Allez, on continue la rubrique: que se passe t-il dans les classes... enfin la 'mienne'....
Par exemple un de ces moments dont il n'y a pas de trace écrite vers les familles (frustrées, des fois, les familles , quand l'enfant ne raconte pas, ce qui arrive souvent: c'est SA vie, quoi ;-) ) et qui sont justement particulièrements importants dans la vie de groupe et donc de chaque enfant.
Deux fois la semaine (lundi et jeudi), on s’inscrit si on le souhaite, en arrivant en classe,
sur une feuille datée intitulée ‘Quoi de neuf?’
Parce qu’on a qqchose à dire à toute la classe.
Qui est arrivé depuis le dernier ‘quoi de neuf?’.
Il y a des règles, il faut/on peut :
- parler à son tour, en respectant l’ordre d’inscription;
- écouter l’autre;
- poser des questions directement à celle/celui qui détient la parole;
- ne pas monopoliser la parole, cad respecter un temps maximal;
Buts généraux:
- s’exprimer en public;
- s’exprimer de façon intelligible (articulation, sujet-verbe-complémentetc)
et compréhensible (temps de narration, contextualisation etc )
- respecter la parole de l’autre: ce qui est important pour l’un-e ne l’est pas
forcément pour l’autre, mais mérite tout de même écoute et intérêt
(difficile ça pour certain-e-s)
- entrer dans un récit, le comprendre (sinon comment poser des questions?),
et donc pouvoir être 'critique' ;
- saisir ce qu’il est intéressant ou non de raconter à autrui; en effet,
quelques questions des enfants sont souvent:
" et pourquoi tu nous racontes ça?", ce qui induit que le-la conteur-se
puisse exprimer un ressenti perso d'où :
- acquérir un vocabulaire diversifié pour mieux (se) faire comprendre,
et éviter la dispersion (apprendre à être concis pour ne pas lasser
les autres)
- respecter un thème (on choisit ce qu’on va dire et on n’en dévie pas,
on pose des questions dans le sujet abordé);
- maicresse aussi peut s’inscrire c’est déjà arrivé.
Tout cela favorise la maîtrise d’un certain type de frustration, et donc la gestion de la vie relationnelle:
- partager des moments de joie ou de tristesse ou qui intriguent
(ça permet de désamorcer des pbmes)
- favoriser/ stabiliser la comm horizontale (entre élèves) et donc
la socialisation (le 'vivre ensemble' de nos progs)
Souvent dans les classes, notamment PS ou MS on utilise le ‘bâton de parole’ ou tout autre objet qui signifie que c’est bien le tour de un-e tel-le de parler.
Mais en GS, je considère que le respect de l’ordre d’inscription et la comm horizontale ne rendent pas l’objet en question nécessaire.
En revanche, au niveau du temps de parole, qui est un autre pbme, pour le moment, je laisse l’enfant aller au bout de son expression et des questions s’il y en a, mais pour certain-e-s hyperfluents, qui ne savent pas s’arrêter, qui 'disent' encore et encore, occupent à la fois l'espace de parole et le temps de la classe, pour se sentir exister, le plus souvent, bien au-delà de leur intention thématique initiale, je restreins,
soit en montrant ce qui ne cadre plus du tout avec l'intention, en recadrant,
soit en montrant l’horloge (vive la trotteuse) et sous peu je chargerai un enfant, à tour de rôle, de veiller à un minutage à ne pas dépasser.
Bien sûr, en début de journée il y a tjs plus ou moins un temps où l’on se retrouve en grand groupe après des conversations informelles à l’arrivée plus ou moins échelonnée des enfants.
C’est l’accueil, suivi du regroupement (on range tout, et hop, ensemble sur les bancs pour les rituels du matin).
Et j’aimerais bien que ledit regroupement puisse se faire pas 150 ans après l’heure supposée de fermeture des portes (8:40), il est prévu à 8:50 max, le temps de ranger le bocson de l’accueil) or j’ai tjs 2 ou 3 retardataires carrément incapables d’arriver dans les temps (pourtant 20mn de battement pour l’entrée, franchement...) - je parle des parents bien sûr.
