Vous vous souvenez de Yeuxpétillants?
Si si c'est là.
Sa maman est sortie d'hosto et je l'ai vue récemment, avec sa mère à elle, chez qui elle habite désormais.
Il nous a fallu ruser pour qu'on puisse se voir sans que l'enfant ne les voie ni le père ne soit au courant.
Elle est encore bien shootée aux médocs, mais elle a pris une décision: quitter définitivement Papadeyeuxpétillants.
Qui ne l'entend pas exactement de cette oreille, comme bien vous vous en doutez.
Qui est débordé par la gestion des 2 enfants, mais me dit souvent: il faut que je vous voie, que je vous explique que quand les enfants voient leur mère, ils me reviennent impossibles.. alors vous comprenez, elle les perturbe, faut que je vous dise...(il veut que ce soit avec les tisf et as alors c'est long c't'affaire)
Depuis que seul le père gère les enfants (pendant une paire de semaine, la grandmère le faisait, mais il a finit par s'y opposer) le petit se mouille tous les jours, voire deux fois le jour.
Il pétille nettement moins.
Il régresse aussi un peu, je le verrais bien en crèche, en fait, il serait mieux pris en compte (ben oui moi je fais tourner une classe à composante majoritaire MS, donc bon.. il faut s'autonomiser un minimum).
Lorsque j'ai vu le tandem mère-mère (haha allez, mieux: mère-mère de la mère) j'ai enfin eu des explications plus claires (le papa manque de heu... mmhhh comment dire... ben il est pas très vif, quoi).
Mamandeyeuxpétillants demande (procédures judiciaires en cours) que la garde soit donnée au père et qu'elle ait droit de visite et d'hébergement.
Ce qui montre, en remontant plus loin dans son histoire, que le désir d'élever des enfants...n'était pas forcément le sien et qu'il lui a fallu passer par tout cela pour le comprendre, oser le dire, et tenter de le mettre en place.
Pour une femme, dire que non on ne veut pas élever ses enfants au quotidien, vous savez comme c'est mal vu.
Mais elle aimerait bien voir ses petits, surtout Yeuxpétillants, c'est de lui qu'elle parle le plus, sa voix tremblait, malgré les médocs qui mettent la souffrance à distance pour pouvoir la travailler, c'est leur boulot de médocs, sa voix tremblait donc en évoquant cela.
Mais monsieur lui explique que si elle veut parler d'une mise en place de visite, qu'elle vienne "à la maison" pour ce faire.
Qu'il croie ou non que ça la ferait revenir, qu'il sache ou non qu'elle ne peut pas accepter cela (fragile comme elle est, et les choses s'étant déjà passées ainsi, elle riquerait de se remettre en ménage),qu'il se leurre ou non sur le fait que revenir "à la maison" la ferait revenir.. à la raison... il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un chantage aux enfants.
Alors elle a dit non, elle a dit qu'elle attendra la décision finale, qu'en attendant elle va tenter de passer par une médiation, mais que quand même... il souffre son petit, non?
Allons.. rassurons cette maman tellement effondrée en dedans d'elle-même.
Je lui dit les mots dont elle a besoin.
Je vois dans les yeux de la grandmère qu'elle-même a dû avoir ces paroles et raisonnements mais que la maicresse le dise aussi, ça prend du poids.
Oui votre enfant pense à vous.
Oui c'est un moment difficile pour lui aussi.
Mais vous faites bien de m'expliquer je vais pouvoir lui dire, en classe, que ce sont des pbmes de grandes personnes qui font qu'il ne peut pas vous voir.
Il vaut mieux un temps, même long, d'attente, sans vous voir, qu'une ou des visites qui finissent mal et dont le père ne saura pas gérer l'émotion qui s'ensuivra pour ses enfants, ni accepter que les enfants aient justement cette émotion.
Il vaut mieux ce temps d'absence nette que des allées-venues générant des tensions que l'enfant sentira forcément.
La médiation mais oui, essayez donc, essayez aussi de mettre en place une visite dans un lieu tiers, neutre, ni chez vous (chez la grand mère) ni chez lui (le père): ailleurs.
Et puis, votre enfant vous aime et vous aimez votre enfant.
Vous savez quoi?
Faites moi passer une petite chose de vous, je sais pas moi, une photo? Avec un petit mot?
Quand je sentirai Yeuxpétillants un peu voguer dans cette espèce d'océan de doutes, je lui donnerai à voir, à parler avec, à parler dessus, à bisouiller, je relirai le petit mot, il pourra vous tenir un peu contre lui... à travers cette petite chose là.
Qu'on laissera bien sûr dans la classe, pour qu'il n'y ait pas de pbme avec le papa.. vous voulez?
Quelque chose s'est dégagée d'elle, une sorte de grand poids qui se levait de ses épaules.
De l'écrire ça me fait une sorte de frisson tiens.
Je ne la quittais pas des yeux et je sentais à côté sa mère vibrer.
J'ai vu ensuite qu'elle était au bord des larmes aussi.
Mamandeyeuxpétillants s'est à nouveau sentie mère de son petit, reconnue comme telle, même avec son choix de laisser la garde au père.
Elle sait que son enfant l'aime et l'aimera à travers une chose. un truc qu'elle aura concrètement choisi, qui aura une existence dans la réalité du monde: dans ces cas, l'acte parle plus que les mots.
Elle a choisi avec amour une photo signifiante d'elle et de Yeuxpétillants dans ses bras.
Qui date, je pense, d'avant la naissance du second, que je sens bien être arrivé 'en trop' .
Elle a mis un petit mot derrière, des cœurs, des fleurs, avec un bic bleu.
Elle a enveloppé la photo sous un plastique transparent: Yeuxpétillants pourra bavouiller dessus à tout loisir (il bavouille, oui, chaminiiirve).
La première fois que je lui ai montré la photo et lu le mot, je l'ai fait devant toute la classe.
C'est dans la continuité de lorsqu'il a été question de sa maman, qui était à l'hôpital et qui lui manquait, c'est normal.
Yeuxpétillants a donc vu sa mère 'revenue' par les yeux et les exclamations des copines et pains:
- ooooh mais c'est toi là avec la dame
- oui tu souris fort
- la dame c'est ta maman
- elle est beeeeeelle
- oui c'est ta maman je la connais moi
- oh t'as vu elle t'a mis des coeurs
- elle t'aime hein ta maman
- maicresse, c'est sa maman hein?
Allons oui, j'interviens, je lis le mot.
Yeuxpétillants est tout muet de surprise et ensuite de réception, je veux dire: il se met en mode réception des infos, et vécu de l'émotion.
Il n'ose pas embrasser la photo comme les copines et pains le lui disent.
Alors je fais aller le petit carré de papier sur sa joue en faisant le bruit qu'il faut.
Il rit aux éclats.
Je lui explique que la photo va rester dans le tiroir secret de mon bureau, quand il veut, il me demande à la voir.
Allons, est-ce que j'ai eu raison ou tort de proposer et faire cela?
Pour la mère, oui j'ai eu raison c'est sûr.
Pour le petit...
Je ne sais pas encore, on va voir sur plus long terme.
Mon intention est de faciliter la transition: 2 ou 3 mois c'est long à cet âge.
D'un autre côté, voir la photo (à la demande je ne l'impose surtout pas ce serait contre productif), ça réactive sans doute la souffrance de ne pas voir sa mère mais à mon sens ça permet de symboliser l'absence et donc de mieux la gérer. Cad de moins en souffrir. D'arriver à la penser temporaire. De s'autonomiser par rapport à cela (demander à voir la photo est un travail interne de cet ordre).
Mais ca me met, pour l'enfant, dans une place de toute puissance qui me pose question.
Faudra que je repense ça un peu plus à fond, pour trouver ma position, je veux dire, m'effacer par rapport à ce qui se joue là.
Je vais lui laisser accès au tiroir secret, dès qu'il aura compris le fonctionnement et la nécessité de laisser la photo en classe.
Pour ne pas intervenir dans le champ de son émotion: qu'il l'ait plus à me demander (mais je vérifierai le soir que la photo est à sa place).
Je ne peux aps la mettre dans un endroit plus libre d'accès: si un autre enfant la prend, la perd ou la montre urbi et orbi, on est mal par rapport au paternel.
Et ca retomberait sur Yeuxpétillants d'une façon ou d'une autre.
La peur de la maman est que le père déménage pour se rapprocher de sa sœur.
Comme je disais à la grandmère: il n'est pas dit que cette dame ait envie de gérer ses neveux...(ben oui faut pas être grande clergesse pour comprendre le but du rapprochement...)
Allons, il faut tout de même que je voie le père et les gens des organismes autour....
Après tout, ce monsieur est dans une situation délicate aussi: il ne s'imaginait pas, initialement, avoir la responsabilité, gestion et intendance totales de ses enfants, un jour...
Qu'il aime, c'est assez évident. Mais qu'il doit apprendre à élever.
Si si c'est là.
Sa maman est sortie d'hosto et je l'ai vue récemment, avec sa mère à elle, chez qui elle habite désormais.
Il nous a fallu ruser pour qu'on puisse se voir sans que l'enfant ne les voie ni le père ne soit au courant.
Elle est encore bien shootée aux médocs, mais elle a pris une décision: quitter définitivement Papadeyeuxpétillants.
Qui ne l'entend pas exactement de cette oreille, comme bien vous vous en doutez.
Qui est débordé par la gestion des 2 enfants, mais me dit souvent: il faut que je vous voie, que je vous explique que quand les enfants voient leur mère, ils me reviennent impossibles.. alors vous comprenez, elle les perturbe, faut que je vous dise...(il veut que ce soit avec les tisf et as alors c'est long c't'affaire)
Depuis que seul le père gère les enfants (pendant une paire de semaine, la grandmère le faisait, mais il a finit par s'y opposer) le petit se mouille tous les jours, voire deux fois le jour.
Il pétille nettement moins.
Il régresse aussi un peu, je le verrais bien en crèche, en fait, il serait mieux pris en compte (ben oui moi je fais tourner une classe à composante majoritaire MS, donc bon.. il faut s'autonomiser un minimum).
Lorsque j'ai vu le tandem mère-mère (haha allez, mieux: mère-mère de la mère) j'ai enfin eu des explications plus claires (le papa manque de heu... mmhhh comment dire... ben il est pas très vif, quoi).
Mamandeyeuxpétillants demande (procédures judiciaires en cours) que la garde soit donnée au père et qu'elle ait droit de visite et d'hébergement.
Ce qui montre, en remontant plus loin dans son histoire, que le désir d'élever des enfants...n'était pas forcément le sien et qu'il lui a fallu passer par tout cela pour le comprendre, oser le dire, et tenter de le mettre en place.
