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Fêtes passer

Samedi 23 décembre 2006 6 23 /12 /Déc /2006 17:38
          
       Alors, attention ça va chauffer :
 Comme prévu, lecture  d’une première partie du dossier, avec mes mots à moi, ma mayonnaise à moi, car ici c’est mon blog à moi (lol)  et mes digressions.
Donc si vous voulez lire le dossier initial, procurez vous le magazine dont  est issue ma petite réflexion.
.... et si vous voulez des explications, demandez.. j’essaierai de répondre ...si je peux !

   Le Père Noël apparaît parallèlement à une une nouvelle place accordée à l’enfant  (et à l’enfance) dans les familles.
 Noël célèbre les enfants, les valeurs qu’il porte (ou qu’on lui demande de porter) et le rituel des cadeaux peut s’envisager de ce côté-là, dans la portée symbolique du cadeau.
   On se souvient peut-être, enfin moi en tout cas, que la génération de nos grands parents (voire parents) parlaient des “étrennes”.
Qui à son concierge, qui au cantonnier... (tiens ça m’évoque les ventes de calendriers divers au porte à porte) bref aux ‘petits métiers’ comme une dette contractée auprès d’eux, et réglée à échéance du 1er janvier.

On se met là du côté de l’analyse de l’échange et du don, et surtout, puisque devenue fête familiale, du côté de l’obligation de montrer, donner à voir, rassurer, renforcer... plus ou moins concrètement, les liens.
La dépense collective, consommation (excessive?)serait  le prix du lien.

   Et l’enfant *doit* être comblé par tous les moyens ... voire avec tous les moyens financiers à disposition....
    Notons que dès le Moyen-Age, l’enfant est présent dans la période entre Noël et Épiphanie (tournées de quêtes... réception de friandise, capacité de malédiction de celui qui refuse de donner), à bien y regarder il occupe le même statut que femmes et mendiants: càd ceux qui ne sont pas complètement incorporés au groupe, qui sont donc des “passeurs” entre les mondes (mort/vivant) et les temps (vers an nouveau).
Ce statut change au XIX°, en tant qu’espoir  de la famille qui se réunit autour de lui comme élément central... avec l’aïeul-e qui boucle la boucle (n’a t-on pas coutume maintenant de dire qu’au moins on ira faire Noël en famille  pour les grands parents...)

   On en arrive à du rituel, du cérémonial, même privé, qui est supposé combler l’enfant.
L’aspect religieux chrétien est sinon évacué du moins mis de côté, mais si l’on s’en tient à l’étymologie,  religion viendrait de :
relegere, recueillir (au sens de recueil de formules et de pratiques)
et religare, relier.
A une instance supérieure et transcendante, s’entend ... mais ne pourrait -on entendre la famille comme une instance mythique, supérieure et transcendante d’une petite personne d’individu lambda ..?
Il s’agirait donc, par les mouvements de dette et de don (formules et pratiques) , de permettre la reproduction et/ou la préservation des alliances et des filiations: c’est pourquoi le PN qui médiatise ces dons, cad  tel qu’il est maintenant adopté généralement, s’adapte géographiquement et culturellement, au delà de son côté mercantile.

    Car le Père Noël n’est pas une invention  de l’enfance, c’est même l’inverse:
les adultes ont créé  cette *figure* de père tout-puissant  doté d’un Surmoi exigeant (même si bienveillant)  et à laquelle s’identifier lorsqu’on se travestit (costume et scène ad hoc)  ou qu’on  transmet ses règles verbalement (sois sage et parfait pour avoir tes cadeaux, il te voit...)

