Mardi 28 novembre 2006
  Quand je rencontre un-e collègue de primaire, qui apprend ou qui se souvient que je bosse en  pré élémentaire (la "maternelle"), il y a toujours un moment où j'entends (et c'est le cas de bien d'autres qui exercent dans le même cadre) :
- "pfiou chuis crevé-e.... ha mais  t'es en maternelle toi, ça va, quoi, c'est plus cool, non?"
Ce à quoi je réponds toujours:
-"ha bon? Tu veux mon poste?"
Et j'obtiens:
-" ha non surtout pas!"

Alors la "maternelle"  c'est plus cool que quoi, hein?

   Vous savez que les enfants de cet âge là on risque pas de leur dire après un moment de 'leçon' :
tu fais ton exo et tu la boucles 5 mn, après tu lis ton bouquin page tant ... et tout ça?
   Vous savez que s'il n'y a pas de correction de cahiers, il y a tout autant de preps didactiques et matérielles .
   Vous savez qu'en "maternelle" on est bcp plus en contact avec les familles, puisqu'on ne peut laisser un enfant partir (ni arriver d'ailleurs) seul de l'école,  et que bien des personnes y squattent un moment...selon la tolérance ou non du/de la dirlo.
   Vous savez que au final, ce qui est déstabilisant dans le travail en  "maternelle", c'est qu'on est confronté à une partie de son enfance dont en général on ne se souvient quasi pas  -ou alors par 'souvenirs écrans' ou souvenirs sur lesquels on plaque ceux du primaire...
   Et que les parents aussi d'ailleurs, autrement dit,  la "maternelle" est un lieu qu'on fantasme plus qu'on ne s'en souvient.. déjà que les souvenirs  c'est le plus souvent reconstruit.
   Vous savez que gérer un groupe d'enfants de ces âges (de 3 à 6 ans -- les 2 ans  c'est moins fréquent) , ça suppose d'oser être sur cette espèce de fil de funambule  qu'est la  plongée dans l'archaïque (voir M Klein) ou dans l'oedipien (Voir S Freud),  au niveau relationnel, et qu'il vaut mieux, pour cela, avoir résolu  au moins un peu de cette enfance-là pour ce faire?
En primaire on est plus face à la période dite "de latence" où prévalent les épistémophilies diverses en termes intellectuels,  et les luttes de pouvoir intrapairs plutôt que dans la relation à l'adulte (quoique).

   A ce sujet aussi, la responsabilité de l'adulte sur l'ouverture au monde chez l'enfant jeune est majeure:
on sait que l'enfant ne relativise pas, ne peut pas, ou mal,  modifier son point de vue, cette cognition là est totalement construite et consolidée vers  7ans (cf les théories de l'esprit, notamment, pour ceusses qui connaissent) .
Ainsi donc, dans la petite enfance (après aussi, notez) l'adulte doit à la fois penser son monde et sa position d'adulte pour lui même mais aussi le penser en termes de ce qu'il en fait passer à l'enfant comme une vérité de ce que vivent, font et  pensent les adultes dont les parents de l'enfant (qui réfère tout à cette aune là: 'c'est ça que mes parents font/disent/pensent  quand je les vois pas').
   On pourrait croire que ça facilite la vie de savoir qu'on est la référence ultime pour l'enfant.
En fait c'est bien le contraire: c'est vertigineux de responsabilité.
Et ce qui fait bascule au niveau de la maturation interne combinée à l'accès amplifié aux règles du social, est, en général, l'année de CP.
C'est la classe que je préfère en primaire, mais aussi la plus casse-gueule au regard des dégâts possibles (je me situe là du côté de la maturation affective, surtout, mais en termes d'acquisitions pédagos aussi).
Et les dégâts possibles en 'maternelle' sont majeurs aussi, d'autant plus que la petite enfance reste dans l'inconscient plutôt que dans le souvenir (je radote, un peu, non?).

  Bref, au final, exercer de manière privilégiée dans une sphère d'âge plutôt que dans l'autre peut se comprendre de différentes façons mais n'est pas moins délicat pour l'adulte dans un cas comme dans l'autre ... et encore je ne parle pas de la période adolescente et ses stades divers (au passage: respect pour les profs de collège).

Attention : je dis pas que  le primaire est plus facile que le préélem, mais que l'un comme l'autre sont épuisants, et pas tout à fait de la même façon.

   Du côté des familles: le poids à la réussite et à la compétition est certes plus présent (merci les assoces de parents d'élèves, merci les ministres, merci la société en général, et merci aussi de souvent, implicitement ou pas, faire passer la "maternelle" pour une garderie)  mais la projection parentale sur l'enfant et l'institution,  si elle n'a pas la même nature (plus affective en "maternelle", plus sociale en primaire) est tout autant prégnante et lourde à gérer, notamment sur le fait que non la "maternelle" n'est pas une crèche, ne materne donc pas,  qu'on y travaille, qu'on a des règles à respecter que l'enfant n'est qu'un parmi les autres.

   Du côté des exigences  socio-hiérarchiques, la "maternelle" a son lot d'emm... aussi.
Le dernier truc en date dans ma circo de l'an passé, c'était de mettre au point un cahier d'APS (ex EPS, ex Motricité, ex Psychomotricité),
- il y a eu détection  de  la dyslexie (à 3 ou 4 ans, lol)
- là on tente le cahier de technologie (youpi)
- les  éducs diverses (et qui concernent aussi le primaire)  à la citoyenneté, environnement, hygiène alimentaire, arts divers, sécurité routière, mmmhh enfin tout un lot de choses dont je ne suis pas loin de penser  que ce serait plutôt à la charge des familles... puisque nouz'aut on nous dit de mettre en place le "lire écrire compter" qu'on fait bien sûr pas, hein, les écoles  c'est bien connu, on passe son temps à jouer....
- les projets pédas.. qui servent à faire  un peu de mousse
- les zzzzévaluations, dont je me demande bien à quoi elles servent dans la mesure  où, à ces âges là, la cognition est plastique et varie selon une évolution bien connue en spirale, tous les 3 mois voire moins.. et que même si elles peuvent être utiles en interne, la traduction à en faire  aux parents les rend inefficaces, somme toute...
ça me rappelle que  l'an dernier je proposais à un conseiller péda que les évals soient  sous 2 formes: une interne, parce que entre instits on se comprend et on sait quels types d'items nous aident vraiment à savoir où en est l'enfant, et une "externe" , ad usum parentae, qui leur donne des éléments qu'ils peuvent comprendre et qui ne nous prennent pas des plombes à faire et expliciter.
Il était ok. Les collègues présents aussi.
Legrantom de cette circo aussi.
Mais bon, ce n'était  qu'une idée..
etc.

   Bon ce que je voulais dire  à la base, c'est que non, la "maternelle"  c'est pas plus cool que le primaire,  la fatigue est plus physique (le corps est bcp plus sollicité, et le bruit est plus prégnant).

Comme m'ont dit souvent des ZIL*: je sais que je suis en "maternelle" quand je me tombe de sommeil et me couche à 21h le soir.

   Alors me direz vous, pourquoi j'exerce en "maternelle"?
Sans doute que ça tient à mon histoire singulière, .... peut-être simplement que les mystères de la petite enfance me sont plus attirants que ceux de la suite.

   Une réflexion souvent entendue  est:
- "m'enfin avant 5 ou 6 ans, un enfant, c'est pas intéressant, tu te rends pas compte de ce qu'il apprend, tu peux pas parler avec, etc."