Pour une femme, dire que non on ne veut pas élever ses enfants au quotidien, vous savez comme c'est mal vu.
Mais elle aimerait bien voir ses petits, surtout Yeuxpétillants, c'est de lui qu'elle parle le plus, sa voix tremblait, malgré les médocs qui mettent la souffrance à distance pour pouvoir la travailler, c'est leur boulot de médocs, sa voix tremblait donc en évoquant cela.
Mais monsieur lui explique que si elle veut parler d'une mise en place de visite, qu'elle vienne "à la maison" pour ce faire.
Qu'il croie ou non que ça la ferait revenir, qu'il sache ou non qu'elle ne peut pas accepter cela (fragile comme elle est, et les choses s'étant déjà passées ainsi, elle riquerait de se remettre en ménage),qu'il se leurre ou non sur le fait que revenir "à la maison" la ferait revenir.. à la raison... il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un chantage aux enfants.
Alors elle a dit non, elle a dit qu'elle attendra la décision finale, qu'en attendant elle va tenter de passer par une médiation, mais que quand même... il souffre son petit, non?
Allons.. rassurons cette maman tellement effondrée en dedans d'elle-même.
Je lui dit les mots dont elle a besoin.
Je vois dans les yeux de la grandmère qu'elle-même a dû avoir ces paroles et raisonnements mais que la maicresse le dise aussi, ça prend du poids.
Oui votre enfant pense à vous.
Oui c'est un moment difficile pour lui aussi.
Mais vous faites bien de m'expliquer je vais pouvoir lui dire, en classe, que ce sont des pbmes de grandes personnes qui font qu'il ne peut pas vous voir.
Il vaut mieux un temps, même long, d'attente, sans vous voir, qu'une ou des visites qui finissent mal et dont le père ne saura pas gérer l'émotion qui s'ensuivra pour ses enfants, ni accepter que les enfants aient justement cette émotion.
Il vaut mieux ce temps d'absence nette que des allées-venues générant des tensions que l'enfant sentira forcément.
La médiation mais oui, essayez donc, essayez aussi de mettre en place une visite dans un lieu tiers, neutre, ni chez vous (chez la grand mère) ni chez lui (le père): ailleurs.
Et puis, votre enfant vous aime et vous aimez votre enfant.
Vous savez quoi?
Faites moi passer une petite chose de vous, je sais pas moi, une photo? Avec un petit mot?
Quand je sentirai Yeuxpétillants un peu voguer dans cette espèce d'océan de doutes, je lui donnerai à voir, à parler avec, à parler dessus, à bisouiller, je relirai le petit mot, il pourra vous tenir un peu contre lui... à travers cette petite chose là.
Qu'on laissera bien sûr dans la classe, pour qu'il n'y ait pas de pbme avec le papa.. vous voulez?
Quelque chose s'est dégagée d'elle, une sorte de grand poids qui se levait de ses épaules.
De l'écrire ça me fait une sorte de frisson tiens.
Je ne la quittais pas des yeux et je sentais à côté sa mère vibrer.
J'ai vu ensuite qu'elle était au bord des larmes aussi.
Mamandeyeuxpétillants s'est à nouveau sentie mère de son petit, reconnue comme telle, même avec son choix de laisser la garde au père.
Elle sait que son enfant l'aime et l'aimera à travers une chose. un truc qu'elle aura concrètement choisi, qui aura une existence dans la réalité du monde: dans ces cas, l'acte parle plus que les mots.
Elle a choisi avec amour une photo signifiante d'elle et de Yeuxpétillants dans ses bras.
Qui date, je pense, d'avant la naissance du second, que je sens bien être arrivé 'en trop' .
Elle a mis un petit mot derrière, des cœurs, des fleurs, avec un bic bleu.
Elle a enveloppé la photo sous un plastique transparent: Yeuxpétillants pourra bavouiller dessus à tout loisir (il bavouille, oui, chaminiiirve).
La première fois que je lui ai montré la photo et lu le mot, je l'ai fait devant toute la classe.
C'est dans la continuité de lorsqu'il a été question de sa maman, qui était à l'hôpital et qui lui manquait, c'est normal.
Yeuxpétillants a donc vu sa mère 'revenue' par les yeux et les exclamations des copines et pains:
- ooooh mais c'est toi là avec la dame
- oui tu souris fort
- la dame c'est ta maman
- elle est beeeeeelle
- oui c'est ta maman je la connais moi
- oh t'as vu elle t'a mis des coeurs
- elle t'aime hein ta maman
- maicresse, c'est sa maman hein?
Allons oui, j'interviens, je lis le mot.
Yeuxpétillants est tout muet de surprise et ensuite de réception, je veux dire: il se met en mode réception des infos, et vécu de l'émotion.
Il n'ose pas embrasser la photo comme les copines et pains le lui disent.
Alors je fais aller le petit carré de papier sur sa joue en faisant le bruit qu'il faut.
Il rit aux éclats.
Je lui explique que la photo va rester dans le tiroir secret de mon bureau, quand il veut, il me demande à la voir.
Allons, est-ce que j'ai eu raison ou tort de proposer et faire cela?
Pour la mère, oui j'ai eu raison c'est sûr.
Pour le petit...
Je ne sais pas encore, on va voir sur plus long terme.
Mon intention est de faciliter la transition: 2 ou 3 mois c'est long à cet âge.
D'un autre côté, voir la photo (à la demande je ne l'impose surtout pas ce serait contre productif), ça réactive sans doute la souffrance de ne pas voir sa mère mais à mon sens ça permet de symboliser l'absence et donc de mieux la gérer. Cad de moins en souffrir. D'arriver à la penser temporaire. De s'autonomiser par rapport à cela (demander à voir la photo est un travail interne de cet ordre).
Mais ca me met, pour l'enfant, dans une place de toute puissance qui me pose question.
Faudra que je repense ça un peu plus à fond, pour trouver ma position, je veux dire, m'effacer par rapport à ce qui se joue là.
Je vais lui laisser accès au tiroir secret, dès qu'il aura compris le fonctionnement et la nécessité de laisser la photo en classe.
Pour ne pas intervenir dans le champ de son émotion: qu'il l'ait plus à me demander (mais je vérifierai le soir que la photo est à sa place).
Je ne peux aps la mettre dans un endroit plus libre d'accès: si un autre enfant la prend, la perd ou la montre urbi et orbi, on est mal par rapport au paternel.
Et ca retomberait sur Yeuxpétillants d'une façon ou d'une autre.
La peur de la maman est que le père déménage pour se rapprocher de sa sœur.
Comme je disais à la grandmère: il n'est pas dit que cette dame ait envie de gérer ses neveux...(ben oui faut pas être grande clergesse pour comprendre le but du rapprochement...)
Allons, il faut tout de même que je voie le père et les gens des organismes autour....
Après tout, ce monsieur est dans une situation délicate aussi: il ne s'imaginait pas, initialement, avoir la responsabilité, gestion et intendance totales de ses enfants, un jour...
Qu'il aime, c'est assez évident. Mais qu'il doit apprendre à élever.
par Maybe
publié dans :
L'écorce du boulot
Hé ben, innn ze poquète.
Fingeurzz inn ze noze.
Formalité, tout ça, tout ça, tout ça.
Rapport pleinement satisfaisant.
(même le cahier journal "concis et pertinent" -- lol !)
Mais:
"je suis vraiment désolé pour vous, je ne peux pas augmenter votre note."
Gné?
"bah oui regardez la grille, votre note est déjà exceptionnelle"
Gné?
Haaaaa... mais l'autre jour j'avais pas regardé la bonne ligne.
Merdoume.
Je serais pas augmentée (de fric ! la valeur travail c'est un peu la valeur argent, aussi, hein) avant un an.
Zut flûte et crotte of the bique.
Pour mon plaisir perso: voilà je l'ai bluffé.
C'était moins dur que de bluffer le précédent (il y a un de mes lecteurs qui sait de quoi je parle à peu près, heu.... s'il s'en souvient ;-) ) mais quand même, ça fait du bien à l'ego.
Tu vas bien ego?
Oui merci, t'en as d'autres, comme ça?
Pour info:
La grille en question a été modifiée l'an passé (je crois que j'avais fait une note à ce sujet, mézoudonc...) officiellement pour que les enseignant-e-s qui bossent plus de 40 annuités puissent continuer à être noté-e-s.
Autrement dit, pour que les enseignant-e-s choississent de bosser plus longtemps.
pompompom.
Bon, demain c'est au tour de Chiantenboucle et d'après ce que m'a dit Legrandtom, ça va être une autre chanson...
Hep, il m'a dit, Legrandtom, "si vous demandez un congé de formation, je vous appuierai, même s'il est peu probable que vous l'obteniez " (énormément de demandes de gensses qui veulent changer de taf..).
Ahem.
Fingeurzz inn ze noze.
Formalité, tout ça, tout ça, tout ça.
Rapport pleinement satisfaisant.
(même le cahier journal "concis et pertinent" -- lol !)
Mais:
"je suis vraiment désolé pour vous, je ne peux pas augmenter votre note."
Gné?
"bah oui regardez la grille, votre note est déjà exceptionnelle"
Gné?
Haaaaa... mais l'autre jour j'avais pas regardé la bonne ligne.
Merdoume.
Je serais pas augmentée (de fric ! la valeur travail c'est un peu la valeur argent, aussi, hein) avant un an.
Zut flûte et crotte of the bique.
Pour mon plaisir perso: voilà je l'ai bluffé.
C'était moins dur que de bluffer le précédent (il y a un de mes lecteurs qui sait de quoi je parle à peu près, heu.... s'il s'en souvient ;-) ) mais quand même, ça fait du bien à l'ego.
Tu vas bien ego?
Oui merci, t'en as d'autres, comme ça?
Pour info:
La grille en question a été modifiée l'an passé (je crois que j'avais fait une note à ce sujet, mézoudonc...) officiellement pour que les enseignant-e-s qui bossent plus de 40 annuités puissent continuer à être noté-e-s.
Autrement dit, pour que les enseignant-e-s choississent de bosser plus longtemps.
pompompom.
Bon, demain c'est au tour de Chiantenboucle et d'après ce que m'a dit Legrandtom, ça va être une autre chanson...
Hep, il m'a dit, Legrandtom, "si vous demandez un congé de formation, je vous appuierai, même s'il est peu probable que vous l'obteniez " (énormément de demandes de gensses qui veulent changer de taf..).
Ahem.
par Maybe
publié dans :
Oboulo !
Ben en fait, j'ai pas d'appréhension.
Une inspection, c'est comme pour tout le monde: on sait qu'on sera critiqué-e, parfois (souvent) sur des points de détail, et donc qu'on passera sous les fourches caudines de l'admin, laquelle, ces temps derniers, est rien moins qu'indulgente avec les enseignant-e-s.
