un autre genre, qui avait franchement d'autres choses à vivre, cette petite, pour 'investir' son corps relationnel, avant tout autre apprentissage.
Et aussi que ce pack de gamin-e-s, surtout Dervichetourneurbrun, m'empêchaient de me consacrer correctement aux autres, classe extrêmement hétérogène, trop peut-être: la variable groupe-classe est pourtant considérée et considérable, en didcatique, mais on l'oublie souvent dans le discours politique...
Hé ben ces enfants là, et d'autres, pour lesquels je n'ai pas ménagé ma peine, avec leurs (im)compétences d'entrée au CP, font de moi une instit défaillante, qui s'est résignée
-voir plus bas- et n'a pas mis en place tout ce qu'elle pouvait/aurait dû....c'est cool, hein?
Ca donne envie de continuer, se faire taper dessus, je vous dis pas.
Car l'école se résigne à l'échec scolaire.
Je cite:
" le HCE déplore que l'école semble "s'être résignée à l'échec des élèves qui accumulent les insuffisances" "On se résigne? Résigne??????
Brdl.
Je prends ça comme une insulte, voyez. Eu égard à l'épuisement des enseignants face au pbme...
C'est pas à l'échec des gamin-e-s qu'on se résigne, nous, c'est au mur qu'on a en face, entre eux et nous.
Je crois surtout que nous, instits, nous résignons (si d'aventure c'était le cas, et je ne crois pas) à ne pas pouvoir faire le poids face aux familles et au social (consumérisme/hypnose media/intolérance à la frustration/immédiateté de la satisfaction/ etc... bah j'en ai parlé tout le blog de ce mouvement psychosocial là...), et quand je dis au social, j'inclus aussi les difficultés économiques (forcément) et les diversités culturelles (quand elles sont revendiquées dans un objectif identitaire, on ne peut pas lutter).
Que des solutions pratiques puissent être trouvées ... ma foi, on n'y croit plus non plus:
quand bien même ce serait le cas,
(et c'est parfois le cas: le soutien, une heure ici ou là, mais les pbmes sont tellement divers!!) en haut lieu, ca nous tombe tjs dessus comme des obligations genre faites ça et débrouillez vous avec rien
(voilà, cf le soutien en question) pour que ça marche, avec contrôle immédiat à la clef (or dans l'enseignement, l'immédiateté..) et sans personnel ou formation adéquats, ni encouragement quand ça marche
(je parle pas des projets qui font de la mousse hein, ceux là ont les honneurs, je vous parle du quotidien d'une classe banale où l'instit se démarque de la vulgate.. déjà que ça demande du temps et de l'énergie à expliquer aux familles, en plus on se fait incendier par la hiérarchie..ça motive, ça motive...)Et un truc tout bête, mais qui coûte: moins d'élèves par classe... rien que ça, permettrait qu'on se penche un peu mieux sur chacun-e d'entre elles et eux.
Mais à cela on nous réplique tjs que le taux d'encadrement des élèves , en france, est moindre qu'ailleurs, blah... ben oui mais ailleurs, ils ont un autre modéle socio-économique, du côté de l'enfance.
Vous savez quoi?
Le résultat de ce rapport, dans l'opinion générale, car c'est ça qu'on reçoit, nous, en bout de chaîne: l'opinion générale, et non les grandes pensées généreuses ou pas, des technocrates de cabinet, ainsi que les obligations qui se multiplient, plutôt que des ouvertures à la créativité perso, toujours sanctionnées négativement ou presque, le resultat donc, va être pour les familles, que de toute façon on fout rien, et qu'en voila la preuve au niveau résultats, et que yaka travailler plus pour gagner pareil.
LOL
Suite
làEdit : Je vous recommande
instamment d'aller lire le comm de 'catmano'
ici, qui commence par
"Petite mise au point : Le certificat de mon vétérinaire ..." et en général ceux qu'elle a postés, de toute façon...
Edit 2: Au fait je l'ai pas écrit tellement la coïncidence est frappante (comme les arguments, paff) mais vous avez bien sûr remarqué tout-es seul-e-s que ce rapport sort bien pile poil quand on annonce les suppressions de postes dans la Maisonmammouth....
Edit3: ce
post de Ed.
Pour les p'tit-e-s nou velles ou veaux (meuh), si vous voulez retrouver les histoires des enfants dont je parle ici, c'est en bas de ce post
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