Des anecdotes qui en disent long ....
"J'ai pas mal hésité sur l'angle à choisir... J'aurais pu parler de ma conformité à l'univers scolaire, qui a fait que j'ai eu du mal à en partir. Ou de comment on fait pour gérer le statut encombrant d'«intello» en partageant ses compétences pour se faire accepter. Finalement, je préfère raconter trois histoires qui expliquent comment des événements survenus à l'école ont, je crois, eu des effets durables sur mes convictions et mes engagements.
La première se passe à l'école primaire, pendant les années de CM1-CM2. En famille on m'a manifestement transmis un fond solide de tolérance. Or, pendant ces années-là, dans ma classe, il y a une fille et un garçon, tous deux enfants d'agriculteurs. Le garçon est le fils du plus gros agriculteur du village, pour lui pas de souci. La fille, d'une famille où on n'a pas beaucoup d'argent. Les vêtements durent longtemps, et surtout elle a sur la peau, quasi en permanence, l'odeur de la ferme, des vaches. Les autres mômes la tiennent à l'écart, ils disent qu'«elle pue». Elle ne m'est pas spécialement sympathique, c'est une gamine assez fermée (forcément), mais plus d'une fois je me forcerai à lui parler, juste pour ne pas être comme les autres - ceux qui, en fin de compte, la rejettent par mépris social -, juste parce que je ne peux pas m'empêcher de m'imaginer à sa place.
Déjà, je trouve insupportable que les autres ne le fassent pas. J'apprends la compassion, au sens littéral : souffrir avec. Et qu'on ne me dise pas après ça que les gosses sont «naturellement» gentils et innocents...
La deuxième histoire se passe pendant mon année de sixième. À la rentrée, j'ai été élue déléguée de classe. Pendant l'hiver, deux événements : d'abord, notre prof de maths part en congé maternité et est remplacée par un maître auxiliaire algérien. (Maître aux', c'est le statut le plus précaire pour un prof à l'époque, systématique pour les enseignants étrangers.) Ensuite, en plein hiver, on nous met les cours de maths dans une salle en préfabriqué : il y fait froid et ça pue le fioul. On se plaint. Le prof, pour plaisanter, nous dit : «Vous n'avez qu'à faire une pétition !» Ça ne tombe pas dans l'oreille d'une sourde : j'estime qu'en tant que déléguée, c'est à moi d'organiser ça. J'écris un texte, «Nous élèves de 6e machin, nous demandons, bla bla», suivi de la liste des élèves pour que chacun puisse signer en face de son nom.
Or l'initiative panique l'autre délégué, du genre garçon couvé, qui prévient sa mère, laquelle prévient le principal du collège. Mes parents sont convoqués, et accusés d'avoir écrit le texte pour moi (au motif que ça ne peut pas sortir de la plume d'une gamine de onze ans). L'entrevue se passe très mal : ils trouvent la réaction absurde, disproportionnée, et ne supportent pas qu'on m'imagine en préado manipulée ; ils sont, je crois, assez fiers de moi !
Bilan des courses : l'initiative est tuée dans l'oeuf et je suis «démise de mes fonctions» de déléguée.
Plus tard en 3e, quand le principal me remettra le prix du championnat d'orthographe du collège, il pourra sans doute lire dans mes yeux quatre années de mépris et la satisfaction d'une revanche personnelle.
Bien peu de choses, hélas, au regard du seul vrai drame de cette histoire : le prof remplaçant est viré. Est-ce que ça se serait passé de la même façon s'il avait été français ? J'ai vraiment tendance à penser le contraire.
Peut-être qu'alors on l'aurait laissé expliquer qu'il n'y était pour rien. Et que ça n'avait rien de grave. Peut-être surtout qu'il aurait été écouté. Que pouvait-il faire face à l'accusation - de parents et/ou de sa hiérarchie, je ne l'ai jamais su - d'inciter de chères têtes blondes à la rébellion ?
J'ai toujours senti dans cet épilogue un vieux fond de racisme qui pour être «ordinaire», comme on dit, n'en est pas moins violent.
J'apprends plusieurs leçons à cette occasion. Que ce sont toujours les moins armés pour se défendre qui trinquent. Que toute initiative de protestation a ses conséquences. Que ceux qui te disent que tu as raison ne seront pas forcément là si ça tourne mal, et que c'est un risque à prendre. Je n'en oublierai aucune.
Pour la dernière anecdote, je suis en terminale, et les lycées «débrayent» pour protester contre la réforme Jospin. Un samedi matin, en arrivant dans mon lycée, j'apprends qu'il y a manif. Or ce matin-là, nous avons un devoir sur table, en histoire. J'en cause à mes copains de classe, tous bien d'accord que cette manif est super importante et qu'il faut y aller.
Arrivée en classe, j'explique le problème au prof. Pour lui, l'affaire est claire : on ne reporte pas le devoir, et ceux qui veulent aller manifester auront zéro. Nous serons quatre à sortir, sur une grosse trentaine. (Je suis en terminale C : je crois que ça a son importance.) Avec moi, il y a un garçon qui est plutôt un pote, baba cool gauchiste affirmé, bon élève. Une autre fille aussi en tête de classe, trop blonde et trop maquillée pour que, engoncée que je suis dans mon corps à moi, je réussisse à l'apprécier. Et un type mutique, lui en queue de classement, que je ne connais pas très bien. Avec sa moyenne générale déjà basse, c'est lui qui risque le plus. De mes plus proches copains, de mes grandes copines, aucun ne considérera que participer à un mouvement lycéen vaut bien un zéro.
Mais ces trois-là, oui : à cette toute petite échelle, et dans des circonstances anodines, je viens d'apprendre que si bien sûr les deux peuvent se rejoindre, il y a une différence entre les «amis» et les «camarades». Cette fille et ce garçon qui n'étaient pas mes amis ne le sont pas devenus, mais à partir de ce jour-là on savait qu'on partageait quelque chose que d'autres n'avaient pas.
D'autant que l'épilogue, cette fois, est sympa : le lundi suivant, le prof nous a appris, à tous les quatre, qu'il nous ferait refaire un devoir, avec un autre sujet. Pas vraiment par soutien au mouvement lycéen, pour ce que j'en percevais, mais sans doute pour marquer que notre décision de ce moment-là, il pouvait la comprendre : un genre de «prime au citoyen actif». De quoi mettre le nez dans leur mauvaise conscience à tous ceux qui n'étaient pas venus, et se sont scandalisés de cette décision : s'ils l'avaient su avant, bien sûr qu'ils l'auraient faite, la manif !
Pour nous quatre, c'était la cerise sur le gâteau parce qu'en vrai, ce qu'on trouvait chouette, c'était notre (micro) rébellion en milieu (obsédé du bulletin scolaire) hostile. Qu'en fin de compte on ne soit pas sanctionnés, c'était un peu, toutes proportions gardées, comme d'obtenir le paiement d'un jour de grève :-)
Pas étonnant que trois ans plus tard, je n'aie rien trouvé de mieux que participer à la première grève à Sciences Po depuis 68, sans parler du reste ^^ "
Merci Ama-L :-)
"J'ai pas mal hésité sur l'angle à choisir... J'aurais pu parler de ma conformité à l'univers scolaire, qui a fait que j'ai eu du mal à en partir. Ou de comment on fait pour gérer le statut encombrant d'«intello» en partageant ses compétences pour se faire accepter. Finalement, je préfère raconter trois histoires qui expliquent comment des événements survenus à l'école ont, je crois, eu des effets durables sur mes convictions et mes engagements.
La première se passe à l'école primaire, pendant les années de CM1-CM2. En famille on m'a manifestement transmis un fond solide de tolérance. Or, pendant ces années-là, dans ma classe, il y a une fille et un garçon, tous deux enfants d'agriculteurs. Le garçon est le fils du plus gros agriculteur du village, pour lui pas de souci. La fille, d'une famille où on n'a pas beaucoup d'argent. Les vêtements durent longtemps, et surtout elle a sur la peau, quasi en permanence, l'odeur de la ferme, des vaches. Les autres mômes la tiennent à l'écart, ils disent qu'«elle pue». Elle ne m'est pas spécialement sympathique, c'est une gamine assez fermée (forcément), mais plus d'une fois je me forcerai à lui parler, juste pour ne pas être comme les autres - ceux qui, en fin de compte, la rejettent par mépris social -, juste parce que je ne peux pas m'empêcher de m'imaginer à sa place.
Déjà, je trouve insupportable que les autres ne le fassent pas. J'apprends la compassion, au sens littéral : souffrir avec. Et qu'on ne me dise pas après ça que les gosses sont «naturellement» gentils et innocents...
