Mardi 31 octobre 2006
Je viens de faire quelques modifs ce soir dans quelques textes : changer des initiales et  quelques indications au sujet de personnes, et ce, pour préserver un minimum de confidentialité et d'anonymat.
Donc certains comms qui citent ces mêmes personnages deviennent sans doute un peu abscons, mais je ne peux pas les modifier, eux, alors tant pis.
En fait, je ne veux attirer de gêne ou de foudre sur personne.
Surtout pas moi (ouh la peureuseuh...) vu les expés récentes de garfieldd et bereno pour ne citer qu'eux...(oui il sont autrement connus, mais l'état c'est comme l'amour, il frappe où il veut).

A part ça j'ai cru comprendre que certain-e-s seraient peut-être un peu paumé-e-s dans les pseudos et appellations utilisés dans  mes récits de la catégorie "oboulo!".
Voulez vous une piqûre de rappel en forme de dico ?

Enfin je vais ici même lancer  un concours.
Enfin heu non, pas un concours,  un jeu stupide.

Avec l'aide d'un générateur de phrases qui me faire riiiiiiire depuis un certain temps et que pas mal d'entre vous connaissent sûrement:
le mondialement célèbre  Meirieutron

Je vous propose de générer une phrase qui vous parle (mais est-ce possible?) et de la traduire en français banal du citoyen lambda ou  de l'instit lambda  (s'il y a lieu) pour qu'elle soit (enfin!!) opératoire  cad qu'on la transpose dans le concret.

Exemple là tout de suite
j'ai généré:
"Tant que durera la préoccupation didactique à l’heure de la mondialisation, il convient de se positionner avec une mise en oeuvre se réferrant à des situations-problèmes par essence citoyennes."

Une traduc à ma sauce:
"En nos temps où le citoyen est d'abord un con-sommateur dans les grandes largeurs géographiques ou virtuelles  mais non économiques, il s'agit de se questionner sur la pertinence ou non  d'enseigner à ses potentiels enfants à payer sa baguette et dire au revoir en sortant."

A(musez)  vous.
Dimanche 29 octobre 2006
...de résonance.

    Dans la familles bâtiments communaux, je demande l’école.
L’endroit de vie collective bruyante par excellence.
Vous vous souvenez sûrement du silence qu’on vous imposait, d’une impression de calme....?
Oubliez le fantasme.
En fait vous viviez dans le bruit mais ne vous rappelez que de la contrainte à en faire moins, encore moins...
Normal: c’est bien ce qu’il y a de pire le bruit.
C’est fatigant pour tout le monde, adultes et enfants.
Quand ceux ci me disent:
-"Maicresse, je peux pas me concentrer y'a trop de bruit autour..."  j'avoue mon impuissance et demande à tous de baisser la voix si possible.
De murmurer (faire taire longtemps cad + de 3mn des enfants  de cet âge... ce n'est guère possible, ni adapté à ce qu'ils font).

    Mais il y a des gens intelligents qui savent construire des établissements adaptés à une moindre  résonance.
Il paraît.
Parce que jusque là je ne les ai pas rencontrés dans mes divers postes, les établissements en question.Ha mais si, une fois, un local de cantine, pardon, restaurant scolaire, qui venait de voir ses plafonds aménagés pour briser la ligne des bruits en faisant une sorte d'écran  à double inclination.

    L'établissement où je suis actuellement atteint des sommets de décibels inutiles.
Je me surprends  à fermer la porte de ma classe (ben oui je ne la ferme jamais, horreur de ça) parce que la moindre voix, le plus léger pas dans le couloir résonne au centuple, et que la classe aussi, et la 'grande' salle dite d’accueil et qui fait office de salle de motricité (toute en longueur, avec des pylônes dedans, un truc carrément  inadapté) c’est encore pire.

     D’ailleurs, suite à des travaux de réfection, on aurait pu s’attendre à ne pas  voir là posé un pylône de soutien en plein milieu de la salle au profit d'un meilleur étayage du toit, et à ce que les plafonds etc soient  un peu améliorés, question son .... nononon, car les assurances ne remboursent que pour l’achat du même matériau, compte tenu de la vétusté.C'est logique  notez...Et comme la mairie ne rajoute pas un franc, pardon un zorro...
A nous le clone du lino blanc d’origine qui garde bien les traces de tout, et donc la résonance nance nance NANCE ...
J'attends le larsen à chaque seconde tellement c’est construit *pour* amplifier.
Au point qu’il m’arrive de mettre des bouchons d’oreille en mousse....chhhhhut ne répétez pas.
J’entends tout aussi bien les enfants, il suffit de ne pas trop les enfoncer,  et ça atténue le reste.
Si seulement ces bouchons avaient des couleurs plus discrètes que rose layette ou jaune fluo, bleu lagon pétant ou orange sanguine, ce serait mieux... là si un gamin les repère, ma réputation est faite ( et pour une instit la réputation, c’est le blabla de certains  parents) cad perdue !
Quoi? Elle ne veut pas entendre les enfants, risquerait de passer à côté d'une demande capitale ou d'une mise en danger ou en échec!
Au pilori !!

   Dans la cour encore ca va je peux dire que je crains le vent....stupide et bête comme un vivant...(non c'est pas de moi, qui connaît la suite, mmh? oué, blog interactif...)


