Jeudi 31 janvier 2008
Attention gens de l'internet intersidéral et sidérant-e-s:
à partir de dans pas longtemps bientôt sous peu, si vous voulez que ça cause école, sur ce blog, va falloir vous y mettre.

Haaaaa, mais qu'est-ce donc qu'elle nous dit là?

Elle vous dit: ça va être à vous la parole.
Bloguerie participative.

Je vais ouvrir une rubrique, avec un nom d'indien plus ou moins approprié (clin d'Ox à œil, et réciproquement), où seront publiés VOS textes...
Rien que pour vous, d'acc?

Souvenirs, rires, questions, émotions, images, râlages.. que vous soyez d'un côté ou de l'autre du bureau, du piquet, du tableau, que ce soit perdu dans les limbes du passé ou actuel:
 à vos claviers !
Edit: causer école pour moi ça va de la prééem à la fac/grande école etc.

Vous m'envoyez ça, et autant de textes que vous voulez, quelle qu'en soit la longueur, par mail (clic en haut à gauche), on en cause, on s'accorde pour l'anonymisation ou non, le titre ou pas, etc, et roule raoul-e:
vous voilà publié-e.
C'est pas chouette ça?
Non?
Comment ça, non?
Meuh si, allons, vous avez certainement de petites ou grandes choses à dire...(séquence persuasion)
...me lachez pas, quoi...(séquence  culpabilisation)

Allez, activez vos phalanges distales, à vous de CAUSER :-))))
Mercredi 30 janvier 2008
Hier, Mamandedervichetourneurbrun est passée me voir dans l'école.
- Je suis venue parce que je veux vous remercier !
Heu...???
- Voilà on a enfin tous compris ce qu'il a,  Dervichetourneurbrun, il est dyspraxique et ça joue sur tout  son comportement, en plus qu'il est précoce, on a enfin compris, et tout ça c'est grâce à vous, il va être traité, et ca va aller mieux..
- Ha.. ça me fait plaisir pour lui !! Mais heu.. je l'avais dit tout ça à son instit, au bout du fil, en début d'année et à vous l'année dernière souvenez vous, sa précocité, de faire un bilan psy, le diagnostic de dyspraxie et ce que ça voulait dire.. et vous...
et là je me paie le luxe de la morigéner avec le sourire (sourire toujours sourire):
- ....alors alors, et vous depuis le temps qu'on en parle, vous m'aviez promis de mettre en place la prise en charge,  hein?
- ....Ben oui [elle sourit] mais je comprenais pas, maintenant je sais je me suis renseignée, son comportement aussi c'est ça..
Là il me faut vous préciser pour le cas où vous l'ignoreriez (ce que je n'ose supposer puisque vous êtes un lectorat parfait ;-) ):
certains dyspraxiques "explosent" au niveau comportemental, cad expriment leur frustration à la non réussite (d'autant que ce sont souvent des précoces et donc des hypersensibles) par la violence ou la mise en danger- de soi, des autres-,  d'autres dyspraxiques se réfugient dans leur bulle, j'en ai un comme ça, cette année.
Pour ce qu'il en est de Dervichetourneurbrun, cependant, tout l'aspect relationnel ou psychologique dont je vous ai abreuvé  pendant l'année passée est, à mon sens, au moins autant en jeu si ce n'est plus....alors je le redis à cette maman, tout de même.. dans la foulée je lui demande si le petit sait maintenant que son père est mort.
- Oui mais il ne sait pas comment, je lui ai dit que c'était un accident...
Bon, c'est déjà ça...le non-dit est un peu plus dit...

Bref, petit moment de discussion, où cette femme me fait part de son émotion quant à la mort du père du petit, petit échange lourd de sens, d'où il ressort que cette mère, ayant enfin trouvé une clef sur laquelle agir,  va s'y lancer à fond.
J'ai insisté sur le fait que c'est de longue haleine et qu'il faudra de la patience et de la répétition (la connaissant...)

Et une autre chose me chiffonne, que je n'ai pas dite bien sûr:
cet enfant va enfin pouvoir mettre un mot sur ses difficultés, et être compris par les autres, notamment, mais pas que, à travers ça.
Les enfants ont besoin de comprendre en quoi l'autre est diférent au point de leur poser pbme, une fois que c'est expliqué et donc nommé, normalement, ça roule (du moins  chez les enfants jeunes).
Mais là, ça se fait à un moment où Dervichetourneurbrun a déjà assis son comportement de petit caïd, mais surtout surtout, pour lui, c'est corrélé à la période où il apprend la mort de son père, autrement dit, dans l'allogisme inconscient, à la mort même de son père, et encore ne sait-il pas, consciemment du moins, comment il est mort.
Quel lien, quelle inscription ... disons émotionnelle (on peut aussi parler en terme de signifiant) va se jouer là pour lui et durablement?
Rester dyspraxique (et violent) ne serait-ce pas rester fils de son père défunt?
Guérir*, le trahir?

En attendant, Dervichetourneurbrun va bénéficier d'une prise en charge adaptée et d'une mère motivée.. et changer radicalement de vie (déménagement outremer).
Je lui souhaite de construire un bel avenir.
Voilà.. une histoire de vie...son début du moins...