La deuxième histoire se passe pendant mon année de sixième. À la rentrée, j'ai été élue déléguée de classe. Pendant l'hiver, deux événements : d'abord, notre prof de maths part en congé maternité et est remplacée par un maître auxiliaire algérien. (Maître aux', c'est le statut le plus précaire pour un prof à l'époque, systématique pour les enseignants étrangers.) Ensuite, en plein hiver, on nous met les cours de maths dans une salle en préfabriqué : il y fait froid et ça pue le fioul. On se plaint. Le prof, pour plaisanter, nous dit : «Vous n'avez qu'à faire une pétition !» Ça ne tombe pas dans l'oreille d'une sourde : j'estime qu'en tant que déléguée, c'est à moi d'organiser ça. J'écris un texte, «Nous élèves de 6e machin, nous demandons, bla bla», suivi de la liste des élèves pour que chacun puisse signer en face de son nom.
Or l'initiative panique l'autre délégué, du genre garçon couvé, qui prévient sa mère, laquelle prévient le principal du collège. Mes parents sont convoqués, et accusés d'avoir écrit le texte pour moi (au motif que ça ne peut pas sortir de la plume d'une gamine de onze ans). L'entrevue se passe très mal : ils trouvent la réaction absurde, disproportionnée, et ne supportent pas qu'on m'imagine en préado manipulée ; ils sont, je crois, assez fiers de moi !
Bilan des courses : l'initiative est tuée dans l'oeuf et je suis «démise de mes fonctions» de déléguée.
Plus tard en 3e, quand le principal me remettra le prix du championnat d'orthographe du collège, il pourra sans doute lire dans mes yeux quatre années de mépris et la satisfaction d'une revanche personnelle.
Bien peu de choses, hélas, au regard du seul vrai drame de cette histoire : le prof remplaçant est viré. Est-ce que ça se serait passé de la même façon s'il avait été français ? J'ai vraiment tendance à penser le contraire.
Peut-être qu'alors on l'aurait laissé expliquer qu'il n'y était pour rien. Et que ça n'avait rien de grave. Peut-être surtout qu'il aurait été écouté. Que pouvait-il faire face à l'accusation - de parents et/ou de sa hiérarchie, je ne l'ai jamais su - d'inciter de chères têtes blondes à la rébellion ?
J'ai toujours senti dans cet épilogue un vieux fond de racisme qui pour être «ordinaire», comme on dit, n'en est pas moins violent.
J'apprends plusieurs leçons à cette occasion. Que ce sont toujours les moins armés pour se défendre qui trinquent. Que toute initiative de protestation a ses conséquences. Que ceux qui te disent que tu as raison ne seront pas forcément là si ça tourne mal, et que c'est un risque à prendre. Je n'en oublierai aucune.
Pour la dernière anecdote, je suis en terminale, et les lycées «débrayent» pour protester contre la réforme Jospin. Un samedi matin, en arrivant dans mon lycée, j'apprends qu'il y a manif. Or ce matin-là, nous avons un devoir sur table, en histoire. J'en cause à mes copains de classe, tous bien d'accord que cette manif est super importante et qu'il faut y aller.
Arrivée en classe, j'explique le problème au prof. Pour lui, l'affaire est claire : on ne reporte pas le devoir, et ceux qui veulent aller manifester auront zéro. Nous serons quatre à sortir, sur une grosse trentaine. (Je suis en terminale C : je crois que ça a son importance.) Avec moi, il y a un garçon qui est plutôt un pote, baba cool gauchiste affirmé, bon élève. Une autre fille aussi en tête de classe, trop blonde et trop maquillée pour que, engoncée que je suis dans mon corps à moi, je réussisse à l'apprécier. Et un type mutique, lui en queue de classement, que je ne connais pas très bien. Avec sa moyenne générale déjà basse, c'est lui qui risque le plus. De mes plus proches copains, de mes grandes copines, aucun ne considérera que participer à un mouvement lycéen vaut bien un zéro.
Mais ces trois-là, oui : à cette toute petite échelle, et dans des circonstances anodines, je viens d'apprendre que si bien sûr les deux peuvent se rejoindre, il y a une différence entre les «amis» et les «camarades». Cette fille et ce garçon qui n'étaient pas mes amis ne le sont pas devenus, mais à partir de ce jour-là on savait qu'on partageait quelque chose que d'autres n'avaient pas.
D'autant que l'épilogue, cette fois, est sympa : le lundi suivant, le prof nous a appris, à tous les quatre, qu'il nous ferait refaire un devoir, avec un autre sujet. Pas vraiment par soutien au mouvement lycéen, pour ce que j'en percevais, mais sans doute pour marquer que notre décision de ce moment-là, il pouvait la comprendre : un genre de «prime au citoyen actif». De quoi mettre le nez dans leur mauvaise conscience à tous ceux qui n'étaient pas venus, et se sont scandalisés de cette décision : s'ils l'avaient su avant, bien sûr qu'ils l'auraient faite, la manif !
Pour nous quatre, c'était la cerise sur le gâteau parce qu'en vrai, ce qu'on trouvait chouette, c'était notre (micro) rébellion en milieu (obsédé du bulletin scolaire) hostile. Qu'en fin de compte on ne soit pas sanctionnés, c'était un peu, toutes proportions gardées, comme d'obtenir le paiement d'un jour de grève :-)
Pas étonnant que trois ans plus tard, je n'aie rien trouvé de mieux que participer à la première grève à Sciences Po depuis 68, sans parler du reste ^^ "
Merci Ama-L :-)
par Maybe
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Vies, avis des autres
Bon, aujourd'hui, rien.
Ca va moyen.
Ha si, pour rigoler jaune un coup: j'ai reçu ma paie du mois, et j'ai été augmentée, braves gens (comme les autres fonctionnaires, je crois).
Je me sens reconnue dans mon boulot, dans mon essence d'enseignant-e, dans mon âme... rhaaaaaa...
De 8,87 zorros.
Après avoir ri, et me considérant quand même comme nantie par rapport à bien d'autres, j'ai eu une pensée pour les employé-e-s de carouf qui ont dû se battre pour qqes cents de plus, rapportés au taux de vols dans le magasin où elles et ils bossent.
J'ai eu honte.
De nos décideurs (économiques, politiques, sociaux... en vrac).
Sans déc... c'est eux qui devraient avoir honte.
Non?
Ca va moyen.
Ha si, pour rigoler jaune un coup: j'ai reçu ma paie du mois, et j'ai été augmentée, braves gens (comme les autres fonctionnaires, je crois).
Je me sens reconnue dans mon boulot, dans mon essence d'enseignant-e, dans mon âme... rhaaaaaa...
De 8,87 zorros.
Après avoir ri, et me considérant quand même comme nantie par rapport à bien d'autres, j'ai eu une pensée pour les employé-e-s de carouf qui ont dû se battre pour qqes cents de plus, rapportés au taux de vols dans le magasin où elles et ils bossent.
J'ai eu honte.
De nos décideurs (économiques, politiques, sociaux... en vrac).
Sans déc... c'est eux qui devraient avoir honte.
Non?
publié dans :
Rubrikabrak
Paris me manque.
Enfin, précisions: le Paris de mes pérégrinations enfantines et plus âgées.
C'était une grande chance d'avoir des grands parents aimant leur ville et ayant assez de culture pour nous emmener là où il fallait, et bien expliquer ce qu'on y voyait, sites, musées, biblios.. parcs, aussi, quand même...pour les enfants, il faut de la verdure, un peu.
J'ai continué ensuite, pour Maybejunior.
Tiens, ce jour où il courut dans les vieux couloirs du Louvre (c'était avant la modif avec la pyramide) est un joli souvenir.
Je cousais les fringues, souvent, et nous avions l'un et l'autre un ensemble jaune.
Les gens le regardaient courir (il avait 2 ans, il était- est toujours- silencieux, mais sa bouille craquante et la couleur des fringues attiraient les regards) d'un bout à l'autre des galeries pour me désigner des œuvres, et me repéraient (bah oui, le jaune.. dans ces vieux murs...) et rigolaient encore plus.
Le Louvre, c'était un copain.
Le département des antiquités égyptiennes, c'était une extension de la maison, pour tout dire.Forcément.
Et puis il est devenu une vaste usine (merde où ont-ils fichu ma stèle fausse porte préférée?et Sethi Ier accueilli par Hathor?Et le petit couple de la XVIII°?le collier bleu?La copie du zodiaque de Denderah?) ...et l'appart de la rue L. n'abrita plus les grands parents.
Pour montrer des trucs à Maybejunior, il fallu faire autrement, c'était moins facile.
Paris, c'est une peu la seule chose qui restait stable dans ma vie, et qui reste la seule ville où je peux rêver d'une certaine façon bien perso, et où je peux me perdre dans avoir *vraiment* peur: suffit de trouver une bouche de métro, je m'en sors. J'ai eu des mauvaises angoisses parfois, mais finalement, on survit. Et on mourra guéri.
