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Le crâne en ébullition.
La bouilloire près du clavier.
Et un doigt dans l'oeil    du cyclone.

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Mercredi 11 novembre 2009
Gens de l'internet mondial, bonjour.
Force est de constater que désormais me précipiter pour faire un post en milieu ou fin de journée scolaire comme ce fut le cas il y a beau temps, et même pourrait-on dire autrefois, voire jadis, n'est plus d'actualité.
Pour mille raisons et une, mais c'est la bonne.

En tout état de cause, j'ai une chance folle cette année- heu je parle de conditions de travail, là-, en effet, le groupe classe que je mène vers un avenir radieux et culturellement riche (ben quoi, faut bien rêver) est sympa, et ne me pose pas  trop de pbme de gestion en interne.
Et les parents d'élèves sont globalement corrects, dans la proportion habituelle du tiers de cools, tiers de mezzo mezzo, et tiers d'emm... mais pas trop, par chance.

Bien sûr, Regardquipart est difficile, voire violent et destructeur, le retard de Pauméduneurone requiert une attention que je n'arrive pas à lui donner (et que devient la demande d'AVS, pas de news), une paire de gros bébés n'avancent pas aussi vite que les autres, le ratio 20 garçons pour 8 filles n'en fait pas une classe de santons, très loin de là, ça remue même pas mal, mais, quand je leur dis de s'asseoir, tous s'asseyent !
Ca n'a l'air de rien, mais c'est un miracle, ca me change des qqes années précédentes.
Lorsque je les voyais dans la cour l'an passé, les petits rois et les princesses, je me disais que woaw.. la promo suivante allait être coton.
Ben pas tant que ça en fait, ou alors c'est moi qui me suis mieux réinvestie dans le taf (pas le choix, notez, vu que j'ai enfermé dans un placard-bunker tous mes projets des 10 dernières années) ou encore, outre le fait qu'ils ont tous qqes mois de plus, et c'est ce dont nous parlions avec DirloPS qui donc les avait l'an passé: il se passe d'autres choses dans les relations.

Et en effet.
Elle ne supportait pas Bouilledefer (une petite bien têtue, assez difficile, et à prendre à l'affectif), alors que Regardquipart, tout décentré et violent qu'il fut, ne la gênait pas tant que ça, du moins elle le gérait avec moins de difficulté.
Et moi c'est l'inverse.
Bouilledefer ne me pose aucun pbme, en revanche Regardquipart sollicite ma patience avec une constance digne sinon d'éloge du moins d'une certaine admiration.
Un de ses pbmes est qu'il est tout  à fait charmant en relation duelle, et que donc il fait tout, y compris mettre en rage tout le monde, pour obtenir cete attention là.
Fatalement, en cabinet psy, je comprends que le ou la pro dise que tout va bien  pour lui.
Sauf qu'en collectivité, cad là où il faut intégrer les règles de vie et les frustrations qui vont avec, de collaboration, de partage des choses de d'attention des autres, ben tout part en vrille.
TaïPhong, mon atsem me demande comment je fais pour rester calme avec lui, elle a férocement envie de lui en coller une, histoire de se défouler et si ça pouvait le calmer.
Comme je lui ai répondu: mais c'est cela qu'il cherche: pousser à bout, te laisse pas envahir par la colère, ca fatigue pour rien... ceci posé, moi aussi la main me démange, parfois.
Et au final, ce contact physique est peut-être bien une partie de ce qu'il cherche aussi.
Mais bon.
....
Finalement, les métiers de l'humain sont subordonnés à l'humain que nous sommes, ainsi je ne vois pas comment on peut évaluer en termes concrets ce qu'il se passe vraiment dans le non-dit du relationnel qui fait 90% du boulot d'instit, surtout en préélem.
Nous parlions de cela, DirloPS et moi, parce que le photographe de cette année, pour les, fort attendues des parents, photos de classe, n'était pas l'habituel, et s'y prenait comme un manche.
Ah bon y'en a tant que ça? Ben oui, 30, 28 et 27, normal monsieur.
Bon on les assoit et vous me les faites paser à mesure.
Heu monsieur, ils ont 3 ans  certains 2, ce ne sont pas des choses, hein.
Ha ok, bon allez toi là, mets toi là
(regard ahuri et proche des larmes du gamin)
etc..
En clair,  il n'avait pas le feeling ni pour leur parler, ni pour les faire rire, ni pour comprendre qu'on ne fait pas des natures mortes, là..il faut un peu de théâtre pour captiver les enfants de cet âge.
Il a même fallu lui prouver que l'endroit habituel choisi depuis des lustres pour les photos (situation lumineuse, fond et espace) était le bon, et non sa volonté de mettre tout le monde dehors (il fait froid).
 ....quand il a commencé à me causer du soleil qui lui arrivait dessus dans la salle (un endroit justement exempt de toute ouverture) et qu'il y avait trop d'enfants habillés en bleu, et autres bizarreries, je l'ai un peu moqué.
Je sais, c'est pas bien mais bon... j'ai passé 8 ans avec un dingue de photo, hein, faut pas trop me raconter de bobards.
Enfin, heureusement que les mômes étaient de bonne composition, parce que ça aurait pu virer, chez les PS aux pleurs généralisés, chez les miens, à l'agitation (z'en avaient marre d'attendre le bon vouloir du bonhomme, et ne comprenaient pas ses demandes, alors pour rester tranquilles et sourire...)  et chez les GS.. bon les GS, on peut mieux les raisonner, mais, d'après NioucollègueGS, il était temps que ca finisse.

