Jeudi 31 mai 2007
Bon, ben, Dervichetourneurbrun, c'est plus possible.
Je crois que j'ai fait tout le mien, de possible et c'est pas suffisant.

Visiblement la maman n'a pas encore pu reprendre rv psy, et en même temps je m'en fous là, je  voudrais juste pouvoir faire classe normalement.
Sommes nous payé-e-s pour gérer des gamins dans un tel état d'éclatement interne et de violence externe?
Qui grève  la vie scolaire des autres,  en plus, ce qui est bien injuste.

  Le personnel de cantine (atsems+stagiaires+aides) se demande s'il est pertinent de l'y garder, vu le danger qu'il fait courir aux autres et à lui-même, mais surtout aux autres.
  DirloPS lui a hurlé dessus pour lui apprendre à monter sur un buffet et faire un vol plané.
A ses  gestes divers, en classe j'ai répondu en le prenant par la main puis en poids pour le sortir de là et le confier à qq'une d'autre, qu'il a faite damner, mais j'avais les 25 autres à gérer, comment faire?
Ce sont les autres qui paient pour toutes les ..nerires qu'il fait en sollicitant tellement d'attention gendarmesque et autre.

Ensuite, fin de journée à l'instant en somme, je l'ai engueulé, devant DirloPS et le reste de la classe, parce que ça concerne tout le monde, au final,  lui disant que j'en pouvais plus maintenant, que j'avais toujoursété patiente avec lui, qu'il fallait trouver une solution pour se contrôler parce que, maintenant, il y a même des jours où je n'ai pas envie de le voir, alors qu'il sait bien que je l'aime bien (il a fait oui de la tête).
Et il a eu un sursaut  quand j'ai ajouté:  tu sais que j'ai bcp parlé avec ta maman et que bientôt je vois ton papa (samedi pour tout dire), maintenant qu'il n'est plus malade,  je vais lui raconter ce qui ne va pas!
Je prie pour que cela ait un effet, parce que je suis au bout de ma patience je crois.

  Il vise maintenant les pubis, histoire de bien faire mal là où il faut (en coups de pied), entre les croche pattes, étranglements, balançages par terre et autres tabassages, etc.
J'ai failli perdre mon calme et ça m'a tellement demandé comme ressource interne pour tenir qu'il paraît que je suis blanche comme un linge.
De toute façon depuis qqes jours je n'y tiens plus.
Je me vois faire encore ce métier jusqu'à ce que mort s'ensuive et j'ai plus le courage.
Il est presque 17h, et je vais me coucher avec un réserve de kleenex et une bouilloire de tisane.
Ma vie est passionnante.
Peut-être ça ira mieux dans la soirée.
Mercredi 30 mai 2007
  Edit: je fais des phrases bancales grmbl, alors rectif. Bé non, je me relis pas vraiment.. ca craingue hein?


   Quand on se punit  c'est qu'on s'en veut, n'est-ce pas.
Ben ben je m'en veux.
Vraiment.
   De pas avoir, ayant vu à quel point mon être et mes mots titillaient ce prof à un endroit  qui remettait en cause sa propre construction... et sans doute son pouvoir de prof, composé mieux avec cette donnée là.
Ben ouais, après avoir été une Maybepetite qui ne parlait pas, mais alors pas du tout, en classe, je me suis autorisée, un peu, à être une étudiante qui faisait de temps en temps des remarques.
Et qui n'est pas dans le moule. Ca, j'y peux rien, ça se voit, il paraît.
   Chose que les profs qui m'avaient en tutelle supportaient tout à fait, eux: comme quoi eux avaient résolu leur rapport au pouvoir du professorat vis à vis des étudiant-e-s et savaient ce que je valais (ouh comme je me la pète là).
Mais voilà, je pensais que ce prof, étant psy  (ben ouais  c'est ma filière, tous ces profs le sont)) saurait faire avec ce que je suis, comme les autres... pardon, certains autres...
Mais non.
   S'étant présenté lui-même comme un peu caractériel (vrai!)  j'ai appris dans l'après coup qu'il avait une tête de turc par an... mais ça pouvait un peu s'arranger, au final,  si l'on allait s'écraser devant.
Or, je  n'y suis pas allée, ne sachant pas que je pouvais le faire (voilà ce que c'est de bosser en même temps qu'on étudie, on n'a pas forcément les ragots et infos au bon moment).
D'ailleurs aurai-je eu envie d'agir ainsi ou su le faire correctement?
Bref.
   Les dès étaient donc pipés lors de la confrontation entre mes tenants et ce prof et les siens...cad le directeur de l'urf, surtout. Qui par ailleurs n'aime pas les enseignant-e-s, tout en m'ayant signifié auparavant la reconnaisance de mes compétences acquises et en cours d'acquisition.
Ou comment être logique avec soi-même...
Donc je trouve le résultat (refaites moi un rapport de stage et on vous reprend) particulièrement injuste et amer .. mais je m'en veux quand même.

   Tout ceci en intro parce que, outre mon envie de me plaindre (c'est mon blog, ch'fais skeuch'veux), ça me fait repenser à ce que j'ai écrit ici qqpart:
j'ai pas de chouchou parmi les enfants dont j'ai la charge.

   Ca mérite précision, car ce propos là, je l'ai déjà entendu dans la bouche de  gens qui en avaient effectivement, sans arriver à le reconnaître.
Si je peux affirmer ça c'est que j'ai travaillé dessus.
D'accord, on n'en a jamais fini avec la découverte de soi-même, on n'a jamais fini avec le travail sur soi.
Oui, bien sûr.
Mais a minima, on peut limiter les dégâts possibles, en osant regarder en face ses propres constructions.
Ben, simplement, une analyse ou une PIP (ou toute autre modalité de connaissance de soi pas  trop farfelue et évitant l'egotisation) permet
- de mettre au jour, de prendre conscience de,  ce que représente
   pour soi l'enfance et ses enjeux, 
- de saisir comment 'faire avec' l'enfance et le pouvoir (hé oui)
   que le statut d'enseignant confère dessus,
- d'appréhender ce qu'on risque de rejouer ou de louper dans une
   relation aux élèves, ce qu'on risque de chercher à conforter en soi
   sur le dos les enfants,  les ouvertures et  les défenses malvenues
   qui resteraient (trop) actives,
- etc.

  D'ailleurs, un petit peu de ce travail sur soi devrait être obligatoire, et donc offert, dans la formation à l'enseignement tiens. Surtout vers les jeunes enfants.
Non? J'exagère?
Mmhh, pas sûre tiens.
Mais bon.

  Il m'arrive encore de me dire: ouh lala celui -ci, celle-la, son attitude face à ci, à ça, réveille en moi ci ou ça, comment puis je faire pour passer outre cela et le/la faire avancer comme il/elle le mérite?
Un boulot en 3 temps:
- prise de conscience, et donc oser s'être regardé-e le plus
   en face et sans fard possible dans le miroir, pas gentil miroir,
   de ce que l'on est ou pas, et de ce qu'on est capable ou pas
   de supporter et pourquoi,
- travailler sur cette prise de conscience, sans échappatoire:
  on a  un gamin dans les pattes, on va pas lui pourrir
  tout ou partie sa vie, quand on sait à quel point les traces de
  l'enfance  restent agissantes dans l'adulte,
- agir en conséquence au quotidien, pour le bien, ou disons
   le moins mal de l'enfant.

   Voilà.
On fait au moins pire, quoi.
Enfin je parle pour moi.

   Exemple type d'un gamin qui solliciterait chez moi ce genre de boulot:
Grosbourrin.
Et pas parce que qu'il rame, ça j'ai pas de pbme avec, je ne fonctionne pas au résultat.
Mais parce qu'il est typiquement une graine de macho pur et dur, un vrai stéréotype à lui tout seul, je vous laisse imaginer.
Oh ca ne vient pas de lui: il est comme on l'élève hein...
Et Kurdendouce.
Qui comme son nom l'indique fait  ses coups en douce, accuse les autres et se dédouane lui même. C'est valable pour des filles ça, mais dans cette classe, c'est lui.
Côté filles: les gamines qui geignent comme ces stéréotypes de nénettes qui attendent le prince charmant  et  surjouent leur maladresse histoire d'attirer le mââââle. Ca j'ai pas, en classe, chance.
Faut dire qu'avec moi ça dure pas longtemps: on se bouge les filles !
      Et si ça reste, là encore, c'est que la petite est comme on l'élève et que j'ai pas assez de poids face à la famille et au social pour que ça bouge.