  Héhé, et là je ris: si, on peut, si, c'est intéressant, justement ....
ça oblige l'adulte à changer le sien, de point de vue, à percevoir les changements dans le raisonnement de l'enfant, les avancées et éclairages intérieurs, qui nous paraissent minimes car nous avons oublié comment et quand nous les avons faits mais qui sont ce qui a fondé notre capacité à appréhender le monde, et surtout, ça oblige à  s'adapter à une autre logique que la sienne, ce qui, au final, est intéressant pour la compréhension de soi-même et pour l'ouverture aux autres, quels que soient ces 'autres'.

   Le pays de la petite enfance est casse-gueule: il faut s'y tenir comme adulte, et le comprendre comme enfant, tout en n'attendant pas de ce qu'on va y vivre avec les enfants dont on a la charge de résoudre les conflits inconscients restés en suspends depuis la sienne, d'enfance.
(ouh mes phrases sont à rallonge et alambiquées)
Ceci posé, bien sûr qu'il y a, dans tous les métiers, des gens qui fonctionnent sur des invariants dépassés ou des attitudes sclérosées.
Oui....
Il faut dire aussi que l'école étant comme bien vous savez une entreprise de formatage, sa stucture ne permet pas forcément cette adaptation relationnelle dont je parle...
Ben on s'adapte malgré la structure.
Quand on n'a pas le droit, on prend le gauche.
Mais ça, c'est de l'interne, qui ne se voit donc pas.
Qui reste entre les enfants et nous.
Alors pourquoi la "maternelle"?
Parce que malgré tout ce qu'est la Maisonmammouth, *structurellement* (copyright wuwei) , on peut encore prendre le temps d'y rêver avec/pour les enfants.
 Ils en ont bien besoin, savez-vous?

   Priez pour que la "maternelle" reste ce qu'elle est (hélas ça va pas durer, le changement est entamé) , pour que les iufm arrêtent de former les jeunes PE au "résultat" (le résultat, la performance, pour l'enseignant, c'est quoi?)
... pour qu'on laisse les petit-e-s vivre leur enfance.


* ZIL: instit remplaçant-e en zone d'intervention localisée, cad pour temps courts.

NB
j'ai écrit ce truc à 4 h du matin cette nuit.
tant pis je laisse...indulgence plizz
depuis j'ai entendu ce midi que la grammaire devrait  (re)devenir une vraie matière et que la terminologie (re)deviendra unifiée-simplifiée.
Bentolila dit de bonnes choses (mais j'ai pas les précisisons) ... à savoir ce que Robie et ses technocrates vont en faire.. enfin....
Lundi 27 novembre 2006
    En fin d’année scolaire, certains enfants ont un petit coup de blues à l’idée de quitter  leur instit.
D’autres un très très grand. Qui surprend leurs parents quand les enfants osent le leur montrer.
Notamment celles et ceux qui ont besoin de  savoir s’ils comptent pour cet adulte référent; des enfants un peu fragiles donc.

Dans ces cas-là,ces dernières années,  je  disais  à ces enfants qu’on se reverrait à la rentrée, au moins dans la cour.

Pour avoir perdu régulièrement mes pairs et mes adultes référents (exemple concret, et pour pas rentrer trop dans les détails persos: 4 écoles primaires, mais 2 collèges et un  seul lycée, tout se perd ma bonne dame) je sais ce qu’il  en est... non uniquement de la séparation, mais bien de la perte et surtout du  sentiment de n’exister, de n’être importante  pour personne.
Ce que je ressens encore d'ailleurs, puisque l'enfant qu'on a été ne meurt jamais vraiment en nous.

   Alors du fait de mon changement d’établissement, en juin, voyant la détresse de 4 d’entre eux, et sachant à peu près comment fonctionnent leurs familles (en clair: capables de comprendre que leur enfant ait besoin de ce lien, mais qu’elles n’abuseront pas de mes coordonnées) j’ai passé un contrat avec les petites,
sur un petit papier à chacune, j’ai laissé mes coordonnées mail+tel:
"à garder précieux secret trésor que pour toi dans ta boîte cachée, pour les jours où tu te sentiras  triste et que tu voudras me parler."
Ca leur a fait du bien sur le départ.

Et encore maintenant je reçois coup de fils ou mails avec dessins.... étalés dans le temps.

 ...je me rémémore la petite fille que j’étais, qui a appris très tôt qu’aimer des gens, adultes, enfants, c’est avant toute chose douloureux puisque c’est ne jamais voir, avoir, pouvoir penser un avenir de la relation.
   Que c’est toujours les perdre au moment même où on les trouve, où on se met à les poser en soi comme des plaisirs ou des recours ou des secours.
Qu'il n’y a donc ni l’un ni l’autre, mais bien  souffrance, solitude  et insécurité -- et qu'il a fallu, et faut toujours, s’y faire et s’adapter.

En mémoire de cette petite fille écorchée qui se forgeait comme elle pouvait des carapaces, je leur réponds.
Je suis encore un peu la présence rassurante, mais non quotidienne,  qui  signifie:
voilà, tu es importante, tu es quelqu’une de particulière,  et tu as compté dans ma vie, de même que je reconnais par là que j’ai compté dans la tienne, 
la relation est certes distandue, mais elle a eu lieu et ce passé non seulement a existé mais n’est pas mort, il est simplement existant dans  un autre temps, dans le temps de l’imaginaire, du souvenir et il restera, même oublié, dans ton avenir.

Et  silence jusqu’à une prochaine fois... qui s'espacera , s'espacera.. jusqu'à ne plus venir.

Je sais que l’enfant a eu ce dont elle avait besoin à ce moment là : elle compte pour qq’une qui a compté pour elle.
Les mots en eux mêmes n’ont pas grande importance: le message est dans l’acte de réponse.

......

Ca ne panse pas Maybepetite.Ni grande.
Ca ne déculpabilise pas Maybemaman de ce qu’hélas Maybejunior a dû vivre, qui n'est pas identique mais un peu similaire.

Mais peut-être que ça fait, à ces petites,  un peu de ce bien que lui et moi aurions souhaité sentir.
Alors... pourquoi pas....
Dimanche 26 novembre 2006
A son ombre.

 Je crois que si j’écris ici des éléments de ce qui fait mon job -ce qui n’était pas le contenu du blog initial- c’est que je m’interroge beaucoup dessus, en fait, même si ce n’est pas dit dans la chanson, l’air du questionnement est clairement suspendu au mitan des neurones comme Denys l'Ancien maintint  une épée au dessus de qui vous savez, histoire de lui montrer la fragilité du bien-être... et par tant, les dangers de la certitude.

  Quand on travaille dans/pour/avec l’humain, et qu’on doit être réactif rapidement cad s’adapter à l’autre de façon quasi instantanée, donc faire fonctionner au mieux, souvent  et vite son ressenti (ou son intuition, selon le terme qui conviendra le mieux à chacun-e) , on se pose les questions à 3000 tours dans l’instant, pour y répondre avec l'option qui paraît alors la plus pertinente,  mais  ces questions sont bien plus  réfléchies ensuite, et elles restent, tournent, virent, tourbillonnent dans la pensée....provoquent des émotions plus ou moins à retardement, fatiguent  ou réjouissent.. mais de toute façon, prennent une part d'énergie qu'on ne peut donc employer ailleurs.

   Du coup, de même que je disais ailleurs que des flashes pédagos nous poursuivent dans notre vie ‘civile’ , les questions relationnelles sont toujours là en tâche de fond;
 telle une ombre portée qui peut mettre bien plus en cause de ce qu’on est soi-même qu'on le voudrait consciemment, cad pas seulement le statut de professionnel-le de l’éduc.