Oui le relationnel fait la plus grande partie de ce qu'il se passe dans une école.
Par Maybe - Publié dans : L'écorce du boulot
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Samedi 7 novembre 2009
Lorsqu'on communique, il faut toujours compter avec le prisme langagier des locuteurs, vocabulaire, syntaxe et vécu différents pour expliquer une même chose, cela peut aboutir à des malentendus, quiproquos et autres interlocages  (oui, ben quoi, et alors?vous préférez interloquement?).
C'est encore plus vrai avec les jeunes enfants: il faut décrypter et les amener à causer correct.
Mais surtout décrypter.
Au delà des syntaxes approximatives, du manque de vocabulaire ou du sens que certains mots/expressions acquièrent dans la famille et qui n'est pas exportable, les simples déformations qu'ils font subir aux mots peuvent se révéler savoureuses.

 Par exemple (à vous de décrypter):
- Nan, mais maicreffe, fuis possipé.
- Oh mais scotch y me suit partout
- Benoît girafe est parti?
- Maicresse, yapu de pot à lin.


.. zut j'ai un blanc dans ce que j'avais en tête pour vous le mettre ici.
Bon ca reviendra à mesure.

Edit de lundi midi: bah non c'est point reviendu, en fait, ils m'en sortent au bas mot 10 par jour et un fichier  écrase l'autre :-))
J'essaierai de vous en reproposer une autre fois.
Donc les soluces:
- Nan, mais maicreffe, fuis possipé.=> non mais maicresse, [je peux pas me lever tout de suite des toilettes] je suis constipé;
- Oh mais scotch y me suit partout => Scotch est la déformation, par Accraaddict qui donc s'en plaignait, de 'Scott';
- Benoît girafe est parti? => cette girafe mal venue est la déformation de Gérard (oui les prénoms composés des fois... j'en ai certains en tête, qui ne sont point de hannetons piqués);
- Maicresse, yapu de pot à lin. => en effet: sopalin;
Mais là où je vous ai facilité la tâche c'est que j'ai séparé les phonèmes  en mots intelligibles  à l'écrit.
Bravo aux participant-e-s.....

A part ça le programme-unique-mur-berlin sur radio france est assez laxatif je trouve: mon réveil ne m'a point plu et vu ce que la tv propose, je trouve qu'on frise l'overdose media.
Mais bon, faut dire que je m'en souviens, de 89, à titre perso aussi, alors flûte.
[ceci était mon grmbl du jour]
Par Maybe - Publié dans : Oboulo !
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Jeudi 5 novembre 2009
Hé bien devinez donc ce qu'a fait Blondin à la récré ce matin, Blondin dont je vous causais hier, et auquel j'ai dit, devant son père, que si ça n'allait pas, s'il avait peur, etc, il devait rester dans mon orbe?
Oui, parce que le post d'hier devrait vous donner des indices pour comprendre ce qu'il se passe dans la tête de Blondin et donc comment est, et sera, la suite de son comportement.
Et comme ça s'est vérifié tout à l'heure.....
Allez, à vous Cognacq-Jay :-)

Edit:
en effet Rififi, Cognacq-Jay ne répond plus: y'a degun ou bien?
Bouhouhou où êtes vous, les gens de l'internet mondial?