De façon plus nombriliste, ça me questionne aussi: pour cette mère, je suis celle qui a compris la première son fils, du moins sa précocité et l'orientation vers un diagnostic de dyspraxie, que je ne sais pas faire moi-même soyons claire, je peux juste repérer des points d'alerte, c'est tout, et donc avant tout le monde.
Plus tard elle racontera: c'est son instit de grande section qui avait tout compris...
Alors que l'instit là, elle n'avait fait que son boulot, quoi.
Bon, si ça peut lui faire plaisir d'avoir un point d'ancrage là dessus, et lui donner confiance en l'école, ça ne peut qu'aider son môme et c'est bien comme ça.

Mais c'est curieux, ces enseignant-e-s qui nous ont marqué-e-s pour des raisons diverses, positives ou non, et par des aspects particuliers, qui font des pointillés qui permettent de retracer une histoire.
Et c'est encore plus curieux d'être un-e de ces enseignant-e-s.
Que reste t-il de nous, dans la tête des autres? Quel mot, quel moment a pris de l'importance pour un-e autre, croisé-e 3 secondes ou fréquenté-e des années?
Que ce soit au niveau professionnel, amical, furtif, en positif, en négatif, en moquerie ou en tendresse...que reste t-il de nous, quelle trace jamais vraiment maîtrisable?

Tiens Agrumette m 'a téléphoné ces jours ci.


* guérir n'est pas le mot, cf ce site
Mardi 29 janvier 2008
Angines, rhuBes, fièvres énormes sans autre symptôme (virus donc), gastros, varicelles, scarlatines,rougeoles, bronchites diverses, états grippaux et vraies grippes...
Et on s'étonne que les enseignant-e-s et personnels mairie soient quasi en permanence fatigués ou se trainent des maux multiples...Petites natures, va.
Ben oui: nos corps luttent en permanence contre ce que les charmant-e-s bambin-e-s nous apportent avec générosité.... qu'ils viennent en ayant pris ou non leurs médocs (d'où épuisements, vomissements- les antibios peuvent avoir des effets fabuleux- , rappel des parents...)
Bref, lors d"une rentrée, à quelque date qu'elle soit, le premier jour  je me prends le bruit en pleine poire, paff...
En soi, le bruit est qqchose de fatigant, surtout lorsqu'il faut y déterminer ce qui est à y écouter ou pas.
La première semaine, je me remets donc dans le bain, la lutte commence.Vu que la préélem, en soi, est un métier assez physique en fait.
La seconde semaine, on se dit allez, ça va tenir.
La troisième, ça  commence à tirer sur la carne.
La quatrième, c'est bon, je ne suis plus étanche, et tout m'assaille.
A partir de là, je bosse malade. Plus ou moins, mais malade.
En sus de mes douleurs osseuses inamovibles pour le moment.
Je bosse, mais plutôt nous, nous bossons parce que nous savons bien que pour être remplacé-e-s c'est la croix, la bannière, Montjoie St Denis, l'eau de javel et tout ce que vous voudrez.
Autrement dit: vos gamin-e-s sont en répartition chez les collègues, lesquel-le-s se trouvent en général dans le même état que vous.(j'aurais dû mettre 'nous' partout, en fait)

Donc, quoi que vous vous trimballiez en terme de virus ou autre, ça ne s'arrange pas puisque c'est constamment  réactivé par le contact avec les gamin-e-s....
Ouais c'est un métier à risque, en fait (je plaisante pas, c'est vrai, m'a toujours dit Voisinedudessus, bon,  faudrait que je trouve les textes)
Donc un moment donné, on s'écroule. Paff.
Si on a tenu les 3 semaines* qui vous séparent des ouacances suivantes, c'est fabuleux, vous êtes de celles et ceux dont on dit: jamais absent-e, toujours présent-e  même malade.
Comme si cette auréole (très relative, car en fait, les gens -familles et hiérarchie-  trouvent ça normal) vous faisait du bien au corps ou  illuminait vos soirées couette-tisane-médocs nécessaires pour repartir le lendemain.. . et rebelote pendant des jours, les week-end au lit.
Vive l'auréole?
Ben, pas du tout, en fait, sauf celle de desous des bras, dans la vraie vérité de la vie, on pense aux collègues. A ne pas leur coller nos mômes.
Parce qu'avoir des mômes en répartition, c'est ...pffffiouuu je fais un dessin?

Et parti comme  c'est  la Maisonmammouth nous prépare de bons jours avec de moins en moins de postes donc de moins en moins de remplaçant-e-s et des classes toujours plus chargées.
Histoire de bien montrer que le service public ne fonctionnne (haha) pas, et que donc faut privatiser, bond'là.
Heu je m'égare.

Donc, là depuis une large dizaine de jours, je suis cheffe, j'ai fini par obtenir un remplaçant instit [edit qui n'est pa venu cet apreme car malade aussi....] , au bout de x jours, et idem une remplaçante Atsem qui risque à tout moment d'être appelée dans une autre école si la mairie a envie.


Tchoum snirfleeee ggrrraaahh (gorge qui vulcanise)  ouille, taisez-vous, ma tête va éclater...