  Ce sont 3 comportements qui encore maintenant réveillent parfois en moi une envie de rabattre le caquet (les 2 premiers cas) ou bousculer-secouer (le 3 eme cas), surtout les jours où je suis fatiguée, cad manquant de patience et étant  en état de moindre résistance  à mes propres failles.
  Alors que justement  il faut avoir des stratégies pour saper le fond de ces fonctionnements sans  attaquer de front les modalités d'éducation des parents  (rappel: que nous ne devons jamais invalider, nouzaut enseignant-e-s, ce serait contre-productif).
  Les  stéréotypes f/g m'agacent d'autant plus qu'ils sont construits sur, et entretiennent les, modalités des rapports sociaux de sexe où nous baignons et dont  mes idéaux de vie se passeraient volontiers.
That's why ça m'agace encore, certains jours, en fait.

Ceci posé, globalement,  je ne suis pas 'atteinte' par tout ça.
Mais quand ça me pose question ou quand ça me titille, ben je me bouche pas les yeux, je regarde et j'essaie de piger où moi je coince, parce que, bis repetita placent, les enfants sont, pour une grande grande grande part,  comme on les élève/éduque, (plus tard dans leur vie  ça peut changer :-) ) et que ce n'est pas à eux de faire les frais de cela, au sein de l'école, si possible.

   Ailleurs, j'y peux rien.
Mais tant qu'ils sont à ma garde institutionnellement parlant, je suis au moins garante de ce qu'ils pourront trouver en moi pour se construire eux.
Non, je ne fais pas de délire mégalo: je dis ce qu'ils "pourront trouver en moi" comme ils trouvent de quoi s'appuyer et avancer en d'autres adultes.
Au premier chef leurs parents, leur famille plus élargie, les nounous, animatrices et teurs de centres aérés, de sports divers, etc, tous ces maillons de leur rampe d'accès au monde.
Donc il me semble que je leur dois d'être à peu près au clair avec ma propre enfance, et retour au paragraphe ci -dessus.
En fait, c'est une vache de  responsabilité quoi...

   Quand je vois CollègueMS qui règle certaines choses de sa vie  dans cette espèce de chantage affectif avec les enfants, ne supporte pas ceux qui lui posent pbme, parce que ça suppose d'élargir les cadres de fonctionnement et d'accepter de ne pas être valorisée par eux, et leurs familles  et  'se place' auprès des parents 'intéressants' ..
ou d'autres collègues, j'en ai peu vu mais bon, qui sont plus infantiles dans leur manière de faire et d'être (consciemment  ou pas) que les enfants eux-mêmes, 
je me dis que finalement, au regard de ma propre déontologie, je me débrouille pas si mal.
(vous assistez là à un flagrant délit d'autoappréciation, c'est rare, alors profitez)

 Alors non j'ai pas de chouchou.
Ni de détestou. (à rajouter à la liste hibou, genou, caillou...)
   Mais  parfois des craintes:
ha zut d'habitude ça va... mais là aujourd'hui.. c'est trop..j'en ai marre, et chuis crevée...
comment je vais tourner, détourner ce qui me dérange en lui/elle, pour que ça avance, que ça communique et que ça 'tienne', entre xx et moi?

Et comme dans toute situation d'urgence, l'humain trouve des solutions, j'en trouve aussi.
Et puis à force d'habitude et de pratique, surtout.
   
Mardi 29 mai 2007

T'a pris un peu non?
Hé si. Merci pour ton acuité visuelle.

Pas qu'un peu même.
Et je ne me supporte plus.
Je sais bien  que ce capitonnage (tonnage est bien le mot)  est venu
pour tenir debout face au stress de la classe,
suite à la déception de ne voir que ça comme horizon,
face à la pente descendante au sommet de laquelle
je me sens perchée, oscillante,
sans trouver la rampe de remontée.

Mais, mon corps, tu me joues au sacré tour de cochon.
Ce ratage de septembre,
qui occulta ma vue lointaine,
qui cingla mes rires,
m'a déjà tant punie.
Fallait-il doubler la peine?

Tu t'es amplifié, alourdi, démesuré.
Au fur du rétrécissement de mes espoirs, 
du volatil de mes projets.
C'est réussi: je souffre plus encore.

Maintenant que je m'essoufle au moins effort,
maintenant que j'ai mal partout,
maintenant que je n'ose même plus me penser en pied,
maintenant que tu as pris toute cette place,
maintenant que je n'en ai même plus,
maintenant que je me traîne,
maintenant que je me loque, déloque, débloque,
maintenant,
ne faudrait-il pas trouver un modus vivendi?
Puisqu'un statu quo ante bellum reste dans l'inaccessible.


Alors, se résigner.
Alors, se cacher.
Alors, se faire oublier.
Alors, rire gras, pleurer chaud, geindre amer.
Alors, rien.
A quoi bon?
Dimanche 27 mai 2007
   Petitethéâtreuse  outre ce qui est raconté dans ce post, passke je peux pas tout mettre en une seule fois, ça fait des pavés, déjà que...., Petitethéâtreuse, donc, a des phrases qui n'en finissent pas, sur un ton, avec un phrasé lent et modulé (le même que sa mère d'ailleurs)  impossible à faire saisir sur un blog, qui oblige littéralement à l'écoute.
   En début d'année je ne pouvais même pas l'interrompre (quand elle se mettait en boucle) ça la mettait dans un état de stress..., plus tard, et encore maintenant, elle acceptait que je n'écoute plus (ayant signifié que j'avais compris)  mais continuait sa phrase pour elle toute seule, en regagnant sa place, par ex.
Elle ne peut donc pas  s'arrêter en cours de phrase ni la reprendre à l'endroit d'une interruption, il lui faut la recommencer au début.
Exemple:
- "tu sais maicresse, j'ai pas mis de short en dessous de ma jupe."
-  "de ta quoi?" (ouais ca rend sourde)
- "tu sais maicresse, j'ai pas mis de short en dessous de ma jupe."
Rha. "jupe" m'aurait suffit à la comprenette....
Ca arrive aux enfants plus jeunes de fonctionner ainsi (ils "perdent" ou on peur de perdre, leur  propos,ils ont besoin de  leur construction mentale qui sert, a servi pour faire la phrase, le mot seul n'est pas  un outil 'fonctionnel', qu'on maîtrisie,  ou signifiant, etc) mais en fin de GS...

  Ne pas pouvoir redire uniquement  le mot informatif mais se trouver dans l'obligation de répéter toute sa phrase, prosodie et modulation comprise, outre que ça me fait superbement penser à des compulsions ou rituels (selon que vous parlez en terme de névrose obsessionnelle ou de TOC, terme à la mode, qui se démode...) c'est quand même pas anodin:
le monde ne peut pas être conçu/vécu comme des parties qui sont liées?
Cad qu'elle ne pourrait pas les (re)lier elle-même, donc il lui faut éviter qu'il y ait des parties de...?
Il faut qu'il soit entier pour elle, en elle.. pour ne pas y être dépassée?
Pour ne pas risquer.. quoi?
Un effondrement ou un éclatement? (angoisses primitives)
Pour garder du contrôle, à la fois sur soi, bien sûr, sur ses angoises, et sur les autres en les obligeant à suspendre leur vies à eux pour l'écouter elle.

   Certains bégaiements peuvent mettre en exergue cette composante:
obliger l'autre à porter une attention particulièrement soutenue vers le/la locuteur-trice, une notion d'emprise sur l'autre (et le monde?) par la parole (et les activités cognitives et motrices qu'il faut mettre en ouvre pour cela).

   Ajoutez ça au fait qu'en début d'année et rebelote depuis pâques, elle veut prendre la parole exclusivement à des moments inadéquats (quand un autre gamin me parle, quand je donne une consigne, quand je fais un truc qui ne souffre pas de délai...) et vous avez typiquement une gamine qui sollicite votre attention exclusive et a, sans doute, besoin de se prouver que rien ne vit là où elle n'est pas, là où elle ne parle pas, ne reçoit pas de parole/intérêt, là où "ça" ne parle pas.
Autrement dit qu'elle est angoissée de voir que rien ne vit là où elle n'est pas , etc.
Car son discours est surtout "une adresse à" et un hameçon,  avant d'avoir un contenu à décrypter.
Donc elle cherche *autre chose* que la simple réponse au contenu de son discours.