    En tout cas, ces qqes jours sans ce bruit prégnant, magma au travers duquel il faut repérer les sollicitations, interrogations et interpellations enfantines.... je les savoure...
Samedi 28 octobre 2006
Après tout, ce petit machin torché en 3 mn chrono il y a qqes années mettra un peu de sesque,  QSP pour ce blog morose et fatigué, à la demande générale (murff).
Je sais pas pourquoi je l'aime bien ce truc.
Pas pour ce qu'il dit.
C'est basique, et peut-être que ça choquera certain-e-s - qui se demanderont d'ailleurs ce que ça fiche là-.
Mais pour avoir osé le poster à l'époque où ce fut fait la première fois, sur un forum de bon aloi et aaaachement visité.
On a sa fierté des fois.
Plus ou moins bien placée, en effet.
Donc certain-e-s d'entre vous le connaisse, et peuvent me traiter de flemmarde, cossarde et poildanslamain-arde,  c'est assumé :-)

Notre Cl*to qui êtes précieux,
que votre nom soit sanctifié,
que votre règne vienne,
que votre volonté soit faite
sur le lit comme au septième ciel,
donnez nous aujourd'hui notre plaisir quotidien,
pardonnez nous notre désaffection comme nous pardonnons à ceux qui vous ont oublié,
ne nous induisez pas qu'en pénétration,
et délivrez nous du mâle,
car c'est à vous qu'appartiennent
le règne, la puissance, et la gloire, aux siècles des siècles,
amen*


* choix possibles: hey men, à (la) main, ainsi soit elle, hymen...
 
Jeudi 26 octobre 2006
chat1- elle se lève pas !
chat2- non c’est bizarre....
chat1- c’est que j’ai la canine creuse moi
chat2- moi aussi, qu’est-ce qu’on fait?
chat1- si on essayait de la réveiller?
chat2- on va se faire jeter, non?
chat1-qui ne risque rien...
chat2- bon on va ya aller doucement, je vais m’asseoir à côté et la regarder fixement
(....)
chat1 - ça marche pas ton truc!
chat2- bah non
chat1- attends pousse toi, je vais lui malaxer les abattis d’un air dégagé genre je me balade et j’avais pas vu que tu étais là
chat2- elle va pas aimer
chat1- ben moi j’aime pas avoir faim, hop
(...)
chat1- je crois que ça suffit pas... je vais aller ronrnnnmeerooowwwerrr dans son oreille
chat2- tu vis dangereusement..
(...)
chat1- ouille, elle veut vraiment pas se lever!
Mercredi 25 octobre 2006
Les tous premiers jours j’avise un blondinet fluet qui ne me sourit ni ne me parle et qui m’ignore avec force, enfin qui essaie, se force à,  parce que, à son coeur défendant, il rentre dans le jeu.
Je le retourne comme une crêpe  à l’humour. (bah oui chacun-e son truc)
Mais je le sens tiraillé entre l’envie d’être là et d’investir la classe et sa Maybemaicresse,  et l’envie de respecter ce qui le retient, mais quoi??
Bon  plus de vingt ans de bouteille  je crois que je sais de quoi il s’agit.
Mais ça mérite approfondissement, des fois que je me goure.

Je dis à la mère que je souhaiterais la voir.
(NB : je dis toujours que je veux voir ‘les parents’, mais sans illusion...)
.....ce à quoi elle me répond avec un haut le corps offusqué et accusateur:
-”ha bon mais pourquoi?”
- “hé bien je voudrais comprendre un peu mieux les  raisons de son effacement et c’est vous qui le connaissez le mieux, n’est-ce pas”.
Voilà voilà.. ce n’est pas de la démago mais bien de lui confirmer que  c’est SON fils.

Qqes jours plus tard, elle me redemande pourquoi sur un ton... allez on va dire agressif?
Comme je vous ai déjà dit , à l’accueil  du matin ou bien le soir après l’école (où je n’ai plus envie de rien sauf de silence) je fais dans le rapide.
Après tout, si je demande un rv (ou si on m’en demande un) c’est pas pour se voir entre 2 portes.
Je lui réponds donc  qu’on va en parler justement, mais qu’elle ne s’inquiète pas, il va bien le petit.
Et oui, il  vit sa vie, se peigne avec les potes, joue, mais... au niveau des apprentissages, attend que le boulot lui tombe tout rôti dans le bec.

Je demande qqes renseignements à CollègueMS, qui l’a eu l’an passé:
-” oh lala  les heeeuuuures que j’ai passées à simplement lui faire écrire son prénom et qu’il veuille bien faire autre chose que jouer”
Ok je vois.
Ìl est fin et intelligent ce petit, c’est autre chose qui ne va pas: il ne veut/peut pas investir affectivement la classe, cad, en somme, le fait de grandir et de s’ouvrir au monde.
Que se passe t-il?
J’vous lasse deviner un peu et je digresse pendant ce temps là.
(les ceusses qui se penchent un peu sur l’enfance ont déjà cerné, sûrement)

Pour grandir et s’ouvrir au monde  il faut le désirer un minimum, qu’on vous  laisse constituer ce désir, (qu’on ne vous l’impose pas non plus en fait mais je fais vite) qu’on vous fasse ressentir que c’est votre choix et qu’on le respecte voire qu’on l’encourage (mais pas trop, sinon ce n’est plus une liberté personnelle) et .... qu’on  vous accompagne sur ce chemin si on le peut, cad quand on peut plus, qu’on vous aiguille avec *confiance* vers celles et ceux qui sauront le faire, autrement dit, qu’on vous laisse investir affectivement d’autres figures adultes que vous, parent.
L’affect joue sur deux versants: amour haine, avec tous les degrès possibles que vous mettrez entre ces 2 notions.
C’est *nor-mal*, et  c’est ce qui fait la relation humaine.
L’un-e sans l’autre est pathologique ou mal construit, et inversement.