* Théoriquement, chaque pédiode de vacances scolaires est séparée de la suivante par 7 semaines de boulot..
C'est largement faux dans bien des cas, compte tenu des décalages dûs au zonage géographique qui permet aux lobbies tourisme-ski de faire leur beurre.
Samedi 26 janvier 2008
J’ai lu récemment
"Dans le coeur des hommes" S.Hefez
Hachette 2007
Voir ici

Et je suis super vénère après ce bouquin.
Je vous explique ça façon grosse bertha.

Ce livre se lit facilement, les exemples permettent à tout public de bien saisir, c’est bien foutu.
Hefez  décrit bien la construction genrée au masculin (et donc au féminin aussi mais  c'est pas son sujet), c’est bien expliqué, notamment pour des gens non avertis; il décortique l’homophobie; montre la différence entre père et Père (cf M.Tort qu’il encense, d’ailleurs) et le glissement très positif des rôles de couple et de parentalité, notamment du côté de la traditionnelle séparation versus fusion, explique les couples égalitaires qui sont tout à coup en crise,  “rattrapés” par leurs parents intérieurs (pour dire court)....
Démonte en deux coups de cuillère à pot Kimura (Doreen), Schneider, Zemmour, Abiker, Naouri, Gray...
Mais.
Prend comme base (même si, de fois à autres il nuance le truc, globalement  c'est ce qu'il dit)  le fait que les femmes ont réussi, au moins dans la sphère privée, mais aussi dans la sphère publique où elles commenceraient à être -voire seraient déjà-  dominantes (je le cite, d’une émission radio) ont réussi, donc,  à explorer et utiliser tous les rôles  possibles (femmes, mères, travailleuses.. , avec facilité et en ont fini cette lutte là, au moins du côté de l'intime.
Et ça, je ne suis pas d’accord: c’est pas gagné. Du tout. Confer l'autre livre cité ci-dessous, par ex.
Que les hommes non, pas encore, et en souffrent, ont un mal fou à se transformer dans l’intimité, notamment parce qu'ils ont des siècles de construction genrée-maison-des-zhoms dans les pattes (ha bon et les femmes n'ont pas des siècles de... ?).
Qu'ils ne savent pas sur quel pied danser, qu'on leur demande trop, et tout ça.. ouais,  sauf que ca ne justifie en rien, à mon avis, de faire souffrir les femmes en retour de leur malaise, hein...
Et qu’ils changent ainsi depuis 2 générations seulement... d'où leurs difficultés ..
Ha bon et les femmes, elles se sont “libérées” quand?et “réussissent tout" depuis combien de générations?
Il n’appuie pas sur le fait que les couples qui crisent sont sans doute aussi rattrapés par le poids écrasant du modèle social ambiant, où f & h sont toujours assignés à leur genre...Que le modèle social continue à faire des zhoms le groupe dominant plutôt que dominé, même si aliéné à un rôle de genre.
Et note en passant que la justice donne quasi toujours raison aux mères contre les pères...Rhaaaa.

Bref, quand au dernier chapitre arrive une citation de la pétition de E.Verdier (non je ne mettrai pas de lien, faut pas charrier, mailez moi si vous ne la trouvez pas), dont il dit plus loin que  c’est un pote, quand il cite G.Delaisi, SOSp*pa-iste notoire, ou qu’il reprend l’argument des fausses allégations (rappel: étude de JLViaux, 3% des séparations conflictuelles en france, pas de quoi en faire un cheval de bataille..)
...ben on conclut que Hefez, aussi pertinent soit-il la répartition et le glissement des rôles, sur le côté très positif de la déconstruction du genre... etc... est masculiniste ...ou pas loin de.
Que ce soit par conviction ou par erreur.
Et ca m’énerve/déçoit d’autant plus que justement tout ce qui décrit de la construction du genre et les études de cas est intéressant.
L’articulation entre ce qui est expliqué en termes de genre et de construction/pression sociale fait un tel grand écart doublé d’un triple axel avec ce qui est dit  de la souffrance des hommes du côté de l'intime, et des lois qui les accablent en tant que pères, que ça me scie, je dois dire.
Douilletisé**, le Hefez, à mon grand dam, car j’aime bien...enfin, j’aimais bien, entendre un psy qui ne parle pas de féminisation de la société ou de danger de l’indifférenciation (il se passe exactement le contraire voyez vous) mais maintenant je l'écouterai/lirai d’une oreille plus pointilleuse...
Alors, si vous voulez, lisez-le en biblio (des sous à un masculiniste? non!), parce que ça vaut peut-être le coup, quand  on ne connait pas, de lire la construction genrée expliquée basiquement par un psy sympa, clair et mek, bah oui c'est toujours plus valide  quand c’est écrit par un zhom, hélas, on en est toujours là,
mais c'est dispensable, et surtout procurez vous plutôt:

“L’emprise du genre” de Ilana Löwy,
La Dispute 2005
Alors ça, c’est du bon.
et ici, descendre un peu dans la page:
Et lààà
Notamment pour ceusses qui s’interrogent sur les contradictions du progrès (dans les relations f&h s'entend), sur le fait que majoritairement les femmes suivent (et cherchent, s'investissent, et compétitent dans) la mode fringues et make-up, c'est la politique d'inégalité des rôles esthétiques...
L’idée de “l’homme dans la tête” est bien pertinente je trouve... par ex au niveau de la perception de son propre corps, des désirs et activités sexuels... tout cela passe, dans la tête des femmes, par le prisme de cet "homme" interne, intégré, imprégnant, impactant.
Et le chapitre  sur le genre en rapport avec l'autorité professionnelle fait écho aux travaux de Pascale Molinier...cf la Kro de leirn
(et tiens, une lecture)
Je vais me l’acheter quand je pourrai, c’est le genre de livre qui se garde.