    Le Père Noël serait  une fiction “idéale”,  qui permet  un passage dans un espace transitionnel (cf Winnicott) , espace de création, qui tient à la fois du monde interne et du monde extérieur, d’où l’on peut revenir, et où l’on peut périodiquement retourner.
L’émerveillement des petits permet aux adultes de réveiller le leur, il permet d’associer et transmettre des affects positifs.
Des parents peuvent souhaiter que leur petit reste dans l’illusion protectrice au moins aussi longtemps qu’ils l’ont été, voire plus ...ou l’inverse.
Noël engage donc les générations dans un étayage fantasmatique  qui peut être source de cohésion comme de conflit.
Il y a donc un forte dimension groupale, en plus de familiale, qui ne se place pas du côté d’une appartenance religieuse mais  d’une aspiration humaine à se souvenir et transmettre (on rejoint l’idée de filiation et d’appartenance) ..
Du côté familial : autour de l’événement Noël les conflits s’apaisent ou se répètent comme compte à régler annuellement.

Par ailleurs le PN  permettrait un mouvement de réparation : les adultes donneraient à leurs enfants ce qu’ils ne peuvent donner à leurs parents (parce que socialement ça ne se fait pas et que ça indiquerait l’intensité de notre culpabilité vis à vis d’eux), le don étant médiatisé par une instance encore plus parentale qu’eux.
    Comme  construction imaginaire qui symbolise des pulsions inconscientes, le PN apporte, comme le rêve, des possibilités de déplacement/condensation, des projections  de désirs contradictoires sur une figure héroïsée... le PN soulage les parents de la légitimité de l’autorité pendant la période d’avant Noël....
 
   Le PN est un père tout puissant qui doit répondre à la demande de l’enfant.
Ce qu’il ne fait pas toujours: déception, haine ou culpabilité  face à la réponse inadéquate, se pose sur cet inconnu auquel on pensait pouvoir tout demander, et qui défaille, la blessure narcissique peut être profonde , le sentiment d’injustice peut être réattribué aux parents, par la suite, que la demande de l’enfant n’ait pu être satisfaite par manque de moyens ou parce que c’est l’infantile parental qui l’a recouverte  (et le parent qui a offert ce qui lui plaît à lui ne comprend pas la déception du récipiendaire).

   Noël se joue dans le registre de l’anticipation (préparations diverses, décorations, achats ...), et donc de la représentation: il correspond, dans l’économie psychique, à une attente, avec sa part d’imaginaire et d’idéalisation.
Ainsi le côté mélancolique d’un sujet peut le conduire à ne rien mettre en place:
à quoi bon se réjouir d’une chose à laquelle il faudra renoncer  un moment donné? Se réjouir d’une perte annoncée...
Car le PN réactualise comme figure du présent/absent, les angoisses de perte d’objet.
C’est un être aimé comme hors du temps, qui censément échappe à l’éphémère, ravive les réactions d’envie très archaïques, mais lorsqu’on se rend compte qu’il revient à date fixe et ‘toujours’ : c’est qu’on réalise  bien qu’il est pris *dans * le temps  puisque l’on a alors conscience de la périodicité et donc de la mort.
Comment alors y croire et l’aimer?
En effectuant un travail de symbolisation.
L’éternité du PN est donc  courte dans la vie d’un être... mais il reste comme métaphore de la pensée magique et comme rappel du fait qu’on ne peut pas rester dans ‘le principe de plaisir’.
    Tuer le PN.. parricide autorisé et légal et même signe d’évolution et d’initiation à la vie des plus grands, acceptation dans le groupe de ceux qui savent.
On le trouvera alors nul , vide de sens, débile, conte à dormir debout ... mouvement paranoïde qui vise à lutter contre la dépression générée par la perte ... jusqu’à ce que la gratification d’être du côté des “plus grands” , d’entrer dans un autre groupe d’appartenance fasse son œuvre.

   AInsi le PN est dans notre imaginaire comme les fées sorcières ogres ... mais pourquoi  cette transmission avec tant de force et de structure sociale?
Une éducation au mensonge sous prétexte du “besoin de merveilleux” de l’enfance?

