Voilà, j'ai terrassé ma flemme pédagogique, mes preps sont prêtes, nonobstant ma persistante migraine (voire graine entière) de pré-rentrée, laquelle s"achève curieusement maintenant, en même temps que la fin de mes diverses mises en place (non pas ce soir chéri) , et donc chuis *fit* pour entrer en scène, demain, yapuka y aller pour entendre:
- "bonané maicreeeeessse, tu sais pas ce que j'ai eu à nowel?"
Nan, je sais pas, pis même que j'veux pas savoir, maintenant mon objectif c'est le jour qui rallonge, le printemps...
Donc on finit la série: tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les journées de vos ch'tits n'enfants...
et après, hop on parle d'aut'chose bon d'là! Alors, vous savez maintenant dans quel
aquarium vous opérez, vous avez la
trame du temps qui vous est imparti, du moins de son découpage, face à vos "apprenants" (des élèves, en français) , donc il vous faut mettre en place le comment et le comment faire.
Autrement dit, manipuler le savoir, le savoir faire et le faire (construire le) savoir.
Je ne suis pas d'accord avec tous les propos et combats du personnage, mais
cette note est intéressante.
Notamment avec ceci :
"Pédagogie, donc… C’est l’art simultané de ne laisser personne en route, tout en permettant à chacun d’aller au plus haut de ses capacités. C’eest aussi mettre en scène, et en spectacle, l’objet du cours et l’enseignant lui-même — et l’élève, aussi bien. Pourquoi croyez-vous, vous qui pratiquez d’autres arts ou d’autres professions, que l’on sort d’un cours éreinté, laminé ? Pourquoi croyez-vous que 18 heures de cours (imaginez un acteur qui jouerait neuf fois la même longue pièce chaque semaine) sont effectivement un maximum ? " Et en ce qui nous concerne, instit.. c'est donc comme déjà dit ailleurs 27 heures face à notre public ébloui, fasciné, émerveillé, qui moufte pas et avale nos propos bouche bée...et les restitue avec alacrité et un raisonnement hors du commun...
Pardon , un délire soudain..... scusez...parce que justement, le public... Parce que oui, nous autres on a tout en charge: c'est la polyvalence de l'instit.
Dans l'Ecole Normale, enfin quand j'y étais, c'était *le* mythe.
Et cette nécessité de rester "en tension" des heures d'affilée, pour ne pas "perdre" le groupe, ou s'y perdre, car quand bien même, par moments, on lui laisserait une autonomie tout à fait formatrice, on reste sur le qui-vive, cette nécessité donc explique qu'arrivé-e-s vers 16:30/40, les merveilleux-ses instits sont lessipuisé-e-s et n'ont aucune envie de se taper une réunion ou quoi que ce soit d'autre.. mais faut bien.. et que le retour at home est pour moi synonyme d'effondrage-canapé ou grignotage pour continuer la journée, ou les deux sans la continuer du tout (neurones inactivés et corps à l'état de méduse).
De fait, outre cet aspect de mise en scène de soi et du (gros) reste, on change de registre fréquemment égard eu au temps d'attention de nos élèves ou, comme dirait l'autre, à leur temps de cerveau disponible.
L'unité de lieu, de temps et d'action de la vraie scène théâtrale est un peu à revoir, notamment aussi du côté de l'interaction avec le public, ultra nécessaire, qu'elle soit, ou non, verbale.
Parce que ce que vous avez vu dans la trame d'emploi du temps
ici et les activités à mettre en place (exemple
là) ne vous
donne pas le détail de la réalité du vécu.
Il s'agit d'être à la fois en permanence à l'écoute de tout, donc concentré-e sur tout autre que soi, tout en se référant et fiant au ressenti que les enfants vous donnent à comprendre (donc quand même se centrer assez sur l'autre à travers soi), tout en ayant la capacité de zapper d'un enfant à un autre, d'une (ré)action à une autre etc.
Autrement dit, vous n'êtes pas vraiment 'face public' comme on dit chez les théâtreux, mais physiquement et psychiquement *dans* ledit public... tout en le "manipulant"... en restant une référence rassurante ET cadrante...
Ce qui peut être tout à fait destabilisant.
(rappel: je parle de pré-élem, mais en primaire c'est pas faux non plus) En fonctionnant par groupes, en 1/2h de temps plus ou moins selon la période de l'année, les enfants de GS ont changé au moins une fois d'activité (ce que je nomme atelier), parfois de 2 en début d'année.
C'est d'ailleurs un des plantages fréquents de début de carrière -et ça arrive plus tard, mais avec de la bouteille on sait réaménager le truc- que d'avoir mal estimé le temps nécessaire à une activité, pour qu'elle puisse être achevée à peu près en même temps que celle(s) qui est (sont) menée(s) en parallèle.
Il faut aussi avoir de la ressource pédago concrète pour quand un enfant a fini avant les autres (donc qu'il s'autonomise assez pour changer d'activité en ayant, vous, anticipé la chose, et lui, su quoi faire dans ce cas là, et ça s'apprend aussi).
Et de la ressource pour l'enfant qui n'arrivera pas à finir à temps.
Tout cela se prépare.
Et ce fonctionnement des rythmes et de la durée fonde ausi le rapport au temps des enfants eux-mêmes, notamment dans le fait qu'une tâche peut n'être achevée qu'après plusieurs "temps" à s'y consacrer.
Et là, on entre dans la notion d'éloignement du terme, et donc de persévérance dans l'effort.
Ce qui, je trouve, et je ne suis pas la seule, fait de plus en plus défaut aux enfants, d'année en année.
C'est sûr que quand le fondement social qui veut que "tout travail mérite salaire" (et salaire juste de préférence) est battu en brêche officiellement et sapé insidieusement à la base, comment les adultes peuvent-ils montrer à leurs enfants que l'effort a un sens et est récompensé?
Sans même parler du zapping permanent du consumériste, à qui l'on fait croire que l'objet lui donnera non pas le bonheur mais une image qui prouverait aux yeux des autres qu'il le détient...
Bon je m'égare.
Mais les enfants aussi. Sont égarés. Parfois garés tout court, d'ailleurs, dans le scolaire.
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