Donc, je peux y marcher des plombes . Enfin, je pouvais (gngngngn).
Bon, pas la nuit.
Je ne connais pas Paris la nuit, d'abord je ne sais ni où aller ni pour quoi y faire, toute seule.
Bah oui, c'est mon instant nostalgie.
Mélancolie aussi.
Alors, je vous recommande, si vous ne le regardiez pas déjà,
le blog de Bren du fat, qui joint à sa poésie personnelle des photos très évocatrices.
Merci brendie :-)
Enfin, précisions: le Paris de mes pérégrinations enfantines et plus âgées.
C'était une grande chance d'avoir des grands parents aimant leur ville et ayant assez de culture pour nous emmener là où il fallait, et bien expliquer ce qu'on y voyait, sites, musées, biblios.. parcs, aussi, quand même...pour les enfants, il faut de la verdure, un peu.
J'ai continué ensuite, pour Maybejunior.
Tiens, ce jour où il courut dans les vieux couloirs du Louvre (c'était avant la modif avec la pyramide) est un joli souvenir.
Je cousais les fringues, souvent, et nous avions l'un et l'autre un ensemble jaune.
Les gens le regardaient courir (il avait 2 ans, il était- est toujours- silencieux, mais sa bouille craquante et la couleur des fringues attiraient les regards) d'un bout à l'autre des galeries pour me désigner des œuvres, et me repéraient (bah oui, le jaune.. dans ces vieux murs...) et rigolaient encore plus.
Le Louvre, c'était un copain.
Le département des antiquités égyptiennes, c'était une extension de la maison, pour tout dire.Forcément.
Et puis il est devenu une vaste usine (merde où ont-ils fichu ma stèle fausse porte préférée?et Sethi Ier accueilli par Hathor?Et le petit couple de la XVIII°?le collier bleu?La copie du zodiaque de Denderah?) ...et l'appart de la rue L. n'abrita plus les grands parents.
Pour montrer des trucs à Maybejunior, il fallu faire autrement, c'était moins facile.
Paris, c'est une peu la seule chose qui restait stable dans ma vie, et qui reste la seule ville où je peux rêver d'une certaine façon bien perso, et où je peux me perdre dans avoir *vraiment* peur: suffit de trouver une bouche de métro, je m'en sors. J'ai eu des mauvaises angoisses parfois, mais finalement, on survit. Et on mourra guéri.
Donc, je peux y marcher des plombes . Enfin, je pouvais (gngngngn).
Bon, pas la nuit.
Je ne connais pas Paris la nuit, d'abord je ne sais ni où aller ni pour quoi y faire, toute seule.
Bah oui, c'est mon instant nostalgie.
Mélancolie aussi.
Alors, je vous recommande, si vous ne le regardiez pas déjà,
le blog de Bren du fat, qui joint à sa poésie personnelle des photos très évocatrices.
Merci brendie :-)
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Sous, à, de-venir
Allons, il faut bien le dire: j'ai eu des niouzes de mon école aujourd'hui.
Et de façon plus large de notre Leplusgrandtom (IA) qui anticipe les réformes Darcossiennes, fait tomber ses oukases sur le dos à la fois de ses administré-e-s directs (les Legrandtom et fems cad IEN) et moins directs (nouzaut) de telel façon que je comprends mieux le pourquoi du ras-le-bol de notre Legrandtom (cf les édits de ce post).
Depuis que ce bonhomme est arrivé dans notre académie, j'ai déjà dû en parler je crois, sa façon de s'adresser à nouzaut' (genre les courriers) et sa défiance permanente de tout ce qui provient de la base (interdiction de prendre un jour de congé non rémunéré pour un décès de proche, par ex, c'est légal pourtant), on se sent toujours plus aimé-e-s et respectées ...
Et, niveau niouprogs, DirloPS m'a confirmé ce je vous disais: on voudrait saborder la Maisonmammouth (et planter les élèves) qu'on s'y prendrait pas autrement.
Et encore n'était-elle pas au courant de ce que je vous ai mis en lien dans le modules "Griffes d'ailleurs" au sujet de l'école privée/catho..
Bref.
Au sujet de ma classe:
j'apprends qu'une de mes petites ne venant plus, sans mot des parents, depuis la rentrée de février, RemplaçanteMS s'en est émue au bout d'une petite quinzaine.
Après recherche, DirloPS a eu l'info: la mère, apparemmnt battue occasionnellement (!) par le père. (et se défendant, apparemment) .. a fini par se barrer loin (dans son pays natal) parce que, la fois de trop, la petite a assisté à ce qu'il s'est passé.
J'apprends tout ça en fin de parcours.
Mais...
Je m'en veux terriblement de n'avoir pas pu faire parler plus cette dame, le matin où, avec ses immenses lunettes noires (il faisait sombre ce jour là, donc j'avais tilté) elle me racontait qu'elle avait enfin trouvé un boulot...
Je m'en veux aussi de pas avoir pu faire parler plus la petite, la seule chose que je peux porter au crédit de l'école, c'est que la gosse avait l'air de s'y sentir bien, et est restée très scolaire, intéressée, rieuse, etc.. même si émotive ...
DirloPS m'explique que, elle non plus, qui a eu l'occasion de passer des heures avec le père (surveillance de l'école, quand on avait des "visiteurs du soir") et connait la famille depuis plus longtemps que moi, elle non plus n'a rien vu venir, et rien de tangible ne lui revient en mémoire.
Donc, nous (en tant qu'institution... mais comme citoyennes ...?) ne pouvions rien faire, la gamine ne présentant aucun indice amenant à un signalement, ni physique ni comportemental.
En revanche obligation est faite aux écoles de repérer et faire remonter une absence longue et non motivée d'un enfant: le signalement (administratif, vers instances concernées) est maintenant possible.
Je me dis que la mère a sauvé sa peau, il a fallu pour cela que sa fille assiste à une scène, mais au moins , elle l'a fait.Que ça va sans doute aussi préserver sa fille.
Actuellement, le mari, un monsieur bien sous tous rapports, comme on dit, est parti la retrouver, pour essayer de la convaincre de revenir.
Comme le pays d'où elle est issue ne lui offre pas (à elle) des possibilités fabuleuses de boulot, je en sais pas trop ce qu'elle décidera ...
Brdl... ça s'arrêtera jamais...
Et de façon plus large de notre Leplusgrandtom (IA) qui anticipe les réformes Darcossiennes, fait tomber ses oukases sur le dos à la fois de ses administré-e-s directs (les Legrandtom et fems cad IEN) et moins directs (nouzaut) de telel façon que je comprends mieux le pourquoi du ras-le-bol de notre Legrandtom (cf les édits de ce post).
Depuis que ce bonhomme est arrivé dans notre académie, j'ai déjà dû en parler je crois, sa façon de s'adresser à nouzaut' (genre les courriers) et sa défiance permanente de tout ce qui provient de la base (interdiction de prendre un jour de congé non rémunéré pour un décès de proche, par ex, c'est légal pourtant), on se sent toujours plus aimé-e-s et respectées ...
Et, niveau niouprogs, DirloPS m'a confirmé ce je vous disais: on voudrait saborder la Maisonmammouth (et planter les élèves) qu'on s'y prendrait pas autrement.
Et encore n'était-elle pas au courant de ce que je vous ai mis en lien dans le modules "Griffes d'ailleurs" au sujet de l'école privée/catho..
Bref.
Au sujet de ma classe:
j'apprends qu'une de mes petites ne venant plus, sans mot des parents, depuis la rentrée de février, RemplaçanteMS s'en est émue au bout d'une petite quinzaine.
Après recherche, DirloPS a eu l'info: la mère, apparemmnt battue occasionnellement (!) par le père. (et se défendant, apparemment) .. a fini par se barrer loin (dans son pays natal) parce que, la fois de trop, la petite a assisté à ce qu'il s'est passé.
J'apprends tout ça en fin de parcours.
Mais...
Je m'en veux terriblement de n'avoir pas pu faire parler plus cette dame, le matin où, avec ses immenses lunettes noires (il faisait sombre ce jour là, donc j'avais tilté) elle me racontait qu'elle avait enfin trouvé un boulot...
Je m'en veux aussi de pas avoir pu faire parler plus la petite, la seule chose que je peux porter au crédit de l'école, c'est que la gosse avait l'air de s'y sentir bien, et est restée très scolaire, intéressée, rieuse, etc.. même si émotive ...
DirloPS m'explique que, elle non plus, qui a eu l'occasion de passer des heures avec le père (surveillance de l'école, quand on avait des "visiteurs du soir") et connait la famille depuis plus longtemps que moi, elle non plus n'a rien vu venir, et rien de tangible ne lui revient en mémoire.