Donc l’instit sera une figure d’investissement, au titre de l’envie de lui faire plaisir comme aux parents, d’abord, puis de saisir que  c’est pour soi qu’on bosse et que ça lui fait plaisir de voir qu’on avance sur un chemin perso et autonomisant (parents aussi ,c’est pour vous là !)
Du moins  c’est ça qu’on doit donner à ressentir à l’enfant (et non pas que l’on se narcissise à sa réussite, même si c’est un peu vrai,  et qu’on s’effondre comme un affront ou une destruction perso à ce qui peut être, dans ce cas là,  connoté comme un échec, ce qu’il n’est pourtant pas mais je reviendrai sur ce qui est dit “échec scolaire” plus tard.)
Donc.

Je sens Bébécygne comme retenu par un élastique dont le caoutchouc  ne peut s’étirer audelà d’une limite....qui clairement n’est pas la sienne.

RV avec Mamandebébécygne (son père n’a pas pu venir.. me dit elle. Si  je prends soin de proposer mes RV le samedi, c’est que justement  majoritairement les gens sont libres ce jour là, ou trouvent moyen de).

Mamandebébécygne est grande bien découplée  n’a rien de fluet , à l'inverse de son fiston, ce en quoi la soeur aînée ressemble  à la mère.

Je lui explique le comportement de Bébécygne.
Elle me répond que oui la soeur c’était pareil et que au CP, zou c’est parti mon kiki ,elle a pris le train scolaire en marche et tout à fait bien.

Je traduis son propos: la maternelle ça ne vaut rien.
Du moins pas à côté de moi qui suis la *vraie* mère.

[Et là je vais râler: arrêtons de nommer l’école préélémentaire “maternelle”, d’abord parce qu’elle n’en n’a pas l’aspect, ensuite parce que cela conforte le stéréotype de la petite enfance qui devrait être animée/gérée par la mère, des femmes.]

Donc Mamandebébécygne me signifie que la maternelle ne la remplacera pas, ha mais.

Ceci posé, je sens bien que la fille n’est pas investie de la même façon que le fils.
Je laisse dérouler le discours.
Et on arrive à la relation mère-fils.
J’entends un  “oh mais j’en ai marre du discours des psys, j’y crois pas du tout, et ça m’énerve.”
Traduction: ça dit des choses qui me dérangent.
Précision,  Mamandebébécygne “travaille  avec des enfants en difficultés psychique” me dit elle.
J’ai pas regardé quoi (ouh vilaine Maybemaicresse qui regarde pas les fiches) mais elle n’est ni soignante  ni psy.. donc je présume qqchose qui pourrait aller de animatrice/éducatrice à chargée de l’hygière. Aucune idée  et m'en fiche d'ailleurs.
De toute façon elle a des horaires souples et légers à vue de nez.

Et on arrive au coeur du pbme, je l'ai laissée y arriver toute seule, si cela venait de moi ,ce serait invalidé dans la seconde qui suit:
-”.. et puis vous savez c’est le petit dernier, c’est un peu mon bébé.. c’est vrai que j’ai du mal à le voir grandir...”
Voilà voilà.

Alors je rassure, lui dit que son enfant ne l’aimera pas moins en grandissant etc...
Vous suivez?
Pour suivre, c'est là .
Mercredi 25 octobre 2006
Plus tard j’avise CollègueMS et lui raconte un peu (secret professionnel mais besoin d’info, on navigue entre les deux) elle me confirme que cette mère 'ne lâche pas' son gamin.
C’était début septembre.

Il y a qqes jours, Mamandebébécygne passe payer les photos de classe, et m’interpelle:
-” dites moi, comment on entre à l’IUFM?”
J’explique.
- “Bah de toute façon ça doit pas être bien dur non?”
Si mais à quoi bon la détromper, ce n’est pas cela qu’elle me dit.
Ce qu’elle me dit: je voudrais voir et savoir ce que vit mon fils en dehors de ma présence,  et de toute façon, vous ne ferez jamais aussi bien que moi sa mère.

Et hier matin, je la vois arriver une feuille bariolée à la main, suivie de Bébécygne.
C’est curieux j’ai l’impression qu’elle vient vers moi avec une sorte de répulsion.
Comme la feuille est agitée à bout de doigts (elle est sale?)
Attirance/répulsion... tiens tiens.
Elle me tend la feuille à bout de bras, avec brusquerie et une sorte de dépit:
-”tenez, Bébécygne  voulait absolument vous donner ceci.. je ne sais pas pourquoi, depuis qqes jours il  fait plein de trucs pour vous, et il veut vous donner plein de choses....”

Mais siiiiii elle sait pourquoi, et  c’est bien cela qui la rend... jalouse.

Le fait que ce soit elle  qui me “donne “ ce dessin, montre aussi qu’elle ne peut pas laisser l’enfant le faire lui même, ce serait avaliser son désir à lui ...
D’autres enfants le font aussi : j’ai un coin où j’accroche leurs dons divers...
Alors dédramatisation, à la fois signifier au petit que j’ai bien reçu le dessin et le message qui va avec, mais que je vais aussi rassurer sa mère:
-”C’est bien regardez, il fait comme d’autres le font, voyez le coin là? Viens voir Bébécygne on va accrocher ton dessin avec ceux des autres, il est superbe....”
Traduction pour  Mamandebébécygne : en fait, elle en a d’autres, donc c’est que pour elle Bébécygne n’est pas spécial et qu’elle ne me le volera pas, même si quand même, merde, c’est moi la mère, pas cette instit minable... dont je comprends pas pourquoi *mon* fils veut lui faire des cadeaux et vient dans sa classe en chantonnant le matin, ça doit être pour jouer avec ses potes...