Or donc Blondin.
Rassuré par ma propale de suveillance accrue de sa personne, il est allé s'adjoindre au groupe des bagarreurs et, même s'il n'est pas un violent, il s'est payé le luxe de se défendre et plus encore faire mal à une paire d'entre eux.
J'ai demandé à Carrésouple et TaïPhong de bien vouloir regarder avec moi et donc être témoins, au cas où, car je pense vraiment que si je raconte aux parents de Blondin que leur fils est devenu un gamin comme les autres -eux le voient comme un angelot- ils ne me croiront pas.
Enfin, Blondin a donc pris sa part dans le groupe agité, il avait déjà sa place dans celui des calmes, ce qui donc veut dire qu'il se sent de taille à 'exister' dans la complexité des relations, cad où tout n'est pas blanc ou noir, où s'imbriquent amour et haine,  où le corps joue son rôle majeur- surtout à cet âge là- et où toute la question est celle de la limite.
Bref, je préfère le voir bouger comme ça, et apprendre donc que la violence ne résoud rien même si elle est, pour lui,  fascinante dans un premier temps, que comme un santon autolimité, cad en pleine frustration.
Il vaut mieux apprendre que les émotions colériques peuvent passer par autre chose que l'expression physiquement percutante à 4 ans qu'à 14: ca fait moins de dégâts.
Entendons nous bien je ne prône pas la violence, je fais juste le constat que ne rien s'autoriser en termes d'agitation dans une cour d'école et donc rester dans le fantasme parental de l'angelot inaltérable,  inacessible aux humeurs, est sans doute pas mal restricteur d'identité.
 
Par Maybe - Publié dans : L'écorce du boulot
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Mercredi 4 novembre 2009
Vendredi veille de vacances (VVV), 16:30, je suis au bord de l'évanouissement, j'ai annoncé en réunion de parents que le vendredi soir sauf urgence absolue, je ne suis pas dispo car je pars très vite, mais MamandeBlondin veut me voir.
Cette dame est tout à fait sympathique et intéressante, j'ai déjà parlé avec elle d'autre chose que d'école, mais qqes petits trucs me chiffonnent, dont par exemple la volonté du couple parental de ne pas mettre l'enfant à l'école l'après-midi, au motif de lui permettre de dormir, ce qui m'oblige à jongler pour qu'il fasse effectivement bien tout ce qui se passe en classe, mais il n'empêche qu'il loupe des trucs.
J'ai donc moult fois expliqué aux 2 parents qu'à partir de novembre je voulais le voir un peu plus le gamin, et, chance, le petit a dit pareil à ses parents: ben oui forcément, il sent bien, et il voit d'ailleurs, qu'il loupe des choses,qu'une partie du vécu de groupe lui manque etc.
Les parents ont bien reconnu aussi qu'ils se faisaient plaisir en s'occupant de leur enfant les aprème... donc on peut se dire que ces adultes là seront des parents d'élève accessibles à la compréhension de ce qu'il en est de la vie de groupe et ses  ennuis.
Sauf que j'attendais l'écueil, et qu'il est arrivé, fatalement.

Car Regarquipart, dont je causais ici  a des comportements violents, au sujet duquel d'autres parents sont  venus me demander s'il se passait qqchose pour qu'il se calme- en ajoutant: on le connaît depuis l'an passé, on sait que c'est pas facile, mais comment se fait-il que tout soit reparti de façon si virulente alors qu'il y avait eu une phase de mieux en fin d'année de PS? Ben oui, il a grandi, il fait plus fort, plus vite et plus mal et les parents ont arrêté le suivi.
Depuis le début d'année de MS je parle avec les parents de Regardquipart pour que ceux ci appellent la psyscol afin de faire un bilan.
Lorsque le père l'a vue l'an dernier ça ne s'était pas super bien passé, je comprends qui'll l'ait pas envie de la revoir, sauf que pas le choix: il faut, puisque depuis le post auquel je vous ai renvoyé-e-s, il ne s'est rien passé et que donc je mets en place l'Equipe Educative: le protocole suppose de passer par la psyscol, pas le choix.
Parallèlement, pour être sûre que les choses aillent vite, j'ai donné au paternel les réfs du Camsp, et la PMI est sur le coup aussi.
Bref, demain, va falloir ré-insister.