Donc, nous (en tant qu'institution... mais comme citoyennes ...?) ne pouvions rien faire, la gamine ne présentant aucun indice amenant à un signalement, ni physique ni comportemental.
En revanche obligation est faite aux écoles de repérer et faire remonter une absence longue et non motivée d'un enfant: le signalement (administratif, vers instances concernées) est maintenant possible.
Je me dis que la mère a sauvé sa peau, il a fallu pour cela que sa fille assiste à une scène, mais au moins , elle l'a fait.Que ça va sans doute aussi préserver sa fille.
Actuellement, le mari, un monsieur bien sous tous rapports, comme on dit, est parti la retrouver, pour essayer de la convaincre de revenir.
Comme le pays d'où elle est issue ne lui offre pas (à elle) des possibilités fabuleuses de boulot, je en sais pas trop ce qu'elle décidera ...
Brdl... ça s'arrêtera jamais...
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Blouse bouse
Le silence est d'or.
Curieusement, je n'en ai point.
La parole est d'argent.
Curieusement, je n'en ai point non plus.
Les diamants sont éternels.
Ha, c'est pour ça que mes cabochons se brisent.
!!!! je suis en toc !!!!
Passez moi le rubis (c...) !
Curieusement, je n'en ai point.
La parole est d'argent.
Curieusement, je n'en ai point non plus.
Les diamants sont éternels.
Ha, c'est pour ça que mes cabochons se brisent.
!!!! je suis en toc !!!!
Passez moi le rubis (c...) !
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Rubrikabrak
Durant la même année de CM1 où eu lieu cette espèce de 'test', pseudo-amical, un beau jour il s'est agi d'une leçon de science
nat basée sur le corps (humain).
Or il faut bien que je vous le dise, mon trip pendant longtemps a été la biologie.Jusqu'à mon bac, sciences, donc. Après, l'accès m'en fut interdit.
Le "comment ça marche là dessous", et notamment les trucs qu'on voit pas (bah oui, ça fait penser à la psy, lol), notamment les maladies dont on ne voit aucun symptôme.
J'avais un specimen directement sous la main: je la savais malade, depuis toujours (le toujours se référant à ma naissance: je l'ai toujours connue ainsi), mais ça ne se 'voyait' pas, socialement.
Bref donc, j'avais des petits fascicules expliquant bien tout à la maison, et ce jour là, nous avions droit d'apporter notre doc.
Bcp de mes condisciples avaient une série encyclopédique que je n'ai jamais eue, dont ils et elles se vantaient souvent, et qui se nommait 'Tout l'univers". Je les entendais dire: tu as les tout l'univers?
D'abord j'avais mis du temps à comprendre: avoir l'univers, heu?
Ben quoi j'arrivais de loin, hein, je connaissais pas. C'est vachement conformiste les gamin-e-s.
Mmmh, et donc, j'étais déjà, depuis le CP suite à un moment bien précis, et pour plein de raisons, devenue inexistante à l'oral comme on dit.
Alors, cette fois là, je savais qu'ayant les réponses sous les yeux, j'allais pouvoir être interrogée sans rougir de honte, voire lever le doigt? Allez, on tente.
La première question: combien le corps humain contient -il de muscles?
J'ai levé le doigt, il m'en souvient, à m'en déboîter l'épaule. J'étais au premier rang, l'instit ne pouvait pas ne pas me voir et pourtant... comme je l'ai déboîtée mon épaule... pendant d'interminables secondes où j'ai vu son air ennuyé se poser sur moi.
En principe, un-e enfant qu'on n'entend jamais, qui un jour miraculeux lève le doigt avec alacrité, on se dépêche de le ou la valoriser, de l'interroger, histoire de le ou la 'remettre dans le circuit' de la présence/participation orale.
Là, clairement, mon levage de doigt était ennuyeux pour elle.
Je n'ai jamais su pourquoi, mais sur le moment je me suis sentie humiliée.
Et plus encore quand elle a laissé tombé d'une voix morfondue:
" Bon heu, Maybe, arrête de te trémousser comme ça, vas y alors?"
Toute à ma joie, j'en ai bafouillé. A cette époque, on se levait pour répondre.
(j'avais horreur de ça, être le point de mire, au secours...)
Je me suis rassise couverte de sueur et sans doute toute rouge de joie et de confusion.
Une fois la poussée d'adrénaline retombée...je me suis repassé le petit film.
A la question suivante...bah, non, j'allais pas encore embêter maîtresse, hein..ça se sentait tellement qu'elle avait pas envie que je parle, de me faire une fleur en somme.
A celle d'après, mes fascicules ne donnaient pas l'info (ben oui je regardais évidemment, mais en fait je les connaissais par coeur) alors je les ai refermés...personne ne levait le doigt... et là, justement, une petite voix aigre:
"Alors Maybe, toi qui te trémoussais tellement juste avant, une idée de la réponse?"
"....."
La rumeur autour, derrière, la rumeur.
M'enfouir dans le sol?
Me carapater sous la table?
Disparaître de la surface de la terre?
A la revoir, tant de temps après, je trouve bien déplaisante cette saynète, qui a pu arriver à bien d'autres. Peut-être à vous, d'ailleurs, non? En pire, aussi.
Et je la mets en lien avec tout le reste ... famille nouvelle dans le quartier, venue de loin donc pensée comme "différente" (ha le charme des petites villes de province...)... élève correcte mais déplaisamment silencieuse..
Allons, vous voyez ce que je vux dire, collègues, ce genre d'élève qu'il faut "aller chercher"?
Dont on a l'impression qu'il ou elle se bute, alors qu'en elle ou lui se place un désir terrifiant de plaire un peu à l'autre, de ne pas le décevoir...Et donc je suis redevenue muette à l'oral, ce e fut qu'un hiatus dans mon habitus, en somme ;-)
C'est chiant, hein, les enfants, les gens, un peu sensibles...des détails les tatouent bien (trop?) longtemps...
Or il faut bien que je vous le dise, mon trip pendant longtemps a été la biologie.Jusqu'à mon bac, sciences, donc. Après, l'accès m'en fut interdit.
Le "comment ça marche là dessous", et notamment les trucs qu'on voit pas (bah oui, ça fait penser à la psy, lol), notamment les maladies dont on ne voit aucun symptôme.
J'avais un specimen directement sous la main: je la savais malade, depuis toujours (le toujours se référant à ma naissance: je l'ai toujours connue ainsi), mais ça ne se 'voyait' pas, socialement.
Bref donc, j'avais des petits fascicules expliquant bien tout à la maison, et ce jour là, nous avions droit d'apporter notre doc.
Bcp de mes condisciples avaient une série encyclopédique que je n'ai jamais eue, dont ils et elles se vantaient souvent, et qui se nommait 'Tout l'univers". Je les entendais dire: tu as les tout l'univers?
D'abord j'avais mis du temps à comprendre: avoir l'univers, heu?
Ben quoi j'arrivais de loin, hein, je connaissais pas. C'est vachement conformiste les gamin-e-s.
Mmmh, et donc, j'étais déjà, depuis le CP suite à un moment bien précis, et pour plein de raisons, devenue inexistante à l'oral comme on dit.
Alors, cette fois là, je savais qu'ayant les réponses sous les yeux, j'allais pouvoir être interrogée sans rougir de honte, voire lever le doigt? Allez, on tente.
La première question: combien le corps humain contient -il de muscles?
J'ai levé le doigt, il m'en souvient, à m'en déboîter l'épaule. J'étais au premier rang, l'instit ne pouvait pas ne pas me voir et pourtant... comme je l'ai déboîtée mon épaule... pendant d'interminables secondes où j'ai vu son air ennuyé se poser sur moi.
En principe, un-e enfant qu'on n'entend jamais, qui un jour miraculeux lève le doigt avec alacrité, on se dépêche de le ou la valoriser, de l'interroger, histoire de le ou la 'remettre dans le circuit' de la présence/participation orale.
Là, clairement, mon levage de doigt était ennuyeux pour elle.
Je n'ai jamais su pourquoi, mais sur le moment je me suis sentie humiliée.
Et plus encore quand elle a laissé tombé d'une voix morfondue:
" Bon heu, Maybe, arrête de te trémousser comme ça, vas y alors?"
Toute à ma joie, j'en ai bafouillé. A cette époque, on se levait pour répondre.
(j'avais horreur de ça, être le point de mire, au secours...)
Je me suis rassise couverte de sueur et sans doute toute rouge de joie et de confusion.
Une fois la poussée d'adrénaline retombée...je me suis repassé le petit film.
A la question suivante...bah, non, j'allais pas encore embêter maîtresse, hein..ça se sentait tellement qu'elle avait pas envie que je parle, de me faire une fleur en somme.