Ok j’assume la place de "seconde" et "secondaire", mais il y a gourance totale pour cette mère là comme bien d’autres dans ce même cas :  le lien  ne se pose pas en termes de hiérarchisation d'amour.
On est typiquement là dans une configuration  qui fait la joie des freudiens: mère qui n’existe comme femme que si elle fait un fils, et des lacaniens: mère qui a le phallus (complétude par l’enfant, et pouvoir sur le monde à travers cette complétude via le masculin) et donc tiers séparateur de cette fusion mère-enfant dont *elle* a besoin, auquel elle ne laisse pas de place, quel qu’il puisse être, mari/père ou institution, ici scolaire.
A la  limites les copains de Bébécygne ne sont pas, actuellement , dangereux pour la relation qu’elle souhaite ne pas voir évoluer, puisqu’il sont  encore petits et non autonomes.
Mais  à l’adolescence...enfin d'ici là ça peut évoluer :-)

Donc elle  ne peut pas autoriser son fils à désirer vivre ailleurs  que là où elle-même  se trouve (je parle en termes de position psychique .... mais le reste n’est sans doute pas faux non plus).

Ceci posé, il faut bien comprendre aussi que ce qui fait que certaines  femmes ne peuvent se sentir exister que par la procréation et notamment  celle d'un fils, c'est culturellement construit et non pas une donnée de la nature ou de l'inconscient féminin.
En plus, qu'apprend-on en psycha?
Que  l'inconscient  est certes construit comme un langage mais ne connait ni la négation, ni la différence des  sexes, ni la causalité,  ni la temporalité.
Tout est présent  et dans l'affirmation et dans le "donné comme ça".
Oui je schématise à mort là.
Donc.; enfin je vous laisse conclure tout-e-s seul-e-s.

Entendons nous bien, Bébécygne est intelligent, fin, et fera son chemin... mais l’élastique l’empêche de prendre plaisir  à la scolarité, du moins en “maternelle”, et donc de s’y investir en termes affectifs et d’apprentissages.
Dommage.. ça va me demander plus d’efforts, et à lui aussi surtout, pour avancer *avec* le groupe classe.
Un peu du gâchis quoi.

Parents  laissez donc investir la figure enseignante par votre enfant, c’est signe de bon développement et de sécurité par rapport à votre lien affectif que vous aurez établi entre lui et vous: d’un lien dont on est sûr, on peut le poser dans sa poche un moment on sait qu’il sera toujours là à dispo quand on aura fini ce qui nous sollicite à ce moment là.
C’est ce qui rend la vie sécure, ces liens  bien établis qui laissent l’enfant aller vers l’autre, ver sle monde et revenir et sentir que vous êtes heureux de cette autonomie naissante.
(Faudra que je vous parle de la “séparation”, un de ces jours.)

Enfin si l’on arrivait à comprendre que toute personne qui fait fonctionner une collectivité est dans une position paternelle et non maternelle on avancerait.

Notre société est encore actuellement construite sur des rapports de genre  où les sexes ont des rôles plus ou moins délimités.. et qui tendent à se déliter, mais ce n’est pas mon ptropos.
La figure enseignante , à quelque niveau que ce soit, est une  personne qui ouvre au monde, pose des règles (de vie, de lien sociales, de conduite.; d’écriture, de lecture de comptage.. ha oui...) et permet d’utiliser sa curiosité, son intellect etc...
Elle rassure aussi.
Autrement dit, dans la configuration socio-culturelle actuelle, c’est une figure paternelle.
Mais dans la petite enfance, cette figure est majoritairement portée par des femmes;  si l’on se réfère au rôle du stéréotype de genre féminin (doux, contenant, au service de , qui maintient  des situations initiales cocoonantes regressives) la distortion, au sein de notre système social, est donc  assez flagrante pour poser  question sur notre façon de considérer les femmes l’enseignement ou l’encadrement des enfants...

Allez  ça suffit pour aujourd'hui... :-)
Mardi 24 octobre 2006
     Petithéâtreuse me paraissait tout de même un peu trop angoissée pour son bien.
Toujours  à demander à ses copines: tu m’invites, tu  vas m’inviter?
Elle finissait par être rembarrée, et c’était un drame.
En reliant ça à sa sensibilité mal cachée par un comportement de pseudo rigolote qui “joue” avec sa voix  ou bien se crée des jeux symboliques très prégnants, et sa sa demande de câlins divers, son petit eczéma persistant, je me suis posée la question d’une angoisse de perte.
Lors d'une réunion, sa mère  est arrivée un peu en avance, j’en ai profité pour lui demander un peu comment ça se passe...
-”elle me demande tout le temps, enfin non, elle me dit tout le temps  maman je t’aime, alors bon je réponds que moi aussi, mais c’est pesant, je finis par répondre un peu vivement parfois...”

    Le premier temps de la phrase de la maman est pourtant exact: Petithéâtreuse est en demande, mais de quoi?
Elle est bien insérée, vivante, présente, suit bien, raisonne avec alacrité, bref, ça roule tout seul.
Sentirait-elle une angoisse de sa mère? De son père?
Apparemment il n’y a qu’à la mère qu’elle tient ce discours.
Et pour autant que je sente bien ce que Mamandepetitethéâtreuse me signifie, le pbme se place dans la relation à la figure maternelle.
Et dans la relation de cette mère à sa fille.
C'est dialectique en somme.
Atteindre sa fille c'est la toucher elle, mère.