Les gamins n’apprécient pas d’arriver trop tard:
- ils n’ont pas le temps de se réapproprier la classe
(jeux, dessins, copines et pains pour papoter perso)
- arriver quand le groupe entier est déjà formé et a démarré le temps de
parole, ça en met mal à l’aise la plupart, et ça ennuie les déjà présents
surtout s’il faut répéter les choses ....
Mais systématiser et donner un cadre spatio-temporel à ces échanges leur donne une importance et donne une importance à la Parole, oui avec un grand P, d’autrui et à la sienne propre bien sûr.
C’est aussi pour cela que parfois Maybemaicresse s’inscrit au ‘Quoi de neuf?’:
sa parole, son récit, hors position "d'enseignement", dans ce temps où chacun-e est à l’écoute de l’autre, a la même valeur, et que cette même valeur, que celle de tout sujet appartenant au groupe classe;
le groupe classe est un groupe humain qui respecte chacun de ses membres, sa vie, dedans et dehors de la classe, et ce qu’elle ou il a à en dire.
(ouaaah comme c'est bôôô, ce que je raconte...)
Anecdotes:
# Princessedufoyer a par exemple bcp de mal à dire ce qui s’est passé pour elle (rapport au temps) et qui a de l’importance (hiérarchie de faits/ressentis) , elle est souvent dans le
- “maman m’a dit que on va aller là ou là .. va m’acheter ci ou ça.." etc.
Elle commence maintenant à comprendre que l’important n ‘est pas dans la chose achetée ou qui va l’être, mais bien dans le fait que maman est là pour elle, que les relations ne passent pas forcément par les choses (ce qu’il faudrait que les parents de Princessedufoyer comprennent...) et qu’on aimerait plutôt , dans le ‘quoi de neuf?’ l’entendre nous raconter ce qu’elle a vécu depuis la dernière fois que ce qui la rassure dans le discours compensateur/consumériste de ses parents .. ça va viendre... et s’arrêter de causer une fois qu’elle a commencé, cad céder la parole/place, ça va viendre aussi....
# Petitélastique avec ses difficultés à articuler, et les mots qui se bousculent dans sa tête sans arriver à sortir, a réellement envie de partager de son vécu, alors quand ça coince trop (“j’arrive pas à dire, maicresse”) , je lui demande de me dire à l’oreille, je mets des mots/phrases qui lui sont accessibles et il les répète, ça amorce la pompe...
# Bébécygne qui ne s’exprime souvent quand dans des soupirs chlorotiques, je le bouscule pour qu’on l’entende, il arrive qu’il ne dise qu’un mot, dans ce cas tout le monde se met à décoder, répéter, faire parler.. allez allez Bébécygne, tu ne devrais pas avoir peur que ta voix sorte de toi, tu ne voles rien à ta mère ce faisant...
# Petitdéchiré et Grandsourire peuvent ainsi faire partager leur déchirement, en parlant de leurs week-ends ou animaux respectifs;
# Petitethéâtreuse apprend à poser sa voix, contrôler son souffle, sinon rien qu’en l’écoutant on est essoufflé-e-s pour elle;
etc.... chacun-e ayant son tempérament, sa façon de parler à ce moment là...
Et c’est un très bon moment, je crois.
Qui ensuite peut ouvrir des débats, notamment, dans cette classe, pas mal ont eu lieu sur la mort... Et au printemps, comme dans toute GS à cette période là , ce sera le sesque....
Honni soit....
Par exemple un de ces moments dont il n'y a pas de trace écrite vers les familles (frustrées, des fois, les familles , quand l'enfant ne raconte pas, ce qui arrive souvent: c'est SA vie, quoi ;-) ) et qui sont justement particulièrements importants dans la vie de groupe et donc de chaque enfant.
Deux fois la semaine (lundi et jeudi), on s’inscrit si on le souhaite, en arrivant en classe,
sur une feuille datée intitulée ‘Quoi de neuf?’
Parce qu’on a qqchose à dire à toute la classe.
Qui est arrivé depuis le dernier ‘quoi de neuf?’.