D’ailleurs, ne pas se poser de questions sur soi, dans ce type de métier, serait contre-productif.

Mais ça nous met en permanence en position de doute, non seulement sur nos propos, actes  ou idées, mais sur nous-mêmes.
Ce qui peut fragiliser certain-e-s, dans des moments particuliers de leur vie.

Mais ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, c’est bien connu.

LOL
Samedi 25 novembre 2006
   Dernièrement, Bébécygne a amené un de ses cochons d’inde en classe.
Une cochonne  d’ailleurs (honni soit...) nommée N**.

Il a convaincu sa mother, laquelle se décoince donc par rapport  à l’école, dont moi.(ouff)
Et  Bébécygne a bien dû parler un peu  de sa bestiole.(re-ouff!)

Du coup comme j’avait préparé des étiquettes-mots (oui je sais je suis parfaite),
mais que je suis pas  une maicresse normale (oui je sais je suis parfaite, bis),
ben on a déliré en prélecture (pardon, maîtrise du domaine de la langue écrite).
J’avais  les étiquettes suivantes :
-le-cochon d’inde-de-Bébécygne-s’appelle-N**.
-elle -se-cache-dans-sa-cage.
-elle-mange.
-elle-joue.

On a finit par  composer:
-N** mange .. un certains nombre d’enfants et Maybemaicresse.
-Elle se cache dans sa cage .
(ils ont repéré le phonème [ka] et donc les graphies  idoines, trop fort, la syllabique dans 2 semaines pour faire plaisir à robien).
-Le cochon d’inde s’appelle.. un certain nombre de prénoms d’enfants, et le mien.

Et voilà.
On va dire que Maybemaicresse a fumé le lino blanc du sol de la classe.

Le lendemain, pour ne pas être en reste, Vrillekibrille a apporté sa tortue....
cependant que ses parents ont demandé une entrevue à Legrantom, toujours pour ce bleu au front de début d'année pendant l'interclasse cantine...
Ils ne veulent pas comprendre que c'est la mairie qui est en charge de la chose....Legrantom va le leur signifier (après l'inspecteur d'académie, DirloPS et moi même).
On peut pas demander aux gens d'être intelligents, mais ce serait bien que les gens nous croient, qqes fois... on perd un temps... et de l'énergie, je vous dis pas...
et  c'est décourageant cette défiance, cette mise en cause permanente qu'on sent   toujours prête à affleurer chez certains.

Enfin, ce même lendemain, à l'entrée,  Mamandebébécygne s'est approchée  de moi, puis s'est ravisée, puis est revenue, genre tant pis allez je me lâche et me dit:
-" vous savez, il faut que je vous dise, enfin peut-être,  enfin voilà......"
-"ouiiiii?"
-" hier soir Bébécygne m'a dit: 'tu sais , tu répèteras pas à Maybemaicresse, mais je l'aime de tout mon coeur'.... ça m'a surprise...je savais pas s'il fallait vous le dire,  vraiment.... heu..."
fait-elle avec un sourire hésitant. Timide.

J'entends bien la litote dans le 'ça m'a surprise'.... et le 'je savais pas s'il fallait vous le dire' ....

Si vous avez bien suivi l'histoire de Bébécygne, vous vous doutez que je n'allais ni donner dans l'enthousiasme (ha  c'est génial, ça me fait super plaisir) ni dans la mièvrerie (oh comme  c'est gentil tout plein) : il s'agit de rassurer cette mère sur le fait que même si son enfant grandit et a des affects en dehors d'elle, elle, maman, ne le perdra pas.

Donc?
Donc je fais un mix de grande pro (lol):
 pas blasée, elle se dirait que  je m'en fiche de son fils, 
mais bien droite dans ses bottes pour qu'elle saisisse que c'est nor-mal qu'un enfant aime (ou parfois déteste, mais c'est toujours du lien) les adultes qui s'occupent de lui, que ça n'obère pas le lien aux parents.
Et qu'oser le dire sans restriction (par ex : "mais je te préfère, hein") à son parent prouve que l'enfant  sent qu'il ne le blessera pas en le lui disant; belle évolution, ça me fait plaisir pour la mère et le petit.

-" ha ben c'est super, vous comprenez ce qu'il vous dit? qu'il s'autorise à investir affectivement l'école, à désirer y vivre et y grandir, et donc à investir les enjeux scolaires... c'est une bonne nouvelle... voyez.. et en plus il a osé vous le dire..."
Elle est fine, elle doit se souvenir de ce qui a été dit  par elle-même lors de la première entrevue ....
 Elle se détend, sourit, acquiesce ...
D'ailleurs Bébécygne parle bcp plus, joue, rit, se lâche plus qu'avant...

Allons madame Mamandebébécygne, bravo, continuez comme ça...
Vendredi 24 novembre 2006
    Je reviens d’un début de soirée hot.

Que j’ai passée nue, au milieu de femmes nues, à se faire du bien à soi-même et aux autres.

Tous ces corps qui s’autorisent à se répandre en rires éclaboussés, sourires écoulés et soupirs alanguis.
Des seins  nourriciers ou qui le furent, des ventres  éloquents, des chairs à foison, des toisons emmêlées.

Des frottements aigus, des caresses mousseuses et des mains appuyées.

Des musiques et des yeux ébullients,
Des hanches d’amphore, par à coups proposées.
Des bras hauts levés sur des seins agités.

J’étais au hammam.
Et lisse, je suis.
Jeudi 23 novembre 2006
     Pfiou y’a trop de choses à raconter les mêmes jours, donc j’étale.
Grosbourrin disait donc à sa mère qu’il ne voulait pas manger le matin de peur d’avoir  à faire ses besoins à l’école.
Outre que le gamin pouvait tout simplement ne pas avoir faim ces qqes jours là  (il est grassouilet, il en mourra pas) et donc avait donné une raison  concrète à sa mère pour éviter le forçage, la mère le maintient dans un état un peu bébé, comme déjà dit ailleurs.

    Alors, vu que ces temps derniers on tivi, on a vu des reportages sur les toilettes moches sales  ou bien ne ménageant pas la pudeur,  enfin remplacées parce que des enfants en arrivaient à l’encoprésie ou à l’infection urinaire , de se retenir de les utiliser, je suppose que cette dame a achoppé  là-dessus.
C'est tellement plus facile de mettre en cause l'école (terme générique pour les locaux et les gens qui y officient) que de se poser  d'autres questions * avant!

En effet, le nourrissage,  au propre et au figuré, et ce qui en découle, chez les mères de ce type, c’est un élément important, voire LE élément ... et la maîtrise du corps de leur enfant itou, de leurs relations sociales, de leurs affects, de leurs pensées...
C'est moi qui te donne le monde, tu ne reçois que ce que je  te fais passer via mon filtre,  et puisque tu es moi, tu sens, reçois etc, les mêmes choses que moi (poussé à l'extrême).
Ce qui est valable dans les tout premiers temps de la relation mère-bébé  ne l'est plus  très très rapidement.

   .... vu qu'il est toujours plus opératioire de laisser les gens se parler à eux-mêmes que de leur asséner des choses qu'il ne pourront (voudront?)  pas entendre ou simplement 'prendre' comme une éventualité...je la laisse parler...
Un moment elle me dit , c’est vrai qu’il ne sait pas s’essuyer, ça doit être pour ça ça doit l’embêter de demander... (grumble les 'dames' sont disposet à l'écoute, faut pas exagérer, il est pas à la rue son petit) de toute façon, là c'est pas le pbme:  et mon sang ne fait qu’un tour.
Voire un quart.
À 5 ans un enfant gère ses évacuations!  (sauf épisode peu ragoûtant genre gastro blah...) [edit: je parle de la gestion matérielle de la chose, faut il un dessin? :-) pas des éventuelles fixations psychiques...ou de pbmes physiologiques]
 De plus , il  a 2 ans de 'maternelle' derrière lui, le cas  a déjà dû se présenter !
 J'y crois moyen à son argument...