  En début d'année j'avais suggéré à la maman qqes entrevues psy, ce qui fut fait.
Souvenez vous:
L'angoisse de la mère est celle de la fille et vice versa.
Il est impossible de dire qqchose sur sa fille à cette dame, elle le prend pour elle, je veux dire, ça l'atteint elle.
Le tout avec un manque d'humour assez consternant d'ailleurs.

   Depuis qqes temps donc, je ne fais plus le détail, je mouche Petitethéâtreuse fréquemment.
Elle s'en plaint ou plaindra sûrement à ses aprents (cf plus bas) d'autant que CollègueMS me casse le boulot derrière, j'ai dû raconter ça qqpart,  est toujours là pour la câliner, paiapiater avec la maman etc.. pour ces gens-là, d'après ce que je perçois,  je suis brutale, pas assez à l'écoute et pas câlineuse.
Comme me dit DirloPS: "elle te casse bien le boulot...pourtant elle est chiante la gosse.."

  La petite accepte les:
- "bon d'accord, mais à la récré, n'oublie pas ton idée d'ici là"
que je réponds à ses:
- "mais maicreeeesse j'ai encooore qqchose à te diiire"
parce qu'elle sait que je tiens ce que je dis, mais c'est un peu soûlant sur la longueur...

   Donc je mouche Petitethéâtreuse.
Pas le choix:
 déjà, elle perturbe, enfin elle tente de perturber, le fonctionnement de la classe, et le déroulé de mes actes (c'est le but, elle fait pareil à sa mère en fait)  quand elle veut parler  au moment où ce n'est pas possible: je lui demande donc de garder son idée pour un moment plus adéquat.  Elle sait qu'elle sera entendue un moment donné, et c'est le cas.

   D'abord ça lui rend pas service de lui laisser imaginer que les adultes (femmes, imagos maternels, mais hommes aussi sans doute? je peux pas vérifier, jamais vu le père) sont impliqués dans ses fantasmes.
Ex: elle m'a fait un trip sorcière soigneusement entretenu par la maman, au sens où cette dernière ne fait pas qu'écouter sa fille, mais vient aussi me demander de résoudre la peur de ci ou ça  - ce serait ma faute, on a raconté une histoire où il y en avait une- en reprenant tel livre ou tel mot.
En clair  elle signifie à sa fille qu'elle "entre" dans le même fantasme, ou du moins qu'elle le valide comme sien aussi ... encore du Dolto mal compris.
   Ensuite ça ne lui rend pas service de lui laisser ressentir que le temps (et toute activité humaine, concrète,  relationnelle etc) est suspendu comme elle le désire (ne pas grandir, ne pas 'bouger' , garder une fixité qui la rassure mais qui est mortifère car elle conserve ses angoisses vives, bénéfice secondaire: elle capte sa mère dans ces mêmes angoisses et réciproquement)
   Enfin, elle fait suer tout le monde, moi la première, et il faut bien qu'elle se conforme, tant soit peu, au respect de la vie collective cad qu'elle pige qu'elle n'est pas spéciale et que l'instit n'est pas sa mère.

Au delà de ces actes du quotidien (surmultupliés par le nombre de fois où il faut les poser et le nombre d'enfants qui requièrent ce genre d'attitude pour des raisons diverses) il faut lui faire comprendre que, voire la rassurer sur, le fait que les adultes ça "tient", ça a une vie propre et dégagée de ses angoisses/fantasmes à elle, que ça vit *ailleurs*, d'autres choses, autrement.
Si ses parents ne peuvent pas lui signifier cela, qu'au moins l'institution école le fasse.
Que l'institution  lui montre la différence et le lien entre  le monde de l'enfance et celui de l'adultère, cad ce qu'il en est des positions générationnelles .
(ben quoi, après l'enfance y'a l'adolescence, et après l'adolescence, y'a l'adultère, non?)
Que l'institution ne se fasse pas l'écho des angoisses/désirs/fantasmes de ses parents à son égard à elle, petite fille.
Bref que Maybemaicresse peut l'écouter en tant qu'adulte, cad sans entrer dans son vortex d'angoisses d'où dérive son besoin de prendre une place qu'elle n'a pas à briguer, que Maybemaicresse s'intéresse à elle sans qu'il lui soit besoin de dérouler ses fantasmes car il ne sont pas ceux de son instit, car Maybemaicresse peut les entendre, mais n'ira pas les cautionner, ni le groupe-classe d'ailleurs: il faut la replacer en permanence au niveau de ses pairs, cad du côté de l'enfance.

  C'est aussi cette petite qui, un soir, à la sortie, m'a cueillie avec une phrase ...
Ha faut que j'explique un peu.
Quand les enfants sont bruyants je leur dis qu'ils dérangent les autres et me fatiguent moi, après tout, ça se voit sur ma figure, mes énervements pour obtenir du silence, ils savent ce que c'est.
Idem quand j'ai mal au crâne, au bide ou n'importe quoi d'autre, et que ça m'invalide sur le moment: je le leur dis.
Parce que les enfants ca sent tout, qu'ils sont capables de comprendre, et que au moins ils savent que c'est pas de leur faute, ni que je leur fait la goule à eux, si j'ai la tronche en biais.
Ils peuvent différencier la tronche de parce qu'ils ont été imbuvables eux, et celle qui relève de ma propre vie.
J'essaie de leur donner une certaine authenticité, en somme.
Oui les adultes  c'est faillible, non c'est pas forcément de la faute des enfants.
Je sais pas si j'ai raison de faire comme ça, mais  c'est ce que j'ai trouvé de plus honnête comme attitude vis à vis des enfants.

Fonctionnant ainsi,  je m'expose, et je le sais, aux répétitions plus ou moins enjolivées des enfants vers les parents, et aux incompréhensions de certains de ces derniers (qui pourtant au bureau, doivent avoir de fois à autres  l'envie et la possibilité de dire qu'ils en ont marre, sont faitgués ou dieu sait quoi, mais une maicresse, c'est supposé être invicible et toujours aimable et souriante, gentille et subissant tout avec le sourire de la joconde)
Elle est dingue cette instit, non? Elle leur a dit que.. leur a fait faire (ou pas faire) ci ou ça... Elle est comme ci ou comme ça, tu te rends compte?
Tant pis: mon public de boulot  c'est le groupe d'enfants dont j'ai la charge, pas leurs parents, même si  ces derniers sont aussi une charge :-)

  Donc un soir à la sortie, les parents sont devant la porte, les petits sont super bruyants, car  d'un coup, ça ébullit, je ne sais pas pourquoi.
Sont fatigués eux aussi probablement, et la fatigue à ces âges là,en groupe,  se traduit très souvent par de l'excitation.
  Et comme ça m'atteint toujours au plexus, le bruit, surtout en fin de journée, ben ça doit se voir sur ma tête que je suis fatiguée, ras le bol...de toute façon je ne fais rien pour le cacher: je reste roots!

   Petitethéâtreuse qui venait de sortir rejoindre sa mother, re-rentre et me dit:
-"tu saaaiiiis maicreeeesse si ce métier il te fatiiiiiigue alors pourquoi tu le faaaaiiiis?"
Hé oui, parents, n'oubliez pas: vos enfants non seulement sentent ce que vous éprouvez, même inconsciemment,  à l'égard de l'école, des instits, mais aussi répètent ce que vous dites, c'est pas à sens unique la répétition :-)
NB: la différence, c'est que nouzaut'  les pros de l'enfance, on sait à peu près décrypter les paroles d'enfants dans ce qu'elles peuvent avoir de fabulatoires.Ou du moins on sait se poser des questions par rapport à ces paroles, avant de les entériner
Mais cette phrase là n'est pas une phrase d'enfant :-)
Alors, voyez les sourires et remerciements de MamandePetitethéâtreuse, je sais ce qu'ils valent et depuis beau temps.
Mais cette dame n'est peut-être (sans doute) pas consciente de ce qu'elle éprouve vis à vis d'une instit qui ne entre pas  dans son fonctionnement à elle à l'égard de sa fille.
Un éprouvé très ambivalent, comme souvent.

   Et  c'est dommage pour la gamine, qui, comme tous les enfants du monde, a besoin de sentir que l'adulte de l'école en charge de son ouverture au monde, de ses apprentissages, d'une grande partie de ses journées,  est "validée" par ses parents.
C'est très important ça.
De même que nous, enseignant-e-s, ne devons pas invalider les parents dans leur rôle de parents.
Quand bien même parfois, pour la sauvegarde ponctuelle ou de longue durée de l'enfant,  il doit se créer, se crée effectivement, une alliance (du type "alliance thérapeutique") entre l'enfant et l'enseignant-e, entre l'élève et son mentor (j'aimerais bien dire sa mentore, mais ça craint du boudin, un peu...)