   Notons  que l’enfant construit son rapport à la réalité progressivement: le monde est d’abord caractérisé par la toute puissance de ses désirs, et le bébé ne différencie pas encore ce qui constitue la réalité extérieure de ce qui constitue la réalité intérieure/psychique.
Un jeu subtil s’organise entre la figure maternelle et le bébé: elle donne corps et mots  aux cris  du bébé puis le délai, l’espace temporel,  entre la demande et la réponse, le décalage de nature ou de fonction entre la demande et la réponse permet  au bébé de constituer cette figure maternelle comme différente de lui et le monde autour aussi.
Il reste de cette période de la toute-puissance des désirs de la prime enfance une toute puissance de la pensée qu’on trouve chez l’enfant (l’enfant pense comme un animiste càd renonce partiellement à sa toute-puissance, en la prêtant à des “esprits” qui sont aussi dotés de pensée) ...et  qui perdurera quelque peu chez l’adulte.
Les contes nourrissent l'imaginaire, permettent à l’enfant  d’élaborer des réponses  à ses questions (cf les fantasmes originaires) quand bien même les adultes lui donneraient les clefs de compréhension de la réalité: il doit se les approprier à sa façon et à son rythme.

Les contes de fées etc. sont donc présentés comme une fiction.
Le Père Noël tout en ayant des attributs surnaturels, est présenté comme ayant une existence réelle, plus haut, on parlait de fiction idéale, mais cela va plus loin.
On pourrait le mettre du côté de la foi.
Or justement les autorités religieuses ont fait ce qu’elles pouvaient pour lutter  contre l’extension du PN..
Mais la foi s’inscrit dans le registre du symbolique.
Il faut la distinguer de la croyance qui appartient au registre imaginaire
Cf. ce que dit O Mannoni: “Je sais bien , mais quand même” qui définit la croyance.
  Elle se bâtirait en prenant la forme d’un clivage, de la même manière que le fétichisme (au sens de la pahtologie bien sûr) , dont l'explication  est traditionnellement celle-ci:
l'enfant suppose un pénis à sa mère, il voit d'une manière ou d'une autre que ce n'est pas le cas, il le sait donc  mais refuse d'en convenir, il va alors  développer un fétiche qui proposera un cache de cette  absence de pénis .
Donc une partie du moi  sera dans le:
- “je sais bien” .. que le Père Noël n’existe pas ...
et l’autre dans le:
- “mais quand même”... j’y crois .
(en l'occurrence on ne peut donc pas dire que le PN est un fétiche... sauf à solliciter la théorie pour qu'elle définisse ce qui doit être dénié/caché par lui, car en suivant à la lettre le truc ci dessus, il serait  là un pénis. Caché/représenté  par un fétiche, mais lequel? Le sapin?Ouhlala, ça devient p0rn. bon ok j'arrête de  délirer)

Les initiés représentent dans la première partie de la proposition,
et les non-initiés la seconde.
Les parents retrouvent la joie de croire à la  toute-bienfaisance du PN en le transmettant, ce qui leur fait ainsi obstacle à la connaissance qu’ils ont de l’idée de la mort, laquelle se retrouve dans la non-existence du Père Noël.
Finalement , en croyant au  PN, les enfants aident les adultes à croire en la vie...
le PN comme une conjuration de la mort?
Cette manière de se leurer se rapprocherait  pour moi du fantasme originaire du retour au sein maternel.

    Les enfants affronteront à leur rythme (certains reculent ce moment) la désillusion de la croyance comme épreuve nécessaire, comme rite assumé collectivement.
La croyance- du fait de la gymnastique de clivage qu’elle suppose- peut tout à fait cohabiter avec  non-croyance, et  c’est le cas pendant tout un moment, notamment dans les écoles.
Et c’est ainsi que l’enfant apprend qu’une croyance est propre à chacun ....

   Je rajouterais un grain de sel (ou de poivre, selon): celles et ceux qui veulent imposer leur croyance quelle qu’elle soit, ne seraient-ils pas dans le cas de n’arriver à maintenir leur clivage  qu’en  imposant  un de ces pans aux autres, y compris par la force ... autrement dit ... en satisfaisant leur désir de pouvoir (la pensée magique  est donc aussi sollicitée ...)
Tout cela mêlé à leur chtite névrose obsessionnelle perso, et donc à l’ambivalence non intégrée. le pôle sadique/masochiste non résolu, hum ,bon... je m’égare dans des chemins escarpés là...:-)

Alors, si je résume cette lecture, et vous avez compris que je n'adhère pas forcément à tout, le  PN  serait vu comme vecteur/facteur/médiateur :
d’affiliation ( dont aussi du côté sexué)
de cohésion familiale et sociale
de transmission générationnelle
d’appartenance à un groupe puis à l’autre
de construction d’un être de désir, cad soumis au manque
de conjuration contre la condition de mortel...