Exemple de truc dont je sais que de toute façon c'est paaaas bien, dans mon boulot, c'est mon cahier journal et les fiches de preps.
Ca m'endort et ca m'emmerde.
Donc c'est plus que succinct, et d'année en année, ça se succintise, d'une force....une lilliputienne ne ferait pas mieux.
Il faut savoir que légalement rien n'oblige un-e instit à faire ces trucs là.
Mais notre Leplusgrandtom (l'inspecteur d'académie) d'en ce moment, empli d'une saine conviction envers la capacité de rienfoutage de ses ouailles, a pondu récemment un papelard où il demande que ces paperasses là soient accessibles, fouillées, précises, approfondies, respirez.
Les Legrandtoms, étant sous sa coupe à lui, sont donc tenus de faire respecter ça.
Donc je sais où la foudre peut tomber en plus des lubies persos du monsieur.
Et son humeur du jour, aussi, enfin de tout ce qui peut infléchir :-)
Bah oui, la grille d'observation est censée être objective (des résultats!! des résultats!!), mais on est avant tout dans l'humain, quoi.
Donc bon. j'ai rien modifié et ne modifierai rien de ma façon de faire/être -oui c'est ça aussi le truc: on est bcp dans la relation aux enfants, donc dans l'être....
Mais en fait, moi ça me réjouit qu'il vienne inspecter: plus on attend dans l'année, plus c'est pesant, et à dire vrai, je crois que j'aime me confronter, dans une certaine mesure.
Non, sans complément.
Me confronter, point.
Parce que je me situe, comme ça, tiens. Enfin qqes morceaux de moi se situent avec ça.
Et quitte à me prendre une tornade blanche in ze noze. Ca nettoie, hop.
Ca me rappelle que j'ai appris un jour que Maybegrandpère disait souvent à Maybemother "ta fille est faite pour étudier long et passer des concours".
Vu que Maybegrandpère est mort il y a 20 ans, et que ça faisait déjà apparemment partie du folklore familial, quand j'ai appris ça il y a 4 ou 5 ans, j'ai bien mesuré l'ironie de mon destin. Vlan.
Vous savez la chance que vous avez, jeunes gensses qui pouvez faire des études, de préférence celles qui vous tentent bien sûr, dans vos jeunes années, justement?
Faut il devoir tout reprendre au deug (oui ancienne appelation) à la quarantaine, et en bossant, pour mesurer le plaisir (oui, très égotique, et il en avait bien besoin mon égo malmené) qu'il y a à obtenir sa maitrise confortablement? (qui ne sert à rien et qui n'est pas grand-chose mais quand même,hop, autocirage de pompes, on a les satisfactions qu'on peut)
Je crois que j'ai adoré étudié.
Comme tous les étudiants, j'ai râlé, pleuré de fatigue, me suis traitée de tous les noms d'oiselle, me suis retrouvée bloquée par moments sur mon gros mémoire, me disant que j'avais une façon de travailler qui me perdrait (zoner, lire un truc, zoner, zoner, zoner, pondre 10 pages, trouver ça nul, zoner), me suis plainte d'arriver à rien, ai joué avec une peur de rater assez distanciée, en fait, mais en vrai, quel plaisir.
Donc bon, là je me sens plutôt bien, en fait.
Chiantenboucle en revanche est littéralement tétanisée, enfin ça va avec sa psychophatologie à elle. (faudra que je vous livre la suite de la continuation de ..)
Ma question est: vais-je réussir à le bluffer, lui aussi?
Le comique de la question, c'est que vu les nouvelles grilles de notation, même s'il est content de ce qu'il voit, il ne pourra m'accorder que 0,25 points de plus.
(aller jusqu'à la 'note execptionnelle' c'est bon pour celles et ceux qui sont des vrais bluffants avec projets pédas partout et tout ça).
C'est pas que je sois accro à la note, mais si elle monte un peu, vous accédez un peu plus vite à l'échelon suivant: gagner quelques de pépettes de plus en travaillant pareil (hum).
Le rapport, s'il est correct, ça me ferait plaisir aussi: personne n'aime à se faire démolir le portrait (ou alors, faut consulter, hein) , surtout quand on estime se donner pas mal à ce qu'on fait et se torturer pas mal aussi sur la façon dont on le fait (chose que pas grand monde ne voit, m'enfin).
Mais surtout, finalement, ce qui me botte là dedans, c'est dans la relation humaine: ce 'supérieur' là, allons, pour le fun, pour le challenge, mon challenge perso de comédienne, vais-je réussir à le bluffer?
* copyright le prezydent.
Une inspection, c'est comme pour tout le monde: on sait qu'on sera critiqué-e, parfois (souvent) sur des points de détail, et donc qu'on passera sous les fourches caudines de l'admin, laquelle, ces temps derniers, est rien moins qu'indulgente avec les enseignant-e-s.
Exemple de truc dont je sais que de toute façon c'est paaaas bien, dans mon boulot, c'est mon cahier journal et les fiches de preps.
Ca m'endort et ca m'emmerde.
Donc c'est plus que succinct, et d'année en année, ça se succintise, d'une force....une lilliputienne ne ferait pas mieux.
Il faut savoir que légalement rien n'oblige un-e instit à faire ces trucs là.
Mais notre Leplusgrandtom (l'inspecteur d'académie) d'en ce moment, empli d'une saine conviction envers la capacité de rienfoutage de ses ouailles, a pondu récemment un papelard où il demande que ces paperasses là soient accessibles, fouillées, précises, approfondies, respirez.
Les Legrandtoms, étant sous sa coupe à lui, sont donc tenus de faire respecter ça.
Donc je sais où la foudre peut tomber en plus des lubies persos du monsieur.
Et son humeur du jour, aussi, enfin de tout ce qui peut infléchir :-)
Bah oui, la grille d'observation est censée être objective (des résultats!! des résultats!!), mais on est avant tout dans l'humain, quoi.
Donc bon. j'ai rien modifié et ne modifierai rien de ma façon de faire/être -oui c'est ça aussi le truc: on est bcp dans la relation aux enfants, donc dans l'être....
Mais en fait, moi ça me réjouit qu'il vienne inspecter: plus on attend dans l'année, plus c'est pesant, et à dire vrai, je crois que j'aime me confronter, dans une certaine mesure.
Non, sans complément.
Me confronter, point.
Parce que je me situe, comme ça, tiens. Enfin qqes morceaux de moi se situent avec ça.
Et quitte à me prendre une tornade blanche in ze noze. Ca nettoie, hop.
Ca me rappelle que j'ai appris un jour que Maybegrandpère disait souvent à Maybemother "ta fille est faite pour étudier long et passer des concours".
Vu que Maybegrandpère est mort il y a 20 ans, et que ça faisait déjà apparemment partie du folklore familial, quand j'ai appris ça il y a 4 ou 5 ans, j'ai bien mesuré l'ironie de mon destin. Vlan.
Vous savez la chance que vous avez, jeunes gensses qui pouvez faire des études, de préférence celles qui vous tentent bien sûr, dans vos jeunes années, justement?
Faut il devoir tout reprendre au deug (oui ancienne appelation) à la quarantaine, et en bossant, pour mesurer le plaisir (oui, très égotique, et il en avait bien besoin mon égo malmené) qu'il y a à obtenir sa maitrise confortablement? (qui ne sert à rien et qui n'est pas grand-chose mais quand même,hop, autocirage de pompes, on a les satisfactions qu'on peut)
Je crois que j'ai adoré étudié.
Comme tous les étudiants, j'ai râlé, pleuré de fatigue, me suis traitée de tous les noms d'oiselle, me suis retrouvée bloquée par moments sur mon gros mémoire, me disant que j'avais une façon de travailler qui me perdrait (zoner, lire un truc, zoner, zoner, zoner, pondre 10 pages, trouver ça nul, zoner), me suis plainte d'arriver à rien, ai joué avec une peur de rater assez distanciée, en fait, mais en vrai, quel plaisir.
Donc bon, là je me sens plutôt bien, en fait.
Chiantenboucle en revanche est littéralement tétanisée, enfin ça va avec sa psychophatologie à elle. (faudra que je vous livre la suite de la continuation de ..)
Ma question est: vais-je réussir à le bluffer, lui aussi?
Le comique de la question, c'est que vu les nouvelles grilles de notation, même s'il est content de ce qu'il voit, il ne pourra m'accorder que 0,25 points de plus.
(aller jusqu'à la 'note execptionnelle' c'est bon pour celles et ceux qui sont des vrais bluffants avec projets pédas partout et tout ça).
C'est pas que je sois accro à la note, mais si elle monte un peu, vous accédez un peu plus vite à l'échelon suivant: gagner quelques de pépettes de plus en travaillant pareil (hum).
Le rapport, s'il est correct, ça me ferait plaisir aussi: personne n'aime à se faire démolir le portrait (ou alors, faut consulter, hein) , surtout quand on estime se donner pas mal à ce qu'on fait et se torturer pas mal aussi sur la façon dont on le fait (chose que pas grand monde ne voit, m'enfin).
Mais surtout, finalement, ce qui me botte là dedans, c'est dans la relation humaine: ce 'supérieur' là, allons, pour le fun, pour le challenge, mon challenge perso de comédienne, vais-je réussir à le bluffer?
* copyright le prezydent.
par Maybe
publié dans :
Pseudocortex.
Donc, back dans la classe.
Avec feu dans gorge, voix cassée et jambes qui font flaflafla.
Et dans les nouveautés du jour, de la paperasse.
Pour les x enfants qui doivent être vus par la PMI, une page de questions basiques qui conditionneront pour partie un "vrai" RV avec la médecin de PMI.
Béh oui, sont tellement débordé-e-s, les pauvres, que nous devons, en quelque sorte, leur faciliter le travail.
Bravo pour le manque de médecins scolaire et Pmi, ça c'est fort.
Donc je vais remplir les machins, mais en bas de chaque, je rajouterai: sous réserve d'observation correcte de ma part.
C'est crétin sans doute, mais je trouve que nous coller, d'une certaine manière, une responsabilité médicale sur le dos, c'est un peu fort de café, même si je comprends bien le souci de ne pas 'perdre de temps' des médecins en question.
A part ça suite à ma remarque faite au secrétariat du bureau du Legrantom, où j'étais venue chercher une fiche d'incident (ben oui, Papadehumanoïdeassociée, j'aime mieux signaler ses menaces, au cas où) quant à mon inspection de l'année dont j'aimerais qu'elle soit faite dans pas 100 ans, je suis inspectée jeudi.
Yihou.
Alors, ben, à bientôt, hein.