A celle d'après, mes fascicules ne donnaient pas l'info (ben oui je regardais évidemment, mais en fait je les connaissais par coeur) alors je les ai refermés...personne ne levait le doigt... et là, justement, une petite voix aigre:
"Alors Maybe, toi qui te trémoussais tellement juste avant, une idée de la réponse?"
"....."
La rumeur autour, derrière, la rumeur.
M'enfouir dans le sol?
Me carapater sous la table?
Disparaître de la surface de la terre?
A la revoir, tant de temps après, je trouve bien déplaisante cette saynète, qui a pu arriver à bien d'autres. Peut-être à vous, d'ailleurs, non? En pire, aussi.
Et je la mets en lien avec tout le reste ... famille nouvelle dans le quartier, venue de loin donc pensée comme "différente" (ha le charme des petites villes de province...)... élève correcte mais déplaisamment silencieuse..
Allons, vous voyez ce que je vux dire, collègues, ce genre d'élève qu'il faut "aller chercher"?
Dont on a l'impression qu'il ou elle se bute, alors qu'en elle ou lui se place un désir terrifiant de plaire un peu à l'autre, de ne pas le décevoir...Et donc je suis redevenue muette à l'oral, ce e fut qu'un hiatus dans mon habitus, en somme ;-)
C'est chiant, hein, les enfants, les gens, un peu sensibles...des détails les tatouent bien (trop?) longtemps...
par Maybe
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In memoriam
par Maybe
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Rubrikabrak
Suite à ce post, Line, du lointain de sa Belgique, est allée lire les saintes paroles niouprogs de notre évangile ministériel éducnat frenchie.
Voici ses réactions:
"Bon, voilà mes blablas sur le sujet... qui m'interpelle parce que c'est la même rengaine chez nous.
Mais au final, beaucoup de poudre aux yeux et rien de vraiment efficace pour des changements valables... et ça fait peur pour l'avenir.
« Diviser par trois, en cinq ans, le nombre d'élèves qui sortent de l'école primaire avec de graves difficultés et diviser par deux le nombre d'élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité »
Alors là déjà, je me tords de rire toute seule devant ma bécane :-D
C’est le même laïus partout je vois !!! Mais les p’tits gars, si vous voulez qu’on y arrive, faudrait p-ê se pencher un peu plus près de vos instit pour savoir « vraiment » ce qui aiderait à y arriver.
C’est la même bande de p’tits comiques que par chez nous ! Ca blablate beaucoup, c’est plein de très beaux projets, puis ça te fourgue plus de 25 mômes en classe, pas d’aide ni de moyens supplémentaires si ce n’est la débrouille école par école et la bonne volonté de ceux sur le terrain et ça ne comprend pas qu’on n’y arrive pas. Peuh :-(
« L’idéal républicain » ça aussi c’est rigolo !
C’est quand même très politique-politicien tout ça, c’est marrant, on ne parle pas comme ça… on préfère brol ;-) Non allez, on parle de citoyenneté, ce qui revient au même.
« A l'heure où les pays développés cherchent à comparer la performance de leurs systèmes éducatifs, la France ne peut rester insensible aux rapports officiels et aux évaluations internationales qui soulignent, chaque année, la médiocrité des résultats de son école primaire. »
On y est… La belle Europe. Pisa et toute sa clique. Ca je connais. Mêmes blablas chez nous. Paraît qu’on a pas de quoi être fier de nos résultats !
Et mêmes essais en tout genre pour redorer le blason. Certains heureux, mais d’autres… carrément à côté de la plaque.
Ah ? Par contre c’est chouette ? Vous allez avoir w-e comme nous ! Tout le samedi et dimanche… Oui mais des heures à prester en plus(*), je vois, je vois…les stages et tout ça.
Oh ? On vous impose une répartition du nombre d’heure/matière ?
Ah oui, l’ouverture aux parents et la lisibilité pour tous ! Et bé, vous zêtes pas sortis de l’auberge, mes pôvres…
Ttttt, d’ici à ce qu’on demande aux parents ce qu’ils veulent qu’on leur apprenne …
Enseignement à la carte Messieurs Dames ;-)
Bon, je suis maman, et bien sûr j’espère que mes juniorettes s’en sortent, mais zut, je ne dis pas à leurs profs ce qu’ils doivent faire ni comment, à chacun son job ! Purée de pois !
Notre programme officiel de l’état fait un petit nonante pages, mais celui que j’utilise, retravaillé pour le libre (enseignement catholique), c’est une brique de plus de 500 pages, mais pas trop mal foutu. Il a le mérite d’être pratique et plein de conseils intéressants. Après, j’ai pas tout lu ;-)
Tiens, une fois de plus on ne parle pas du nombre d’heures d’éveil à la créativité, au dessin et autres futilités inutiles bien sûr ! Ca c’est mon dada, mon énervement perso, tout ce qui tourne autour de l’art, du dessin et autres, ça file toujours à la trappe… Et pourtant, ça construit aussi, non ?!
« Cinquième changement, la très forte cohérence donnée aux programmes de l'école maternelle, dont la finalité très clairement affirmée est de préparer les élèves à l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul tout en conservant sa spécificité propre. »
Parce que bien sûr jusqu’à ces nouveaux changements, chez vous, les instit préélem, elles se la touillaient toute la journée en faisant garderie ! Waaaarffff ! Mais, bon, la cohérence entre les différents niveaux, c’est élémentaire.
« Nous avons désormais un devoir de réussite pour l'école primaire. »
Ca, on pourrait dire... école fondamentale non ?
Parce que le primaire sans les maternelles, 'fin les préélem, ça marche pas…
Mais au fait ... je croyais qu’on l’avait depuis toujours cet objectif-là, non ?
Hé, ça va faire du brol en plus votre truc ;-) "
Merci Line! Tu peux respirer et rester zen, maintenant ! Et bonnes vacances :-)
(*) : elles ne sont pas 'en plus' : les heures du samedi supprimées sont réparties en soutien en fin de journée, les stages/soutien pendant les vacances sont basées pour le moment sur le volontaria,t en revanche, les 60h de boulot en dehors de heures de classe (réunions/animped diverses et variées, suivi des élèves,rv avec les familles..) sont assez curieusement réparties, faudra que je regarde ça de plus près...
Voici ses réactions:
"Bon, voilà mes blablas sur le sujet... qui m'interpelle parce que c'est la même rengaine chez nous.
Mais au final, beaucoup de poudre aux yeux et rien de vraiment efficace pour des changements valables... et ça fait peur pour l'avenir.
« Diviser par trois, en cinq ans, le nombre d'élèves qui sortent de l'école primaire avec de graves difficultés et diviser par deux le nombre d'élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité »
Alors là déjà, je me tords de rire toute seule devant ma bécane :-D
C’est le même laïus partout je vois !!! Mais les p’tits gars, si vous voulez qu’on y arrive, faudrait p-ê se pencher un peu plus près de vos instit pour savoir « vraiment » ce qui aiderait à y arriver.
C’est la même bande de p’tits comiques que par chez nous ! Ca blablate beaucoup, c’est plein de très beaux projets, puis ça te fourgue plus de 25 mômes en classe, pas d’aide ni de moyens supplémentaires si ce n’est la débrouille école par école et la bonne volonté de ceux sur le terrain et ça ne comprend pas qu’on n’y arrive pas. Peuh :-(
« L’idéal républicain » ça aussi c’est rigolo !
C’est quand même très politique-politicien tout ça, c’est marrant, on ne parle pas comme ça… on préfère brol ;-) Non allez, on parle de citoyenneté, ce qui revient au même.
« A l'heure où les pays développés cherchent à comparer la performance de leurs systèmes éducatifs, la France ne peut rester insensible aux rapports officiels et aux évaluations internationales qui soulignent, chaque année, la médiocrité des résultats de son école primaire. »
On y est… La belle Europe. Pisa et toute sa clique. Ca je connais. Mêmes blablas chez nous. Paraît qu’on a pas de quoi être fier de nos résultats !
Et mêmes essais en tout genre pour redorer le blason. Certains heureux, mais d’autres… carrément à côté de la plaque.
Ah ? Par contre c’est chouette ? Vous allez avoir w-e comme nous ! Tout le samedi et dimanche… Oui mais des heures à prester en plus(*), je vois, je vois…les stages et tout ça.
Oh ? On vous impose une répartition du nombre d’heure/matière ?
Ah oui, l’ouverture aux parents et la lisibilité pour tous ! Et bé, vous zêtes pas sortis de l’auberge, mes pôvres…
Ttttt, d’ici à ce qu’on demande aux parents ce qu’ils veulent qu’on leur apprenne …
Enseignement à la carte Messieurs Dames ;-)
Bon, je suis maman, et bien sûr j’espère que mes juniorettes s’en sortent, mais zut, je ne dis pas à leurs profs ce qu’ils doivent faire ni comment, à chacun son job ! Purée de pois !