   Bien, ceci posé, pour que la petite me répète ça, c'est que ça résonne pour elle,
soit par les propos ou le ressenti qu'elle perçoit de ses parents
   en termes d'inquiétudes pour elle, vu la façon dont elle inclut sa mère
   dans ses fantasmes et réciproquement,
soit parce qu'elle a besoin de restaurer l'image de son instit, mise à mal
   par les parents justement.
Les deux, en fait :-)

   Alors je lui réponds là où elle en a besoin:
- "Ce ne sont pas les enfants qui me fatiguent, Petitethéâtreuse,
   c'est le bruit, tu entends là?"

  Et je sais qu'elle ira répéter ça, que ca sera ou non commenté, mais au moins elle aura été rassurée sur sa maicresse
qui est là pour elle, mais pas que,
qui tient debout et est capable d'être là en tant qu'adulte,
qui est donc adulte cad ayant un monde *autre* que le sien de petite fille
   et qui ne la concerne pas,
qui sait/peut agir là où est le besoin, cad décrypter le non verbal,
  autant que possible, sinon il faut prendre sur soi de s'expliquer,
  cad entrer dans le monde social comme tout le monde...
qui répond aux sollicitations quand elles sont pertinentes,
  mais pas n'importe quand,
etc
....et on en revient au début du post ...
   
Ouch encore un pavé...Sorry sorry.
Dimanche 27 mai 2007

Blondboulon court après un pote, toutes mains en avant et doigts gigotants:
- "Hey t'as vu je sais claquer des droits"
Il est prêt pour la politique?

Petitélastique cavale avec je ne sais plus qui, genre gendarme et voleur:
- "Je suis énervé, j'ai ma colère qui m'énerve, là, attention !!"
- "Ouais, tu as ta colère, alors on court, viens !!"
- "Oui, ça fait bien courir!"
Voilà, encore  des joggers ... comme  c'est curieux.

Petitethéâtreuse se rassure:
- "C'est toi qui nous surveilles hein maicresse? Je préfère quand  c'est toi"
- "Oui oui, à cette récré, c'est moi."
- " Ha bon, alors je peux aller jouer"
Je suis prête pour l'Elysée, yapa à tortiller.

Une grappe de fillettes vient se lamenter:
-" yféchooo, yfétrochoooooo"
- " ben allez vous rafraîchir? et venez à l'ombre ensuite?"
- " mais.... elle est pas assez noire!"
Ben voyez, black is beautiful !

Les 5 mousquetaires (filles) de MS,  bras en croix et hurlantes, se mettent à courir:
- "A l'attaaaaaaaaaaaque !"
Ben voilà! Voilà comment il faut prendre sa place dans l'espace social.
Foin de l'image douce, quiète et coite de la fille chlorotique du XIX°.


Samedi 26 mai 2007
   Depuis à peu près 2 mois Grosbourrin, en plus d’être ce qu’il est, fait concurrence  à Dervichetourneurbrun sur l’émission de gros mots.
C’était  de temps en temps au début, la punition sur le moment le calmait... maintenant que c’est tous les jours, je ne peux plus éviter de le signaler aux parents.
Dervichetourneurbrun, on peut le raisonner, d’ailleurs sa mère est toute retournée lorsqu’elle l’entend dire des mots comme ça : elle s’inquiète de la chose, sanctionne (apparemment) etc...
Mais Grosbourrin...
Dont la mère justifie toutes les ...nneries, ce qui a amené la médecin scolaire à me dire:
- "holala, ils avaient dû attendre pour le RV car j’étais en retard, 
   du coup il a rien voulu ni faire ni dire, et sa mère a excusé
   en ce sens le pov petit..."

  A parte: cette dame est la maman d’un élève que j’ai eu il y a 3 ans, dans cette classe de  ouf dont j’avais parlé qqpart... son fils (portant le même prénom que Grosbourrin tiens) la menait, et c’est tjs le cas, par le bout du nez, était devenu tête à claques  vu ses remps à genoux devant lui (père médecin aussi) mais super intelligent.....
Cette dame faisait à l’époque une mauvaise dépression doublée de  délires paranos... bref...et donc elle a intégré la medecine scolaire.. où elle se la joue un peu (bcp)  psy, d’après ce que j’ai compris de son discours,  dans ses entrevues avec les enfants, où elle a outrepassé largement ce qui est demandé dans ces rv pour l'inscription au CP.
Elle a d’ailleurs voulu me parler en longueur des enfants de ma classe qu’elle a vus:
 j'ai jamais vu ça; en principe la médecine scolaire fait dans le rapide, et pas dans les comptes-rendus extensifs avec RV, à la limite elle devrait faire parvenir ses observations à l'instit du CP, pas à moi...
Ce que je lui ai dit d'ailleurs.. ce à quoi elle m'a répondu qu'elle ne la verrait sans doute pas et ne reverrait pas les enfants non plus.
D'où je conclus qu'elle avait vraiment envie de se la jouer psy, auprès des familles, de ses collègues médecins et des instits.
Pour l'avoir connue comme mère d'élève, je crois vraiment que c'est ce qu'il se passe.
Enfin, voyons positif: elle s'intéresse aux enfants, même si c'est pour se conforter elle-même...
C'est sûr qu'avec des patients  lambda ayant une maladie quielconque à soigner, elle ne pourrait pas ni user de cette analyse sauvage, ni d'un pouvoir de faire peur (attention pour le CP!) qui la conforterait aussi dans l'idée qu'elle a été parfaite avec son gamin, ni d'un pouvoir tout court, autre que sur le corps de l'autre (ce qui est déjà pas mal énorme, notez....)
Donc ce rv avec moi....a eu lieu à la récré.. or  la récré  c’est pas extensible et que je lui disais: hop on accélère.. ça la vexait je crois.. que je n’aie pas de temps à accorder à la totalité de ses conclusions.
Hébé non... elle voyait pas qu’on avait à faire, dans la classe, que mes collègues n’allaient pas garder mes mômes indéfiniment?
Je me suis d’ailleurs octroyé le plaisir de la remettre un peu à sa place dans ses interprétations, ses demandes d'exams complémentaires de ci ou ça pile sur des enfants sans pbme.... ce qui a affolé qqes parents.
Après tout les enfants en question, je les vois toute la journée....



    Et donc un beau soir  j'ai appelé doucement Mamandegrosbourrin à la sortie:
- “Pssttpsst  vous voulez bien venir me voir?”
J’explique que les grossièretés de Grosbourrin , ça va bien là...
- “Ha ben  de toute façon je m’y attendais à ce que vous
   demandiez à me voir..  je sais, il dit des gros mots...“
Heu...ben fallait venir de vous même alors, hein je mors pas.... et sévir sur son gamin, non?
- “Oui ces temps ci il dit des gros mots”
- “ Heu ça fait bien 2 mois, voyez.. alors bon à force de punir et
   sévir, on a convenu de vous en parler..”
Le gamin est bien emm.. il veut se  barrer...
- “Ha ben moi je n’en l’entends jamais dire, ni avec moi,
   ni avec ses cousins, ni avec son grand frère,
   ni avec des copains...”
C’est ça, prends moi pour une bleue...tu viens de dire que justement il dit des gros mots ces temps-ci et que tu t'attendais à ma demande de lui en parler ... alors?
Ceci posé.. la cécité/surdité séléctivement dédiée aux ..nneries de ses enfants, elle est passée maîtresse, cette dame....une vraie scotomisation.
J’explique.
-”Oui ben à l’école là c’est plus possible..quand c’est de  fois à
  autres, qu’on sévit, que ça passe, ok, mais là, ça ne passe plus...
  alors... comme promis à Grosbourrin, on vous en parle...”

   Alors elle s’accroupit pour faire face à son fils et lui faire la leçon si possible, genre  je fais mon travail de maman.
Et surtout: voyez comme je fais bien mon travail de maman!