Avec feu dans gorge, voix cassée et jambes qui font flaflafla.
Et dans les nouveautés du jour, de la paperasse.
Pour les x enfants qui doivent être vus par la PMI, une page de questions basiques qui conditionneront pour partie un "vrai" RV avec la médecin de PMI.
Béh oui, sont tellement débordé-e-s, les pauvres, que nous devons, en quelque sorte, leur faciliter le travail.
Bravo pour le manque de médecins scolaire et Pmi, ça c'est fort.
Donc je vais remplir les machins, mais en bas de chaque, je rajouterai: sous réserve d'observation correcte de ma part.
C'est crétin sans doute, mais je trouve que nous coller, d'une certaine manière, une responsabilité médicale sur le dos, c'est un peu fort de café, même si je comprends bien le souci de ne pas 'perdre de temps' des médecins en question.
A part ça suite à ma remarque faite au secrétariat du bureau du Legrantom, où j'étais venue chercher une fiche d'incident (ben oui, Papadehumanoïdeassociée, j'aime mieux signaler ses menaces, au cas où) quant à mon inspection de l'année dont j'aimerais qu'elle soit faite dans pas 100 ans, je suis inspectée jeudi.
Yihou.
Alors, ben, à bientôt, hein.
par Maybe
publié dans :
L'écorce du boulot
"On pourrait modifier l'adage et dire «pour vivre heureux vivons soumis», à condition de confondre bonheur et bien-être."
Suit une description rapide d'un expérience avec des agneaux: un groupe-test est confié à des "marâtres", un groupe contrôle (les agneaux restent avec leurs mères respectives). Les interactions affectueuses et de secours sont moins nombreuses dans le groupe-test, et à l'âge adulte, ces sujets sont devenus plus hypnotisables que ceux du groupe-contrôle.
"La réaction à suivre est moins rapide chez les adoptés qui répondent aux cris après un temps de latence et s'intègrent mal au groupe.
Cette observation expérimentale fait comprendre que l'intégration des individus qui facilite l'harmonie du groupe dépend de leur aptitude à la soumission acquise au cours de leur enfance.
La non-intégration désorganise le fonctionnement du groupe. Mais une trop bonne intégration charpente un groupe stéréotypé. Peut-être une intégration imparfaite serait-elle parfaite? En donnant place à des individus mal adaptés, insoumis, donc aptes à provoquer certains changements, ellle constitue une réserve de potentiels évolutifs.
Ce qui implique un conflit bénéfique entre le groupe qui désire la stabilité et les insoumis qui ont besoin de changement? Quoique changement ne veuille pas dire progrès, ni même adaptation. L'effondrement d'un groupe est aussi un changement, parfois attribuable à une innovation.
Les soumis, heureux et tranquilles dans un groupe sans innovation, s'opposent aux insoumis malheureux et anxieux dans un groupe en changement.
Les soumis sont angoissés par les insoumis qui cassent leur équilibre ronronnant en leur posant des pbmes dont ils ne veulent pas.
Alors que les insoumis sont angoissés par les soumis qui les contraignent à une vie frileuse.
Le conflit devient une force bénéfique qui permet aux individus d'adapter le groupe à son milieu, en évitant les maléfices extrêmes de la désintégration des insoumis ou de la pétrification des soumis.
L'angoisse devient alors un moteur de l'évolution!"
B.Cyrulnik
"L'ensorcellement du monde" O.jacob,1997
Suit une description rapide d'un expérience avec des agneaux: un groupe-test est confié à des "marâtres", un groupe contrôle (les agneaux restent avec leurs mères respectives). Les interactions affectueuses et de secours sont moins nombreuses dans le groupe-test, et à l'âge adulte, ces sujets sont devenus plus hypnotisables que ceux du groupe-contrôle.
"La réaction à suivre est moins rapide chez les adoptés qui répondent aux cris après un temps de latence et s'intègrent mal au groupe.
Cette observation expérimentale fait comprendre que l'intégration des individus qui facilite l'harmonie du groupe dépend de leur aptitude à la soumission acquise au cours de leur enfance.
La non-intégration désorganise le fonctionnement du groupe. Mais une trop bonne intégration charpente un groupe stéréotypé. Peut-être une intégration imparfaite serait-elle parfaite? En donnant place à des individus mal adaptés, insoumis, donc aptes à provoquer certains changements, ellle constitue une réserve de potentiels évolutifs.
Ce qui implique un conflit bénéfique entre le groupe qui désire la stabilité et les insoumis qui ont besoin de changement? Quoique changement ne veuille pas dire progrès, ni même adaptation. L'effondrement d'un groupe est aussi un changement, parfois attribuable à une innovation.
Les soumis, heureux et tranquilles dans un groupe sans innovation, s'opposent aux insoumis malheureux et anxieux dans un groupe en changement.
Les soumis sont angoissés par les insoumis qui cassent leur équilibre ronronnant en leur posant des pbmes dont ils ne veulent pas.
Alors que les insoumis sont angoissés par les soumis qui les contraignent à une vie frileuse.
Le conflit devient une force bénéfique qui permet aux individus d'adapter le groupe à son milieu, en évitant les maléfices extrêmes de la désintégration des insoumis ou de la pétrification des soumis.
L'angoisse devient alors un moteur de l'évolution!"
B.Cyrulnik
"L'ensorcellement du monde" O.jacob,1997
par Maybe
publié dans :
Page à page
Bon alors, les gens, voilà.
J'allais pour vous faire un digest de ceci:
Corbin, Alain.
"Les filles de noce: misère sexuelle et prostitution au XIX°"
Paris: Flammarion. 1978/1982
Travail pionnier bien connu sur la prostitution française de l'époque et que je viens d'achever, qui mérite lecture et qui est tout à fait passionnant,
notamment sa partie retraçant les empoignades entre réglementaristes (qui avaient le pouvoir décisionnaire durant tout ce temps), abolitionnistes (prohibitionnistes évangélique et libéraux) et la toute petite voix légaliste,
les rapports de force politiques, la façon dont est envisagée la prostitution (et les rapports f/h d'ailleurs)selon les courants (gauche, droite, anars- eux les seuls à penser la prostituée avec amitié et à prôner la liberté suexuelle aussi pour les filles)
comment s'est placé le féminisme là dedans, tout ça tout ça..
....avec évidemment une esquisse du fonctionnement et des substrats socioculturels de l'époque, sinon on n'y comprend rien.
Mais bon, c'est long, j'ai peur de pas y arriver etc (corollaire: je suis nulle, à quoi bon...)
Une remarque quant même:
'misère sexuelle', ou bien 'disette' de même , ou bien 'besoins sexuels masculins' ... je sursaute à chaque fois, bien sûr. Retracé dans le contexte de l'époque, remarquez, on comprend mieux l'emploi des 2 premiers termes, mais enfin...
Qui écrira un jour (ou bien est-ce déjà fait?) l'histoire de la misère sexuelle féminine?
Bon si j'ai un super pouvoir de super courage de superwoman je fais mais heu.. faudrait que je m'intéresse à ma classe, plutôt.
Vous pouvez aller consulter cet entretien (Des femmes, des hommes et des genres , cliquez sur texte intégral) avec Alain Corbin et Michelle Perrot ou cette itw de Corbin sur l'amour au XIX°
J'allais pour vous faire un digest de ceci:
Corbin, Alain.
"Les filles de noce: misère sexuelle et prostitution au XIX°"
Paris: Flammarion. 1978/1982
Travail pionnier bien connu sur la prostitution française de l'époque et que je viens d'achever, qui mérite lecture et qui est tout à fait passionnant,
notamment sa partie retraçant les empoignades entre réglementaristes (qui avaient le pouvoir décisionnaire durant tout ce temps), abolitionnistes (prohibitionnistes évangélique et libéraux) et la toute petite voix légaliste,
les rapports de force politiques, la façon dont est envisagée la prostitution (et les rapports f/h d'ailleurs)selon les courants (gauche, droite, anars- eux les seuls à penser la prostituée avec amitié et à prôner la liberté suexuelle aussi pour les filles)
comment s'est placé le féminisme là dedans, tout ça tout ça..
....avec évidemment une esquisse du fonctionnement et des substrats socioculturels de l'époque, sinon on n'y comprend rien.
Mais bon, c'est long, j'ai peur de pas y arriver etc (corollaire: je suis nulle, à quoi bon...)
Une remarque quant même:
'misère sexuelle', ou bien 'disette' de même , ou bien 'besoins sexuels masculins' ... je sursaute à chaque fois, bien sûr. Retracé dans le contexte de l'époque, remarquez, on comprend mieux l'emploi des 2 premiers termes, mais enfin...
Qui écrira un jour (ou bien est-ce déjà fait?) l'histoire de la misère sexuelle féminine?
Bon si j'ai un super pouvoir de super courage de superwoman je fais mais heu.. faudrait que je m'intéresse à ma classe, plutôt.
Vous pouvez aller consulter cet entretien (Des femmes, des hommes et des genres , cliquez sur texte intégral) avec Alain Corbin et Michelle Perrot ou cette itw de Corbin sur l'amour au XIX°
par Maybe
publié dans :
Page à page
... est une grande malade.
Nan, c'est pas moi qui le dis,
c'est elle toute seul qui le dit,
.... en m'envoyant ceci :

Héhéhéhéhéhé :-))
Nan, c'est pas moi qui le dis,
c'est elle toute seul qui le dit,
.... en m'envoyant ceci :

Héhéhéhéhéhé :-))
par Maybe
publié dans :
Rubrikabrak
En fait, hier, et un peu aujourd'hui, je suis allée causer ailleurs.
Alors forcément j'ai pas causé ici.
(est-ce une perte?)
Bah ouais je suis allée causer féminisme chez Caro, parce que bon quand même, les Chiennes de Garde (dans les cat-guts 'CDG') ça m'a apporté bcp, (et j'espère leur avoir apporté, aussi, un peu, quand je m'y suis intégrée inside) même si je suis maintenant dans une totale expectative quant à la suite éventuelle de mon engagement.
Si vous lisez (post+comms) vous comprendrez pourquoi j'y suis allée vaillamment avec la bannière 'touche pas à mes cdg' :-) puis pour le féminisme, parce que vraiment, bon sang, le backlash n'en finit pas de finir...
Sinon j'essplik: il y avait initialement un paragraphe dans le post du jour:
"Ok, les chiennes de garde n'y sont probablement pas pour rien. Ok, il existe des féministes hystériques qui cultivent une haine de tout être pourvu d'un sabre laser, à la limite du pathologique." dont Caro a fini par enlever la première phrase...(hélas pas la suite mais bon....)