Il y a des règles, il faut/on peut :
- parler à son tour, en respectant l’ordre d’inscription;
- écouter l’autre;
- poser des questions directement à celle/celui qui détient la parole;
- ne pas monopoliser la parole, cad respecter un temps maximal;
Buts généraux:
- s’exprimer en public;
- s’exprimer de façon intelligible (articulation, sujet-verbe-complémentetc)
et compréhensible (temps de narration, contextualisation etc )
- respecter la parole de l’autre: ce qui est important pour l’un-e ne l’est pas
forcément pour l’autre, mais mérite tout de même écoute et intérêt
(difficile ça pour certain-e-s)
- entrer dans un récit, le comprendre (sinon comment poser des questions?),
et donc pouvoir être 'critique' ;
- saisir ce qu’il est intéressant ou non de raconter à autrui; en effet,
quelques questions des enfants sont souvent:
" et pourquoi tu nous racontes ça?", ce qui induit que le-la conteur-se
puisse exprimer un ressenti perso d'où :
- acquérir un vocabulaire diversifié pour mieux (se) faire comprendre,
et éviter la dispersion (apprendre à être concis pour ne pas lasser
les autres)
- respecter un thème (on choisit ce qu’on va dire et on n’en dévie pas,
on pose des questions dans le sujet abordé);
- maicresse aussi peut s’inscrire c’est déjà arrivé.
Tout cela favorise la maîtrise d’un certain type de frustration, et donc la gestion de la vie relationnelle:
- partager des moments de joie ou de tristesse ou qui intriguent
(ça permet de désamorcer des pbmes)
- favoriser/ stabiliser la comm horizontale (entre élèves) et donc
la socialisation (le 'vivre ensemble' de nos progs)
Souvent dans les classes, notamment PS ou MS on utilise le ‘bâton de parole’ ou tout autre objet qui signifie que c’est bien le tour de un-e tel-le de parler.
Mais en GS, je considère que le respect de l’ordre d’inscription et la comm horizontale ne rendent pas l’objet en question nécessaire.
En revanche, au niveau du temps de parole, qui est un autre pbme, pour le moment, je laisse l’enfant aller au bout de son expression et des questions s’il y en a, mais pour certain-e-s hyperfluents, qui ne savent pas s’arrêter, qui 'disent' encore et encore, occupent à la fois l'espace de parole et le temps de la classe, pour se sentir exister, le plus souvent, bien au-delà de leur intention thématique initiale, je restreins,
soit en montrant ce qui ne cadre plus du tout avec l'intention, en recadrant,
soit en montrant l’horloge (vive la trotteuse) et sous peu je chargerai un enfant, à tour de rôle, de veiller à un minutage à ne pas dépasser.
Bien sûr, en début de journée il y a tjs plus ou moins un temps où l’on se retrouve en grand groupe après des conversations informelles à l’arrivée plus ou moins échelonnée des enfants.
C’est l’accueil, suivi du regroupement (on range tout, et hop, ensemble sur les bancs pour les rituels du matin).
Et j’aimerais bien que ledit regroupement puisse se faire pas 150 ans après l’heure supposée de fermeture des portes (8:40), il est prévu à 8:50 max, le temps de ranger le bocson de l’accueil) or j’ai tjs 2 ou 3 retardataires carrément incapables d’arriver dans les temps (pourtant 20mn de battement pour l’entrée, franchement...) - je parle des parents bien sûr.
Les gamins n’apprécient pas d’arriver trop tard:
- ils n’ont pas le temps de se réapproprier la classe
(jeux, dessins, copines et pains pour papoter perso)
- arriver quand le groupe entier est déjà formé et a démarré le temps de
parole, ça en met mal à l’aise la plupart, et ça ennuie les déjà présents
surtout s’il faut répéter les choses ....
Mais systématiser et donner un cadre spatio-temporel à ces échanges leur donne une importance et donne une importance à la Parole, oui avec un grand P, d’autrui et à la sienne propre bien sûr.
C’est aussi pour cela que parfois Maybemaicresse s’inscrit au ‘Quoi de neuf?’:
sa parole, son récit, hors position "d'enseignement", dans ce temps où chacun-e est à l’écoute de l’autre, a la même valeur, et que cette même valeur, que celle de tout sujet appartenant au groupe classe;
le groupe classe est un groupe humain qui respecte chacun de ses membres, sa vie, dedans et dehors de la classe, et ce qu’elle ou il a à en dire.
(ouaaah comme c'est bôôô, ce que je raconte...)
Anecdotes:
# Princessedufoyer a par exemple bcp de mal à dire ce qui s’est passé pour elle (rapport au temps) et qui a de l’importance (hiérarchie de faits/ressentis) , elle est souvent dans le
- “maman m’a dit que on va aller là ou là .. va m’acheter ci ou ça.." etc.