Je la regarde en forçant sur mon air ahuri:
-”ben comment vous faites  à la maison?”
-”hé bien je suis là...[un temps] je devrais pas  je sais [mouais elle sait et elle a commodément oublié...] mais comment je peux faire?”
Rrrha mais c’est pas vrai.. il faut une école pour les parents....
-”ben vous lui donnez accès au papier,  et dans un premier temps, vous restez là pas loin pour si besoin d’aide, mais vous ne le touchez plus! Après il saura faire tout seul".
- “ et si c’est pas bien fait?”
-” il apprendra, à la sensation que ça procure sur la peau, à le faire, de toute façon il se lave le soir non?”

On parle pas souvent du désir  des parents vers l’enfant? Voire de leur Oedipe... pourtant....
(Attention: le terme 'désir'   ne désigne pas là ce qui est considéré trivialement  comme   un désir sexuel-génital, pas confondre siouplé)

On sait bien, par sa propre expé,  que le contact sur certaines parties du corps donnent du plaisir... on se le dit pas consciemment bien sûr,
mais au-delà même
- du côté pratique
('ca va plus vite si je le fais moi même plutôt que d'atetndre que mon enfant le fasse'..ouais mais l’éducation c’est prendre le temps d’enseigner l’autonomie)
- de l’emprise sur le corps de l’enfant (mon enfant que j’ai fait moi-même et qui m’appartient  crops et âme) et ses fonctionnements biologiques ( qui rassurent sur la ‘normalité’)
- du plaisir à être le recours pour l'enfant
....il y a  le désir de rester celle ou celui qui va donner du plaisir physique à l’enfant.

Or il faut bien que l’enfant prenne cela en charge tout seul, aussi, ça fait partie de l’investissement de soi, en tant qu’image intérieure du corps, le corps comme ressenti personnel, la construction du corps émotionnel donc.
Une grande partie de ce qui fonde son identité autonome, singulière.. et différenciée de l'autre.

Autre chose pour rassurer les esprits chagrins s'il s'en trouve : les toilettes de cette école sont nickel et cloisonnées, la pudeur n’a rien à voir là dedans, d’autant que je laisse, après demande, tous les mômes aller aux WC si besoin, considérant qu’ils sont assez grands pour savoir s’ils ont envie ou pas, et trouver le chemin tout seuls et s’assumer .

Donc je m'auto propose une interprétation qui serait  que Grosbourrin est en train d’investir (affectivement) l’école comme lieu où il peut exister pour lui-même (ce qui est une bonne nouvelle) , mais que, ce faisant, il a peur que sa mère craigne de le perdre (ce qui se passe effectivement) en tant que le bébé qu’il fut pour elle, (cad comblant son désir de mère)?
Alors comment fait il?
Il lui signifie que l’école est un lieu investi,  où il peut se lâcher, mais qu’il a peur de le faire justement, par peur de lui déplaire à elle.
Donc il se plaint de l’école: ça détourne l’attention de sa mère sur le fait qu’il tente de lui échapper un peu,  de prendre du plaisir ailleurs et à ‘grandir’;
ce qui lui permet effectivement de le faire, sans la blesser  et en l’assurant de la nécessité de sa présence (il n’y a que toi maman qui peut 'bien' recevoir mon caca)
Bénéfice secondaire:  il refuse le nourrissage (concret? imaginaire? fantasmatique?)  inadapté  à ce moment là pour lui.

Moralité, j’explique  un peu ça à Mamandegrosbourrin ( en bcp plus light) et lui raconte  que peu de jours auparavant  le petit m’a dit:
-”l’an dernier,  chez CollègueMS, j”avais pas envie de travailler, cette année j’ai envie”
....ce qui signifie bien son désir de “grandir” et  d’être un peu lâché par sa mère pour ce faire.
-”ha bon il vous a dit ça?”  [air ahuri offusqué]
-” oui alors, vous comprenez bien qu’il faut l’encourager là dedansd: vous en êtes où de la démarche psy?”
- “heeeuu beennn j’ai pas trop eu le temps.... mais j’y pense.... promis j’ai passé qqes coups de fil mais les RV  c’est long”
-” bon alors veuillez accélérer, parce que vous voyez bien il avance, il ne faut pas gâcher cela, ok? ”

et j’ajoute, d’un ton plus doux malgré mon envie grandissante de lui secouer le cocotier:
-” vous ne le perdrez pas, votre petit.. il grandit, c’est tout...”

NB: pour les ceusses versés en psycho/psycha: c’est UNE interprétation il y en a d’autres.
Mais  c’est celle là qui me semble opératoire à ce moment là et dans ce cadre scolaire là, et pour que Mamandegrosbourrin  comprenne un peu le processus en cours.

Je peux pas faire plus.
Son enfant ne relève pas d’une prise en charge Rased* en l’état actuel des choses, en CP le pbme se posera sûrement si rien n’est fait d’ici là....
Bon sang, que faut-il faire pour que les parents ne se vexent pas et nous croient quand on leur demande de faire une démarche ?
Cela lui a été dit en PS, en MS, là j’arrive à faire peur à certains en agitant le spectre d’un CP loupé, mais la démarche d’aide aurait été faite en PS, on n’en serait pas là., quand bien même... Grosbourrin  présente, à mon sens ( et pas que), des...allons, disons de moindres facilités que d'autres....

C’est au cours des années à constater ces atermoiements parentaux et  autres paranos et projections sur l’école, que j’ai appris la distance.
Ce sont leurs enfants.
Moi j’ai fait mon taf.
J’ai signalé, expliqué, au mieux de ce que je pouvais, j’y ai passé déjà 3 heures  en temps cumulés depuis la rentrée de septembre rien que pour cette dame là.
Si la comprenette ne vient pas, et l'action ne suit pas,  ben j'y peux rien.
Plus, je peux pas faire.
 Après... tant pis
Mais  ça fait chier, des fois.
Oups pardon, on dit:
 c'est laxatif...

*Rased = réseau d'aide spécialisé aux enfants en difficulté.

Mercredi 22 novembre 2006
  Ma chat d’autrefois, celle que personne ne pouvait toucher sauf Maybejunior (quand elle était de bon poil, et vu son nombre de poils...) et moi, savait profiter de toute mon étendue pneumatique pour se lover  étroitement sur les 37° de ma parfaite anatomie (si, parfaite, hého)
Dont sur le dos.
Or vous savez qu’un chat qui s’installe va d’abord faire un petit tour ou trois sur le l’objet moelleux de son désir de dodo ( et de dos dodo), puis éventuellement pétrir  ledit objet.
Un chat bien élevé ne mettra pas ses griffes en action.
D’où ce massage tout à fait  agréable de divers endroits.

Cuisse (pas top ça rappelle trop qu’on a de la cellulite mal placée),
bidou (pas trop, ça rappelle qu’on a de la chantilly sur notre absence de carreaux de chocolat),
plexus, (rhaaa lovelyyyyyyyy, ça décoince les humeurs et stress du jour)
et dos (là, on se paââââme direct, et  on ronronne en même temps).
Sauf que.
Chat1 et chat2 oublient leurs griffes en me pétrissant.
Un supplice donc. Très étudié, même, imaginez une épingle  qui vous larde langoureusement et en toute innocence toutes les 3 secondes, juste à peine assez pour agacer l’épiderme, mais pendant looonngtemps.