Ça fait bcp pour une seule figure imaginaire...
Ça fait même penser à une religion, du moins c’est cela que je lis, sauf que là, il autorisé et même vivement recommandé de le “tuer” en tant qu’être de tout pouvoir, toute bienveillance.. puisque sa vraie utilité (au delà de ce que je résume ci juste avant) est de faire comprendre et accepter  que le monde magique et merveilleux n’existe que dans sa propre croyance personnelle.
Je comprends alors que l’église ait voulu s’en débarrasser ,au départ...
Sauf qu’à bien y regarder, on peut aussi y voir une initiation à la fois au rituel et ses effets,  et à la foi inconditionnelle et ses bienfaits, puisque son ambivalence ne réside plus dans sa personne (!) mais dans le comportement qu'on choisira d'avoir  à son égard, une fois que la connaissance de sa non existence est advenue.
C’est à dire qu'il aurait une dimension de  réponse aux énigmes de l’humain.
Donc une dimension mythique.

Et là, on va laisser reposer la cafetière, un peu :-)
Et suite .
Par Maybe - Publié dans : Fêtes passer
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Samedi 23 décembre 2006 6 23 /12 /Déc /2006 09:37
 Z'étiez prévenu-e-s , alors on démarre.

Historique en raccourci:
(en  plus long voir ici  ou )

Je ne vais pas évoquer la période en elle-même de Noël,  avec ses emprunts divers aux  cultes du solstice, du sol invictus, des saturnales ,des morts et de la renaissance (cf Mithra) et autres pensées archaïques,  mais le personnage Père Noël (PN).

   A noter : il est homme (puissant donc, il a la baguette magique intégrée, lui), âgé/barbu (sage donc) , ventripotent (bon vivant et prospère) souriant (bienveillant, donc).
La figure actuelle du PN condense toute sortes de personnages ‘sacrés’ de Khronos/Saturne dévoreur d’enfant à Saint Nicolas qui délivre du saloir du boucher ...
Il faudrait remonter assez loin pour explorer les personnages fantasmatiques ou non qui médiatisent le don ou permettent l’échange de biens (matériels ou non) mais ici je ne vais m’attacher qu’au PN, okay?

  Milieu  XIII°, existait en France un ‘Sires Noeus’ , personnage âgé, au nom duquel les quêteurs réclamaient des friandises.
Hop, on saute des siècles...
A la mi-XIX°, des voix s’élèvent déjà pour déplorer que “les français ne savent plus fêter Noël” (1851, Journal des Jeunes Filles) .

  En effet, Noël est devenu une fête de la famille bourgeoise (en pleine ascension, concomitamment à l’industrialisation brutale que connaît l’Angleterre), et se transfère donc  de la sphère religieuse à la sphère privée ... mouvement initié dans  Angleterre victorienne (la privacy): le rituel religieux devient rituel familial.
En fait tout un ensemble de traditions païennes, anciennes et collectives sont abandonnées/ privatisées, avec uniformisation des pratiques et des décors. (cf le sapin, la couronne de l’avent, les chaussettes...)
Il s’agissait de montrer le bonheur d’être ensemble même si l’on est pauvre (mais mieux valait être riche et pouvoir offrir...) càd donc le bonheur de la famille (Ch. Dickens, Christmas Carol, 1843)

   La bourgeoisie commence à se soucier du sort de la classe ouvrière ... disons surtout de ses conditions de vie qui pourraient conduire  à une révolte...
D’où un Noël comme moment de compassion et moralisation (mise en place d’épargnes populaires et clubs divers , de patronages.. pour avoir ou fournir  un repas de Noël correct ... avec la dinde!)