-”vous pensez que c’est un pbme pour elle? cette demande?
  qui va avec ses demandes aux copines?” ouvrè-je...

- “oui, ça me mine, je suis  sûre que ça lui prend énormément
  d’énergie à l’intérieur d’elle, et puis je me demande ce que
 ça veut dire, en fait...”
-”vous lui avez demandé ce qu’elle a peur de perdre?”
-”oh non j’ose pas, ça va me remuer, je sens qu’il y a qchose là,
  mais si vous pouviez, moi j’arrive pas, c’est dur pour moi...”

Bingo.

Le malaise de Mamandepetitethéâtreuse est visible.
Je la rassure, lui dit que je vais voir comment je peux aider sa petite, qu’on va y arriver... la réunion commence.

Lundi matin: j’avise Mamandepetitethéâtreuse dans le couloir, elle a visiblement qqchose  à me dire.... venez venez...
Parler aux parents le matin à l’accueil ( à 8:20 vous savez...) c’est pas simple, parce que je surveille la classe et les arrivées successives, en même temps, donc le temps de dialogue est à ce moment là succinct.

- “oui?”
-”je voulais vous dire.. elle va certainement venir vous parler...
  ce week end on a parlé un peu de son pbme d’invitations de copines,
  je lui ai dit que moi  je pouvais pas trop l’aider, que peut-être valait
  mieux en parler à maitresse...”
Je sens l’inquiétude de la mère.
Inquiétude donc culpabilité.
Mais aussi, qu'elle ne se "dégage" pas de sa fille.
-”bon, c’est bien d’avoir commencé,  on va faire un brainstorming,
  je veux dire, on va avoir un temps de parole avec le groupe à ce sujet,
  après on verra ce qu’il en sort..”
-”oh oui si vous pouviez essayer.. après s’il faut faire une autre
 démarche je suis prête à le faire ..”
 (entendez elle me dit qu’elle a déjà envisagé de voir un-e psy, quoi)

(un truc qui j’ai oublié de vous dire c’est que je souris bcp, genre materno-indulgent-vif avec humour qui allège et rassurant-présent, les signaux émis par le visage  ça complète le verbe, bien sûr.. enfin vous voyez, quoi)

Je sens le soulagement de Mamandepetitethéâtreuse mais aussi son angoisse.
Je le lui dis (avec miel fleurs etc) tout en avisant la poussette et la petite fille qui est dedans.
Alors là mea  culpa.
Je regarde peu voire pas les fiches  de renseignement des familles -sauf quand besoin du numéro de  téléphone en urgence , ou de consulter les éventuelles allergies - et autant certain-e-s familles montrent et surmontrent leurs autres rejetons, auttant certain-e-s sont discrètes, Mamandepetitethéâtreuse est de ce second modèle.

Je carbure: vu l’âge de cette petite ,elle peut être la soeur.. née vraissemblablement quand Petitethéâtreuse devait mettre son langage en place et.....

Je m’adresse à la poussette et son contenu
- “ ah coucou toi ! alors quel âge elle a?”
-” ben  bientôt 3 ans.... elle entrera en PS l’an prochain”

Bingo!

Petitethéâtreuse est donc entrée en PS exactement 2 jours avant la naissance de sa soeur, faites les calculs.

-” oh mais vous êtes d’une synchronisation parfaite “plaisanté-je
-” oui  c’était peut-être pas une bonne idée, ces dates là, la première rentrée de Petitethéâtreuse a été très dure, je....” gêne...parole précipitée qui défoulent...

Voilà voilà...
La ressenti de la perte et de la culpabilité de sa mère, c’est cela que Petitethéâtreuse nous donne à comprendre...
Bon.. ben on va voir quoi faire..
En fin de discussion, Petitethéâtreuse qui jouait dans un bout de la classe, est venue nous voir poings sur les hanches, simulant l’indignation:
-”vous parlez de moi?”
-”pas exactement, nous parlons des invitations de copînes...”
-”ha bon ça m’interesse pas!”
et elle repart en se dandinant, fière comme un petit banc de sardines qui frétillent...

J’avise la maman et son oeil inquiet sur sa fille, comme si elle ne saisissait pas que le côté factice et surjoué de Petitethéâtreuse est plutôt un signe de gestion de son stress à sa façon d’enfant, que l’inverse...
Je fais semblant d’adresser à la fille déjà partie un
-”oui mon oeil tiens”
qui soulage la mère et la place du côté d’une complicité avec moi.
C’est quasiment une alliance thérapeutique en somme.
La maman"croit" à tout ce que lui  montre sa fille.
L'une joue donc sur l'autre, et quand je dis "joue" entendez le mot dans tous ses sens.