Notre programme officiel de l’état fait un petit nonante pages, mais celui que j’utilise, retravaillé pour le libre (enseignement catholique), c’est une brique de plus de 500 pages, mais pas trop mal foutu. Il a le mérite d’être pratique et plein de conseils intéressants. Après, j’ai pas tout lu ;-)
Tiens, une fois de plus on ne parle pas du nombre d’heures d’éveil à la créativité, au dessin et autres futilités inutiles bien sûr ! Ca c’est mon dada, mon énervement perso, tout ce qui tourne autour de l’art, du dessin et autres, ça file toujours à la trappe… Et pourtant, ça construit aussi, non ?!
« Cinquième changement, la très forte cohérence donnée aux programmes de l'école maternelle, dont la finalité très clairement affirmée est de préparer les élèves à l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul tout en conservant sa spécificité propre. »
Parce que bien sûr jusqu’à ces nouveaux changements, chez vous, les instit préélem, elles se la touillaient toute la journée en faisant garderie ! Waaaarffff ! Mais, bon, la cohérence entre les différents niveaux, c’est élémentaire.
« Nous avons désormais un devoir de réussite pour l'école primaire. »
Ca, on pourrait dire... école fondamentale non ?
Parce que le primaire sans les maternelles, 'fin les préélem, ça marche pas…
Mais au fait ... je croyais qu’on l’avait depuis toujours cet objectif-là, non ?
Hé, ça va faire du brol en plus votre truc ;-) "
Merci Line! Tu peux respirer et rester zen, maintenant ! Et bonnes vacances :-)
(*) : elles ne sont pas 'en plus' : les heures du samedi supprimées sont réparties en soutien en fin de journée, les stages/soutien pendant les vacances sont basées pour le moment sur le volontaria,t en revanche, les 60h de boulot en dehors de heures de classe (réunions/animped diverses et variées, suivi des élèves,rv avec les familles..) sont assez curieusement réparties, faudra que je regarde ça de plus près...
Y'a pud'saison, dites...
Au lieu de z'œufs dans le bout de jardin, ce matin, j'ai trouvé des restes de neige.
C't'un complot anti-printemps?
Ca m'étonnait aussi, de voir revenir les chattes 3 mn après être sorties...
bah bien sûr, c'était tout fondu avant 10h.. dommage les troènes étaient tout mimis...
Au lieu de z'œufs dans le bout de jardin, ce matin, j'ai trouvé des restes de neige.
C't'un complot anti-printemps?
Ca m'étonnait aussi, de voir revenir les chattes 3 mn après être sorties...
bah bien sûr, c'était tout fondu avant 10h.. dommage les troènes étaient tout mimis...
publié dans :
Rubrikabrak
J'ai pris le temps, hier, d'aller jeter un oeil sur les "nouveaux programmes" qui seraient censé éradiquer tout échec scolaire dans la minute où ils seront appliqués. Vloush.
Ils sont écrits pour les familles. C'est même dit dans la chanson je n'invente rien. Ca permettra à chacun-e qui n'est pas content de ce qui se fait en classe, pour bébé-coeur ou chéri-amour de passer un coup de bigo au ministère, on va bien se marrer.
Ahem. Pardon.
Les précédents avaient 2 exemplaires: celui destinés aux pros, et le fascicule destiné au grand public qui explicitait la chose.
Là, nous avons un texte destiné au grand public, qui ne nous aidera pas, ni à mettre en œuvre les choses (cad les traduire en actes pédago efficients et qui aient du sens) ni à expliquer ce que nous faisons aux parents qui auront compris ce qu'ils auront envie de comprendre et surtout de voir faire/réussir.
Du coup il y a un doc associé, encore plus succinct, va comprendre charles..
J'ai dit dans un post précédent, que les progs de 2002 (modifiés 2007, ça date vachement donc) ma foi, comme je disais au début de ce post, il aurait suffit de les améliorer- parce que maintenant qu'on avait un peu de recul, on savait où et comment fallait faire différemment- et non de tout envoyer à la poubelle comme ça ...
Edit: oui, il s'y trouve des étrangetés de vocabulaire et de répartitions des matières dans des "domaines', j'ai pas mal rigolé là-dessus, mais justement, c'est le genre de trucs qu'on peut modifier et améliorer.
Faut bien comprendre que, dans la mesure du possible, les instits -qui ont un peu de bouteille- prennent ce qui marche dans ce qu'on leur demande et rajoutent ce qui leur paraît nécessaire, sans que ça se sache forcément vu de dehors.Du moins c'est ce que je vois en préélem.
Autre truc: il y aurait une sorte de révolte de certain-e-s Legrandtoms et fems par chez nous (dont le mien) qui subissent une telle pression (et sont traités de très haut par Leplusgrandtom, lequel est en prise plus directe avec les hautes sphères, forcément) qu'ils commencent à ruer dans les brancards.
Cette semaine, pour mes collègues (moi non gnagnagna-heu, et pas partout, certains Leplusgrandtoms cad inspectrices/teurs d'académie, ont décidé de ne pas faire faire ça en semaine) , il y a eu une apreme dédiée à l'examen/explication*** des niouprogs, et Voisinedudessous est venue m'en toucher deux mots, effarée par la direction imprimée par... on sait pas qui (z'ont été pondu en cabinet mais par qui, mystère) à la Maisonmammouth...au point de me dire:
"Je suis bien contente que ma fille soit sortie d'affaire et n'ait pas à passer par ce rouleau compresseur vide de sens..."
Il y a eu aussi réunion au sujet des apremes de révision/soutien "stages de remise à niveau" pendant les vacances scolaires, destinés au enseignant-e-s volontaires.. les instits devront évaluer les gamins qui seraient susceptibles d'en avoir besoin (le ministre demande 10% par classe...), faire un bilan pour chacun, et obtenir l'agrément des familles, il faudra faire un bilan à l'issue du soutien, etc...genre usine à gaz, et ça sera aussi du même acabit pour les heures de 'soutien' le soir là (les 2 h sucrées du samedi) ...et nouzaut instits de préélem, va falloir aller faire ces heures dans des primaires... bon je suis hors sujet, pardon.
Edit 2: justement, par ex la lettre d'acceptation des parents à ces stages, et tout courrier admin qui concerne ça, est censée avoir l'en-tête habituel de la circo où se trouve l'école.
Notre Legrandtom (et pas que lui dirait-on) a expliqué dans un grand élan de ras-le-bol, que lui, quand il est en vacances, il ne veut pas être tenu pour responsable de ce qu'il se passera (tout accident dans une école, non gérée alors par le système habituel puisque c'est période de vacances, et que les directrices et teurs d'école devraient être responsables ..ne sont pas forcément volontaires non plus pour ces stages, serait de sa responsabilité) il va donc faire un courrier spécialement à en tête du ministère, histoire que la responsabilité soit portée plus haut.
Allez, les Legrandtoms et Fems, rebellez vous, un peu...
Evidemment j'ai surtout regardé la préélèm.
Mais globalement, pour tout le primaire, il s'agit de s'appuyer quasi exclusivement sur des techniques.
Le sens viendra plus tard: "faites semblant de croire et bientôt vous croirez".
De plus, bien loin d'être "ouverts à toutes les méthodes" ou de "laisser le libre choix pédagogique" aux enseignant-e-s, ces programmes demandent, puisqu'il s'agit de faire rentrer des techniques dans la caboche, de suivre *une* ligne, genre martelage, et non pas d'inventer des manières de les enseigner ou d'innover pour.
Dans une classe 'banale', nous avons un tiers d'enfants scolaires/adaptables qui de toute façon, quoi que vous fassiez, s'en sortiront, un tiers d'enfants mouvants, à pousser plus ou moins pour tel ou tel aspect, un tiers d'enfants en difficultés diverses pas forcément liées à l'école, et parmi ces enfants là de vrais cas lourds.
Bon.
Le premier tiers continuera à s'en sortir.
Pour les 2 autres, je me demande. Vraiment je suis dubitative: en ce qui concerne l'apprentissage de la lecture, tout est axé sur le code.
Ah excusez moi: passer par le code, c'est faire b+a=ba. Ne faire que du code, c'est ne faire que ça, donc.
Or depuis 50 ans, on a fait des vaches de progrès dans la compréhension de ce qu'il se passe cognitivement parlant, et de toute façon on sait par expérience que les enfants se répartissent de façon assez égale entre ceux qui peuvent entrer dans la lecture par le code sans après ne faire que du déchiffrement, ceux qui ont besoin de passer par le sens pour que les lettres et leur agencement ait un intérêt quelconque à être décryptés et utilisés, et ceux qui piochent d'un côté comme de l'autre.