Tiens, tant qu'on y est,  une lecture au sujet de l’étude des rapports sociaux de sexe et de genre de  Bourdieu

Dans la foulée, je finis en ce moment
“La loi du genre. Une histoire culturelle du 'troisième sexe'”
Laure Murat
Editions Fayard, 2006
Voir ici ou bien
Tout à fait passionnant, l'histoire du discours sur ce qu'on appelle maintenant l'homosexualité (en gros) ce discours conditionnant les, et émanant des, positions socioculturelles ... par ex le glissement de la criminalisation à la médicalisation/psychiatrisation...avec des exemples (des personnages qui ont marqué à la fois l'histoire de ce discours et celle de leur temps social)..
Tout ce qui suppose une définition de ce qui "fait" qu'on est homme ou femme (genre ou sexe) ou....entre les deux ou les deux? Ca fait question, n'est-ce pas?
Bref...jetez vous dessus, on (enfin moi en tout cas) apprend plein de choses  :-)


** Private joke
Jeudi 24 janvier 2008
Je propose des sujets de ConfPed qui devraient nous éviter la noyade dans la pédag'eau:

balaie ou déblaie ?
sublime ou déprime ?
lave ou bave ?
carrosse ou cabosse ?
invente ou évente ?
magouille ou débrouille ?
renvoie ou dévoie ?
canaille ou cliquaille ?
brise ou frise ?
engage ou dégage ?

...

Vous en avez sûrement d'autres ...
Mardi 22 janvier 2008
Si vous avez une petite heure devant  vous:
Du grain à moudre
Émission du mardi 22 janvier 2008
"La laïcité française est-elle une "laïcité négative" ? "
A écouter
Intro:
Si l’on aspire à une « laïcité positive », comme Nicolas Sarkozy affirme le faire lors de son discours de Rome le 20 décembre dernier, c’est donc qu’il en existe une négative. Michèle Alliot-Marie ne s’est pas privée de le dire explicitement à l’Assemblée nationale la semaine dernière : « nous souhaitons reconnaître le rôle de la spiritualité, (…) contre la laïcité négative, une attitude sectaire. » Notre tradition laïque manquerait donc, à en croire nos gouvernants, d’une singulière ouverture. Nicolas Sarkozy toujours dans le discours de Latran a même tenu ces propos étonnants sur l’éducation. Je le cite : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance ». Les enseignants de l’école publique ont apprécié ; le premier syndicat du primaire, le Snuipp, y a vu une provocation. Autre son de cloche, si j’ose dire, du côté des religions :  le président de la Fédération protestante de France, interrogé par Le Monde, n’y a vu que maladresses, « pas de quoi ( je le cite) en faire des histoires. » Pourtant le Président ne s’arrête pas là et clarifie encore ses positions quand il précise qu’à la différence de la morale inspirée de convictions religieuses, « la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme».
Comment ne pas s’interroger ? Est-ce qu’il ne s’agit pas de coups de boutoir à la conception française de la laïcité qui veut un Président neutre, conservant pour le colloque singulier le partage de ses convictions intimes ? Que cherche Nicolas Sarkozy en faisant de l’espérance une vertu, de la croyance un atout ? S’agit-il d’une tentative de normalisation de notre pays certes connu pour ses rapports intransigeants au religieux ? Ou d’une charge décomplexée contre la laïcité, au nom –encore une fois- de la « rupture » ?

Et un peu de pub, tant que j'y suis.


Samedi 19 janvier 2008
Vous vous souvenez de la campagne au sujet de la dépression?
On la voit encore de fois à autres.
Ce spot dessin animé, avec une voix off "il existe une maladie qui..."
Avec un guide qui se trouve là...
Où il est question d'un "épisode dépressif" qui se traite, autrement dit  où le modèle est la classification DSM IV.
Ca fait longtemps que je voulais  dire un mot de cettte campagne, mais voilà, le temps tue.. le temps...et certainement plein de choses ont dû être dites par des spécialistes.. mais  c'est pas une raison pour que je me la ferme, tiens.

Or donc, je suis vachement dans l'actu puisque je vais en causer maintenant tout de suite illico là.
Et je reprends, pour faire ce post, des notes que j'avais mises dans un coin.. il y  a donc heu, genre 2 bons mois.

Or donc, quand j'ai vu le spot la première fois, je me suis dit:
...tiens tiens, on fait une campagne de santé publique comme pour les fruizélégumes à manger nombreusement tous les jours pour vivre vieux et chier mieux (pardon hein c'est juste pour le slogan bien sûr) ...