Blondin est un petit gentil, intelligent, un peu surprotégé mais pas imbu de lui même, pas bagarreur, mais... ces temps derniers il est allé voir Regardquipart se bagarrer avec ses potes favoris d'un peu près et a donc pris qqes poussées ou coups.

Donc VVV, 16:30
Je sens MamandeBlondin sur les dents, mais je n'ai aucune envie d'épiloguer, trop crevée, et pressée aussi, j'ai à faire après.
Elle commence, et je m'en doutais, sur le fait que son fils se plaint de ce qu'on lui fait dans la cour.
Le 'on' étant qui vous savez et que j'ai nommé, histoire que la conversation accélère.
'Moi j'écoute beaucoup mon fils..'
Ok.. et moi j'écoute pas, peut-être.. mais tout est dans le 'beaucoup'.. ce 'beaucoup' est parfois trop, mais elle est trop énervée pour entamer qqchose.
"Il se passe dans cette cour, des choses qui ne devraient pas s'y passer.."
Ha alors là sorry, faire tomber, taper, bagarrer, c'est banal, bien obligée de lui dire qu'une cour d'école ce n'est pas de la poésie pure, au contraire...ce n'est pas que les choses qui s'y passent sont inenvisageables entre enfants, c'est juste qu'elles sont concentrées dans le temps, dans la cause et dans les effets.
Mais bon, je la laisse vider sa colère... et d'ailleurs:
" Moi la violence, je peux pas, ça me met en colère..."
Tiens, tiens, intéressant... je me livrerais bien à une petite analyse sauvage là, mais bon...
Bref, elle vide son sac. Et quand je la sens mieux:
Je lui dis que les choses sont en cours pour Regardquipart, que Blondin est parfois fasciné par ce qu'il fait et que donc il s'en approche de trop près,  qu'on va veiller un peu plus sur lui dans la cour, et que je suis désolée mais que je m'en vais là tout de suite.

Demain donc dès l'arrivée en classe, je dirai haut et fort à Blondin de rester proche de moi à la récré...
A qui amènera Regardquipart de contacter la psyscol ça urge...
A toutes celles et tous ceux qui se plaignent de Regardquipart de nous faire confiance pour faire avancer le schmilblick
Aux gamin-e-s qui veulent jouer  à la bagarre avec Regardquipart (ben oui, y'en a 4 ou5 qui aiment ça.. et évidemment ça finit mal) de faire autre chose, sinon je punis-assis toute la brochette.
Sauf Regardquipart, qu'il est quasi impossible de tenir assis.
Bref, demain.... on recommence...
Par Maybe - Publié dans : Oboulo !
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Mardi 3 novembre 2009
Un vrai pbme pour pas mal de gens, c'est le mal-dormir.
Notamment pour être efficace dans sa journée de boulot.
Zoner sur un bureau, encore, bon, on peut se dire que la moindre dépense physique permet de garder un peu de peps pour le reste.
Mais dans le nôtre, de zinstit de préélem, il fournir à la fois au corps, aux nerfs, à l'adaptabilité (ben oui, même lorsqu'on n'a que la 'routine' des jours 'normaux', les enfants ça modifie la dynamique en permanence) et à la réflexion (passke sisi  faut penser :-) )
Donc quand on dort mal ou peu ou pas, on est très très mal.
Ainsi avant les vacances de toussaint je n'avais envie que de retrouver le sommeil qui me fuyait depuis la fin août, en gros.
L'insomnie, en plus, a des effets étranges: je supporte mal la lumière dans les zoreilles, le bruit dans les zyeux (ou inversement chaiplu) , j'ai tout le temps froid, et parfois un gros coup de chôôô, j'ai un mal de bide hénaurme, irritabilité à fleur de peau qu'il faut pourtant maîtriser, bref...chacun ses symptômes, mais dans ce boulot, c'est pas facile.

De fait, lorsqu'une de nous (zinstit ou atsem) arrive le matin en disant ouhlala, j'ai pas trop dormi cette nuit, on sait qu'elle va passer une journée difficile.
Et lorsque la période de mal-dormir dure... c'est l'horreur.
De fait j'ai des cycles d' hyposomnie (j'ai connu l'hypersomnie, un peu, c'est pas drôle mais bon...) et dans ces périodes là, au bout d'une paire de semaines,  je vendrais *beeeeeeep* pour m'endormir.
Ou bien pour ne pas me réveiller toutes les 2 heures (avec reprise du sommeil genre 2 h plus tard).