  Ca me fait grincer des dents ce genre d’attitude: je ne lui demande pas d’engueuler son gamin devant tout le monde.
D’ailleurs dans ces cas-là,  les enfants sont bien plus sensibles  à l’humiliation que leur inflige leur parent d’avoir à être en une  position d’infériorité qui sert au parent à ne pas perdre la face dans l’école -aux dépends de la face de l’enfant-  qu’au contenu du discours.
Au moins, attendre qu’on ne soit que l’enfant, son parent et moi pour ça... voire le/ la dirlo quand on veut marquer le coup.. mais pas devant tous les autres..
Car des gamins comme Grosbourrin ça ne voit que son statut de caïd mis à mal, donc, efficacité zéro.
Mais je ne peux pas lui dire ça, là, comme ça.
De toute façon, je crois qu’elle ne comprendrait pas.. elle est convaincue par ce rôle qu’elle joue là.
Peut-être qu’elle n’a pas d’autre modèle ou bien qu’elle n’a pas les moyens de se poser la question... faudait des écoles de parents..
(cf la fédé  du même nom, intéressante, je vous la recommande)

Sauf que le gamin ne veut ni l’écouter, ni s’asseoir, alors elle le force un peu, il se rebelle, et il est costaud...
- “Ne fais pas la force avec moi, hein, G, tu sais que je ne supporte
   pas.. alors écoute moi..”
Et là je lolle aussi, car si elle ne supporte pas ça, c’est qu’il doit le faire assez souvent...  surtout maintenant qu’il n’est plus un marmot à la mamelle et  qu’il doit être dans un testing  plus fréquent face  à ses parents......

L’enfant laisse passer l’orage et je suis bien persuadée que l’effet en sera nul.
Mais j’ai fait mon boulot.
Sinon, on dira que l’école s’en fout... comme d’hab.. qu’elle aurait dû réagir plus tôt...plus vite.. plus fort...

Les parents de ce genre (de Grosbourrin et Bébécygne) tout glisse sur eux (enfin elles), même en étant hyperfrontale, ça rentre pas.
Alors à quoi ça sert qu'on se décarcasse...surtout que les collègues de l'année qui suit nous disent: elle me dit que l'année d'avant tu ne lui as rien  dit?
Et ce, 3 ou 4 ans d'affilée, voire plus.
Souvenez vous Mamandegrosbourrin qui me m'affirmait :
" ha ben ça (le comportement et les blocages du môme), on me l'a jamais dit"
...(3 instits de 2 école différentes sur le coup, quand même)
Bon, ben voyez, j'ai ma conscience pour moi, par rapport à ça.

Mais entre notre discours d'enseignant-e et celui, bien plus nombreux des familles qui refusent de se mettre en question, le rapport de nombre joue du côté de la rumeur du j'm'en fichisme, entre autres,  de l'école.
Usant.


 PS: en préélem on est bcp en contact avec les familles,
mais quand même...
vous n'en avez pas marre que je râle ici après  le tiers de parents pénibles ?

Oui, c'est par tiers, plus ou moins gros selon les classes (vivent les maths):
- un tiers de pénibles/bouché-e-s/mauvais-e-s coucheur-se-s/mal
  embouché-e-s,
mais on met plein d'huile mielleuse et de coude dans les rouages
- un tiers de ça dépend des jours,
mais on met plein d'huile mielleuse et de coude dans les rouages
- un tiers de ok, ça roule (dont les sympas ayant enfant à pbme)
mais on met... ha non, enfin , si, quand même  on met aussi, 
parce qu'on est content-e-s d'en voir des comme ça :-)


 
Vendredi 25 mai 2007
    Œilpapillon est absente  depuis qqes temps.
Remplacée, car c’était prévu de longue date.
Je lui ai passé un coup de fil, dans le week-end, pour lui faire une surprise, pour papoter de tout,  de rien, pour qu’elle sache juste qu’elle n’est pas “oubliée’ et que je ne l’utilise pas
Pour les gensses qui ne suivent pas  c’est ma demi Atsem. Oui demie: de poste Atsem complet en préélem, je n’en ai jamais vu qu’en PS.
Bref, c’était poser un acte, quoi.

  Sa voix s’est étranglée, au bord des larmes.
En fait la solitude de cette femme est immense.
Tellement qu’elle s’y noie.
Le reste n’est qu’un épiphénomène, finalement.
Peut-être qu’un jour je saurai mieux ce qu’il se passe et pourrai lui proposer des pistes si j’en trouve?
Jeudi 24 mai 2007
   Gens de l’internet mondial, j’ai craqué.
J’ai commis une faute professionnelle.
Trois, même.
Je m’en ouvrirai à mon confesseur (ouh quel vilain mot, surtout scindé), parce que, pour couronner le tout, ça se passe sur des fesses justement.
Ha lala, comme c’est pas bien, je vous raconte pas.
Oh si moi j’voudrais bien qu’tu racooontes.
Bon d'accord, ch’te racooonte.

   Or donc, Dervichetourneurbrun est particulièrement  agité, donc violent, depuis qqes jours.
Enfun je veux dire, un peu trop par rapport à sa violence banale.
Pas de mystère: les rv psys se sont arrêtés (j’ai demandé à la maman de reprendre rv, que vous a t-il pris, madame, d’arrêter, bon sang?), l’enfant et la mère sont partis en we prolongés tous les deux, et, comme de juste, il y a eu colères et violences.
Remarquez, tous les matins ou quasi, il a droit  à sa tape voire plus, parce qu’il va douuucement, trop lentnement, malgré les exhortations de sa maman,  pour s’habiller, manger etc..
Il ferait exprès en somme.

   Ce jour là, après avoir démonté x gamins, tenté d’en étrangler d’autres, après avoir entendu mes sermons, discuté sur :
- “contrôle tes gestes, Dervichetourneurbrun, je sais que tu peux”
- “Oui je peux, mais  c’est dur.”
- “Je sais, mais sinon tu vas te retrouver puni, et tu n’aimes pas ça,
   n’est-ce pas? Je sais que tu es énervé, il s’est passé quoi
   avec maman?”
Il raconte un peu.
- “bon tu vois, je sais bien que tu as de la colère dans toi
   [il acquiesce]
mais ce n’est pas possible de la laisser faire...

Bref après tous les trucs ... de retour en classe, il fait je ne sais plus quelle ..nnerie (à force, y’en a tant, tout le temps, par plein d’enfants, que j’oublie...).
Je l’appelle, je suis à un atelier pliage  je ne peux pas laisser seuls les 3 gamins, on fait un truc “trop difficile ça hein maicresse".
Chance, il vient.
Parce que ce qu'il fait aussi , c'est de partir en courant en sens inverse.
Alors j’engueule sec.
Il veut s’éloigner de la table, je lui retiens d’une main les deux siennes, il se tortille.
- “Arrête de te tortiller, tu sais que je suis plus forte que toi, ça ne sert à rien”
(rapport aux fois où j’ai dû le tenir serré sur tout le corps, en contention forte, pour qu’il calme ses accès violents)
- “Alors tu arrêtes de faire (je sais plus quoi),  ça suffit... "
Bon je sais plus exactement ce que je lui dis, j’en ai un peu maaaaarre  là, de m’user la santé pour des morpions dont les parents ne font pas leur boulot, mais surtout, j’en ai marre qu’il me démonte la classe, ça me dérange terriblement pour les calmes et intéressés par la classe qui ont droit, eux aussi, à de l’intérêt de ma part, et à de la sérénité dans l’espace  et le temps  de la classe.
-”nan”
Je craque, je lui mets une tape sur les fesses (rassurez vous ça lui fait pas mal) de mon autre main.
- “pardon?”
- “tu fais chier”
Reclaque-fesse.
Et là, c’est un peu obligé: les 3 autres mômes sont à 20 cm de moi, je ne peux pas laisser passer ça, surtout qu’on a eu un briefing sur les gros mots récemment.
- “Encore, fort !”
Reclaque. Pas plus intense, juste pour marquer le coup, et pour qu'il se coupe de sa spirale provocs-coups où je le sens s'enfermer.
Il s'attendait à plus fort: c'est visible dans son regard étonné de n'avoir rien senti ou presque.
Et là je hausse le ton:
- “Ca m’amuse pas de te donner un ou trois tapes sur les fesses,
   je ne ferai pas plus fort, je veux juste que tu comprennes
   ce que je te dis, que-tu respectes les règles,
   comme les autres enfants !!!”