Alors il reste encore à expliquer, pour qui voudra bien le faire, aux lectrices et à Caro que justement des "féministes hystériques" avec la "haine" etc.. perso j'en ai jamais rencontré, et que ma foi, si ça existe (en termes de groupe activiste) c'est ultra minoritaire, mais bon, déjà bien d'avoir fait passer qqes idées de base, et pu lire un certain nombre de comms qui vont dans le bon sens (près de chez vous).
Si vous avez du temps pour lire: c'est ICI
Il y a pas mal à expliquer/démontrer à plein de femmes, et d'hommes, boudiou, c'est sûr, j'ai essayé de pas trop squatter, de pas dire d'ânerie et de pas trop m'énerver (passke bon, moi, la patience hein..) mais y'a aussi des trucs qui font plaisir à lire...
Edit: mais plein qui m'énervent. Rhaaa. Marre que les féministes aient une image d'hystériques (en plus c'est une ma-la-die, pas un comportement, brdll!) surtout auprès de femmes qui justement, sans elles, ne pourraient même pas s'exprimer ainsi.
Bon, ben au final, je suis, ce jour, sur ce fil de discussion, moins optimiste qu'hier .
Ceci posé, des gens qui utilisent leur agressivité- ou leur haine-, ou la détournent, sur un groupe de personnes, oui y'en a, et partout, me faites pas dire ce que je dis pas.
Sniff.
Allez [MODE CYNISME ON] attention, je suis féministe, donc serais hystérique bourgeoise (?) poilue mal baisée (ça, ça insulte plutôt mes partenaires, mais bon, mettons, ca fait partie de la panoplie) parisienne ergoteuse de salon (qui n'agit donc pas)
[MODE CYNISME OFF]
Yo, ma sœur.
:-)
Et non, OB je veux pas passer en védeux !! Lâche-moi.Greuh.
Alors forcément j'ai pas causé ici.
(est-ce une perte?)
Bah ouais je suis allée causer féminisme chez Caro, parce que bon quand même, les Chiennes de Garde (dans les cat-guts 'CDG') ça m'a apporté bcp, (et j'espère leur avoir apporté, aussi, un peu, quand je m'y suis intégrée inside) même si je suis maintenant dans une totale expectative quant à la suite éventuelle de mon engagement.
Si vous lisez (post+comms) vous comprendrez pourquoi j'y suis allée vaillamment avec la bannière 'touche pas à mes cdg' :-) puis pour le féminisme, parce que vraiment, bon sang, le backlash n'en finit pas de finir...
Sinon j'essplik: il y avait initialement un paragraphe dans le post du jour:
"Ok, les chiennes de garde n'y sont probablement pas pour rien. Ok, il existe des féministes hystériques qui cultivent une haine de tout être pourvu d'un sabre laser, à la limite du pathologique." dont Caro a fini par enlever la première phrase...(hélas pas la suite mais bon....)
Alors il reste encore à expliquer, pour qui voudra bien le faire, aux lectrices et à Caro que justement des "féministes hystériques" avec la "haine" etc.. perso j'en ai jamais rencontré, et que ma foi, si ça existe (en termes de groupe activiste) c'est ultra minoritaire, mais bon, déjà bien d'avoir fait passer qqes idées de base, et pu lire un certain nombre de comms qui vont dans le bon sens (près de chez vous).
Si vous avez du temps pour lire: c'est ICI
Il y a pas mal à expliquer/démontrer à plein de femmes, et d'hommes, boudiou, c'est sûr, j'ai essayé de pas trop squatter, de pas dire d'ânerie et de pas trop m'énerver (passke bon, moi, la patience hein..) mais y'a aussi des trucs qui font plaisir à lire...
Edit: mais plein qui m'énervent. Rhaaa. Marre que les féministes aient une image d'hystériques (en plus c'est une ma-la-die, pas un comportement, brdll!) surtout auprès de femmes qui justement, sans elles, ne pourraient même pas s'exprimer ainsi.
Bon, ben au final, je suis, ce jour, sur ce fil de discussion, moins optimiste qu'hier .
Ceci posé, des gens qui utilisent leur agressivité- ou leur haine-, ou la détournent, sur un groupe de personnes, oui y'en a, et partout, me faites pas dire ce que je dis pas.
Sniff.
Allez [MODE CYNISME ON] attention, je suis féministe, donc serais hystérique bourgeoise (?) poilue mal baisée (ça, ça insulte plutôt mes partenaires, mais bon, mettons, ca fait partie de la panoplie) parisienne ergoteuse de salon (qui n'agit donc pas)
[MODE CYNISME OFF]
Yo, ma sœur.
:-)
Et non, OB je veux pas passer en védeux !! Lâche-moi.Greuh.
par Maybe
publié dans :
Enjouement
Bon, hop les gens, un peu de légèreté dans ce monde de ..heu....ce monde.
Viendez voter !!
Nan pas dans l'urne (c'est fini ça, pour le moment faut subir) mais dans le blog qui pense en faisant du bruit.
Et tout ça pour quoi?
Pour élire (si, quand même, hein, c'est un vote quoi) une Martine d'Or.
Au fait, depuis qu'elle tourne sur le net, la pov'ch'tite martine détournée de son objet initial, je me bidonne lorsqu'une petite m'amène un bouquin du même nom à lire en classe.
Oui dans ma classe on peut amener un bouquin qu'on aime pour partager avec ses copines et pains.
Sauf que certains bouquins ne sont pas appropriés à lire en en grand groupe classe à certains âges, dont les martines d'ailleurs.
Bon, alors vous allez voter, hein, hein, dites, hein, allez?
C'est lààààààà.
Et c'était la suite de ça
Viendez voter !!
Nan pas dans l'urne (c'est fini ça, pour le moment faut subir) mais dans le blog qui pense en faisant du bruit.
Et tout ça pour quoi?
Pour élire (si, quand même, hein, c'est un vote quoi) une Martine d'Or.
Au fait, depuis qu'elle tourne sur le net, la pov'ch'tite martine détournée de son objet initial, je me bidonne lorsqu'une petite m'amène un bouquin du même nom à lire en classe.
Oui dans ma classe on peut amener un bouquin qu'on aime pour partager avec ses copines et pains.
Sauf que certains bouquins ne sont pas appropriés à lire en en grand groupe classe à certains âges, dont les martines d'ailleurs.
Bon, alors vous allez voter, hein, hein, dites, hein, allez?
C'est lààààààà.
Et c'était la suite de ça
par Maybe
publié dans :
Rubrikabrak
Avant de causer construction du père, je vous livre de § que je trouve bien bien bien important au sujet de la construction sexuée (voire sexuelle selon comment vous vous placez):
“S.Freud a insisté à plusieurs reprises sur le fait qu’une des différences entre la dynamique œdipienne de la fille et celle du garçon concernait la question du changement d’objet d’amour.
Selon lui, en effet, la fille doit effectuer un changement d’objet (de la mère prédipienne au père œdipien), tandis que le garçon n’aurait pas à procéder à un tel changement d’investissement (puisqu’il ne ferait que passer de la mère préœdipienne à la mère œdipienne).
Macroscopiquement cela peut paraître juste. Pourtant, en observant les choses à un niveau plus fin, et en tenant compte des acquis de la psychanalyse précoce comme de ceux de la psychologie du développement, il apparaît aujourd’hui que la mère œdipienne est tout aussi différente de la mère préœdipienne que ne l’est le père œdipien de cette même mère préœdipienne, tant et si bien que les enfants des deux sexes, les garçons comme les filles, ont finalement à remanier profondément leurs investissements libidinaux autour du point de bascule œdipien.”
Hop tout le monde à égalité:-)
Merci Bernard (ref plus bas)
Je parle souvent de la place ou de la position du père dans mes posts.
Notamment lorsque la relation mère-enfant me paraît poser pbme (à l’enfant s’entend, puisque c'est ça mon taf.. ).
En effet, je dois préciser ici que quand je parle de ces liens mères-enfants trop confusionnels, je me place du côté de la fonction paternelle séparatrice, différenciatrice.
Mais avant, ou concomitamment, d’être différenciatrice, la figure paternelle doit être ou avoir été protectrice de la dyade mère-enfant et avoir proposé une contextualisation de cette dyade.
Comment expliquer .. heu....
La dyade doit être posée dans le monde, dans les filiations, dans le couple parental, dans le psychisme de chaque parent et dans celui de l’enfant, elle doit être protégée de la possibilité de devenir un huis-clos duel, ou chacun bouffe l’autre ou n’existe que par l’autre, mais aussi protégée du monde autour et des agressions internes et externes (père comme pare-excitation en somme).
Une image perso, pour faire exemple:
le père préœdipien protège des agressions, humidifie/nourrit et promène la bulle de savon transparente mère-bébé, ce qui contribue à sa durée, à son regard sur le monde et du monde sur elle et à son irisation poétique (ou pas),
le père œdipien donne une main à chacun des deux une fois la bulle éclatée: chacun des 3 avance avec les autre puis les mains interchangeront, puis on lâchera un peu les mains...
-ça vous parle comme image?
Le père a une position (position psychique, évidemment) “méta” en somme, dans ces tout premiers temps après la naissance (et même avant), ce qui n’est certes pas facile.
Et tout cela, ça commence très tôt.
Cad que vous, messieurs les (futurs) papas, sentez vous concernés au plus tôt, please (et là, concerné n’est pas un imbécile circonscrit par l’adversité)
NB: je cause des pères passke j’ai déjà bcp bossé sur les mères, par ailleurs, ne voyez donc pas d’indifférence à leur égard :-)
Bon, jusque là, vous me suivez? Alors en avant pour la suite.
Donc, depuis le temps, je voulais causer de la façon dont le “père” est construit par le bébé, ça tombe bien:
là, je viens de finir un bouquin que je recommande à toute celles et ceux qui se penchent sur la psycho du bébé, d’autant que l’auteur prend la peine, pour chaque notion abordée, de récapituler les positions des grand-e-s auteur-e-s et acteur-e-s de la psycha (-nalyse et -chiatrie) du bébé.
“L’être-bébé”
B.Golse
Ed Le Fil Rouge aux PUF 2006
B.Golse c’est lui
Alors pour les trucs théoriquement bien construits, zzallezzy, moi je vais vous causer simple mais en m’appuyant dessus, cad en le citant, comme ça vous êtes sûr-e-s que je dis pas de bêtises, hein que ça vous rassure, d’un coup, là?
;-)
Et entendons nous bien: il s'agit là du bébé tout-petit, les tout premiers temps.
Il ne faudrait pas imaginer que le bébé ne construit la tiercité que des mois, voire plus, après sa naissance: il y est d’emblée confronté, mais “au sein de triangulations précoces, prégénitales et partielles, dont la confluence et la totalisation progressives donneront finalement lieu à l’instauration de la très emblématique triangulation œdipienne..” p121
Exemple d’une triangulation précoce: le langage.