Et donc là, ça va mieux.
C'est vrai que quoi qu'il se passe, je me couche tôt: parce que je peux plus arquer.
Mais ça ne veut pas dire que je dorme.
Ni ne lise d'ailleurs, dans ce genre de cas, plus rien ne fonctionne. Y compris écouter la radio, tout fait mal.
Mais bon là ca va :-)
Donc je suis fit pour la rentrée de jeudi.
D'ailleurs faut que je trouve une autre zike pour faire danser mes loustics.
J'ai un truc irlandais bien fichu (de La Lugh) mais je crois que je vais prendre plus boumboum.
Ou alors, je chope un truc de MJ qu'on se marre....
Allez, dans un moment je vais dans ma classe (vide, miam) bosser un tantisoit :-)

Et vous, frères et soeurs jacques, dormez vous?dormez vous?
Par Maybe - Publié dans : L'écorce du boulot
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Lundi 2 novembre 2009
Je crois que mon pavé du jour ci dessous fait un peu peur :-)

Sinon, j'ai fini de lire le 'Petit cours d'autodéfense intellectuelle' de N.Baillargeon, que je lisais sur le net autrefois, y'a longtemps, et qu'on peut trouver en ligne ici.
L'objet livre est toujours plus facile à manier, je trouve, that's why j'ai fini par l'acquérir.
Enfin, si vous ne connaissiez pas, mais ça m'étonnerait beaucoup, jetez y un œil, parce que ça le vaut bien :-)
Par Maybe - Publié dans : Page à page
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Lundi 2 novembre 2009
Il y a toujours un moment où un penseur de quelque domaine que ce soit est d'abord un homme avant d'être un penseur.
Et donc voilà, je viens de douilletiser* Dejours.
A mon grand dam.
Pas bcp notez, parce qu’on peut lui reconnaître simplement un pbme de proportionnalité des sources du pbme, mais bon, grmbl.

Donc, avec qqes explications utilisant ses mots (lorsqu’il y a des crochets, c’est moi qui parle) , je vous fais qqes citations issues du tome 1 de 'Travail Vivant', et comme elle ne sont pas chronologiques, je ne les référence pas.
On entendra le genre selon Dejours comme suit:
“Je  crois en effet que le genre n’est pas qu’une catégorisation (socialement construite) de la différence des sexes, mais qu’il est aussi une inscription de chaque individu dans l’ordonnancement des rapports de domination”

Les rapports sociaux de genre sont indissociables des rapports sociaux de travail et ces derniers sont inévitablement en même temps les premiers, il n'y a donc pas d'indépendance entre travail et hors travail.
Le texte propose entre autres ce qu'il en est de l'identité; de l'amour, qui relève de l'identité, de l'érotique et de l'attachement; de la soumission [qui cède?] dans les rapports privés et de travail.

La reconnaissance du réel - notamment dans le travail- est un pbme majeur: tolérer en soi l'expérience du réel, cad sa résistance à la maîtrise n'est psychologiquement pas facile, c'est reconnaître l'échec et l'aménager.
Or dans la culture du travail  (et générale) où nous vivons, à savoir virilisée, vivre et surtout reconnaître l'échec est humiliant.
"Il apparaît nettement que les hommes tolèrent moins que les femmes l'expérience du réel.
Le déni est même, dans bcp de situations de travail très virilisées, au cœur des stratégies collectives de défense contre la souffrance du rapport au réel."

Or pour arriver à une habileté technique, une intelligence de la pratique, à des tacits skills (compétences tacites) il faut un effort opiniâtre qui mobilise toute la subjectivité et de l'endurance face à la succession de mise en échec par le réel.
"Il y a indiscutablement un énorme pbme de posture psychologique et professionnelle face au réel et à la question incontournable de l'échec.
Or les femmes, à cause de la domination des hommes, se trouvent très souvent confrontées à l'injustice."

Il donne l'exemple de l'infi qui va sans ordre, avec tact, éponger le front du chir qui se fatigue et s'énerve, et ainsi lui rendre du confort et calmer son énervement par ce contact corporel prévenant: c'est un savoir-faire professionnel qui ne s'apprend pas dans les livres, et ne doit pas se dire non plus: si l'infi fait remarquer ensuite au  chir qu'elle l'a ainsi aidé, il va se sentir humilié.
C'est un ‘savoir-faire discret’, une de ces tâches discrètes, dévolues aux femmes (ou aux personnes en position de soumission), qui, comme le ménage qui ne se voit que lorsqu'il n'est pas fait,  ne sont pas prises en compte par les gestionnaires, car elles ne sont efficaces que lorsqu'elles restent discrètes et qui, de plus,  sont souvent des ruses voire des infractions au règlement.