Alors... pour les enfants dont les familles ne peuvent pas donner du sens à l'écrit, et à l'école, il va se passer quoi?
Au niveau des maths, on sait aussi que comprendre le concept de nombre, cad au final, savoir calculer mentalement, est la meilleure base pour tout le reste, même si les tables de multiplication sont clairement à savoir par cœur.Or justement, ce que je lis dans les niouprogs, c'est tout sauf raisonner avec sa tête pour manipuler les nombres.
Donc, quel intérêt d'apprendre les tables d'addition ou de savoir poser une division à 6 ans quand on ne comprend pas trop pourquoi on fait ça?
De plus par ex pour additionner 65+17, on va avoir une stratégie qui passe par les dizaines plutôt que "poser" l'addition, ou qu'apliquer une table d'addition, non?
Edit: réactions à ce sujet
Quel intérêt de savoir faire une ligne de "s" en GS quand on n'a pas de sens à mettre dessus, mais simplement un son?
Ha oui parce que voyez, enGS maintenant, il va falloir faire, directement et sans étayer ça par du vécu, des équivalences: un son=une lettre.
D'entrée de jeu on sent le malaise hein.
Le son [o] vous l'écrivez toujours avec une seule lettre, vous?
Voilà.
De plus, les enfants entrent dans la phonologie par la différenciations plus aisées de certains sons (i/é/ou, par ex) avant d'aller vers du plus ardu ...et les niouprogs jettent allègrement ces connaissances là à la poubelle. Ca va sûrement leur faciliter le boulot, aux morpions.
La préélem a l'air relativement épargnée par les "nouveautés" proposées au niveau des maths, mais en ce qui concerne la langue....la préélem devient du primaire.
J'en causais: Rappel: autopub et sa suite
Mais aaaattendez, pas du primaire de maintenant, du primaire de la période Boscher.
Qui s'adresse à un certain type d'enfants (je parle de leur fonctionnement intellectuel et de leurs fondements persos, donc la maturation affective), on le sait maintenant, ça.
Et on n'a plus les mêmes publics qu'il y a 50 ans, brdl.
Je vois bien, pour vous donner un exemple, mes abomiffreux de l'an passé s'atteler à de la copie de phrase sans démonter les tables, les stylos, les copains...la maicresse...
Ca va être cool en MS, de leur faire écrire des sons, sans que cela se réfère à un sens et sachant que la cursive en fin de GS n'est pas fluide au point de copier comme ça à main levée allais-je dire (maturation physiologique) pour une bonne partie d'entre les élèves, copie de phrase sera super fun.
Vont s'éclater les gamins.Ca va leur donner envie de venir passer 6 à 10 H de temps par jour pendant 10 ans et plus à l'école...
Bon si vous voulez, vous pouvez aller juger sur pièces: j'ai déniché une sorte de comparatif lisible, à condition de cliquer là
Et de façon plus large et intéressante les dossiers du café pédagogique vous attendent: on y trouve les progs et plusieurs articles bien informatifs.
Mais écoutons religieusement le ministre.
"Ainsi, les moyennes sections devront « comprendre les consignes des activités scolaires », « écouter en silence un récit facile », « scinder les syllabes », et les grandes sections « mettre en relation les sons et les lettres », « réaliser de beaux tracés », « avoir appris le son qui est transcrit par une lettre et la tracer en cursive »."
Mais bien sûr... et la marmotte met le chocolat dans l'alu.
(Pour comprendre l'étendue du pbme faut aller lire le bouzin.. sinon faites moi confiance)
Comme je vous le disais, le tiers adaptable des gamins d'une classe banale suivra, s'ennuiera peut-être, mais suivra.Toujours les mêmes qui s'en sortiront.
La préélem était épargnée jusque là, j'en avais pas mal parlé ici,.. ben ça y est:
la GS devient un préCP d'il y a 50 ans et la MS une GS.
Je ne suis pas sûre que les enfants vont y gagner, mais bon, si je reste dubitative à première lecture, et si je ralouille (one more time), je me dis qu'on verra à l'usage.
En même temps, l'usage dans mes classes, j'ai pas spécialement envie de le modifier pour une lubie qui va laisser sur le trottoir une grande partie de mes morpions au lieu d'une petite.(ben oui faut pas se leurrer, on sait que les enfants ne partent pas tous avec les mêmes capacités et n'avancent pas au même rythme, on dirait bien que ces progs là ont une vache de tendance à oublier ça).
Comment faire?
Bon, on verra à la rentrée...
Mais si, comme cela se profile, nous devons être évalué-e-s aux résultats des élèves dans des items d'apprentissage, nous allons surtout faire de la pédagogie d'aval:
je dois obtenir ca, donc je fais ça, à l'exclusion d'autre chose.
Histoire de pas se faire démonter la tronche et notamment la paie.
Hé oui, c'est aussi à ca que ça tient.
Vous savez quoi?
J'ai l'impression qu'on voudrait saborder l'école publique qu'on s'y prendrait pas autrement.
Du soutien là où il suffirait d'améliorer ce qui se fait dans els horaires existants (genre alléger les classes, c'est bête à dire, mais c'est vraiment ça...)
Comme déjà dit, en plus, faire une pédagogie du résultat ...heu...
"Ca marche pas...vous voyez bien que ça marche pas, alors à quoi bon y mettre des moyens humains et financiers.. en plus ça coûte.. nan yapa, faut privatiser...voyez, les écoles privées, ca marche bien..."
J'espère *vraiment* me tromper.
Et je préfèrerais avoir râlé pour rien, promis.
*** paraît que cétait la demie-journée dédiée par le ministre à la "consultation" des enseignant-e-s.
Même pas 3 semaines après, on les a reçus, les niouprogs, et les manuels sont prêts...
...hahahaha, non mais vaut mieux rire quoi....
La lecture de Line.
Ils sont écrits pour les familles. C'est même dit dans la chanson je n'invente rien. Ca permettra à chacun-e qui n'est pas content de ce qui se fait en classe, pour bébé-coeur ou chéri-amour de passer un coup de bigo au ministère, on va bien se marrer.
Ahem. Pardon.
Les précédents avaient 2 exemplaires: celui destinés aux pros, et le fascicule destiné au grand public qui explicitait la chose.
Là, nous avons un texte destiné au grand public, qui ne nous aidera pas, ni à mettre en œuvre les choses (cad les traduire en actes pédago efficients et qui aient du sens) ni à expliquer ce que nous faisons aux parents qui auront compris ce qu'ils auront envie de comprendre et surtout de voir faire/réussir.
Du coup il y a un doc associé, encore plus succinct, va comprendre charles..
J'ai dit dans un post précédent, que les progs de 2002 (modifiés 2007, ça date vachement donc) ma foi, comme je disais au début de ce post, il aurait suffit de les améliorer- parce que maintenant qu'on avait un peu de recul, on savait où et comment fallait faire différemment- et non de tout envoyer à la poubelle comme ça ...
Edit: oui, il s'y trouve des étrangetés de vocabulaire et de répartitions des matières dans des "domaines', j'ai pas mal rigolé là-dessus, mais justement, c'est le genre de trucs qu'on peut modifier et améliorer.
Faut bien comprendre que, dans la mesure du possible, les instits -qui ont un peu de bouteille- prennent ce qui marche dans ce qu'on leur demande et rajoutent ce qui leur paraît nécessaire, sans que ça se sache forcément vu de dehors.Du moins c'est ce que je vois en préélem.
Autre truc: il y aurait une sorte de révolte de certain-e-s Legrandtoms et fems par chez nous (dont le mien) qui subissent une telle pression (et sont traités de très haut par Leplusgrandtom, lequel est en prise plus directe avec les hautes sphères, forcément) qu'ils commencent à ruer dans les brancards.
Cette semaine, pour mes collègues (moi non gnagnagna-heu, et pas partout, certains Leplusgrandtoms cad inspectrices/teurs d'académie, ont décidé de ne pas faire faire ça en semaine) , il y a eu une apreme dédiée à l'examen/explication*** des niouprogs, et Voisinedudessous est venue m'en toucher deux mots, effarée par la direction imprimée par... on sait pas qui (z'ont été pondu en cabinet mais par qui, mystère) à la Maisonmammouth...au point de me dire:
"Je suis bien contente que ma fille soit sortie d'affaire et n'ait pas à passer par ce rouleau compresseur vide de sens..."