Hey je sais que tu m’aimes (humph) mais si tu pouvais le dire autrement...

Autre déception: chat1 et chat2 ne viennent  jamais sur mon dos, mon douloureux dos de maicresse à demi penchée toute la (sainte?) journée.
Pourtant il est pneumatique, lui aussi, surtout vers le bas.
Ne venaient !
Car  ce ‘jamais’ est enfin démenti par chat2 à partir d’il y a peu, jour à marquer d’une croquette au caviar  blanc.

Mon décubitus ventral a enfin inspiré un tâtonnement circonspect de chat2: c’est assez large.. moui... moelleux.. moui... chaud aussi.. mouui... ça mérite d’essayer.
Alors elle m’a essayée. De manière hésitante puis plus affirmée.
Je suis une femme divan.
Parlez moi de votre mère.
Ahem.

Mais autant Chattedautrefois squattait mon mi-dos, voire s’étalait en long dessus....
autant chat2 a trouvé que mon postérieur offrait de meilleures qualités en tant que référentiel bondissant au repos.
Or donc, et par conséquent, elle s’installe pattes avant+ tête sur mon rai de lune, et le reste du corps dans la chute de mon rein (parfait je vous le rappelle).

Autant dire qu’elle me tourne le dos.

Je ne sais pas comment je dois l’interpréter....
Mardi 21 novembre 2006
  Hé bien un exemple typique de parent vexé:
Papaedepeaudedamart arrive systématiquement vers 08:55 le matin, il emmène Peaudedamart à peu près 3 fois sur 4, en revanche quand  c'est la maman, elle est à l'heure.
Rappel: heures d'accueil: 8:20 à 8:40 et je tolère jusqu'à 45, je suis pas chienne (mmh, faut voir...), mais au delà, non:
 c'est déjà un temps long, après il faut rassembler les ouailles dans le calme etc.. bref, les gens qui fonctionnent avec des enfants comprennent ce que je veux dire...

Peaudedamart?
Ha oui faut que j'esssplik ce surnom: la gamine vient en nu-pieds en plein hiver, en tee-shirt etc....Les parents disent: c'est elle qui choisit,  fait comme elle veut, qu"il ne faut pas que je lui demande de mettre sa veste  à la récré... qu'elle saura elle-même.
Ouais.... un moment donné, c'est vous les adultes me retiens-je de dire...
Donc pour éviter les  querelles diplomatiques je *propose* à la gamine de mettre sa veste si elle se sent fraiche. (boudiou.... les contorsions orales..).

Lorsque  c'est Maman qui gère le matin, elle choisit ses fringues, mais file doux.
En revanche lorsque  c'est papa, non seulement elle choisit mais elle le fait tourner en bourrique (s'il ne l'était pas déjà), genre je veux ça, oh puis non, plutôt ça... le tout sous une philosophie de  'un enfant sait ce qui lui est bon'...
mouais ca fait un peu genre , je me donne des interprétations cautionnantes, des rationalisations après coup.
Pour info ce papa a un cursus (interrompu) en psycho, parait-il.
Ben alors,  faire de la psycho, ça ne donne pas de bon sens: les cordonniers sont souvent mal chaussés.

Bref donc, il n'a pas de pouvoir sur les 2 filles dont Peaudedamart.
L'aîné, fils de la mère,  issu d'un premier lit, je l'avais eu en classe  il y a qqes années (ça me rajeunit...) doit avoir 15 ans maintenant (je me sens de plus en plus jeune à mesure que je tapuscrite...).

Bref ce matin, arrivée tardive de Papadepeaudedamart....
Je dis, de loin, parce que je suis au milieu de la classe:
-"bonjour essayez d'arriver à l'heure s'il vous plait."
Et là il réouvre la porte  à la volée, et du haut de son mètre 90 et de sa carrure, m'assène d'une voix forte:
-"et,  BON-JOUR MA-DAME, hein?"
Ha bon il n'a pas entendu mon 'bonjour', donc.

Mais surtout il lui faut du respect pov'chou alors même que  c'est lui qui  (depuis 3 ans) n'est pas  fichu de *respecter* les horaires scolaires....

Je le regarde: "oui bonjour, ... et essayez d'arriver  à l'heure."
Il fulmine et claque la porte.
Bon... en gros il se fait bouffer par ses filles et quand on lui jette ça à la figure, ben il le prend mal et essaie de récupérer son petit pouvoir malmené sur moi.

Genre de petits machins  qui, cumulés, me donnnent envie de fuir.

Il me semble qu'on assiste à un glissement général.
Initialement:
L'école était au service de l'instruction des enfants,
puis:
L'école est au service de l'éducation des enfants,
puis, dans la mentalité générale:
L'école est au service  des enfants,
puis
L'école est au service de.

Génériquement.
Au service.
Donc nous aussi.
Nous sommes au service (de).

Fatiguée....
Lundi 20 novembre 2006
  Alors , je devais vous parler de notre ConfPed numéro 2  de la semaine précédente.

Mues par notre capacité déductive longuement exercée et mûrie aux arcanes de la Maisonmammouth, et sachant à quel point notre Legrantom est féru d’intégration d’enfants en difficultés (euphémisme pour handicaps divers...) , nous avions conclu, sans regarder le BO pour comprendre ‘ASH’,  que c’est à ce sujet que ce samedi matin nous étions, toute la circo sauf les dirlos qui avaient déjà  eu droit à la chose, convoqué-e-s dans un superbe amphi  surchauffé (ça me change de ma fac où ils ont toujours été sous-chauffés) .
CollègueMS,  qui donc cette année gère Petitepisa, comme bien vous savez (non? allez donc lire !) me dit:
-“ haaaa oui ça doit être ça ! Tant mieux j’ai vraiment besoin d’infos pour mieux la gérer; tiens d’ailleurs dis moi, quand elle est dans son centre aéré, pour passer d’une pièce à l’autre, elle emporte avec elle un objet de la pièce précédente, après elle le laisse... à ton avis, de quoi il s’agit là?”
J’explique ce à quoi il me semble que cette conduite correspond.
Et je lui fais part de mes doutes quant à cette ConfPèd qui à mon avis sera menée par Legrantom himself, et non, comme elle le souhaite, par un-e ou des  spécialiste-s, quand bien même ladite Conf se tient dans l’HP du coin.

Elle ne me croit pas.
Ben hélas  j’ai raison : il n’y a que lui sur le perchoir ... et Frigopétrifié (les émargements vous dis-je!! les émargements).
On va avoir Legrantom qui va causer 3 h de temps lui tout seul... youpi.
D’où je conclus qu’il va nous causer du déroulement admin et des procédures  à modifier (en gros,  plus impliquer les parents d’élèves)
Colère de CollègueMS à mon côté droit, et dubitativation intense de tous les autres autour  (oui, là vu que les écoles élémentaires sont concernées, y’a quand même  des zhoms instits....).
Il y a des  cahiers, des carnets de note autour de moi. Et du ras-le-bol anticipé.
J’avais prévu le coup: bouteille d’eau, ipod et bon bouquin ardu.
Chuis très douée pour avoir une attention sélective de l’oreille, dire des ralouilleries dans ma barbe à mes voisin-e-s qui pouffent et dessiner des trucs en même temps.
Mais là je vais lire je crois.

Comme prévu, Legrantom présente ce qu’il va nous dire, annonce que ça va être dense et long ... ça lui prend au bas mot 1/4 h, déjà ... je marmonne ‘il n’a qu’à commencer non au lieu de prévenir qu’il va le faire...?’