Puis, comme je suis persuadée que plein de gens ignorent ce qu'il en est vraiment d'une dépression (sous diagnostiquée, déjà), j'ai pensé:
....bon ben au moins ça permettra d'en savoir un peu plus aux gens qui face à un-e déprimé-e disent:  oh ben taka!
Suivi au choix de: te secouer, sortir, voir des gens, faire du sport, voir la vie en rose (t'es trop hypersensible, allons), te calmer (un bon marqueur de la dépression est l'irritabilité), prendre tel médoc, essayer le yoga.
Et ça, pour bien des déprimé-e-s, ce serait un vrai soulagement, de plus entendre ces propos qui culpabilisent qqu'un-e déjà en pleine noirceur de soi-même.
Donc à la limite dire que c'est une maladie, ok, quoi.

Mais, aïe, là ça coince, voyez.
Parce que à bien y regarder (le message lui-même et ses supports) ce qu'il s'y dit, c'est qu'une dépression est UN trouble isolé, un trouble en soi, sans aval ni amont ni alpages sur tous les côtés, ce serait  une déviance de la santé, de la pensée et de l'activité normales (normées?) et en plus de tout, elle serait  définie par le traitement qui s'y applique.

D'abord comme traitée  par telle molécule.
Cad qu'une maladie arriverait par défaut de telle molécule dans le corps.(ce sur quoi jouent une bonne partie des antidépresseurs)
Genre, j'ai pas assez d'acide acétylsalicylique dans le corps, paff je me fais une migraine.
Bé zut tiens. C'est ballot. Si j'aurais su, j'en eu prenu !

Ou bien qu'elle arriverait par défaut de soin à porter à soi même, cad hygiène de vie.. définie par qui? Ha voui les spots de campagne de santé publique.
Et en termes d'hygiène morale (les TCC vous aprendront à vous autohypnotiser!), kicéki nous dit comment faut penser droit, fort et wouinneur pour ne pas laisser la vilaine humeur triste et paralysante qui coûte cher à la sécu s'installer?
Allons, déjà c'est ta faute si tu attrapes des virus, microbes et crobes entiers, déjà alors bon si en plus tu te mets à penser, hein...

Savez vous?
Des psys se sont battus pour que la diversité des thérapies possibles soit mentionnée.
Cad que c'était pas gagné au départ de la conception de la campagne.
Heureusement, mais ça ne change pas le fond du message: si traitement alors maladie.
Et maladie isolable.
Renversant, non?
(en plus d'être une maladie qui isole- ce qui est une réalité, ça, en revanche)

 Rappel:
Un symptôme : une des manifestations subjectives d'une maladie ou d'un processus pathologique en cours, tel qu'exprimé par le patient. En général, pour une pathologie donnée, les symptômes sont multiples et singuliers.
Signe clinique: manifestation objective d'une pathologie/maladie ... cad résultante (interprétation subjective?) de l'observation d'un-e patient.
Donc il faut avoir une collection de maladies prêtes à se caler dans/sur les signes et réciproquement, sinon... ça sort du cadre.


Une dépression c'est un symptôme ou un ensemble de symptômes pour dire un mal-être personnel ou un nœud psychique qui se trouve ailleurs.
En elle-même, elle ne signe pas une maladie, donc.
Même en mettant les dépressions des bipolaires (maniaco-dépressif-ve-s) et unipolaires (hahaha-pardon c'est nerveux- mélancoliques, donc) et donc tout le versant psychotique des dépressions du côté de la maladie, il n'en reste pas moins que la maladie qui s'exprime là, chez ces sujets, est autre chose que la dépression (ou la manie) qu'ils manifestent.(d'ailleurs, parle t-on de maladie -isolable, donc- pour la manie?)

Quand on sait aussi que 30% des dépressions ont pour étiologie majeure... le contexte socioéconomique (on le dit pas souvent d'ailleurs, on privilégie d'autres choses en termes de causalité - j'avais qqes profs de facs dissidents :-))  ben ça peut aussi poser question.
Qui dérange, la question.

Quand on sait aussi qu'il y a 60% de rechute à 5 ans.. bon...

Par ailleurs, le "plan "santé mentale"(*) me ramène inévitablement à ce post ci et surtout à l'autre bouquin de Gori/DelVolgo  évoqué , ... et à rappeler ici que dans les facs (là où s'obtient le diplôme pro de psychologue) et en médecine pour les intéressé-e-s à la psychiatrie, la formation est de plus en plus axée DSM (cad un syndrome=une molécule) ou TCC,  et de moins en moins singularité du sujet.
Le temps de l'écouter, de suivre son histoire et sa plainte et de l'aider à se construire sa vie à lui, le temps d'avoir ses propres passages à vide qui vont le fonder autrement, non, !
...allons, voyons, soyons rentables.
Cad la formation est de plus en plus réduite à ce qui irait vite et marcherait. (et là je lolle, pour de bon)
Et les traitements feraient des gens bien formatés pour "fonctionner".
Pas pour imaginer, rêver, exister pour et par soi-même, changer d'horizon mental ou affectif, allons, c'est pas bientôt fini la dissidence?

 Voilà: je vous ai là reformulé en phrases mes notes du moment.

