Un enfant, ça n'a ni les oreilles ni la langue dans sa poche.
Tant qu’on ne les lui obture pas, bien sûr, ou bien qu’il ne se les obture pas lui-même pour se protéger.
Je laisse pas mal d'espace à la parole, enfin
j'essaie, pas forcément en quantité de temps (bien qu'il y ait toujours au minimum le "quoi de neuf" et/ou un débat du jour - entendons nous bien, plutôt court, le débat) mais au moins en qualité d'écoute et de mise en place de la communication, quand c'est le moment, que celui-ci soit impromptu ou vraiment cadré.
Du coup, dans ce genre de moments, mes propos, que je restreins au max, ont une valeur 'autre' que celle qu’ils ont dans le cadre des moments d’enseignement (mais c’est quoi, enseigner, hein?).
Je ne sais pas comment expliquer la bascule, c’est vraiment de l’ordre du feeling, cette qualité de relation qui se joue là, entre x personnes, qui peut être fugace, mais qui reste en filigrane "réactivable" tout au long de l’année, une fois qu’elle est établie et consolidée, à laquelle on peut (re)faire appel les un-e-s ou les autres, à tout instant, même les moins appropriés ... d’ailleurs c’est souvent dans des moments pas du tout dévolus à ces contacts-là qu’ils ont justement lieu.
Il me semble que ce qui fait que les élèves qui passent entre mes vaillantes petites mains (loool) puissent apprécier de cette parole là vient du fait que je ne leur donne jamais l'occasion de penser que je leur mens.
Pourtant qu'est-ce qu'enseigner sinon mettre en scène l'objet d'apprentissage, se mettre en scène soi-même pour ce faire, et mettre en scène toute la dynamique de groupe, corps, espace, temps et matériel compris (cf
là).
Mais donc la classe entière a des débats, soit que cela vienne d’une interrogation ponctuelle qu’on va exploiter de façon immédiate, soit qu’il ait été prévu/programmé, après moultes questions sur un thème, de se prendre un moment pour en parler.
Auquel cas je demande aux enfants de “garder la question dans [leur] tête” jusqu’à tel jour/moment où elle sera débattue, promis.
Enfin non je promets pas.
Vu que je dis ce que je fais et que je fais ce que je dis, pas besoin.
Et dans le débat, j’essaie que la comm soit surtout horizontale, je n’apporte de “savoir” ou disons “connaissance” que lorsqu’il y a blocage ou demande réelle.
(rappel: entre la demande et le désir quel qu’il soit, dont de savoir, il y a un abîme)
Et je l’apporte sous forme de question ou de phrase ouverte, autant que je le peux: les enfants se construisent leur monde, ils n’ont pas à intégrer le mien.
Est-ce que je leur donne assez cette possibilité?
J’essaie. Comment en être sûr-e?
... nous avançons dans la vie avec nos filtres pour la regarder et nos défenses pour y fonctionner.
Etre objectif, finalement, ou du moins laisser son espace de compréhension à l’autre, c’est savoir à quel moment sa propre subjectivité est en jeu, et la réduire a minima.
On dirait que ça marche, même si sûrement, les jours d’inattention, de fatigue ou d’énervement, il m’arrive de donner des phrases trop définitives ou de manquer de patience.
Mais on dirait bien que ça marche, ces tentatives de garder au max de l’ouverture dans mes propos.
Ou bien est-ce justement parce qu'il ne s'agit pas de "se contenter” de ma parole, de la parole de l’adulte que ça leur convient?
En effet, ça ouvre un débat avec qq'un de neutre (apparemment!) (suffisamment??) par rapport au sujet en cours, et ce débat se joue avec des pairs et non face à l'adulte supposé savoir, même s’il (enfin elle) est là comme recours, comme appui lorsque les questions sont trop destabilisantes.
Tiens c’est bien la première fois que je me formule tout ça.
J’avance bcp au feeling, en pédago aussi, enfin je veux dire, pour les apprentissages (dites pas ça aux “Legrandtom” divers que j’ai croisés et croiserai encore), de fait, je ne théorise pas souvent ce que je fais, du coup ce que je raconte là vous le trouverez sûrement en mieux dit et exploré chez des vrai-e-s pédagogues ou spécialistes de l’enfance... que je ne lis pas dans le cadre du boulopédago, parce que je préfère lire de la psycha pas pédago du tout (ouh la vilaine)...
Et fonctionner au feeling, ça suppose se poser bcp de questions , avant, pendant et après; en fait, c’est pas très économe en énergie, notamment au début, après on est un peu plus exercé à saisir les réactions, non verbales, les interrogations sous les mots etc.