Chaque fois que sa mère (ou figure ou fonction maternelle, vous êtes des grand-e-s personnes, vous traduisez tou-s-tes seul-e-s comme ça vous agrée, ok?) parle , le bébé sent bien qu’une certaine partie de cette parole lui est adressée, et une autre non, qui s’en va vers un ailleurs (où l’enfant ne met pas encore forcément d’objet) non défini pour lui.
Autre exemple, référé à la fonction ‘object-presenting’ de D W Winnicott, les situations où la mère va introduire un objet, genre peluche, jouet...entre elle et son enfant.(cf les moments d’«attention conjointe» de Bruner)
Elle crée là une situation à 3 termes, et un espace tiers où elle et son enfant posent ensemble leur regard; cet espace est ressenti par le bébé comme ni-elle-ni-moi, et est absolument fondateur car pourront s’y s’édifier ensuite les différentes fonctions paternelles.
Autre exemple: «l’angoisse du 8eme mois» où le bébé est effrayé par un visage inconnu et va se tourner vers celui de la mère: il retrouve ainsi un espace connu et se confronte à un espace non-mère, quelque peu menaçant encore et qui interfère entre lui et l’image maternelle: un espace tiers.
Ces espaces là, (on parle d’espaces psychiques) qui ne sont ni sa mère, ni lui, ni lui-et-elle, marquent donc l’existence d’un lieu (psychique s’entend, en gros) propice à construire de l’autre, à construire la fonction paternelle.
Donc, le père se construit... se co-construit.
B.Golse propose: “le père comme processus” en guise de titre de chapitre, et ma foi, ça colle bien :-)
Toutes les citations, à partir d’ici, en sont issues, pp 149 à 170 du bouquin.
Car le père n’est pas une représentation mentale statique mais un agent d’une dynamique psychique, qui se remaniera au fur des développements de l’enfant.
A considérer que les interactions précoces permettent des triangulations précoces, on peut, au même titre qu’on parle de mère préœdipienne parler de père préœdipien.
Puis l’un et l’autre peuvent s’envisager en œdipiens et postœdipiens.
Au niveau interpersonnel:
“En période préœdipienne, le père n’a pas, tant s’en faut, de fonction séparatrice entre la mère et l’enfant. Quels que puissent être ses fantasmes à ce sujet ainsi que ceux de la mère elle-même, tout nous montre au contraire, aujourd’hui que le père exerce plutôt une fonction de liaison et de contextualisation à l’égard de la dyade mère-bébé.”
Mère et bébé coopèrent à la construction de la place du tiers: le père est un “horizon partagé par eux deux, horizon qui les rapproche bien plus qu’il ne les éloigne.”
Cette proposition ne se tient pas dans la ligne lacanienne pour lequel “l’une des fonctions paternelles principale - et immédiate- est que le père interdise à la mère de faire de son enfant un substitut phallique. Autrement dit, le père doit faire d’emblée en sorte que l’enfant ne soit pas le tout de la mère.”
Pour Lacan, même si cette fonction est en elle même un processus, elle donnée d’emblée, comme si elle était déjà-là et tout de suite efficiente, c’est le domaine de la fameuse Loi du père qui transcenderait les générations.
Golse propose, et ça convient à plein de monde, dont moi, que cette fonction soit “progressivement forgée et établie par le jeu des relations.”
Que le père “castre” la mère (cad qu’il ait une fonction différenciatrice) est donc une partie des fonctions paternelles: les fonctions de liaisons sont possibles (nécessaires) dans le même temps.
Donc reprenons:
- la place du père se coconstruit par mère et bébé dans le cadre des interactions triangulaires précoces;
- le père préœdipien a un rôle de soutien et d’approvisionnement nourricier et de mise en contexte de la dyade mère-enfant, alors que le père œdipien a un rôle plus distanciateur;
- un fonction fondamentale du père est de transmettre la fonction de transmission (et là on a bénéfice à poser cette idée du côté du père de la mère)
- la construction de l’espace paternel est indissociable de l’accès à la différence des générations, même si, dans un temps initial, l’enfant peut le fantasmer comme un autre bébé de la mère.
De toute ceci il ressort “que l’espace paternel se trouve être le résultat d’une coconstruction de la dyade mère-bébé, et non pas seulement une construction maternelle proposée, ou imposée , à l’enfant...”
Traduction personnelle: il faut donc aussi que la mère ait la capacité psychique (en rapport à son histoire singulière, à ses imagos parentaux) de faire cette construction et la faire *avec* son bébé.
Donc de même que le bébé se représente d’abord la mère comme partielle, avant qu’elle ne puisse être envisagée par lui comme un personnage global, un objet total et sexué, “il va être confronté à une tiercité beaucoup plus partielle qui désigne la place de cette imago ultérieure et qui en prépare l’édification. La tiercité n’attend donc pas que le bébé se représente son père dans sa complétude.”
Conclusion concrète pour les parents et futurs parents: papa partiel, et en devenir total, ne vous enfuyez pas: c’est pareil pour les mamans :-)
Car “l’espace paternel et les fonctions qu’il re va contenir revêtent, en période préœdipienne, bien davantage une fonction protectrice et nourricière (à prendre au propre et au figuré: il faut nourrir la relation) de la dyade mère-enfant, qu’une dimension castratrice ou séparatrice, comme il est coutume de s’y référer en période postœdipienne.
Le père apporte à la dyade mère-bébé une sorte d’enveloppe, de contenance, de holding...”
cf mon image de la bubulle, plus haut.
Donc il se trouve d’emblée “des alternances et des oscillations entre ces aspects de tiers séparateur et de tiers réparateur. En tout état de cause, c’est sur fond de toute une série de petites triangulations partielles et fondamentalement préœdipienne que va progressivement s’organiser la triangulation œdipienne classique par convergence, confluence, globalisation et totalisation de ces triangulations précoces jusqu’à l’émergence du triangle emblématique père/mère/enfant.”
Au niveau intrapsychique
Dans ce processus de coconstruction, il faut bien prendre en compte ce qu’il en est de la place du père , ou du masculin, dans la tête de la mère.
“On sait désormais, en effet, que les modalités de l’accordage affectif permettent à la mère, implcitement et à son insu, d’induire chez son enfant des identifications et des contre-identifications aux images de son monde représentationnel à elle, et en particulier aux images masculines de celui-ci. Il y a donc là, on le sent bien, un aspect intrapsychiqu de l’organisation triadique qui, chose importante, implique, peu ou prou, toute l’histoire infantile de la mère avec sa dimension de conflictualité névrotique et sa charge de processus transgénérationnels.”
Avant, donc, de correspondre au père proprement dit, “le tiers renvoie en fait à de multiples objets, espaces oiu processus parfois éminements partiels.Pour dire les choses autrement, l’une des grandes questions du bébé à propos de la tiercité- et donc de la future fonction paternelle- pourrait au fond se formuler de la manière suivante:«qu’est-ce que c’est que cet espace qui n’est ni-moi-ni-elle?».En ajoutant bien sûr, que cette questiion du pôle tiers, inconnu pour l’enfant, peut aussi se jouer au niveau de la mère seulement.Quand la mère est fatiguée, anxieuse ou déprimée, par ex, le bébé va immédiatment remarquer que son style interactif ou que ses réponses en termes de schémas d’attachement, ne sont pas comme d’habitude.L’inconnu est alors la mère elle-même, et on a là, semble t-il, le germe de triangulation précoces, pathologiques dans certains cas.”
Le passage de l’interpersonnel à l’intrapsychique
Il se fait quand le bébé devient capable de penser , à propos de sa mère absente, que si elle n’est pas là c’est qu’elle est ailleurs..On n’arrive pas trop bien à saisir le ‘comment’ (c’est pas moi qui le dit, c’est le bouquin!)
Ce passage à l’intrapsychqiue, d’une certaine manière, correspond pour l’enfant “à une identification au rapport que la mère entretient avec son propre psychisme et, pour la question qui nous occupe ici, au rapport qu’elle entretient avec son propre espace personnel.Autrement dit encore, ce qui permet à la triade interpersonnelle et à la triadification comportementale de se constituer en triangulation intrapsychique c’est tout le jeu complexe et successif des incorporations, des introjectison et des identifications.”
E fait, c’est pas vraiment observable, puisqu’il s’agit de se demander comment l’espace tiers des interactions précoces va se structurer et s’intérioriser pour devenir «l’autre de l’objet».
La place, les rôles, les fonctions.
Il ya donc une place du tiers, puis une place du père au sens strict.
A.Green parle de “triangulation généralisée à tiers subsituable”.
“cela signifie que la cette place du tiers peut être occupée par des personnages différents, et que le père va donc avoir à se signifier comme un tiers particulier”.
(et qu’il se passe un travail pour passer des triangulations d’objets partiels à des triangulations d’objets d’objets totaux)
On va surtout se pencher sur : comment le père va t-il se signifier comme père à partir de cette place qu’il n’est pas le seul à pouvoir occuper?
Alors je vous pass les développement s purement psys, entre père développemental, métapsychologique et psychanalytique, entre père observé et père reconstruit...
“.. comment le nouage se fait. La dynamique de l’après-coup et des effets de reconstruction a posteriori est, éveidemment, essentielle à prendre en compte.
Mais sans doute faut-il aussi intégrer à la réflexion ce qu’on pourrait désigner comme l’injection dans le développement de toute la sexualité infantile du père-et de la mère-, de sa propre conflictualité œdipienne et préœdipienne - et de celle de la mère-, et enfin des processus inter et trans générationnels inhérents aux deux filiations (maternelle et paternelle), tout cela , on le voit, en mentionnant à chaque fois la mère , car il n’y a pas de père sans mère et réciproquement dit (..) c’est suelement ainsi qu’on peut comprendre comment, pour le bébé et pour l’enfant, le père ne représentera jamais un tiers comme les autres. En raison de ce que père est lui-même, de ce que la mère est elle-même- au niveau notamment de son rapport au masculin et au paternel- mais en raison aussi des liens fonctionnels qui existent entre le père et la mère quant au couple, quant aux fontions maternelle et paternelle qu’ils s’accordent mutuellemen , et quant aux spécificités de leurs investissements inconscients, libidinaux et agressfis, de leur enfant et de l’enfance.”
J’ai tout cité, parce que tout me paraît important dans ce §.
Je vous citerais bien tout le reste, d’ailleurs, mais bon.
Donc le père (cf Meltzer) a un rôle à assumer “...et à jouer en tenant compte des rôles de la mère et du bébé(..) un rôle qui transcende donc, en qqe sorte, le simple niveau des fonctions, qui ne pourraient être, sinon, qu’antinomiques.”