Mais qu'est-ce qui fait que les femmes recourraient moins voire pas au déni, et seraient de façon privilégiée en position de soumission dans la sphère privée comme dans celle du travail?

L'investigation clinique auprès d'enfants de 18 mois à 3 [notez, vu l'âge, qu'il y a donc déjà un substrat affectif et éducatif explicite ou tacite] montre que garçons et filles ne réagissent pas de la même façon à la perception de la différence des sexes.
"Les petites filles reconnaissent cette différence et manifestent souvent, à la suite, des symptômes qu'on reconnaît cliniquement comme relevant de la dépression et par un travail psychique de symbolisation.
Les petits garçons ont tendance à opposer un déni à cette perception de la différence anatomique et à déclencher des réactions agressives lorsqu'on insiste pour la leur faire reconnaître.
Cette part qui revient à la différence des sexes ne consiste pas à reprendre l'idée freudienne fortement contestée selon laquelle le sexuel serait phallique et le féminin castré serait le non sexuel. Elle consiste à tenir la découverte de la différence anatomique entre les sexes, non pas pour une expérience sexuelle mais pour une énigme et une question à la fois irréductible ou extrêmement excitante pour tout enfant."


De plus, là où les femmes, dans la relation privée, reconnaissent la dépendance-aliénation (qui se fonde dans l'attachement) et ce qu'elle véhicule en termes de perte de souveraineté et, tendanciellement, de soumission (donc échec et humiliation), les hommes restent dans le déni.
De même les femmes reconnaissent mieux l'absurdité et l'impasse du déni de la perception du réel, et donc [?] cèdent plus facilement que les hommes - notamment dans les crises conjugales.
"Mais j'y insiste, cet entêtement de l'homme à dénier le réel ne perdure que pour autant que cette propension au déni s'enracine dans le déni infantile opposé à la question soulevée par la perception anatomique de la différence des sexes. Le jusqu'au boutisme de l'homme qui conduit la femme à céder dans les crises conjugales ne s'alimente pas du tout au réalisme de l'homme adulte avant tout préoccupé de ses intérêts. C'est au contraire dans l'exacerbation du refus infantile de reconnaître le réel que se trouve le ressort  dernier de la détermination de l'homme à ne pas cèder.
C'est secondairement seulement qu'il exploite, dans la formation des rapports de domination vis à vis des relations de service dans la sphère domestique, l'avantage que lui apporte son irrédentisme.
Et le paradoxe, du côté des femmes, serait le suivant: c'est parce qu'elles seraient plus réalistes que les hommes que les femmes perdent la bataille de la domination."


Dans ce qui concerne la relation de soin [au corps et ses douleurs/maladies/vieilissement/odeurs/mochetés etc]:
 "Là encore les hommes font preuve d'une certaine lâcheté en se dédouanant de cette perception douloureuse et en la déléguant aux femmes. Dans le même mouvement, ils dénient les compétences que sont la disponibilité, le tact, la compassion nécessaires pour y faire face, parce qu'elles supposent la reconnaissance du réel et l'insuffisance de la science.
Ils complètent ce déni par la naturalisation de ces compétences qu'ils déclarent féminines..."


En résumé pour Dejours:
"...la domination neviendrait pas seulement d'en haut par la société mais serait promue d'en bas, par le sexuel infantile.
Quant à savoir comment, à l'intérieur de cettte économie de la domination, il est possible de conjurer la réitération des rapports sociaux de genre, il faudrait en passer par une discussion sur les chaînons intermédiaires entre l'anatomie et le politique (...)[cf NCMathieu] et la façon de les défaire.(...)
L'origine des rapports de genre est assurément non sexuelle et est une construction sociale au sens plein du terme (...).
Ce que permet l'analyse psychodynamique, c'est de récuser la thèse de l'intériorisation du social par l’apprentissage, le rapport de force ou la domination symbolique. [il parle de cette remise en cause qui serait faite notamment par J.Butler (...)
Assigner un rôle spécifique à l'infantile dans la théorie sociale a des implications dans la conception et les objectifs qu'on peut rationnellement donner à la lutte pour l’émancipation des femmes de la domination des hommes."