Et puis, un certain temps après ces reflexions là, sortait le JdesPsys du moment (cad celui de décembre janvier, quand je vous dit que je suis super en retard sur l'actu...), alors je vous en  livre l'édito in extenso:

"C'est décidé, n'y allons pas par 4 chemins, les suicidaires et les pédophiles sont génétiquement programmés, certains enfants auraient l'instabilité dans la peau dès le plus jeune âge, l'autisme est causé par un dérèglement biochimique.
Seule ombre au tableau, la dépression qui fait de la résistance, bien que la stimulation de certaines aires corticales pourrait, selon certains, éradiquer notre caractère bougon.
Ce qui est intéressant, c'est de constater que nombre de ces déviances font l'objet d'une rectification sociale à coup de campagnes publicitaires.
Leur trait commun est leur caractère épisodique: une campagne chasse l'autre. Il faut, cependant, que le citoyen intègre la précédente pour être réceptif à la suivante, surtout s'il vient à cumuler les défauts de fabrication.
Ainsi, la dépression est une maladie sur laquelle existerait désormais un consensus. Le journal Le Monde le dit. La dépression est devenue une maladie isolable qu'il faut traiter en tant que telle, si possible avec l'arsenal à la mode: petites pilules et, pourquoi pas, électrodes.
Cette dernière technique s'appelle "stimulation magnétique transcrânienne", est dite indolore et apportant bcp d'espoir aux malades!
Que signifie ce soudain consensus?D'où vient-il?
Est-il la conséquence de cette fameuse journée européenne du 9 oct 2007 contre la dépression?Resterait-il des stocks d'antidépresseurs à écouler?
Bien entendu il n'est pas question de nier l'affect dépressif et toutes les formes qu'il peut prendre.
A cet égard, la diffusion d'un guide peur revêtir des aspects positifs en termes d'information.
Mais les messages publicitaires qui consistent à présenter la dépression comme une épidémie à éradiquer au plus vite sont d'un simplisme pour le moins inquiétant, au risque d'occulter les multiples questions que pose la prise en charge réelle et complexe des signes que l'on place sous le terme de «dépression».
Et surtout le rabattement du soin du côté du tout médical alors qu'aucun moyen supplémentaire de prise en charge n'est envisagé dans l'avenir par ces temsps de ...morosité.
A multiplier les infos sur le syndrome dépressif, on risque au contraire de 'lintention de départ, d'augmenter  à l'infini la cohorte des déprimés et, du coup, on frôle le fléau national.
Répétons le .
Le mal-être subjectif a des causes multiples qui vont des difficultés sociales à des accès dépressifs profonds en passant par des périodes de retrait parfois inévitables pour le sujet, nécessaires à une reprise personnelle.
Après le risque de devenir méchants, obèses, ou encore de dangereux  anorexiques, voici les dépressifs, tous confondus, qui dovent rentrer dans la norme.
Reste t-il encore une place pour un sujet qui n'est pas sans défaut?"
D Col, P.Conrath

J'ai une définition perso: la dépression est une maladie du temps et de la  lucidité....
Vendredi 18 janvier 2008
Fin de semaine un peu speed... et puis pas envie d'écrire en fait...
Qqes remarques cependant:
•au sujet de Petitdéchiré, les posts que j'ai fait ici, pour partiels et déformants qu'ils puissent être pour des raisons évidentes, me permettent de retrouver la réalité de ce qu'il s'est passé, puisque j'ai - sans le vouloir- les pieds dans le pbme, maintenant (je vais tenter de ne pas avoir à y mettre les mains, aussi);
•au sujet de Devichetourneurbrun, sa maman m'a tel, affolée, me demandant comment cet enfant pourrait "avoir un tuteur", tellement ça ne va pas, et  me faisant concurremment  ressentir non seulement combien elle a peur pour lui mais aussi peur de lui, maintenant, youpi;
•au sujet de Chiantenboucle, elle a fait passer un renouvellement d'arrêt de travail, avec comme conclusion 'à bientôt', je vous passe les pbmes que ça pose, mais en gros, elle n'en est donc toujours pas à avoir intégré qu'elle doit cesser son activité professionnelle;
•au sujet des colonnes buren vu que j'ai horreur des espaces genre plaques de béton, dont ceux agrémentés de béton vertical, des rayures notamment noires et blanches,  et de trop énorme décalage entre un style architectural et un autre au sein d'une même construction, ben, si elles s'en vont voir ailleurs, je pleurerai pas (je suis réac, je sais,  je pense pareil de la pseudo-pyramide dans le Louvre de toute façon), c'était l'instant grommellement;
•au sujet du féminisme, lors d'une concertation (haha) à deux (haha), DirloPS et moi avons laissé tomber le sacrosaint projet d'école (le truc qui sert à rien sauf à faire faire de la paperasse) et discuté féminisme, c'est autrement plus important, et ce matin à MamandeDouxsourire qui me disait  apparemment un peu choquée: "dans cette classe ouhlala  les filles sont ...enfin,  ça bouge quoi, ça s'affirme...", j'ai répondu que dans notre monde, valait mieux ça pour des filles justement, ce à quoi MamandeNoirette a vigoureusement acquiescé, et nous avons toutes éclaté de rire, en nous apercevant que RemplaçantGS était derrière nous;
•au sujet de RemplaçantGS justement, qui n'a jamais  fait de préélem, il parle lentement et sonorement, comme un-e instit de primaire, quoi (environ 30 ans l dedans ca laisse des traces), ça me soûle (j'ai ressorti l'Ipod pour quand je dois faire mes récrés avec lui) et quand il dit "j'arrive pas à mettre Untel en activité" je pouffe parce que si l'on s'en tient à du français normal, ledit Untel est déjà pas mal remuant en soi, et je me dis aussi que ouff, dans les préélem que je connais on est encore assez normales, on parle pas le jargon péda (confer post précédent),  pourvu que ça dure, mais chais pas comment c'est chez les pluss djeunz;
•au sujet de moi... ben... j'ai des soucis.
Comme tout le monde, quoi.
Mais surtout des sis.
Mercredi 16 janvier 2008
Ante Scriptum:
tutoiement obligatoire, uniquement des fâââmes dans le public, durée 3 h, salle hypersonore.