Silence. Il se tortille.
         -----------------------
Attention espace-temps de réflexion, tout mouvement s'arrête, comment qu'on dit?
Ha oui: arrêt sur image.
   Bien sûr lorsqu’il se prend des tartes de la part de sa mère, c’est autre chose que mes tapotis fessiers.
Je sais bien.
Je sais aussi que je n’aurais pas dû.
Mais la mesure était comble à ce moment là, et puis je suis faillible, faut bien admettre.
La violence c’est pas un mode de communication.
Pourtant je viens de lui montrer que si.
Honte à moi, il faut que je rectifie le tir.
Or justement, contre toute attente, ces tapes là, vont être un bon moyen, de remettre les aiguilles à tourner dans le bon sens .
L’enfant, comme tous les enfants du monde, sent et sait bien que dans la violence  cette part de plaisir que constitue la décharge pulsionnelle lorsque l’adulte se laisse aller (même en se cadrant) au geste.
Il le sait d’autant mieux qu’à cet âge là, il vient juste de, ou est encore en train d’apprendre à, passer du geste au langage.

   Et dans la violence à son encontre se trouve une dimension supplémentaire puisqu’il s’agit de relation entre un/des adultes dont il dépend et lui.
Il y a donc un élément de jouissance de sa mère lorsqu’elle le bouscule, et lui l’entérine, se place comme objet suscitant cette jouissance, et en jouit lui-même, lorsqu’il fait en sorte de la mettre en rogne. Vous vous souvenez des touts premiers posts?Je disais je crois bien que cette dame avait besoin de se placer comme enfant de son ex, donc sœur de son fils.
Je ne sais pas si c'est valide pour tout, mais ça peut être une interprétation, là.
Attention: je parle de modalités inconscientes, ne me faites pas dire que la violence envers un enfant- ou toute autre personne- est justifiée par la façon dont cet enfant-là se place vis à vis de sa mère.
   Il se trouve que pour exister comme donnant à sa mère un plaisir, pour exister comme une personne qui a des choix possibles et une autonomie (car elle lui laisse fort peu d’espace mais j’ai pas eu l’occase d’en parler vraiment ici, tiens un exemple: tel week-end a été difficile, elle prévoit de lui supprimer tous ses jouets pendant 6 mois. A fallu que je négocie avec elle pour qu’elle lui en laisse un , genre légos, sinon il va devenir fou, le gamin) , pour exister, donc, il faut à Dervichetourneurbrun mettre sa mère en boule....lui permettre d’avoir des gestes sur lui, avoir un corps qui ‘tient’ (et donc existe en tant que tel) face à celui de sa mère.
Et un corps sexué garçon, de plus.
Car il semble bien que Papadedervichetourneurbrun soit à nouveau dans un flou tellement artistique qu’on pourrait le  qualifier d’absence.
Comme quoi, le mieux qui s’était produit n’a pas duré.
Pour quelle raison? Je ne sais pas.
Et  c’est facile de mettre Mamandedervichetourneurbrun en boule: elle ne supporte pas grand chose...elle le dit elle-même.

   Donc,  sans présenter mes excuses au gamin pour l’avoir tapoté - là ca ne se justifie pas: il a mérité ma colère par ses ...nneries- je dois lui dire que non ça me fait pas plaisir de lui donner une tape.
Que, d’ailleurs, si je voulais me faire plaisir à moi,  je ferais bien pire. (comme sa mère et comme  lui même quoi)
Que je ne suis pas sa mère et que c’est pour ca que je ne frapperai pas plus fort.
Qu’il n’est donc pas, pour moi instit, un objet de jouissance, un cas particulier,  un enfant symptôme ou un enfant mis en exergue.
Que s’il veut être spécial pour moi-instit, il peut l’être, et il l’est, lorsqu’il réussit si bien ses exos, ses raisonnements, etc.
Bref il est un enfant parmi d’autres et je ne suis pas sa mère, je ne suis pas comme sa mère.
Juste un élève.
Qui ne respecte pas les règles, et est donc sanctionné comme les autres.
Qui est capable de tas de belles et bonnes choses.

  Hop, on reprend le film.

        ------------------

- “Je ne suis pas ta maman, Dervichetournerubrun”
- “Si” [tiens tiens tiens..]
- “Non. Ca me plait pas de te taper, de te punir, de devoir crier sur toi.
  Tu le sais, non?”
Silence.
- “Tu le sais comme je suis contente quand tu passes de bons
   moments,  que tu réussis tes travaux, et que tu nous expliques
    des choses, dans le carré”

Va t-il répondre, bon d’là?? J’ai tout gâché ou bien quoi?
Quand même, 8 mois de vie commune (haha)  et de complicité dans la classe vont être gâchés par ma stupide réaction primaire sur le postère de Dervichetourneurbrun?

Silence.
Je laisse le temps.
De toute façon que faire d’autre?
L’assourdir de paroles, comme sa mère l’assourdit de claques et de cris?
Juste je le regarde bien au fond des yeux.
Qu'il a superbes d'ailleurs.
J'attends.
Et puis comme j'ai la sensation qu'il ne sait plus comment raccrocher la bobine des mots,
je reprends:
- "Tu le sais comme ça me fait  plaisir, ça nous fait plaisir à tous,
   quand tu te sens bien?
- “Oui”

Ooooouuuuuuuuufffffff

Je lâche ses mains.
Je fais celle qui paisiblement reprend son activité avec les 3 autres...
- “Alors, Dervichetourneurbrun, que dois tu faire maintenant?”
  [je souris, allez, c’est passé, on se comprend bien,
   on reprend le cours normal des activités..]

- “ Je vais à la table de...faire...”
Re-ooouufff.
Boudiou.
N'empêche, j'en ai marre de gérer ça...

  Vous savez quoi?
Ben sur le moment, j'ai pas eu trop le temps de me livrer à mes sensations perso, mais quand j'ai eu enfin ce temps-là, ben  je me suis  trouvée stupide, mais aussi remercié l'ange gardien de Dervichetourneurbrun d'avoir su lui souffler un joli air de printemps doux et serein à l'oreille et dans le cœur.
Tous ces états d'âme.. au moindre geste  on se pose des questions, nous, parce que la plainte n'est jamais loin ....alors que quand un parent se met en boule face  à son gamin qui le mérite pour avoir fait une ...nnerie on n'en fait pas une histoire...

Je sais , là je dis  un truc qui fait sûrement bondir, mais j'en ai maaaaaarre...
...d'avoir à composer avec la violence perpétuelle de ce gamin.

L'an passé, CollègueMS qui l'avait dans sa classe (classe où 2 éléments atomiques n'étaient pas arrivés, sont venus d'une autre école en GS) avait trouvé une solution, parfaitement illégale (ce que la mère ignorait) : dès qu'il en faisait une de trop (cad ...tout le temps) elle appelait la mère pour qu'elle vienne le chercher.
   Evidemment, ça ne rendait pas les relations avec elle particulièrement agréables... quand j'ai dû retricoter ça, en début d'année, ce ne fut pas si simple.

  Mais bon, des fois j'en ferais bien autant voyez, non seulement pour garantir un peu de calme en classe, quand il est sur les nerfs, cad...souvent...mais aussi parce que l'émulation fait que mes autres piles atomiques 'répondent' bien à ses sollicitations explicites ou non, et que les enfants banalement sans histoires qui ont droit à une classe qui roule sans être perturbée en permanence en ont un peu ras le bol...
   Il y a 3 ans, je veux dire 2004-2005 j'avais une classe du même acabit , au moins 2 piles atomiques avec deux  gamins comme Dervichetourneurbrun, ça faisait un bon groupe, on s'en parle encore entre instits et atsems quand on se voit.
Le groupe a pu être splité pour l'année suivante (comme ce sera le cas pour cette classe-ci lors du passage au CP)
Donc on se parlera de cette classe là aussi, plus tard. c'est déjà le cas, notez.
Et il semble que ça doive être notre lot tous les 2 ans maintenant ce genre de groupe classe.

  Ben voyez, là il est 6h du matin, j'ai aucune envie d'aller bosser. Aucune.
Déjà que j'en ai un peu ras le cocotier de ce job, je sais qu'en plus il me faut  être droite sereine et calme pour que les piles atomiques n'entrent pas en fusion, or moi aussi j'aimerais bien péter un câble et me barrer, ou partir en vrille pour me soulager.
Etonnez vous que j'aie pris 10 kilos sans  raison cette année. Et que j'en souffre d'ailleurs.
Bref.

   L'énergie qu'il me faut pour 'tenir' ces enfants là, je devrais pouvoir la mettre dans mon vrai travail, à savoir faire avancer les neurones des élèves, et non dans la discipline permanente de qqes enfants si mal dans leurs peaux.
Et en mettre un peu dans  une vie personnelle si possible.
Là je ris...

   L'école publique reçoit tous les enfants sans distinction, c'est son honneur...et son point faible.
Et là je me sens très point faible.