Ben oui: lier-séparer, nourrir-sevrer...ça paraît antinomique si l'on ne tient pas compte de l'aspect 'méta', de liaison donc et de transmission de la capacité à transmettre, du rôle du père.
Paternité/paternalité.
Ceci est souvent évoqué, tout aussi bien pour les mères (maternité et maternalité), et s’inscrit dans les noms connus de ‘parentalité’, et de ‘parentalisation’, laquelle se joue à différents niveaux (cf Houzel: pratique, exercice et expérience) et “se définit comme l’ensemble des processus qui permettent ce cheminement toujours progressif.” qui est de se sentir parent de tel enfant.
Se sentir parent d’un enfant recouvre “la nécessité d’un véritable travail psychique, en grande partie inconscient, et qui correspond à l’édification ou au remaniement d’un certain nombre de représentations mentales” telles l’enfant imaginaire, fantasmé, narcissique, et mythique-culturel.
On observe donc “chez le père comme chez la mère une grossesse psychique, et ce, aussi bien en cas de grossesse biologique qu’en cas d’adoption, démarche qui nécessite également une profonde évolution psychique des futurs parents pendant la période qui précède l’accueil stricto sensu de l’enfant.”
Le processus de parentalisation se poursuivra au-delà de la naissance de l’enfant...
La naissance physique d’un enfant et la naissance psychique d’un parent peuvent donc parfois ne pas coïncider d’un point de vue chronologique...voire être très décalées, dans un sens ou dans l’autre.
Conclusion
La place du père est une position entièrement tenable, le double niveau de la coconstruction de cette place par la dyade (aux niveaux interpersonnel et intrapsychique) constitue un processus dynamique qui “donne véritablement accès à la mise en place d’une structure psychique”, structure qui n’est pas donnée d’emblée, mais se met en place “à partir de précurseurs partiels qui vont avoir à se jouer, à s’organiser, et à s’agencer dans le cadre des interactions précoces.”
Bon, résumons nous:
Un père, c’est comme une mère, ça vient pas tout seul, ça se travaille (le ou la premièr-e qui me cause d’instinct maternel, je lui file mon virus du moment, mes os cabossés et ma classe pendant 6 mois pour faire bonne mesure, ha mais) et ça travaille plein de choses en soi, qui vont bouleversifier des tas de trucs enfouis plus ou moins commodément depuis quelques lustres, ainsi que des options relationnelles familiales.
Chance: ça se travaille pas tout seul: tout le monde s’y met mère, enfant et ... père (ha ben quand même un peu, hein)...et même.. la famille autour participe (des fois on voudrait bien avoir la paix, c’est sûr...)
Autre chance: y’a des pros du travail psychique qui peuvent accompagner le boulot interne de tout ce petit monde, quand le petit monde en question se sent démuni face à la grande nouvelle: “ha, je suis enceint-e” (ou “l’adoption est en bonne voie”).
Chance encore: on sait et il faut le dire très fort que l’arrivée d’un enfant, les soins à lui donner, le temps à y consacrer, etc, c’est pas de la poésie pure, et que si on se sent pas prêt-e à entrer dans la période du grand chambardement interne et extérieur, on peut choisir de ne pas se précipiter.
Elle est pas belle, la vie?
:-)
“S.Freud a insisté à plusieurs reprises sur le fait qu’une des différences entre la dynamique œdipienne de la fille et celle du garçon concernait la question du changement d’objet d’amour.
Selon lui, en effet, la fille doit effectuer un changement d’objet (de la mère prédipienne au père œdipien), tandis que le garçon n’aurait pas à procéder à un tel changement d’investissement (puisqu’il ne ferait que passer de la mère préœdipienne à la mère œdipienne).
Macroscopiquement cela peut paraître juste. Pourtant, en observant les choses à un niveau plus fin, et en tenant compte des acquis de la psychanalyse précoce comme de ceux de la psychologie du développement, il apparaît aujourd’hui que la mère œdipienne est tout aussi différente de la mère préœdipienne que ne l’est le père œdipien de cette même mère préœdipienne, tant et si bien que les enfants des deux sexes, les garçons comme les filles, ont finalement à remanier profondément leurs investissements libidinaux autour du point de bascule œdipien.”
Hop tout le monde à égalité:-)
Merci Bernard (ref plus bas)
Je parle souvent de la place ou de la position du père dans mes posts.
Notamment lorsque la relation mère-enfant me paraît poser pbme (à l’enfant s’entend, puisque c'est ça mon taf.. ).
En effet, je dois préciser ici que quand je parle de ces liens mères-enfants trop confusionnels, je me place du côté de la fonction paternelle séparatrice, différenciatrice.
Mais avant, ou concomitamment, d’être différenciatrice, la figure paternelle doit être ou avoir été protectrice de la dyade mère-enfant et avoir proposé une contextualisation de cette dyade.
Comment expliquer .. heu....
La dyade doit être posée dans le monde, dans les filiations, dans le couple parental, dans le psychisme de chaque parent et dans celui de l’enfant, elle doit être protégée de la possibilité de devenir un huis-clos duel, ou chacun bouffe l’autre ou n’existe que par l’autre, mais aussi protégée du monde autour et des agressions internes et externes (père comme pare-excitation en somme).
Une image perso, pour faire exemple:
le père préœdipien protège des agressions, humidifie/nourrit et promène la bulle de savon transparente mère-bébé, ce qui contribue à sa durée, à son regard sur le monde et du monde sur elle et à son irisation poétique (ou pas),
le père œdipien donne une main à chacun des deux une fois la bulle éclatée: chacun des 3 avance avec les autre puis les mains interchangeront, puis on lâchera un peu les mains...
-ça vous parle comme image?
Le père a une position (position psychique, évidemment) “méta” en somme, dans ces tout premiers temps après la naissance (et même avant), ce qui n’est certes pas facile.
Et tout cela, ça commence très tôt.
Cad que vous, messieurs les (futurs) papas, sentez vous concernés au plus tôt, please (et là, concerné n’est pas un imbécile circonscrit par l’adversité)
NB: je cause des pères passke j’ai déjà bcp bossé sur les mères, par ailleurs, ne voyez donc pas d’indifférence à leur égard :-)
Bon, jusque là, vous me suivez? Alors en avant pour la suite.
Donc, depuis le temps, je voulais causer de la façon dont le “père” est construit par le bébé, ça tombe bien:
là, je viens de finir un bouquin que je recommande à toute celles et ceux qui se penchent sur la psycho du bébé, d’autant que l’auteur prend la peine, pour chaque notion abordée, de récapituler les positions des grand-e-s auteur-e-s et acteur-e-s de la psycha (-nalyse et -chiatrie) du bébé.
“L’être-bébé”
B.Golse
Ed Le Fil Rouge aux PUF 2006
B.Golse c’est lui
Alors pour les trucs théoriquement bien construits, zzallezzy, moi je vais vous causer simple mais en m’appuyant dessus, cad en le citant, comme ça vous êtes sûr-e-s que je dis pas de bêtises, hein que ça vous rassure, d’un coup, là?
;-)
Et entendons nous bien: il s'agit là du bébé tout-petit, les tout premiers temps.
Il ne faudrait pas imaginer que le bébé ne construit la tiercité que des mois, voire plus, après sa naissance: il y est d’emblée confronté, mais “au sein de triangulations précoces, prégénitales et partielles, dont la confluence et la totalisation progressives donneront finalement lieu à l’instauration de la très emblématique triangulation œdipienne..” p121
Exemple d’une triangulation précoce: le langage.
Chaque fois que sa mère (ou figure ou fonction maternelle, vous êtes des grand-e-s personnes, vous traduisez tou-s-tes seul-e-s comme ça vous agrée, ok?) parle , le bébé sent bien qu’une certaine partie de cette parole lui est adressée, et une autre non, qui s’en va vers un ailleurs (où l’enfant ne met pas encore forcément d’objet) non défini pour lui.
Autre exemple, référé à la fonction ‘object-presenting’ de D W Winnicott, les situations où la mère va introduire un objet, genre peluche, jouet...entre elle et son enfant.(cf les moments d’«attention conjointe» de Bruner)
Elle crée là une situation à 3 termes, et un espace tiers où elle et son enfant posent ensemble leur regard; cet espace est ressenti par le bébé comme ni-elle-ni-moi, et est absolument fondateur car pourront s’y s’édifier ensuite les différentes fonctions paternelles.
Autre exemple: «l’angoisse du 8eme mois» où le bébé est effrayé par un visage inconnu et va se tourner vers celui de la mère: il retrouve ainsi un espace connu et se confronte à un espace non-mère, quelque peu menaçant encore et qui interfère entre lui et l’image maternelle: un espace tiers.
Ces espaces là, (on parle d’espaces psychiques) qui ne sont ni sa mère, ni lui, ni lui-et-elle, marquent donc l’existence d’un lieu (psychique s’entend, en gros) propice à construire de l’autre, à construire la fonction paternelle.
Donc, le père se construit... se co-construit.
B.Golse propose: “le père comme processus” en guise de titre de chapitre, et ma foi, ça colle bien :-)
Toutes les citations, à partir d’ici, en sont issues, pp 149 à 170 du bouquin.
Car le père n’est pas une représentation mentale statique mais un agent d’une dynamique psychique, qui se remaniera au fur des développements de l’enfant.
A considérer que les interactions précoces permettent des triangulations précoces, on peut, au même titre qu’on parle de mère préœdipienne parler de père préœdipien.
Puis l’un et l’autre peuvent s’envisager en œdipiens et postœdipiens.
Au niveau interpersonnel:
“En période préœdipienne, le père n’a pas, tant s’en faut, de fonction séparatrice entre la mère et l’enfant. Quels que puissent être ses fantasmes à ce sujet ainsi que ceux de la mère elle-même, tout nous montre au contraire, aujourd’hui que le père exerce plutôt une fonction de liaison et de contextualisation à l’égard de la dyade mère-bébé.”
Mère et bébé coopèrent à la construction de la place du tiers: le père est un “horizon partagé par eux deux, horizon qui les rapproche bien plus qu’il ne les éloigne.”
Cette proposition ne se tient pas dans la ligne lacanienne pour lequel “l’une des fonctions paternelles principale - et immédiate- est que le père interdise à la mère de faire de son enfant un substitut phallique. Autrement dit, le père doit faire d’emblée en sorte que l’enfant ne soit pas le tout de la mère.”
Pour Lacan, même si cette fonction est en elle même un processus, elle donnée d’emblée, comme si elle était déjà-là et tout de suite efficiente, c’est le domaine de la fameuse Loi du père qui transcenderait les générations.