    Bref... comme d’hab , on va aider l’enfant en aidant la mère... à déculpabiliser d’avoir, par sa seconde maternité, éventuellement ‘abandonné’ sa fille aînée.
Sauf que la relation pédagogique n'est pas une relation thérapeutique, on atteint vite les limites de ce qu'il est possible de faire et donc il est probable qu'à moyen terme j'aiguillerai donc Mamandepetitethéâtreuse vers un-e pro.
Encore une fois, je me demande où est le père  (dans la famille elle même, dans le couple, et dans le psychisme de la mère) ... qui devrait jouer, entre autres, son rôle de tiers, de soutien psychique du couple mère enfant post partum, ce rôle  qui conforte la mère dans sa position de femme, adulte, qui existe en dehors de sa maternité ...
Lundi 23 octobre 2006
J'avais mis ceci en comm ce midi:
"Enfin j'apprends ce jour que dans notre département (uniquement apparemment) notre grille de notes va changer, cad être abaissée.. je comprends aboslument pas pourquoi.
Et ma note (bonne ouais; ben oui j'ai bousculé mon inspecteur précédent, ça lui a plus, un vrai mystère) est trop exceptionnelle par rapport à la new grille et plouff. Bon ça va arriver à plein de gnes, et on comprend pas pourquoi  à part que ca va ralentir les accès aux grades supérieurs.. donc... à une paie supérieure, enfin je vois que ça comme explication valable.
Un plaisir. "
Ayé j'ai l'explication.
Rappel: la note d'inspection sert à gravir les échelons (qui rémunèrent plus, donc) plus ou moins rapidement (ancienneté, mi-choix, choix,  grand choix).
Autre rappel: les calculs des retraites avec les diverses réformes désavantagent tout le monde, fonctionnaires compris,  et notamment les gens qui prennent des congés drant leur carrière (parentaux .. si vous me suivez bien)
En faisant des calculs histoire de voir à quoi ça rimait, ce truc, j'ai conclu que  à partir de mon niveau, se perdent dans la nature ou les ordis, 1,5 à 2 points.
exemple de résultat concret: pour ma CollègueMS qui devait passer une échelon de plus en 2007 et donc prendre sa retraite en 2008 (elle a 59 ans, déjà, elle aurait pu la prendre il y a un moment  sauf qu ça lui faisait une retraite tout pititepitite) ça repousse de 2 ans son départ pour que sa retraite soit à peu près correcte (hé oui, les carrières avec des trous... ça paie pas sa femme).

En somme: ce changement de grille de notation est une espèce de bulldozer ouatiné donc pas trop bruyant et qui fait en sorte que les gens restent plus longtemps en poste....
J'aime mes décideurs politiques/économiques (je sais plus trop) et surtout leur franchise à dire le pourquoi des choses, être empapaoutée, soit, mais au moins qu'on me le dise franchement.

Effet collatéral: j'avais calculé que si je demandais un congé de formation pour next year, avec les points que j'ai actuellement dans mon échelon, ça passait sans pbme.
Or donc et par conséquent, là, pour une congé de formation, j'ai la balayette dans le fondement.

Au départ j'ai signé ce métier pour 37ans1/2. toutes les modifs depuis je les prends comme des ruptures de contrat.
Je sais, pour le privé ça fait bondir de dire ça. Et pour les métiers à grande pénibilité aussi, je comprends tout à fait. N'empêche je fais un post pour râler perso et alors je râle.
Rhhhhhhhhhaaaaaaaaaaaaa.
Ce métier où on a des vacances, on finit tôt, la pouah-sie de l'enfance. Mouais.
Venez le faire après on en reparle.
Parce que vous accepteriez que vos enfants soient instruits et pris en charge par des gens épuisés qui tiennent comme ils peuvent et finissent par s'en foutre?
Non. Heureusement, il se trouve que le corps enseignant  est un mammouth résistant dont la majeure partie  se met en 4 pour pas larguer les mômes.
Mais leur mauvais calcul c'est que des gens de plus en plus âgés, ça fera de plus en plus de congés de maladie divers.. pour permettre au corps de reprendre  souffle.
Et ceci est valable pour  d'autres métiers, c'est sûr.

En fait le pbme  est socio-culturelleo-politico-économique.... on oublie de prendre en compte qu'une vie ça évolue et qu'on n'est peut -être pas apte à donner la même quantité ou qualité d'energie pendant 40 ans, il faut trouver des moyens de bifurquer, un temps ou longtemps, et ce, pour tout le monde.
A ce compte là oui, on pourra travailler/cotiser plus longtemps, puisque c'est là le but.

A part ça, c'est la Id, et tant mieux, Kurdendouce va enfin revenir à l'école de façon moins aléatoire que un coup le matin ou un coup l'apreme et avec des cernes jusqu'au menton ... et sa mère va peut-être re-virer le voile qu'elle avait abandonné au profit de caleçon+tee shirt, même en présence de sa belle soeur voilée, et qu'elle a repris pour le Ram*d*m.

Bon et j'ai des bon gâtoooooooo  :-))))
Lundi 23 octobre 2006
Des nouvelles de Papadegrossevoix?

Je demande des niouzes, vendredi,  et la petite me dit:
-”tu sais ça va mieux mais il est encore un peu malade”
“....ben oui ma bichette, ça va être un peu long,mais tu vas voir il va y arriver, il est fort ton papa”

Je croise Mamandegrossevoix ce même soir,
- Hé bien la convocation à l’école lui a fait un électro choc, , il tient ,depuis, il a entamé ses rv à l’hôpital... moi j’avais déjà posé des ultimatums, mais ça n’avait pas vraiment d’effet...

- oui l’école en tant qu’instance tierce qui lui parle de ses enfants,  lui redit qu'il est père... ça peut aider... nous savons que ça sera long, venez nous parler, c’est difficile pour vous, nous sommes là...

- merci... mon mari m’a dit qu’apparemment vous comprenez le pbme... ça fait du bien, c’est tellement dur avec les propos tenus par les gens de notre famille....

Hé oui.. l’entourage a parfois du mal  à saisir ce qu’il en est de la ‘volonté’ et a des paroles qui cinglent plutôt que compréhensifs , ou simplement suffisamment neutre pour laisser place au sujet pour dire son ressenti.