  Allons, tenir jusqu'au 4 juillet.
Mais pas que tenir: faire avancer la classe, composer avec les fêtes des parents, de fin d'année,  les évals et la chaleur qui est déjà bien plombante dans la cour et dans mon aquarium classe (devenu sauna).
Youpi.
Mardi 22 mai 2007
   Et au fait, Vrillekibrille.
Parce que voyez vous, dans cette classe, 'assez exceptionnelle' comme me disent les  atsems et les collègues, yapa que Dervichetourneurbrun, Grosbourrin, Princessedufoyer, Petitélastique, Grandsourire et Petitdéchiré, Petitbrunet ... qui ont des parents séparés correctement ou en bisbille, outre le reste des plaisirs que certains d'entre ces charmant-e-s bambin-e-s me procurent.

Et oui,Vrillekibrille aussi.
Depuis mettons... 3 mois, la petite est toute  désorganisée et  la récurrence de:
- je suis allée avec papa à la plage [par ex]  avec mes sœurs [traduc: les filles aînées du père, d'un premier lit]
m'a conduite à me rémémorer le récit de Mamandevrillekibrille au sujet des difficultés conjugales préexistantes....je ne retrouve plus les posts à ce sujet si d'aventure j'en ai causé, mais en tout cas le premier concernant  Vrillekibrille est

  Vrillekibrille, déjà agitée et portée aux 'mouvements divers' est encore plus émotive (tout fait drame ou alors elle asticote les autres, d’où... drame.).
Elle me raconte aussi qu’elle a du chagrin..
et comme d’hab, après écoute, je réponds en gros: 
ce sont des histoires de grands, ce n’est pas du tout ta faute à toi... mais tu as le droit d’avoir du chagrin, viens par là....[câlin]

   Alors un moment ou un autre, fallait bien voir au moins un parent.
D’abord pour savoir ce qu’il en est des modes de garde,
ensuite pour signifier à l’enfant qu’on est  intéressé-e par son sort
et qu’on verra mieux les choses,
enfin parce que, quoi qu’il se passe, il vaut mieux avoir
les infos directes  dans un sens (parent=> instit)
comme dans l’autre (un dessin ou bien ça va ? ;-) ),
surtout lorsqu’on a à faire avec un-e enfant qui fabule bcp
(NB: ne pas confondre le mensonge et la fabulation, chez des enfants de cet âge).

  Donc, comme d’hab dans ces occasions, j’ai dit à Vrillekibrille que sa maman venait parler, que j’allais lui raconter la classe et ce qu’elle, Vrillekibrille, fait...
Et devais-je lui dire ses bêtises?
- Nooooon !! [rires complices autant de que gênés]
Et lui dire son chagrin?
- [petit oui et grands yeux confiants].
Bien bien bien.

   Cette dame, vous vous souvenez,  avait eu des moments un peu ....d’agressivité.. et elle était dans une fusion mère-enfant ...
  Alors je prends le contre pied de ma méthode ordinaire et  la parole avec, parce que je sais qu’ensuite je ne pourrai plus en placer une pendant  20 bonnes minutes.
Pas uniquement parce que  cette dame a besoin de parler, mais parce que je veux écouter dans la longueur comment se construit son discours autour de sa fille, histoire de voir si la position mère-fille a un peu évolué.
Ha comme je suis cachottière... c'est les gênes félins ça. Meoww.
Chattemite? Non quand même pas, hého.

  Donc d’entrée de  jeu, avant même qu’elle n’ouvre la bouche, j’annonce:
- Avant que vous ne m’expliquiez ce qu’il se passe, et puisque  nous sommes dans la classe [nous allons changer de pièce pour le rv, le ménage va être fait dans ma classe, je ne veux pas empêcher les atsems de faire  leur boulot, leur timing étant déjà assez serré pour ne pas leur rajouter de bâtons dans les roues], je vous rassure  sur les apprentissages de Vrillekibrille, ça roule tout seul,elle est intelligente je vous l'ai déjà dit,  aucun pbme, ne vous faites pas de souci à ce niveau.
   Un grand soupir de soulagement.

  On se téléporte sur la  pièce libre d’à-côté. Porte juste au coin, deux pas.
Ouais on fait de la téléportation par cheunous. On se déporte à porte
Et dans la foulée, on se déporte aussi du pbme des apprentissages  (il n’y en a pas de toute façon, Vrillekibrille est assez pénible point de vue comportement, mais tout le reste va bien).

  Ca permet de se focaliser sur tout le reste, et ce reste, je le vois là, dans la gorge de Mamandevrillekibrille, prête à exploser. La gorge.
- Alors alors... ?
Et le fil va se dérouler tout seul.; ça sort ça sort.. ouh, un jet continu.
D’où il ressort que ça durait sur un malentendu depuis une dizaine d’années,
que monsieur et madame ont eu des mots.. et des gestes [Vrillekibrille. m’en a dit les détails qui l’ont choquée, je me garderai bien d’en  informer les parents, c'est pas le moment, ils culpabilisent assez]
que, au final, après tractations diverses, le dialogue s’est mis en place..
avec bcp de labourage et pâturage.
  Madame explique qu’elle a bcp œuvré pour cela, ne voulant pas que, pour sa fille, se passent les mêmes choses que pour les filles aînées de monsieur.

   Au delà de ces explications, intéressantes au demeurant, sur le fait que le père se serait, d’après elle, enferré dans un mode de fonctionnement qui ne s'autorise pas de bonheur, j’écoute surtout le discours sur et autour de Vrillekibrille.
  C’est elle mon élève, après tout.
Et je relève des détails, je vous en livre qqes uns, brut, de fonderie,
et donc mot pour mot:
- Il l’a prise tel jour [Vrillekibrille],  juste comme ça, pas prévu,
  elle était  contente, et il a bien profité d’elle...
=> la fille -objet de désir/plaisir?
     elle-même comme étant cet objet-fille de son ex?
     ou sa fille étant cet objet-femme de son père?

-  Je lui ai dit
    [à sa fille qui, me raconte la maman, insiste pour
    qu’elle se trouve un amoureux]

   que non je ne voulais pas d’amoureux pour le moment que
   mon amoureuse, c’était elle....
=> ouch... j’ai demandé doucement à cette dame de bien séparer
     son amour de mère de sa vie de femme, elle me répond:
     ha mais j’ai pas utilisé ces mots là.. peut-être mais  c’est ce qui
     a été dit là maintenant, donc le fond du truc.. est bien  là.
(NB: les enfants qui veulent "remarier" leurs parents,
c'est assez fréquent aussi.. ça mériterait explication, tiens...)

- Je lui explique que des fois  y’a des gens qui disparaissent
  [en parlant de séparation de couples], c’est comme ça,
   ils disparaissent ou bien pas tout à fait, mais c’est comme ça,
   on s’y fait...les gens qui disparaissent, on s’habitue,
   et ils reviennent, des fois...
=> tiens tiens, où est la disparition dans un couple qui se sépare
      et que se parle, se voit, se transmet les infos et l’enfant
     (hum pardon pour le rapprochement)...
     Dommage que je n’aie pas le temps ni la possibilité de
     fouiller ça tiens....
Mmh (attention, jonglage acrobatique voire capillotracté de mots) dans ces mots
qq’un qui se sépare, ne se sépare pas de mais se sépare, tout court,
se sait (à) part (i)?  Se pare de quoi? Pare quoi?
Se coupe lui-même? de lui-même?
Coupe une ou des existences?
Se couper de la vue/du contact, c’est ne plus exister pour l’autre?
Alors, c’est quoi, pour cette dame, “être avec” , si ‘être séparés” se joue
sur la disparition de l’un-e des deux?
Au sens où il ou elle n’est pas une “autre” mais une partie de soi.
Hum, pardon j'arrête.

 Avec les indices des RV précédents, je comprends alors, et conclus, que la (con)fusion mère-fille est  toujours active.
La mère explique à quel point elle fera tout pour et avec sa fille puisqu'elles sont "toutes les deux seules maintenant".


  D’un point de vue plus concret, comme bcp de couples en début de séparation, MamandeVrillekibrille m’annonce qu’elle a convenu avec PapadeVrillekibrille. que ce dernier la verrait quand il voudrait.. elle ajoutera  plus loin: à condition de m’avertir assez tôt quand même.