   Fin XIX°, en France, existe le ‘bonhomme Noël’, sorte de pauvre hère, vêtu de bleu et/ou de vert, pourvu d’une hotte contenant polichinelles et tambourins.
Il ressemble à Saint Nicolas (toujours fêté le 6 décembre en Alsace et Lorraine)
Il existait aussi des figures locales/régionales que le personnage  à barbe blanche et houppelande bordée d’hermine remplace irréversiblement.

   Ce n’est un secret pour personne le PN tel que nous le connaissons maintenant est  récent, aboutisement d’un syncrétisme construit  aux USA par les émigrants de toute l’Europe, et notamment par une élite New-Yorkaise, fin XIX°, qui voulaient rompre avec le Noël de la monarchie britannique.

    Saint Nicolas, Santa Klaus, Sinter Klaas.... va être fêté au 24 décembre progressivement, à partir d’un poème de C.C.Moore, publié en 1823, où il est décrit comme ‘un petit vieux gaillard’, ‘nain joufflu dodu et joyeux’, vêtu de fourrure de la tête au pieds, portant un ballot de jouets, descendant par la cheminée et souhaitant à tous un “joyeux noël” en partant.
Les USA firent du 24 décembre un jour férié entre 1861 et 1865 (rappel: la guerre de sécession ... Dans les dessins de l’époque, Santa Klaus est entouré des enfants de riches familles nordistes... figure débonnaire du capitalisme américain ... et du côté des vainqueurs...et déjà portant la vêture qu’on lui connaît)
Avec cette métamorphose disparaît le pendant de Saint Nicolas: le Père  Fouettard.... autrement dit,  la figure de Noël perd toute ambivalence : s’il est toujours relié quelque peu aux elfes, lutins, etc. de la mythologie germanique, le PN est voué à la bonhomie et à la réjouissance populaire.
Il est donc  récupéré rapidos par les grands magasins, fin XIX°, et sommé d’écouter les désirs enfantins. Et de les respecter de préférence.
Une entreprise de soda bien connue le détournera en 1930 pour  faire la réclame de sa boisson à bubulles ...

   Pour revenir en France: c’est aux lendemains de la WWII (tiens,encore une guerre...) que le ‘bonhomme Noël’ subit l’influence US, avec un succès rapide, d’autant plus que dans ces années post guerre, le besoin de prospérité et réjouissance était bien médiatisé par le PN...
Au point que l’église craignit que le la fête de Noël perdît son aspect religieux (la Nativité).
D’où par exemple une effigie du PN brûlé comme un sorcier à Dijon, sur le parvis de la cathédrale ... ce qui fit scandale, national même.... et le soir même on vit le PN arpenter le toit de l’hôtel de ville, rassurant ainsi parents et enfants...
   Et voilà pour la trame.....
Pour suivre le fil c'est ici
Par Maybe - Publié dans : Fêtes passer
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /Déc /2006 17:24
    Sur un autre blog j'ai mis le comm. que voici:
"Perso (en pré-élèm), je réponds que le Père Noël existe pour celles et ceux qui y croient.
Q/R:
Et si on n’y croit pas?
Ben il n’existe pas.
Et là les enfants font leur choix, ça discute ferme entre eux. Je n’interviens plus.
Sauf que j’ajoute *parfois* qu’effectivement le “vrai” Père Noël, *s’il existe*, il est magique (rennes volants traîneaux flottant, cadeaux à tous au même moment ça ne peut être que magique sinon comment il ferait? les enfants ont besoin de merveilleux, mais de logique aussi), donc on ne le voit jamais, ceux qu’on voit (magasins, rues…) sont là pour  l’aider.
Et là ça discute: oui ils sont habillés en Père Noël mais  c’est pas des vrais.
Voilà voilà…
   Ceci posé, le sapin a une connotation neutre, et le Père Noël, quasiment,  (en évitant St Nicolas, quoi), mais il est vrai que j’appuie sur sapin, étoiles, boules, guirlandes, bougies hiver, parce que  c’est de la déco  et de la réalité, plutôt que sur Père Noël (et pas de crèche, ange etc.),… si un gamin m’en amène un à colorier, bon, on va pas éviter, mettre le tabou dessus, ça serait  contre productif…
Là où j’ai un vrai pbme, mais plus général,  c’est sur le mensonge que constitue le Père Noël : donc je ne me positionne pas, cf supra.
Je leur laisse leur  imaginaire et/ou leur atterrissage.
Autrement dit leur (non)croyance.
    Mais ça m’interroge toujours qu’on ait besoin à ce point de leurrer les enfants avec ce substitut de … qui?
Un barbu qu’on voit jamais mais qui voit tout, si on a été sage ou pas,  qui devine ce qu’on veut si on ne lui écrit pas… qui passe par le chas d’une aiguille... pardon par une cheminée, souvent inexistante…qui vous amène la manne qui vous fera sentir un être important  éventuellement méritant et chouchouté…ça vous rappelle pas qq’un?
;-) "
                      ------------------------------------