Et ... tadammmmmm le rétro projo connecté à son ordi nous montre quoi?
Les IO .
Bon d’accord .... ça va être une lecture commentée ...
Sur le mode:
“L’intégration c’est bon mangez-en, de toute façon vous n’avez pas le choix.”
Ben merci on savait. On savait aussi que si pas d'avs on 'intégre'  quand même (or  c'est le plus souvent le cas.)

D’abord  il faut  modifier notre vocabulaire novlangue: on ne dit plus “intégration”, le mot coince et fait grincer des dents.
Dans une quête de la “normalité” des enfants “en  difficultés”, on parle désormais, depuis la loi de février 2005  non plus d’AIS  mais d’ASH.
AIS :Adaptation et l'Intégration Scolaire => PISA (Projet Individuel d'Intégration Scolaire)
ASH: Adaptation Scolaire des élèves handicapés => PPRE (Programme Personnalisé de Réussite Educative)

Entendons nous bien, il y a quoi... allez mettons 3 décennies, et avant,  l’idéologie était que les enfants handicapés, quel que soit leur handicap, y compris psychocomportemental, n’avaient pas accès à l’école ‘banale’  et étaient relégués dans des voies différentes, plus ou moins bien adaptées.
D’énormes progrès avaient été faits dans cette prise en charge-là.
Le institutions ad hoc comprenaient des instits spécialisé-e-s.
Je parle à l’imparfait, parce que ces instits ont été sommés l’an passé de choisir entre 2 ministères de tutelle: EdNat ou Santé, et, dans ce dernier cas, avec obligation de changer de statut, et devenir  des éducs, en fait, et si choix était fait de rester instit, ne plus assumer qu’une partie réduite de leur mandat initial et pour lequel ils avaient été formés.
Une amie (nous avons fait l’Ecole Normale ensemble) a du coup renoncé à utiliser sa spécialisation et s’en est allée enseigner dans une école ‘banale’ , pourtant elle avait la foi.
 
Le mouvement actuel, depuis qqes années  est donc à l’intégration de tous dans l’école.
Sauf que le mot “intégration” tendrait à prouver que justement ces enfants-là sont différents des autres et nécessitent  un enseignement différent... donc haro sur le mot.
Car pour la réalité des faits, on  ne peut pas la changer.
Donc on surfe sur à la fois des nécessités économiques (les institutions spécilisées, ça coûte...) et sur un phénomène social général d’équivalence de tous face à la vie.
Alors oui, on a tous droit aux mêmes chances, et ça je le maintiens.
Mais on n’a pas tous les mêmes possibilités de s’en saisir.
Et bien des enfants “intégrés” dans des classes   banales auraient plus profit  à avoir un enseignement spécialisé que cette intégration-là.
D’autant que, comme déjà dit, il est rarissime  d’avoir un-e AVS pour un handicap autre que moteur.(et même là, c'est pas forcément le cas...)
NB: les media montrent ce qui marche ou la lutte des parents pour obtenir enfin que....

Par ailleurs, comme dit CollègueMS:
quand l’avs n’est pas là (le matin) je ne peux que m’occuper de Petitepisa, le autres sont en autonomie plus ou moins, ou alors Oeilpapillon lui court après au lieu de superviser un atelier...
bref, la classe n’a pas son fonctionnement normal, je ne peux pas m’occuper correctement des autres.
 Je la crois volontiers, j’ai eu moi aussi, comme bien d’autres, à gérer des enfants en  de telles difficultés (comportementales, motrices, affectives, tout ce qu’on voudra)...
Je me souviens des jumeaux  de 4 ans dont l’un étranglait des petits avec ses lacets pendant que l’autre balançait la plaque d’égoût sur les autres, et ce en 5 secondes d’inattention (la cour était grande);
de ce petit déjà bien atteint qui se masturbait sur ma jambe, dont la mère dépressive, en cours d’année, un matin à l’heure de rentrée de l’école  s’est jetée par le balcon de l’appart, devant ses 2 enfants dans l’appart et les autres dans la rue de la cité  en bas  qui arrivaient au portail de la “maternelle”;
de cette petite hurlante et gigotante qui ne se calmait que dans mes bras quand je lui caressais la joue;
des deux petits roumains just adopted, un qui hurlait de peur, l’autre qui ouvrait tous les verrous pour se barrer dans la rue;
de cet autre, en chaise roulante, gentil d’ailleurs , mais qui, frustré de ne pas pouvoir participer aux jeux des autres  dans la cour, finissait par être agressif...
Des enfants, qui ont à apprendre à se saisir du monde, autant que possible, selon leurs capacités... mais franchement,  en classe, on est démuni-e-s pour les y aider.
D’abord on n’est pas formé-e-s pour.
Ensuite, quand bien même on le serait,  les 29 autres ont envie d’apprendre, d’avancer dans leurs apprentissages, et de recevoir de l’attention de leur instit.
Les classes ‘banales’ ne sont pas toujours franchement adaptées à l’attention dont on besoin les enfants en difficultés....

Alors non je n’ai pas de solution miracle... sauf que le mouvement de balancier du  “tout-spécialisé ou rien” vers  “tout-intégré” me parait inadéquat dans bien des cas.
Sans oublier que, au final, tant qu’on compte sur notre “dévouement” (je cite Robien des bois.. dommage que je n’aie pas gardé sa lettre de rentrée, mais certaines phrases me sont restées...)  et tant que le corps enseignant arrivera à se  mettre en 54 pour que ça roule, au prix de sa santé, en général, nos technocrates ne verront rien à reprendre au système qu’ils mettent en place.
Les parents non plus.
Précision: je n’ai rien contre les parents d’élèves, mais il faut bien comprendre que, en ce qui concerne l’EdNat , ce sont plutôt leurs assoces qui ont du poids auprès des gouvernants, pas nous... nous .. nous représentons  1 vote pour 30x2 votes de parents.
Ca joue pas mal, au niveau local, notamment.

Une remarque sur le handicap:
c’est vrai que le mot est porteur de bien des représentations  plus ou moins exactes dans l’esprit des gens.
Il faut le considérer comme une difficulté à effectuer telle tâche dans tel contexte, ainsi  on se démarque de l’idée qu’une personne présentant un handicap quel qu’il soit est incapable de penser et/oud’agir  adéquatement dans d’autres champs du quotidien.

Il n’empêche qu’on est dans un vrai paradoxe:
l’école est une entreprise de formatage des enfants (à poursuivre une scolarité, à agir selon des normes, à intégrer un certain nombre de connaissances de base...) , donc, on est dans l’instruction de masse (son but initial) mais...
avec le temps (non tout ne s’en va pas, léo) on a bien saisi que tous les individus n’appréhendent pas le monde avec les mêmes outils cognitifs et que le contexte familial et social a une influence majeure.
Et ceci est une bonne chose, évidemment, l’évolution de l’enseignement, de la psycho de l’enfant etc, c’était necéssaire et ça l’est toujours.

Sauf que quand on pousse un peu loin:
il faut “personnaliser” l’enseignement ( ‘individualiser’ ça commence à être dépassé comme mot) et que justement, personnaliser pour chacun des 30 enfants.. rêvez pas.....