Ce qui n’empêche pas de se gourer, des fois.
Tout ça pour dire que je voulais tenter de mettre en place des ateliers philos au printemps et que au final, ma manière de faire , très souple, qui convient à ce groupe-classe là, va peut-être rester telle...je me tâte.
LE entretien cadré comme décrit
là restant le ‘quoi de neuf’ bi-hebdomadaire.
Tout ça pour dire aussi que dans mes classes, comme dans bien d'autres, il y a, selon la dynamique de groupe, des débats plus ou moins intenses, plus ou moins approfondis, sur des sujets assez lourds...
Cette année on a déjà eu:
la mort, la fin de vie, la maladie, l'accident (grave voire mortel ou pas), le nombril, les mariages entre plusieurs adultes, les bisous entre garçons, c'est quoi être un-e chef-fe, la jalousie et l'envie (pas pareil), les mots ca peut faire mal, croire ou pas à qqe chose (le
PN et d'autres figures de ce genre), aimer est-ce que c'est faire des cadeaux?, est-ce que les cadeaux et les bonbons ça dit qu'on aime/est aimé-e? , c'est quoi 'incohérent'?, les adultes peuvent dire des choses qu'ils ne pensent pas et qui font de la peine, utiles/inutile, construire/détruire, les affects (joie, tristesse, colère, peur etc)
...heu... je dois oublier des trucs....
Et après tout, n'est-ce pas ça l'important:
ne pas en faire des robots ou des con-sommateurs? (spéciale dédicace à JT via arbobo ;-) )
Enfin Anna.. je sais pas... il leur restera peut-être le sentiment que leur reflexion n'est pas moins valable que celle du voisin et inversement?
rrespect de l'autre..
De toute façon, schématiquement, avancer dans le système Maisonmammouth c'est y jouer le jeu du scolaire... donc à la limite, être conscient-e que ç'en est un, donc s'être posé des questions sur soi et le monde, un moment donné...
oui, tu fais de la mise en scène, ok, mais ce n'est pas nécessairement mentir. La mise en scène est une mise en forme, après le discours, il est juste ou pas, mensonger ou pas.
visiblement pas, dans ton cas.
Je ne sais pas pourquoi, les cours de philo c'est ce à quoi j'ai pensé en premier, mais ça a une utilité bien plus large que ça, bien sûr. :-)
Pourquoi, et d'où me vient ce sentiment que ce théâtre là, voire tout ce qui n'est pas naturel et spontané (??? faudrait définir, en plus) rend mensonger son contenu ...
Mmhmhmh
Peut-être parce que je l'ai bcp utilisé dans cette optique là pour... me protéger .. des autres et de moi-même?
...je voulais tellement rentrer dans les codes, dans le jeu social, le jeu des rapports f/h aussi...
Bon ça date, hein, mais est-ce cela qui m'est resté, et qui se réactive de fois à autre?
Alors que quand Maybe devient Maybemaicresse ou Maybepsychologue, je *sais* que je ne joue pas (sur) le contenu, mais bien sur, avec, par, le contenant.
C'est la question de l'authenticité, en somme.
Qui diffère de la vérité.
Atelier philo au primaire
:oD
T'es rien qu'un jaloux, na.
Pis les chats, elles m'aiment, même quand je pue de la tronche et d'ailleurs, quand je me trimballe emberlificotée dans une polaire de grandmère passke j'ai froid dans ma peau, que je chante ou que je danse, que je m'écroule devant un écran, quand je suis pas fringuée et que ... bref, elles m'aiment, elles !
dis-donc ça te réussi les vacances :o)
Et non ce matin :-)
;-p
(le bot dit 4h5 ! ... no comment...)
....je me suis re-réveillée vers 4h, mais à cette heure là j'ai juste écouté franceQ :-)
(Tout savoir sur la vie nocturne de Maybe)
Je vous mets pas des nattes en osier, des winnie ou de l'herbe moi.
Bon.
Alors.
Sobre.
Mais avec des mots poilus, griffus et vibrissus.
.... \me se retourne avec dépit :
Snifff
Ze suis zune incomprize....
Personne ne m'aime ...
sauf mes chats...bis, ter....
waaa l' aut', tout d'suite... ;-)
et pis qui aime bien, cha-tie bien :-)
et pendant que tu y es, tu peux rajouter la Catcave ;o)
histoire d'éviter l'indigestion....
(l'autre, j'y crois pas le mimétisme avec les chats, c'te manière de réclamer des mamours en se faisant plaindre, nan mais je rêve...)
... kesskeujeu disais.
J'fais comme lui, sur son blog, juste je mets du poil de chat dedans, et le v'la jaloux.
;-D