Ce matin c’est Papadegrossevoix qui ammène les enfants , je le salue, la petite entre à tout allure, je lui dis “et alors, pas de bisou à ton super papa?” (ça  arrive souvent ça... que les parents aient  plus besoin du bisou que les petits, et je signifie ainsi que j'ai bien pris en compte la venue du parent au titre d'un passage de relai).

Ensuite, à un moment de relâche, avec 2 copines à elle, on cause:
-”alors il va plutôt assez bien ton papa, Grossevoix?”
-”ben oui maitresse  mais tu sais, il va même venir nous chercher ce soir”
-”c’est bien non?”

Les autres sont un peu intriguées.
J’explique (dédramatisation, implication dans le groupe etc)
“ Le  Papadegrossevoix il est un peu malade dans sa tête , il fait des efforts pour aller mieux, mais  c’est un peu long, alors des fois on voit qu’il ne va pas trop bien”
-”oh ben tu sais nous aussi, là je tousse...”
-”oui mais c’est pas dans ta tête que ça ne va pas, tu as juste pris froid..”

Les enfants comprennent le “être malade dans sa tête”
ou bien le “il ou elle ne peut pas respecter les règles (au choix de vie de classe de cour) aussi bien que vous, il va falloir l’aider et comrpendre que dans sa tête à lui/elle, ce n’est pas pareil”

Au final, les mômes ont moins de tabous que nous adultes, quand on leur explique qu'il existe effectivement une différence de comportement, ils n'ont pas rêvé.
Dans un premier temps ces mots là suffisent, qui confortent l'enfant danas son ressenti que "y'a qqchose qui cloche là et ce n'est pas moi" qui génére en général intérêt et empathie pour celui/celle qui  est différent-e .

Si d’autres questions viennent derrière j’expliquerai plus, il est inutile de devancer la question, ni surtout en ce qui concerne Papadegrossevoix d’en parler hors de la présence  de Grossevoix:
elle a le droit de savoir  ce qu’on dit de/sur son père, et moi j’estime en regardant ses yeux et son attitude  jusqu’où je peux aller dans le discours. (enfin je dis elle, je parle de tous les enfants pourquoi j'ai pratiqué ainsi, elle comprise).

Les mots font souvent très mal.

....souvenir...
Des mots de mon instit de MS résonnent encore à mes oreilles, elle m’avait félicitée pour je ne sais quel boulot particulièrement réussi , et offert d’aller chercher un bonbon dans la boîte ad hoc.
La boîte n’était pas sur le meuble.
-"Maîtresse je n’ai pas trouvé les bonbons?"
-"Oh mais si allons, regarde mieux, ouvre tes yeux! " (le ton me fouettait.... mes yeux ne fonctionnent donc pas? je suis si nulle que ça? je me sentais déjà coupable.. et coupée lacérée...)
-" Non maitresse....je la trouve pas." (je me sentais au dessous de tout je cherchais la boîte, j'étais prête à l'inventer dans une fantasmagorie je parlais donc tout bas, j'en croyais pas mes yeux, littéralement)
Je retourne à ma place.
2 mn plus tard, "alors tu avais bien pris ton bonbon?"
- non... pas trouvé....
Son  “ha mais ce qu’elle est gourde celle-la”  m’aura brûlé l’âme pendant des décennies, vu que j’étais déjà dans le ressenti de ne pas être aimée de ma mère, (ce qui, pour un enfant, signifie que, tel qu’il est, il n’est pas aimable et que c’est bien sa faute) et que je me disais donc: ha oui ça doit être pour ça, je suis gourde.
Et pour moi ce mot n’avait pas de sens à cette époque là:
il a donc pris celui de “incapable, nulle, gauche, lourde (oui le son va avec) qui devrait pas être là car n’y  a pas sa place... etc. Gangue de chair inappropriée là où elle se trouve.
Puis elle a vu que la boîte nétait , pas là, s'est excusée, m'a donné un bonbon.

Mais  je ne suis pas sûre d’avoir vraiment évacué totalement cette parole.
A preuve mon souvenir si précis.
Même si je sais maintenant ce que peut  être cette parole d’instit épuisée, surbookée et pourquoi.
Alors.. je fais gaffe à ce que je dis. Selon le terrain sur lequel ils tombent...  ça peut labourer  un terreau et le rendre paradoxailement moins fertile pedant siiiii longtemps.
Enfin j'esssaie,  nobody's perfect.
Dimanche 22 octobre 2006
Après un samedi saturnien (haha) et nombriliste, mettons nous de la réalité sous l’adam.La dent, pardon.
Hier matin, conseil d’école.
Oui le truc qui sert à rien
Doivent s’y trouver nous les enseignant-e-s parfait-e-s merveilleux-ses, aimé-e-s de tous et considéré-e-s avec un respect affectueux par leur ministre et les usagers, des parents délégués, le DDEN (un délégué de l’EdNat jamais trop compris à quoi il ou elle sert), l’IEN (inspecteur ou trice de la circonscription où nous sommes) , un représentant de la mairie, heu je crois que j’oublie qq’un , mais en fait à part les 2 premières catégories,  les autres sont absents.