Elle commence maintenant à comprendre que l’important n ‘est pas dans la chose achetée ou qui va l’être, mais bien dans le fait que maman est là pour elle, que les relations ne passent pas forcément par les choses (ce qu’il faudrait que les parents de Princessedufoyer comprennent...) et qu’on aimerait plutôt , dans le ‘quoi de neuf?’ l’entendre nous raconter ce qu’elle a vécu depuis la dernière fois que ce qui la rassure dans le discours compensateur/consumériste de ses parents .. ça va viendre... et s’arrêter de causer une fois qu’elle a commencé, cad céder la parole/place, ça va viendre aussi....
# Petitélastique avec ses difficultés à articuler, et les mots qui se bousculent dans sa tête sans arriver à sortir, a réellement envie de partager de son vécu, alors quand ça coince trop (“j’arrive pas à dire, maicresse”) , je lui demande de me dire à l’oreille, je mets des mots/phrases qui lui sont accessibles et il les répète, ça amorce la pompe...
# Bébécygne qui ne s’exprime souvent quand dans des soupirs chlorotiques, je le bouscule pour qu’on l’entende, il arrive qu’il ne dise qu’un mot, dans ce cas tout le monde se met à décoder, répéter, faire parler.. allez allez Bébécygne, tu ne devrais pas avoir peur que ta voix sorte de toi, tu ne voles rien à ta mère ce faisant...
# Petitdéchiré et Grandsourire peuvent ainsi faire partager leur déchirement, en parlant de leurs week-ends ou animaux respectifs;
# Petitethéâtreuse apprend à poser sa voix, contrôler son souffle, sinon rien qu’en l’écoutant on est essoufflé-e-s pour elle;
etc.... chacun-e ayant son tempérament, sa façon de parler à ce moment là...
Et c’est un très bon moment, je crois.
Qui ensuite peut ouvrir des débats, notamment, dans cette classe, pas mal ont eu lieu sur la mort... Et au printemps, comme dans toute GS à cette période là , ce sera le sesque....
Honni soit....
Commentaires
Je trouve ça super comme pratique. Tu veux pas demander ta mut par chez moi le jour où j'ai des enfants ?
commentaire n° : 1 posté par : Anna (site web) le: 02/03/2007 16:37:37
Heu c'est gentil Anna, mais le "quoi de neuf", c'est connu en fait (fais un coup de gogol) , en revanche je ne peux pas te dire combien le pratiquent, ni comment, puisqu'on impulse à chaque fois de sa propre sensibilité dans ce type de pratiques.
Et puis quand tu auras des ch'tits n'enfants, j'espère bien pratiquer un autre métier voire aucun car j'aurai bien mérité de la Maisonmammouth (sweet dream...)
Et puis quand tu auras des ch'tits n'enfants, j'espère bien pratiquer un autre métier voire aucun car j'aurai bien mérité de la Maisonmammouth (sweet dream...)
commentaire n° : 2 posté par : mebahel le: 03/03/2007 13:34:13
Ouhlà, le mot 'pratique' et ses déclinaisons m'a submergé à l'insu de mon plein gré.
Pratique, patraque, foutraque, paprika, et chabadabada.
Pratique, patraque, foutraque, paprika, et chabadabada.
commentaire n° : 3 posté par : mebahel le: 03/03/2007 14:00:46
Merci à Anna pour son copinage qui m'a fait découvrir ton site. Comme toi, je suis instit (en congé parental pour le moment) et ça fait du bien de lire des choses proches de celles que l'on vit. C'est qu'on se sent seule parfois...au sein de ce grand bidule qu'est l'éducation nationale, et sous le regard de tous ces gens qui croient connaitre notre boulot parce qu'ils sont allés à l'école ou parce qu'ils ont des enfants :-)
Mais envers et malgré tout, c'est un métier formidable!
commentaire n° : 4 posté par : IQEA le: 03/03/2007 20:21:53
Bienvenue Iqea, et profitez bien de votre congé..:-)
J'aime bien le mot "grand bidule" pour la Maisonmammouth :-)
J'aime bien le mot "grand bidule" pour la Maisonmammouth :-)
réponse de : Maybe (site web) le: 04/03/2007 14:07:48