Mais ça va avec  le mouvement général du narcissisme de l’occidental moyen ( c’est aussi en ce sens que je parle des parents d’élèves, qui sont.. des citoyens comme les autres...), qui ne veut ni perdre qqchose de soi, ni vieillir, ni mourir....
En très très gros et très très schématique:
les règles c’est pour les autres, moi j’ai bien compris, donc je peux m’en affranchir, mais protégez-moi des autres, un flic derrière chaque autre que moi;
et intéressez vous à moi, je suis un être particulier;
je sais que je n‘ai pas de pouvoir mais je fais comme si je ne le savais pas,
et je fais comme si je l’avais... ;
et  laissez-moi tout obtenir de ce que je désire, là, maintenant, comme je voudrais...à *ma* manière;
car mon désir est souverain, l’autre n’est qu’un agent pour que je l’obtienne, voire un objet (c’est en ceci que je parlais je ne sais plus où de la société de la perversion où nous entrons... notez que ça s’applique aussi au monde de l’entreprise);
de ce fait, le “travail” au sens d’effort n’a de sens que dans une satisfaction immédiate.. ce qui clairement  n’est pas le fonctionnement  majeur des apprentissages scolaires....
Je parle de tendances, bien sûr, tout le monde n’est pas comme ça... mais une tendance... ça incline à...
Ca fait peur, non?
A moi oui.
.......
Alors Legrantom parlait, et les shadocks pompaient.....
Ma voisine de gauche écrivait, écrivait ...
- “tu prends vachement de notes, dis?”
- “non je prépare ma classe, ce sera fait, et à la pause, je me tire.”

Hé ben moi aussi.Me dénoncez pas.

Réfléxion de CollègueMS qui était restée "au cas où j'apprendrais qqchose" :
- t'as bien fait de te barrer, tu n'étais pas la seule et j'aurais dû moi aussi, j'ai rien appris que je ne sache déjà, les IO je sais les lire toute seule....

Dont acte.
Samedi 18 novembre 2006
J'aime qu'on me forme.
Qu'on me réforme aussi.
Miam.
En plus de 2 décennies dans la Maisonmammouth,  j 'ai eu exactement 2 stages longs (cad 2 fois 3 semaines)  au titre de la 'formation continue'... ces 2 dernières années.
C'est donc vachement continu, un hiatus de plus de 20 ans entre la sortie de l'Ecole Normale et mon premier stage.
Durant ces stages nous sommes remplacés par des futurs instits (heu PE, Prof des écoles, oui pardon pardon)qui valident donc une année ou leur diplôme par ce biais.
Sauf qu'à partir de cette rentrée ci, ça n'existera que de moins en moins voire plus: les stages seront de plus  en plus des stages "filés"  cad un jour ou deux par semaine pour ces futurs PE, ce qui ne remplace pas une expé longue dans une classe, mais économie,  économie.. et donc les Instits/PE en poste, adieu les stages de formation.
Bon, au départ j'allais pour râler sur autre chose (râler,  c'est ma vraie nature).

J’aime que la Maisonmammouth m’instructionne continuellement.
Oh ouiiiiiiii.
Surtout le mercredi.
Oh  ouiiiiii.
Mercredi jour des enfants, jour où les instits se ressourcent un peu dans *autre chose* .
Mais voilà.
Si les instits font  26h de présence hebdomadaire devant  leurs ouailles (naaan, pas du tout ce que vous croyez, ni de bénitier, mais ouailles = déformation de ouille-aïe), la 27 ème heure est couplée à 2 de ses copines pour faire une demi journée de, au choix, réunion,  concertation, animation pédagogique...
Rassurez vous, d’autres choses de ce type, dont les conseils d’école , ont lieu hors temps scolaire, dont aussi les rendez vous avec les parents... les preps en revanche sont officiellement comptées comme suit:
1/2h minimum de preps-correction -recherche etc, par heure de présence face aux mômes.
Faites le calcul.
Et venez pas me dire que oui y’a des vacances.
On est payé-e-s 10 mois étalés sur 12, donc, camembert.

Sans compter aussi cette prégnance dans la tête qui, quand vous passez dans un magasin, devant une image, que vous voyez un jeu d’enfant ou un vol d’oiseau, vous tiltez: ha je vais faire faire ça à ma classe, ou bien, zut et la petite berthe, elle a fini son vernis?
Bon
Je m’égare.
Du nord , du sud  et d’ailleurs.

Donc, les ConfPed obligatoires.
Que je prends soin de choisir  le samedi matin (ceux où les mômes ne travaillent pas, puisque 26 h de présence.. blah cf ci haut) , pour pas bouffer mon ***nécessaire*** mercredi.
Mais il y en a de moins en moins ce jour là. Et pour la “maternelle” , il y a aussi de moins en moins de propositions adaptées en termes pédago.

Tout ça pour dire que donc  ce mercredi matin dernier , j’étais donc à 9h précises dans une salle de classe tristouille (de CM1) pour entendre causer technologie  à la “maternelle”, et,  si possible, choper du concret là dedans.

09:05 - Arrivées successives de membres du corps enseignant (au féminin car  y’a qu’un seul homme, en plus du prof), et ça cause ça cause.. les enseignants c’est verbeux et puissamment cordevocalé (comme moi quoi...sauf quand j’ai un coup d’adrénaline).. mon ipod ne suffit plus  à la tâche, et je ne veux pas me bousiller les ouïes.

09:10 - La conseillère péda qui organisa ces modules, Frigopétrifié, parle d’émargement et présente Profpro qui est donc prof de techno à l’iufm càd pour les futurs enseignants, et qui parfois initie des séquences expérimentales dans des écoles avec des vrais z'enfants, avec, ou pour, des instits d’application ( les iIMF, cad instituteurs maîtres formateurs)

 09:15 - Profpro a déballé des objets variés (moulinette, voiture télécommandée, fer  de sa mère grand, séchoir à cheveux pâte à modeler, plastiques divers, des tas de trucs quoi) sur une table devant la classe (nous!) et demande à qq’une de bien vouloir venir faire un tri selon un critère de son choix.
Et merdoume.
Encore un chantre de la “pédagogie active”: en gros on nous fait agir comme on ferait pour les enfants.
Sauf que là , on a toutes facile 20 ans de bouteille, alors bon...

09:20 - Il cause sur le critère de choix . J’ai du mal à régler mon ipod. Il me gâche la jolie voix de cat power, je vire sur un truc instrumental.

09:25 - Il propose qu’un autre tri soit fait et me désigne volontaire.
Comme le geste est ambigu (on est bien serrées comme des sardines en boîte)  je demande:
- vous me parlez?
- oui
- alors moi non
- pourquoi
- parce que non
- mais pourquoi
- non  (il est bête ou quoi?ça le castre que je refuse? je fais ma tête de bois et mes yeux revolver)
- bon alors une voisine...
Celle à ma droite s’y colle, merci à elle...
Tandis que celle de gauche me glisse: pourquoi insiste t-il ce crétin, il n’a pas le droit, et puis on nn’est pas des mômes.

Bah simplement, les profs en question s’attendent à ce qu’on joue le jeu.
Sauf que bon, moi , après avoir été une élève qui mouftait pas et répondait à la demande, souvent en tremblant,   je me paie, maintenant adulte, le luxe d’envoyer balader ce qui me paraît stupide dans la Maisonmammouth, selon des critères persos que je n’ai pas l’intention d’expliciter tellement ils me paraissent évidents, et qui tiennent surtout au fait que:
- je suis venue chercher de l’info concrète ;
- et suis pas venue pour agir comme si je répondais à une  séquence pédago;
- et pas non plus écouter  la lecture des Instructions Officielles (dites: IO) , j'ai appris à lire y'a  un certain temps, je peux faire et j'attends plutôt des infos adaptées que des textes en novlangue;
- ni me taper des séquences à créer moi même sur un thème pour lequel justement je me sens des déficiences sinon je ne l’aurais pas choisi ;
-  j’ai pas 5 ans;
- je suis casse-noisettes.