Depuis le temps que je me fade des CE (2 ou 3 par année scolaire) j’ai dû voir deux fois un IEN, et 3 fois un DDEN et 2 fois un représentant de la mairie , quand y’a un vrai gros pbme de bâtiment.
Un CE  porte sur l’intendance de l’école, en aucun cas sur la pédago,il y des parents à qui il faut le redire, d’ailleurs: la pédago et les options prises par un-e enseignant-e ne sont pas du ressort d’un parent d’élève, mais de la hiérarchie  Maisonmammouth.
Donc à nous les organisations de sorties, fêtes, gestion coopérative, sécurité du bâtiment, réglement intérieur.. ce genre de trucs, plus des infos sur les effectifs, horaires divers, cantoche, garderies/études...
Qu’on règlerait en 2 coups de cuillères à pot entre nous, plutôt qu’en 3 h avec les parents, mais bon...

Comme  me disait une AVS lors d’un papotage de cour de récré:
- ha vous aussi vous faites le CE samedi? dans toutes les écoles où je passe ça fait suer les enseignant-e-s.
Hé ouais.
Un pensum.
 Y’a un autre type de  pensum: certaines des *concertations*, càd les conseils des maîtres (ancienne dénomination).
Le point positif c’est que dans pas mal d’écoles, dont la mienne, on n’a pas le temps de se voir, les enseignant-e-s, ou alors entre 2 portes, pour des raisons de configuration du bâtiment, de services de récrés etc.
Or il faut souder  l’équipe et on a besoin de se parler des enfants, des suivis et des objectifs poursuivis pour faire continuité.

Au négatif  les concertations du le projet d'école:  ‘on’ nous a demandé, il y a un certain temps maintenant, de fonctionner par ...roulement de tambour... projets pédagogiques.
En 3 axes, fiches d’actions, demande de sousous et d’intervenants (qu’on n’obtient *que* si le projet est assez mousseux pour être vu) bref un autre pensum parce que dans pas mal d’écoles le projet pédago c’est que l’enfant devienne un élève, acquière les compétences définies pour son niveau, et se développe comme citoyen ( à la base, donc , se socialise sans mettre un pain à ses voisin-e-s toutes les minutes).
Autant dire que ça nous pompe de l’énergie pour, en général, que les lauriers de l’innovation  et de l’initiative soient récoltés par l’IEN, la mairie ou tout organisme ayant fourni des pépettes ou des intervenants,  puis -et surtout- par le ministre en exercice, pour que ça passe  au JT.
Donc les concertations qui ne concernent que le projetpéda, c’est un peu , la plupart du temps, de la perte de temps et d’énergie surtout que le soir de 5 à 8 en général on est cuites aux p’tits oignons.

Or le projet pédagaga dont majoritairement nous rêvons c’est qu’on nous laisse mener notre routine quotidienne avec le moins d’emmerdements et de  charges collatérales possibles, c’est déjà bcp.

Mais les charges s’accumulent d’année en année, comme si l’école pouvait suppléer aux manques, défaillances et difficultés du corps social (qui va de la famille à l’état).
L’an dernier ou bien il y a 2 ans je ne sais plus, c’était: déceler la dyslexie en maternelle  (et à 3ans donc).
Or une dyslexie, vous êtes bien d’accord.. ça se présente quand l’écrit se met en place...

L’autre truc fabuleux de l’an passé: des enseignant-e-s habilités à donner des médocs aux enfants malades venant avec leurs prescriptions (je ne parle pas des affections longues pour lesquelles ont fait un “projet” pedago dont le nom m’échappe, avec pmi, ien etc).
Genre votre gamin vient à l’école avec son angine  mais fièvre stabilisée par antibios+aspirine, et on peut/doit les lui faire prendre en cours de journée.
Super.
Vous aimez aller travailler quand vous êtes malade, vous?
Dans le bruit de la collectivité? Et tout ce qui s’ensuit? Et on va demander ça à nos enfants?
Par ailleurs un enseignant n’est ni une nounou ni une nurse. Au secours...
Vaudrait mieux mettre en place des plansB ,quand votre enfant est mal en point... Et on nous présente ça au 20 h comme un progrès fabuleux?
C’est moi qui suis réac ou bien ?

L’an dernier aussi une nouveauté: les  passages d’un niveau à l’autre sont notifiés sur une fiche navette (super utile entre PS MS et GS) à faire signer par les parents, bon soit, encore une forêt d’amazonie qui part en scribouillages.
Mais de plus, si l’équipe enseignante propose un passage anticipé ou un maintien, que les parents refusent, la commission qui statuera sera composée d’inspecteur(s), et parents d’élèves délégués départementaux - qui donc  ne sont ni formés à la pédago, ni ne connaissent l’enfant, ni l’école, ni les enseignants... En gros, ça nous a donné la sensation que quelle que soit la façon dont on fait notre travail, il sera jugé et remis en question par des non-pros.
Tout ça dans l’optique du bien-être de l’enfant bien sûr. Ben voyons.
Ca motive.

En fait c’est cette perception d’un manque de confiance en nouzaut’ z’enseignants qui mine.
Par certaines  familles, et aussi beaucoup par notre administration/hiérarchie.... et les media et politiques (l'école doit retrouver son rôle blahblah -à dire avec une voix vibrante)
En gros on fout rien et  la déliquescence intellectuelle et sociale c’est notre faute.

Bon au départ je parlais du CE, j’ai dévié.
Ouais ben 3h pendant lesquelles je préfèrerais, et ne suis pas la seule, faire mes preps .
Mais depuis une bonne vingtaine d’années que les lobbies parentaux font de l’entrisme....
... puis que Claude et Ségolène avaient sorti que “les parents sont co-éducateurs de leurs enfants”  ....
Co-éducateurs.
Au secours.
Moi je croyais  “parents” tout court, non?
Et que les enseignants instruisent.
Je suis vraiment réac...

Meroww


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