Il y a eu aussi réunion au sujet des apremes de révision/soutien "stages de remise à niveau" pendant les vacances scolaires, destinés au enseignant-e-s volontaires.. les instits devront évaluer les gamins qui seraient susceptibles d'en avoir besoin (le ministre demande 10% par classe...), faire un bilan pour chacun, et obtenir l'agrément des familles, il faudra faire un bilan à l'issue du soutien, etc...genre usine à gaz, et ça sera aussi du même acabit pour les heures de 'soutien' le soir là (les 2 h sucrées du samedi) ...et nouzaut instits de préélem, va falloir aller faire ces heures dans des primaires... bon je suis hors sujet, pardon.
Edit 2: justement, par ex la lettre d'acceptation des parents à ces stages, et tout courrier admin qui concerne ça, est censée avoir l'en-tête habituel de la circo où se trouve l'école.
Notre Legrandtom (et pas que lui dirait-on) a expliqué dans un grand élan de ras-le-bol, que lui, quand il est en vacances, il ne veut pas être tenu pour responsable de ce qu'il se passera (tout accident dans une école, non gérée alors par le système habituel puisque c'est période de vacances, et que les directrices et teurs d'école devraient être responsables ..ne sont pas forcément volontaires non plus pour ces stages, serait de sa responsabilité) il va donc faire un courrier spécialement à en tête du ministère, histoire que la responsabilité soit portée plus haut.
Allez, les Legrandtoms et Fems, rebellez vous, un peu...
Evidemment j'ai surtout regardé la préélèm.
Mais globalement, pour tout le primaire, il s'agit de s'appuyer quasi exclusivement sur des techniques.
Le sens viendra plus tard: "faites semblant de croire et bientôt vous croirez".
De plus, bien loin d'être "ouverts à toutes les méthodes" ou de "laisser le libre choix pédagogique" aux enseignant-e-s, ces programmes demandent, puisqu'il s'agit de faire rentrer des techniques dans la caboche, de suivre *une* ligne, genre martelage, et non pas d'inventer des manières de les enseigner ou d'innover pour.
Dans une classe 'banale', nous avons un tiers d'enfants scolaires/adaptables qui de toute façon, quoi que vous fassiez, s'en sortiront, un tiers d'enfants mouvants, à pousser plus ou moins pour tel ou tel aspect, un tiers d'enfants en difficultés diverses pas forcément liées à l'école, et parmi ces enfants là de vrais cas lourds.
Bon.
Le premier tiers continuera à s'en sortir.
Pour les 2 autres, je me demande. Vraiment je suis dubitative: en ce qui concerne l'apprentissage de la lecture, tout est axé sur le code.
Ah excusez moi: passer par le code, c'est faire b+a=ba. Ne faire que du code, c'est ne faire que ça, donc.
Or depuis 50 ans, on a fait des vaches de progrès dans la compréhension de ce qu'il se passe cognitivement parlant, et de toute façon on sait par expérience que les enfants se répartissent de façon assez égale entre ceux qui peuvent entrer dans la lecture par le code sans après ne faire que du déchiffrement, ceux qui ont besoin de passer par le sens pour que les lettres et leur agencement ait un intérêt quelconque à être décryptés et utilisés, et ceux qui piochent d'un côté comme de l'autre.
Alors... pour les enfants dont les familles ne peuvent pas donner du sens à l'écrit, et à l'école, il va se passer quoi?
Au niveau des maths, on sait aussi que comprendre le concept de nombre, cad au final, savoir calculer mentalement, est la meilleure base pour tout le reste, même si les tables de multiplication sont clairement à savoir par cœur.Or justement, ce que je lis dans les niouprogs, c'est tout sauf raisonner avec sa tête pour manipuler les nombres.
Donc, quel intérêt d'apprendre les tables d'addition ou de savoir poser une division à 6 ans quand on ne comprend pas trop pourquoi on fait ça?
De plus par ex pour additionner 65+17, on va avoir une stratégie qui passe par les dizaines plutôt que "poser" l'addition, ou qu'apliquer une table d'addition, non?
Edit: réactions à ce sujet
Quel intérêt de savoir faire une ligne de "s" en GS quand on n'a pas de sens à mettre dessus, mais simplement un son?
Ha oui parce que voyez, enGS maintenant, il va falloir faire, directement et sans étayer ça par du vécu, des équivalences: un son=une lettre.
D'entrée de jeu on sent le malaise hein.
Le son [o] vous l'écrivez toujours avec une seule lettre, vous?
Voilà.
De plus, les enfants entrent dans la phonologie par la différenciations plus aisées de certains sons (i/é/ou, par ex) avant d'aller vers du plus ardu ...et les niouprogs jettent allègrement ces connaissances là à la poubelle. Ca va sûrement leur faciliter le boulot, aux morpions.
La préélem a l'air relativement épargnée par les "nouveautés" proposées au niveau des maths, mais en ce qui concerne la langue....la préélem devient du primaire.
J'en causais: Rappel: autopub et sa suite
Mais aaaattendez, pas du primaire de maintenant, du primaire de la période Boscher.
Qui s'adresse à un certain type d'enfants (je parle de leur fonctionnement intellectuel et de leurs fondements persos, donc la maturation affective), on le sait maintenant, ça.
Et on n'a plus les mêmes publics qu'il y a 50 ans, brdl.
Je vois bien, pour vous donner un exemple, mes abomiffreux de l'an passé s'atteler à de la copie de phrase sans démonter les tables, les stylos, les copains...la maicresse...
Ca va être cool en MS, de leur faire écrire des sons, sans que cela se réfère à un sens et sachant que la cursive en fin de GS n'est pas fluide au point de copier comme ça à main levée allais-je dire (maturation physiologique) pour une bonne partie d'entre les élèves, copie de phrase sera super fun.
Vont s'éclater les gamins.Ca va leur donner envie de venir passer 6 à 10 H de temps par jour pendant 10 ans et plus à l'école...
Bon si vous voulez, vous pouvez aller juger sur pièces: j'ai déniché une sorte de comparatif lisible, à condition de cliquer là
Et de façon plus large et intéressante les dossiers du café pédagogique vous attendent: on y trouve les progs et plusieurs articles bien informatifs.
Mais écoutons religieusement le ministre.
"Ainsi, les moyennes sections devront « comprendre les consignes des activités scolaires », « écouter en silence un récit facile », « scinder les syllabes », et les grandes sections « mettre en relation les sons et les lettres », « réaliser de beaux tracés », « avoir appris le son qui est transcrit par une lettre et la tracer en cursive »."
Mais bien sûr... et la marmotte met le chocolat dans l'alu.
(Pour comprendre l'étendue du pbme faut aller lire le bouzin.. sinon faites moi confiance)
Comme je vous le disais, le tiers adaptable des gamins d'une classe banale suivra, s'ennuiera peut-être, mais suivra.Toujours les mêmes qui s'en sortiront.
La préélem était épargnée jusque là, j'en avais pas mal parlé ici,.. ben ça y est:
la GS devient un préCP d'il y a 50 ans et la MS une GS.
Je ne suis pas sûre que les enfants vont y gagner, mais bon, si je reste dubitative à première lecture, et si je ralouille (one more time), je me dis qu'on verra à l'usage.
En même temps, l'usage dans mes classes, j'ai pas spécialement envie de le modifier pour une lubie qui va laisser sur le trottoir une grande partie de mes morpions au lieu d'une petite.(ben oui faut pas se leurrer, on sait que les enfants ne partent pas tous avec les mêmes capacités et n'avancent pas au même rythme, on dirait bien que ces progs là ont une vache de tendance à oublier ça).
Comment faire?
Bon, on verra à la rentrée...
Mais si, comme cela se profile, nous devons être évalué-e-s aux résultats des élèves dans des items d'apprentissage, nous allons surtout faire de la pédagogie d'aval:
je dois obtenir ca, donc je fais ça, à l'exclusion d'autre chose.
Histoire de pas se faire démonter la tronche et notamment la paie.
Hé oui, c'est aussi à ca que ça tient.
Vous savez quoi?
J'ai l'impression qu'on voudrait saborder l'école publique qu'on s'y prendrait pas autrement.
Du soutien là où il suffirait d'améliorer ce qui se fait dans els horaires existants (genre alléger les classes, c'est bête à dire, mais c'est vraiment ça...)
Comme déjà dit, en plus, faire une pédagogie du résultat ...heu...
"Ca marche pas...vous voyez bien que ça marche pas, alors à quoi bon y mettre des moyens humains et financiers.. en plus ça coûte.. nan yapa, faut privatiser...voyez, les écoles privées, ca marche bien..."
J'espère *vraiment* me tromper.
Et je préfèrerais avoir râlé pour rien, promis.
*** paraît que cétait la demie-journée dédiée par le ministre à la "consultation" des enseignant-e-s.
Même pas 3 semaines après, on les a reçus, les niouprogs, et les manuels sont prêts...
...hahahaha, non mais vaut mieux rire quoi....
La lecture de Line.
par Maybe
publié dans :
L'écorce du boulot