Vrac :
•pour la mise en activité  je vous ai proposé une tâche
•vous allez vous grouper avec un voisin
•nous allons mutualiser les savoirs
•trouver les savoirs
•identifier les savoirs
•bien nous allons revenir au grand groupe
•les domaines disciplinaires
•il nous faut résoudre un but
•contingences de votre école
•nous passons au deuxième temps de l'activité de ce matin
•la relation ludomotrice
•quelle consigne je donne a mon collègue pour qu'il entre en activité
•réponses motrices
•la fiche du maître
•la situation-mère
•"qui permet de pratiquer (filles/garçons, petits/grands)"
•nous allons, si vous le souhaitez [ad lib] ... je souhaite que [des fois que pas de réaction]
•tout ce que nous avons dit, tout ce que vous avez proposé est déjà prêt dans ce document que je vous fait passer....
•ETC !
C'était quoi?

EDIT:
Alors Eleanor one point. (ça sent le vécu :-) )
Et Djac un demi. Et HK opiké ;-)

En effet.
C'était une confped.
Pardon une animation pédagogique.
J'ai noté de ci de là entre mes petits dessins habituels, des mots captés au hasard de ma non-attention. il y en a eu des millions de plus de ce tonneau (de pédag'eau) bien sûr.
J'ai retrouvé ça et ça, de l'an passé.
On vient guillerettes (?) le mercredi matin (alors qu'on a choisi initialement le samedi matin en ce qui me concerne) entendre et faire des choses qu'on connait déjà et qu'on sait faire, mais de la *bonne* manière et dans le *bon* vocabulaire.
Hélas, les instits (et conseiller-e-s pédas) ça a de la bonne voix bien sonore, timbrée, articulée, et les locaux sont toujours  faits pour amplifier les sons.
J'ai passé quasi 3 h avec les doigts sur mes oreilles (ça me rappelle le bon vieux temps.. non, pas du rock'n roll, mais des cours en lycée, fac...)
Mais ce qui nous hhhhhhhérisse toutes, et avec plein de pwalzzz, sauf les fausses-jetonnes, les martyres de la cause pédagogo ou les fadades (autrement dit, pas tant de monde que ça, ah, j'oubliais les ambitieuses) c'est la façon dont on nous anime.
A savoir qu'on nous fait faire exactement ce que des instits de primaires font  faire à leurs élèves, quasiment dans les mêmes termes ou bien dans ceux que nous sommes censées employer dans notre cahier journal (halleluiaaaa, hosannaaaa, gloire à dieu au plus haut des cieux).
Donc, là, il nous fallait chercher les buts/objectifs/domaines de l'activité ciblée par l'anim, genre faire nos preps quoi, puis choisir et mettre en place et faire réaliser et  réaliser les trucs  en question etc.. bref une vraie séquence pédago à créer (en tant qu'instit, et déjà on se tape notre classe, ça va bien, quoi) ET acter (en tant qu'enfant).
NONMÉLOL !
Et en bout de parcours, recevoir un doc - bien foutu faut le reconnaître, il avait bien fait son taf le conseiller péda- où tout ce qui avait pu être dit était déjà écrit, et heureusement quelques autres paperasses intéressantes, mais que, vu l'agacement général, nous serons sans doute une majorité à oublier au fond du tiroir dont cause eleanor en comm.

    Merdalafin.
Nous sommes tout de même capables de  nous mettre intellectuellement en situation de faire classe (et non d'être les élèves en train de réaliser un truc) en lisant un doc, non? Surtout à plusieurs, les idées des unes de ne recoupant pas forcément celles des autres.
Jouer aux éperviers, c'est bon, j'ai donné quand j'avais 8-10 ans.
Cette manie de nous faire agir comme les mômes.
Et en utilisant ce vocabulaire là.
Et en nous parlant au masculin, sans dec.. faut vraiment être formaté langage pédago pour ne pas s'adapter au public qu'on a en face de soi...
Y'en a marre de  nous infantiliser.
On s'étonne après que les instits soient 'en attente' du truc rôté dans le bec?
Arf le lapsus clavieri, je voulais dire "rôti dans le bec".
Ben justement, qu'on cesse de nous prendre pour des béjaunes.