Golse propose, et ça convient à plein de monde, dont moi, que cette fonction soit “progressivement forgée et établie par le jeu des relations.”
Que le père “castre” la mère (cad qu’il ait une fonction différenciatrice) est donc une partie des fonctions paternelles: les fonctions de liaisons sont possibles (nécessaires) dans le même temps.
Donc reprenons:
- la place du père se coconstruit par mère et bébé dans le cadre des interactions triangulaires précoces;
- le père préœdipien a un rôle de soutien et d’approvisionnement nourricier et de mise en contexte de la dyade mère-enfant, alors que le père œdipien a un rôle plus distanciateur;
- un fonction fondamentale du père est de transmettre la fonction de transmission (et là on a bénéfice à poser cette idée du côté du père de la mère)
- la construction de l’espace paternel est indissociable de l’accès à la différence des générations, même si, dans un temps initial, l’enfant peut le fantasmer comme un autre bébé de la mère.
De toute ceci il ressort “que l’espace paternel se trouve être le résultat d’une coconstruction de la dyade mère-bébé, et non pas seulement une construction maternelle proposée, ou imposée , à l’enfant...”
Traduction personnelle: il faut donc aussi que la mère ait la capacité psychique (en rapport à son histoire singulière, à ses imagos parentaux) de faire cette construction et la faire *avec* son bébé.
Donc de même que le bébé se représente d’abord la mère comme partielle, avant qu’elle ne puisse être envisagée par lui comme un personnage global, un objet total et sexué, “il va être confronté à une tiercité beaucoup plus partielle qui désigne la place de cette imago ultérieure et qui en prépare l’édification. La tiercité n’attend donc pas que le bébé se représente son père dans sa complétude.”
Conclusion concrète pour les parents et futurs parents: papa partiel, et en devenir total, ne vous enfuyez pas: c’est pareil pour les mamans :-)
Car “l’espace paternel et les fonctions qu’il re va contenir revêtent, en période préœdipienne, bien davantage une fonction protectrice et nourricière (à prendre au propre et au figuré: il faut nourrir la relation) de la dyade mère-enfant, qu’une dimension castratrice ou séparatrice, comme il est coutume de s’y référer en période postœdipienne.
Le père apporte à la dyade mère-bébé une sorte d’enveloppe, de contenance, de holding...”
cf mon image de la bubulle, plus haut.
Donc il se trouve d’emblée “des alternances et des oscillations entre ces aspects de tiers séparateur et de tiers réparateur. En tout état de cause, c’est sur fond de toute une série de petites triangulations partielles et fondamentalement préœdipienne que va progressivement s’organiser la triangulation œdipienne classique par convergence, confluence, globalisation et totalisation de ces triangulations précoces jusqu’à l’émergence du triangle emblématique père/mère/enfant.”
Au niveau intrapsychique
Dans ce processus de coconstruction, il faut bien prendre en compte ce qu’il en est de la place du père , ou du masculin, dans la tête de la mère.
“On sait désormais, en effet, que les modalités de l’accordage affectif permettent à la mère, implcitement et à son insu, d’induire chez son enfant des identifications et des contre-identifications aux images de son monde représentationnel à elle, et en particulier aux images masculines de celui-ci. Il y a donc là, on le sent bien, un aspect intrapsychiqu de l’organisation triadique qui, chose importante, implique, peu ou prou, toute l’histoire infantile de la mère avec sa dimension de conflictualité névrotique et sa charge de processus transgénérationnels.”
Avant, donc, de correspondre au père proprement dit, “le tiers renvoie en fait à de multiples objets, espaces oiu processus parfois éminements partiels.Pour dire les choses autrement, l’une des grandes questions du bébé à propos de la tiercité- et donc de la future fonction paternelle- pourrait au fond se formuler de la manière suivante:«qu’est-ce que c’est que cet espace qui n’est ni-moi-ni-elle?».En ajoutant bien sûr, que cette questiion du pôle tiers, inconnu pour l’enfant, peut aussi se jouer au niveau de la mère seulement.Quand la mère est fatiguée, anxieuse ou déprimée, par ex, le bébé va immédiatment remarquer que son style interactif ou que ses réponses en termes de schémas d’attachement, ne sont pas comme d’habitude.L’inconnu est alors la mère elle-même, et on a là, semble t-il, le germe de triangulation précoces, pathologiques dans certains cas.”
Le passage de l’interpersonnel à l’intrapsychique
Il se fait quand le bébé devient capable de penser , à propos de sa mère absente, que si elle n’est pas là c’est qu’elle est ailleurs..On n’arrive pas trop bien à saisir le ‘comment’ (c’est pas moi qui le dit, c’est le bouquin!)
Ce passage à l’intrapsychqiue, d’une certaine manière, correspond pour l’enfant “à une identification au rapport que la mère entretient avec son propre psychisme et, pour la question qui nous occupe ici, au rapport qu’elle entretient avec son propre espace personnel.Autrement dit encore, ce qui permet à la triade interpersonnelle et à la triadification comportementale de se constituer en triangulation intrapsychique c’est tout le jeu complexe et successif des incorporations, des introjectison et des identifications.”
E fait, c’est pas vraiment observable, puisqu’il s’agit de se demander comment l’espace tiers des interactions précoces va se structurer et s’intérioriser pour devenir «l’autre de l’objet».
La place, les rôles, les fonctions.
Il ya donc une place du tiers, puis une place du père au sens strict.
A.Green parle de “triangulation généralisée à tiers subsituable”.
“cela signifie que la cette place du tiers peut être occupée par des personnages différents, et que le père va donc avoir à se signifier comme un tiers particulier”.
(et qu’il se passe un travail pour passer des triangulations d’objets partiels à des triangulations d’objets d’objets totaux)
On va surtout se pencher sur : comment le père va t-il se signifier comme père à partir de cette place qu’il n’est pas le seul à pouvoir occuper?
Alors je vous pass les développement s purement psys, entre père développemental, métapsychologique et psychanalytique, entre père observé et père reconstruit...
“.. comment le nouage se fait. La dynamique de l’après-coup et des effets de reconstruction a posteriori est, éveidemment, essentielle à prendre en compte.
Mais sans doute faut-il aussi intégrer à la réflexion ce qu’on pourrait désigner comme l’injection dans le développement de toute la sexualité infantile du père-et de la mère-, de sa propre conflictualité œdipienne et préœdipienne - et de celle de la mère-, et enfin des processus inter et trans générationnels inhérents aux deux filiations (maternelle et paternelle), tout cela , on le voit, en mentionnant à chaque fois la mère , car il n’y a pas de père sans mère et réciproquement dit (..) c’est suelement ainsi qu’on peut comprendre comment, pour le bébé et pour l’enfant, le père ne représentera jamais un tiers comme les autres. En raison de ce que père est lui-même, de ce que la mère est elle-même- au niveau notamment de son rapport au masculin et au paternel- mais en raison aussi des liens fonctionnels qui existent entre le père et la mère quant au couple, quant aux fontions maternelle et paternelle qu’ils s’accordent mutuellemen , et quant aux spécificités de leurs investissements inconscients, libidinaux et agressfis, de leur enfant et de l’enfance.”
J’ai tout cité, parce que tout me paraît important dans ce §.
Je vous citerais bien tout le reste, d’ailleurs, mais bon.
Donc le père (cf Meltzer) a un rôle à assumer “...et à jouer en tenant compte des rôles de la mère et du bébé(..) un rôle qui transcende donc, en qqe sorte, le simple niveau des fonctions, qui ne pourraient être, sinon, qu’antinomiques.”
Ben oui: lier-séparer, nourrir-sevrer...ça paraît antinomique si l'on ne tient pas compte de l'aspect 'méta', de liaison donc et de transmission de la capacité à transmettre, du rôle du père.
Paternité/paternalité.
Ceci est souvent évoqué, tout aussi bien pour les mères (maternité et maternalité), et s’inscrit dans les noms connus de ‘parentalité’, et de ‘parentalisation’, laquelle se joue à différents niveaux (cf Houzel: pratique, exercice et expérience) et “se définit comme l’ensemble des processus qui permettent ce cheminement toujours progressif.” qui est de se sentir parent de tel enfant.
Se sentir parent d’un enfant recouvre “la nécessité d’un véritable travail psychique, en grande partie inconscient, et qui correspond à l’édification ou au remaniement d’un certain nombre de représentations mentales” telles l’enfant imaginaire, fantasmé, narcissique, et mythique-culturel.
On observe donc “chez le père comme chez la mère une grossesse psychique, et ce, aussi bien en cas de grossesse biologique qu’en cas d’adoption, démarche qui nécessite également une profonde évolution psychique des futurs parents pendant la période qui précède l’accueil stricto sensu de l’enfant.”
Le processus de parentalisation se poursuivra au-delà de la naissance de l’enfant...
La naissance physique d’un enfant et la naissance psychique d’un parent peuvent donc parfois ne pas coïncider d’un point de vue chronologique...voire être très décalées, dans un sens ou dans l’autre.
Conclusion
La place du père est une position entièrement tenable, le double niveau de la coconstruction de cette place par la dyade (aux niveaux interpersonnel et intrapsychique) constitue un processus dynamique qui “donne véritablement accès à la mise en place d’une structure psychique”, structure qui n’est pas donnée d’emblée, mais se met en place “à partir de précurseurs partiels qui vont avoir à se jouer, à s’organiser, et à s’agencer dans le cadre des interactions précoces.”
Bon, résumons nous:
Un père, c’est comme une mère, ça vient pas tout seul, ça se travaille (le ou la premièr-e qui me cause d’instinct maternel, je lui file mon virus du moment, mes os cabossés et ma classe pendant 6 mois pour faire bonne mesure, ha mais) et ça travaille plein de choses en soi, qui vont bouleversifier des tas de trucs enfouis plus ou moins commodément depuis quelques lustres, ainsi que des options relationnelles familiales.
Chance: ça se travaille pas tout seul: tout le monde s’y met mère, enfant et ... père (ha ben quand même un peu, hein)...et même.. la famille autour participe (des fois on voudrait bien avoir la paix, c’est sûr...)
Autre chance: y’a des pros du travail psychique qui peuvent accompagner le boulot interne de tout ce petit monde, quand le petit monde en question se sent démuni face à la grande nouvelle: “ha, je suis enceint-e” (ou “l’adoption est en bonne voie”).
Chance encore: on sait et il faut le dire très fort que l’arrivée d’un enfant, les soins à lui donner, le temps à y consacrer, etc, c’est pas de la poésie pure, et que si on se sent pas prêt-e à entrer dans la période du grand chambardement interne et extérieur, on peut choisir de ne pas se précipiter.
Elle est pas belle, la vie?
:-)
par Maybe
publié dans :
Page à page