   Et là braves gens, je vais faire ma docte.
Ayant vu pas mal de séparations, je crois que l’enfant surtout jeune, surtout dans les premiers temps, lorsqu’il ou elle garde encore consciemment l’espoir que les parents vont se rabibocher (mais s’éteint-il lentement cet espoir-là...ensuite c’est plus refoulé), a plutôt besoin d’un fonctionnement plus carré.
   Quitte à faire un petit calendrier simplifié, l’enfant va s’y repérer, se construire un “temps” qui lui sera à la fois personnel pour  le maintien de ses affects et objectif pour se doter de cadres de vie (sociaux donc) clairs.
C’est intéressant pour des enfants élevés un peu, ou bcp, au flou des limites générationnelles et des bornes de la conduite sociale.
Ce temps-là passé, et la séparation entérinée et clarifiée... alors oui, le “quand tu veux”  d’un parent (ou de l’enfant.. mais peut-être un peu plus âgé) peut être une façon de faire.

  J’en fais part doucettement à MamandeVrillekibrille....
(NB comme  c’est PapadeVrillekibrille qui est venu la chercher, sur accord des deux,  je lui ai proposé de venir me voir aussi, bien sûr...)

  Enfin tout ce RV  se passe dans le flots de paroles de MamandeVrillekibrille, parler pour ne pas pleurer  c’est un bon truc.
  Sauf que justement je ne peux pas la laisser s’en aller dans cet état là.
Alors profitant d’une pause, je prends la main, je veux dire la parole, pour expliquer 2 ou 3 trucs pour Vrillekibrille, puis je la regarde gentiment elle, elle en tant que la femme qui est devant moi, pas mère de, pas ex de...
- Alors et vous? je voyais bien que ça n’allait pas fort par moments..
  comment allez vous, vous?
Et zou, ça jaillit...comme elle est super maquillée, je sors dare-dare un kleenex de mon sac (ouais j’ai un sponsor :-)) ...
Elle parle.. puis se reprend.. alors je lui présente mes excuses pour l’avoir faite pleurer (on n’est pas en thérapie hein!).
Comme prévu elle répond que non au contraire, ça fait du bien, elle se sentait si serrée, là, étouffée...
He oui je comprends bien, rien qu’à l’écouter la même asphyxie me prenait.
On continue le déroulé...

   Et voilà, résultat des courses, dans le meilleur des cas:
- une maman apaisée, elle est rassurée sur sa petite, 
- un papa qui va peut-être prendre une place de père un peu plus
  souple, et attentive 'autrement', 
- une petite qui se sent entendue ... quand bien même il ne se
  passerait rien d’autre, c’est déjà ça,

Et des pistes proposées pour le CP et les activités hors école
pour tenir compte des besoins de Vrillekibrille.

Au pire...ben on verra:-)

J’espère que la petite se remettra des scènes et gestes qu’elle a vus et  entendus.
Qu'elle saura/pourra, comme tous les enfants qui sont confrontés à la violence verbale, physique ou psychologique (pas la moindre celle la), trouver ses ressources de sauvegarde.
Dimanche 20 mai 2007
   Attention, râlage version grossebourrine.
Passke quand je minerve je ne suis pas fine (le reste du temps non plus, notez, mais  c'est pas le sujet.)
Donc qqes réflexions xions xions.
Partisanes.
Simplissimes.
Et donc comme annoncé, bien bourrines, mais ça fait du bien de bourriner.
(si vous acceptez ce néologisme, votez pour)

Le comm n° 12 ici  m’interpelle sur ce qu’il en est de la réussite.
"Et puis c'est tellement sympa en tant qu'élève, de pouvoir se dire que le prof ne nous fait pas travailler pour notre progrès personnel mais pour avoir une prime. "
Mmmmmh

  Qu’est-ce que la réussite, pour un prof, un instit?
Bien sûr qu’on trouve une satisfaction égotique à enseigner et voir un élève s’approprier une connaissance ou une capacité de raisonnement... par ex.
Bien sûr qu’il en est du métier d’enseignant comme de tous les autres, comme de toute activité humaine : on les fait d’abord pour soi..
  Ou alors c’est qu’on est dans une hystérie très très aboutie, si j’ose dire...  style Mère Térésa.
Non je ne l’insulte pas, c’est bien d’une structure  psychopatho que  je parle, celle qui consiste à se donner un maître...sur et par lequel on règner - et non dominer, pas confondre-  :-)  et qui suppose qu'on trouve sa.. disons satisfaction... dans l'obéissance version chantage à celle -supposée- de l'autre, du maître; cet autre pouvant être l'Autre/Maître absolu et absolument parfait (?): dieu - ou le jésus du catholicisme.
Bien sûr que si l’on n’a pas de moteur narcissique, on ne *fait* pas.
Bon.
Mais une fois tout ceci posé, il n’empêche que ce qui fait  idéal (du moi?, le moi du même nom?) pour l’enseignant ça pourrait être l’accroche à l’idée d’une grandeur  de l’humain.
Ce qui est en lui de capacité de progrès, d’apprentissage, de plasticité...
Non?

  Si l’on est dans une structure perso qui a besoin de ce feed-back qu’est la “réussite” de la personne dont on est en charge pour se sentir valorisé-e, il est parfois bien difficile de se confronter à l’échec (scolaire, comportemental).
Mais ça se travaille, ça: pourquoi fonder sa propre valeur sur celle de l’autre, le plus jeune?
Qui va dépendre de votre savoir. Par extension de vous. Et aussi être une extension de vous?
Et dont vous allez dépendre aussi, dans ce cas, quelle drôle de relation....
Pourquoi attendre cette reconnaissance?
Dont de la famille de l’élève, peut-être?
De quelle projection s’agit-il?
De quel infantile pas réglé?
Je ne trouve pas ça très sain, voyez....

Mais se baser sur la réussite (quels en sont les indicateurs???) de l’élève pour constituer la valeur  (???) du prof... ça me laisse perplexe.

Il me vient que le fait d’instituer  la valeur d’un prof comme dépendante de celle de son élève ne ferait qu’accentuer l’effet Pygmalion/Rosenthal (et donc effondrement du prof si ça ne fonctionne pas)
ET une valorisation de l’ego du prof.

Ego....
Cette partie du moi qui sera alors renforcée par l’adaptation /et la satisfaction dûe/ au milieu.
Ca me fait penser à la vogue de l’egopsychology (courant initialement anglosaxon)
La visée adaptative au monde est doublée d’un renforcement par les signes extérieurs de réussite (fric, maison/appart, voiture, enfant parfaits, épouse blonde vaporeuse en tailleur chanel, ha pardon non, ce ne sont pas des choses, en principe).
Et donc pour un enseignant: réussite via l’autre en tant qu'il (l'apprenant!) va la signifier par des acquisitions, des signes... socialement valorisés.
Voire des impedimenta, tiens.
Donc tout faire, tout, pour que l’autre, le plus jeune, aille dans le droit chemin.
Le chemin tracé pour être un citoyen mitoyen moyen mais qui sera censé faire plus grand plus gros plus vite et plus fort que les autres .
Mais non y'a pas de mensonge...

Et donc "résultat".
On presse un tube, résultat, le dentifrice sort. Plop.
Si si, puisqu'on vous le dit.
Bravo.
On est bien content.
Et ‘on’ n’est pas un con, puisqu’il ne faut pas traiter un homme de con (ni une femme notez, elle ne l’est pas, elle l’a), il n’en a ni l’agrément  ni la profondeur, mais ‘on’ est ici un con-cept :
un être capable de marcher sur la tête de l’autre, voire la sienne propre (ouh quelle souplesse dorsale)... pour marcher là où on lui dit de marcher.
Arf, non ce n’est pas  un concept.
Ca existe.
Oui c’est un ça: tout obtenir tout de suite là pour lui tout seul.
Tiens. Ca existe.
Freud avait encore raison.
T’es fatigant, Sigmund, repose toi un peu...
Et marcher dans les rails, càd faire là où il est dit de faire pour la satisfaction d'un-e autre.... ça vous rappelle rien?

Bon, donc résultat.
Pour  qu’il y ait résultat, il faut un truc à produire.
Et des trucs qui permettent de le produire:
une technique et une matière/un matériau.
Ha bon.
Les enfants, c’est une matière à travailler.
Ha ouais.
Malaxe, le cœur de l'automate, malaxe...

Enfant=matériau de ma réussite par la leur.
Mmmhh... va falloir qu’on m’explique, là.
Et donc la technique c’est “tout ce que tu veux, pourvu que tu obtiennes ce qui est demandé par la direction en temps et heure, et même avant si possible” ??
Ha ouais.
Ouhlala.

Ca vous fiche pas les jetons?

Meroww


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