L'animped  précédente, qui date de je sais plus quand avant nowel, était particulièrement intéressante: des intervenantes extérieures, à la fois parentes et anims (très compétentes) d'assoces d'enfants en difficultés, une instit spécialisée, la conseillère péda bien sûr, qui a su bien s'effacer au profit du vécu et du concret, bref:
de la vraie info, avec débat, prises de contact avec le monde extérieur (au profit de la meilleure prise en charge des gamin-e-s je vous rappelle et justement de faire lien avec les partenaires qui sont autour de l'enfant)  qui nous sert plus dans nos classes que la vulgate pédago, laquelle n'est certes pas ce dont nous avons forcément  le plus besoin.
D'ailleurs la seule chose dont nous, instits de préélem, parce qu'il y avait des  instits d'élem, nous serions passé, c'est le (court) dernier tiers, concernant les 'petits trucs' à mettre en place  au quotidien pour aider les gamin-e-s présentant certaines difficultés (dys .. ceci ou cela...TDAH  et tout ça)
Comme le disaient les mères/anims en question, les (fabuleuses et formidables) instits de préélem, avec  leur gestion particulière des enfants, savaient déjà ce qu'elle proposaient en lien avec l'instit spécialisée (exerçant en élem).
N'empêche, même pour moi qui avait déjà eu des cours en fac de psycho sur certains de ces troubles, ce contact avec le vécu, le travail de terrain, ça m'a bien intéressée, ce qui est rarissime pour une Animped...
Je crois même que  c'est bien la seule de ma carrière actuelle où je n'aie pas grommellé...

Ah, oui, parce que moi je grommelle, le saviez-vous.
Et je me suis aperçue que grommeler avec une voix basse (ma voix normale en fait) c'est vachement audible en fait.
Mais bon, comme je dis souvent la seule liberté de la fonctionnaire, c'est de ralouiller, alors je ne m'en prive pas.
Après tout, à quoi bon toujours "faire comme si" ?
Manque de respect du/de la Conseiller-e péda?
Non, quand une question m'intéresse, je suis là: il (ou elle selon) voit donc que c'est pas forcément lui-elle le pbme, mais bien l'infrastructure.
En plus j'ai horreur qu'on me bouffe mon mercredi.
Grmbl.
Lundi 14 janvier 2008
Les jours de pluie  ce'st un peu l'enfer.
Imaginez votre salon grouillant de 25 à 30 enfants, non  à occuper (bah bah bah, on fait pas de la garderie) mais à qui enseigner des trucs, par groupes de 6 tables, dont des machins salissants, pendant 3 h de temps, non-stop.
Vous y êtes?
Bon.
Comme vous êtes aussi des super pros, vous savez que stratégiquement, toutes les mettons demi heures, il vous faut rassembler tout ce petit monde, pour faire un break-calme-chant-conte-jeu collectif-apprentissage collectif, sinon ca risque de partir en biberine.
Temps pendant lequel vous changez tout ou partie des ateliers en cours. Et votre demie -atsem n'est pas forcément à votre dispo.
Comme vous êtes.. bis.. vous savez aussi que les ateliers de délestage et coins-jeux, à mesure que le temps va passer (mais pas la pluie la garde, elle s'est installée) ils auront de moins en moins d'intérêt pour les minot-e-s  et que donc il vous faut soit devenir bozo le clown soit émaner un charme tranquilisant (aspergez vous de tranxène par ex) soit être un dessin animé à vous tout-e seul-e, soit plus sûrement les trois, parce que aucun ne tient seul les pauses nombreuses de ces 3 heures, normal.
Et rebelote l'apreme.
Si au milieu de tout ça, vous avez mené à bien les apprentissages programmés, vous vous affalez avec le sentiment du devoir accompli (mais à recommencer, comme la mer, c'est tous les jours)  et un immense mal de tête-dos-d'audition.
Comment définir le mal d'audition?
Facile: le simple bruit de vos clefs dans la porte, en principe un plaisir, devient agressant.
Quant à imaginer qq'un-e qui vous parle (et vous demande de lui repondre) même pas en rêve.

Cependant, aujourdhui, malgré la pluie, un truc formidable: Chuisbébé a reconnu et collé ses lettres (capitales, activité de PS) sans pbme, sans aide, sans prévenir de cette capacité là, en deux coups de cuillère à pot.
J'en suis restée bleue, Œilpapillon aussi, et une fois que nous nous sommes déschtroumphées mutuellement, et que les gamin-e-s ont été posé-e-s dans des coins assez scotchants, j'ai filé dare-dare laisser rapidos un message au Camsp, pour que nul n'en ignore, tellement c'est surprenant.
Et il n'a agressé personne: j'en reviens donc à mon idée de psychose infantile, mais allez savoir.
Edit du lendemain: hé bien c'était une embellie, mais vite épuisée: il a repris son train ordinaire.Infernal.

Allons, dans *mon* salon personne ne sautille  ni babille 'maicreeeesse j'ai finiiiiiiiiii', 'dis je peux le faire, ça maicresse?', 'maiheu pourquoi lui il le fait et que pas moi?', 'machin-e m'embêêêêêête', 'maicreeeeeesse, tu peux m'aideeeeeer',  etc.
Dans mon salon, silence.
Dans mon salon, ça luit.
Dans mon salon, ça s'allonge.
:-)

Meroww


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