Je fais donc la cancre, là,  oui, avec pattes et antennes....
Ma réputation,  plouff , tombée dans la pédag’eau :-)

Et donc, de ce besoin d’insister et de recevoir une explication alors même qu’on n’a pas franchement le temps et qu’on n’est pas là pour ça et qu’en plus je sais que 90% des collègues présentes pensent la même chose que moi mais jouent le jeu, elles,  je conclus in petto que:
- il nous prend pour des enfants sur lesquels avoir un pouvoir concret;
- la négociation dans ce cadre, où est elle?
- il ne sait  ou ne veut donc pas s'adapter à un autre public que des édudiants d'iufm n'ayant (quasiment) pas exercé;
- ça doit pas lui arriver souvent d’être face à des enfants un peu difficiles (bé vouais il bosse surtout avec des écoles d'appli)
- il est vrai qu’un homme en classe, et qui en plus arrive avec des tas d’objets à manipuler, ça attire les enfants (sauf les timides, mais ça se résout vite)  donc ça lui paraît plutôt facile, le contact;
- cependant,  la facilité de contact qu’il pense avoir est plutôt à porter au crédit de l’épistémophilie des enfants;
-donc qu’il vaut mieux qu’il soit prof d’iufm.
(je suis vache, hein?meuh)

09:40 - Je l’avais pas encore entendu mais là il me saute aux tympans: le tutoiement.
Oui, c’est une tradition de la Maisonmammouth, on se tutoie, entre collègues et entre profs et instits, entre conseillér-e-s et instits (majoritairement)
Entre collègues encore bon...on se connaît toutes un peu, de près ou de loin... mais ce prof qu’on reverra pas, qui ne nous a jamais vues, je sais pas, ça me dérange.
Ceci posé, le tutoiement obligé comme une marque de complicité (ha la grRRrrande famille...) à laquelle  je ne crois pas, m’a toujours dérangée.
Donc je vouvoie.
Encore plus fort:  ce sont les conseillèr-e-s péda qui font la bise à tous les instits indistinctement, pour ce même motif de convivialité... beurk.
Je convive pas.
Pénible.

09:50 - Faut vraiment qu’il parle moins fort de l’amont du cahier des charges de l’objet et de l’aval du fonctionnement en cycle 3. D’abord nous on exerce en cycle  1 et un peu 2.
Et  puis , il vient de prononcer  ceci: “...dans les IO...”
Alors là , je décroche.
Les IO,  je sais les lire, merci, c’est pas ça que je viens chercher , ni des pages photocopiées desdits, qu’il va lire tout haut, en plus.
Allez, faut tenir jusqu’à midi.

Pendant ce temps j’observe Frigopétrifié .
Qui est assise là, oeil bleu vide et pull bleu glacier amorphe, d’un air aussi passionnant et passionné qu’un congélo vidé de son CFC et débranché, pour le compte.
Cette dame, apprends-je, car je débarque dans les arcanes de cette circonscription,  a la manie de se cibler sur les émargements, de parfois ne venir vers la fin d’une AnimPed rien que pour ça...
Elle  donne l’heure de temps à autres à Profpro, pour qu’il respecte le programme prévu.
C’est elle qui nous a appelées une par une dans les z'écoles pour nous dire de pas louper la séance, parce que le mail inspection était mort hier (de toute façon on n’a pas encore d’ordi nous autres).. mais on a reçu les papiers ad hoc il y a un moment déjà...
Elle fait le café de la sacro-sainte pause (pendant laquelle je vais m’éclipser, j’habite dans le bâtiment à côté, je vais lancer ma machine, lire mes mails et des blogs, et enlever mon pull.) ce qui fait dire à ma voisine de gauche:
- ha elle sait faire qqchose quand même ! le café!
Je lui réponds:
- oui elle est polyvalente (blague à usage interne: quand nous avons fait nos études pour faire instit, le grand mot c'était la ***polyvalence*** de l'instit) mais elle faisait quoi avant?
- instit ! ça fait peur hein?
- nooon? bon sang ... vaut mieux quelle soit conseillère péda.
- comme tu dis, pff,  quand cherai grande je ferai ça.
- ouais moi aussi.
(les conseillér-e-s péda sont instits, à la base, et se sont spécialisé-e-s ... que je me pose la question  du  passé de Frigopétrifié montre à quel point je pouvais pas y croire... c'est  bien la première fois que j'en vois un-e comme ça)

10:20 - Profpro demande qu’on se mette par 2 ou 3 pour créer une séquence autour d’un objet , d'abord en l'observant sous toutes ses coutures et selon ses fonctions et propriétés... et annonce qu’on fera la pause après.
Ce à quoi  une de nous rétorque que zut quoi, elle est venue chercher à savoir quoi faire,  et comment, et non  pas à réfléchir comme si elle préparait une séquence, vu qu’on fait ça tous les jours merci.
Approbation générale. Merci madame.
Profpro est renvoyé une deuxième fois dans ses cordes. Il a  un  temps d’arrêt, patte levée, museau frémissant, on dirait un matou  se pourléchant l'instant d'avant devant une coupelle de wiskas..... qu'on viendrait de lui ôter de devant les babines... et s’incline: bon je vais  reprendre la parole.
Voilà, reprenez donc, très cher..
Mais pas pour lire les IO, pitié.
En fait, on se dit tacitement toutes qu’on va laisser le temps filer, et surtout ne pas lui  opposer d’arguments pour être sures que ça finira à midi...

Dans les anims péda, un truc plus intelligent  à faire, à mon sens, pour le public que nous sommes, c’est demander qui souhaiterait s’exprimer sur sa pratique du thème que nous avons choisi d’explorer, genre une séquence précise ou un pbme rencontré dans une séquence, et discuter dessus  des tenants et aboutissants, et améliorations possibles, avec ou sans docs.

D’abord parce que toutes on est très seul-e-s dans nos classes, mine de rien, c’est une liberté mais aussi une vraie contrainte, on crée  souvent ex-nihilo sur un peu tout , et on n’a jamais le temps de se voir d’écoles à écoles, ou alors ce serait hors temps professionnellement dédié à cela, et franchement on est assez épuisées comme ça pour ne pas se rajouter un truc de ce genre.
Ensuite parce que, ne débarquant pas de l’iufm la veille, la novlangue meirieutesque et la réf aux IO nous agacent, nous savons à peu près cibler où nous avons des difficultés et savons aussi que c’est le terrain qui nous apprend les choses à faire, pas faire et comment les faire au mieux, et non l'inverse.
Enfin, parce que nous faire faire ce que nous faisons faire aux enfants ...à moins d’un exercice déclaré de mise en situation pour bien comprendre le processus, ce qui nous est toutes déjà arrivé,  ça va une fois. Après on a compris.
Mais curieusement .. c’est à la mode...

Je vous épargne la suite du reportage.
Car il y en a eu un autre ce matin.
Hé oui, cette semaine, j’ai 2 anims.
Comme quoi c’est bien foutu ce truc non?
Ainsi que me l’a dit une autre conseillère péda au bout du fil:
- oh lala vous savez, les Conf Péd, c’est vraiment l’usine à gaz.
J’en doute pas...

Ce matin, obligatoire pour tous les enseignants de la circo, dans un amphi de L'HP de la ville, sur l'ASH. Ahah, vous brûlez de savoir cékoitess, hein?

Mmmhhh je crois que je vais faire une sieste avant de vous raconter ça.

Meroww


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