    Bon,  au-delà de ma pratique d'enseignante qui fait que ma parole peut être entendue comme neutre et donc laisser le débat ouvert et la liberté de penser ce qu'on veut de ça (faudra que je vous cause  des débats qui ont eu lieu avec les petits, cet automne: la mort, la maladie, qq'un qui serait dans le ciel ou pas?.. Je vais mettre en place un atelier philo hebdomadaire, en plus de mon "quoi de neuf?" quotidien, je crois ... bref on verra  à la rentrée de janvier...), donc au delà de ça disais-je (je digresse, c'est une calamité pour le lectorat, je sais) , alors donc, au-delà de.. (oui je l'ai déjà dit zut...) bref.. je me pose d'autres questions.. et des fois je m'y réponds d'ailleurs mais  c'est pas le sujet.
   Or donc, ce qui m’interpelle le plus, c’est  que la génération adulte ait à ce point besoin, oui besoin, de maintenir le personnage du Père Noël.
Un phénomène de société en somme.
 Le mot "mensonge" employé dans  le comm. ci-dessus n'est pas approprié mais j'avais fait court.
   De ce moment de l’année que les temps archaïques , pré chrétiens, voyaient comme une transition temporelle (entre une  année et la suivante ) et spatiale (entre monde des morts et  monde des vivants), on en arrive à une fièvre consumériste centrée autour de l’enfant...
  Où l’on peut bien sûr voir, tous les mouvements compensatoires  (je donne plus, le plus, le mieux, ce qui est demandé, ce qui n’est pas demandé, ce que j’aurais voulu moi même),
les mouvements sociaux d’(auto)promotion ( j’ai dépensé tant, ça prouve que je peux le faire)
de réparation narcissique (je sacrifie ci ou ça de mes désirs ou ou moi-même pour l’enfant; j’ai acheté tel truc à la mode, ça -me- prouve que je suis ‘in’ et ‘à l’écoute de’) .. etc.,

   Mais il  me semble que la (pseudo) existence du Père Noël (concrétisée par moult gars déguisés dans les rues magasins, les boîtes postales où écrire et qui répondent et numéros Tphoniques) répond à  une demande des adultes... autant, sinon plus, que celle des enfants.
   D'accord, les adultes se souviennent  parfois , consciemment ou non, qu'ils furent des ch'tits n'enfants.
Mais bon.. y'a pas que ça.

   Comme j’avais des idées là dessus, (oui ça m'arrive, d'avoir des idées, hého, là-bas, je t'ai vu , toi qui pouffes, pouffera bien qui pouffera le dernier) ben j’avais envie d’en causer (comment ça, ça arrive trop souvent?grmbl).
Et comme je viens **enfin** d’avoir l’énergie d’ouvrir le dernier Journal des Psychologues qui consacre un dossier au vieux barbu,  je vous en propose une lecture commentée ...  à ma façon, c’est à dire: en vrac :-)

Pas d’objection?

Alors  ... à demain.
(haha  je vous ai eu-e-s!!)
Par Maybe - Publié dans : Fêtes passer
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