[Et là, la féministe de service remonte qqes pages en arrière et cite]:
"La différence entre garçons et filles vis-à-vis de l'anatomie se situe dans la façon d'interpréter ou de répondre à cette  énigme.
Le fait est que tous les petits garçons ont tendance à évacuer la question par un déni cependant que les petites filles la reconnaissent et la symbolisent.
Pourquoi donc cette différence qui n'est plus anatomique mais qui devient différence dans le travail de la pensée selon le sexe?
A cette question, on ne peut pas répondre simplement, parce qu'il faut passer par la façon dont les adultes eux-mêmes, qui s'occupent de ces enfants, répondent à leur curiosité.
Et ce qui est déterminant , ce ne sont pas du tout les réponses conscientes et plus ou moins convenues que les adultes donnent aux enfants, mais précisément ce qu’ils ne disent pas et qui vient de leur propre rapport à leur sexualité à eux, et qui agit pourtant puissamment sur l'enfant, à partir de leur inconscient sexuel à eux, ce qu'ils ne peuvent donc pas maîtiser du tout”.


Donc, grain de poivre:
On conviendra que ce qu'on ne dit pas est ce qui est communément admis comme le mode de pensée, de gestion émotionnelle et de fonctionnement général, on pourait même parler d’inconscient collectif et/ousocial, mais faisons simple.
De fait, la domination est entretenue par le haut (conditionnement social) et par le bas (infantile sexuel), ce bas est, imho, lui-même conditionné par le haut (à savoir les adultes et leurs réponses conscientes et inconscientes).
Par ailleurs, on sait que fantasme et désir sont au croisement de l’histoire singulière et du contexte relationnel et social.
Donc, je ne peux pas récuser, comme le fait Dejours ci-dessus, la thèse de l'intériorisation du social par l'apprentissage conscient ou implicite, etc

Mais passons, je peux me tromper, restons dans le texte:
à ne prendre que le raisonnement de Dejours, je lui accorde un mauvais point puisque je pense que ce qu’il décortique ne représente que les 2 faces d’une même médaille qui pèse 4 tonnes, le joug des rapports hiérarchiques (de sexe ou de genre, selon comment vous vous placez).
Le pbme est donc d'ôter ladite médaille.. un jour...

Mais pour finir positivement on va le re-citer:
" En retour, reconnaître la place du genre dans la théorie psychanalytique a des incidences majeures, à mon sens, sur l’investigation des crises conjugales et sur la pratique de la cure. Au plan théorique, elle pose aussi la question de la façon dont le genre peut aussi être refoulé et prendre place dans l’inconscient sexuel.”
Bon, on a repêché Dejours au rattrapage :-)))

* douilletiser: verbe créé par des Cdg, lorsque l'une d'entre nous s'est aperçue que contrairement à ce qu'elle pensait (et qui nous a bien fait rire) de lui, le sieur Douillet est à la fois macho et homophobe (exemple ). Ainsi découvrir et relever avec déception qu'une personne, préférentiellement un zhom, est sexiste suite à l'un de ses actes ou propos, revient à le ou la douillétiser.
Par Maybe - Publié dans : Féministement vôtre
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Dimanche 1 novembre 2009
Y'a comme un climat insurrectionnel par ici.
Mhhhh. :-)

Normalement la musique adoucit les mœurs.
Et comme on est dimanche, théoriquement, y'a zike sur ce bloug sobre et de bon goût.
Sauf que je ne peux mettre de la zike qu'à partir de Maneuvepomme (plus très neuve j'en conviens), because Mavieillepomme ne mange plus les cd depuis belle heurette.

Houlà, je sens qu'il faut que j'essplik.
3615 mavie (savais tu que je fus un temps anim sur minitel autrefois?)
Ou bien plutôt : mylife dot com.
Mon vieil Imac refuse depuis allez 5 ans en gros d'ingérer les cd, de plus il est assez vieux pour ne pas supporter des logiciels évolués et pour charger des trucs en ligne.
Donc tout ça je le fais à partir du PowerBook à condition de l'avoir ouvert évidemment.
Or ce matin, il est fermé.
Et c'est là qu'on entre dans la partie intime du pbme (haha): j'ouvre le PB le soir en me couchant, soit juste pour écouter en différé des émissions de france Q, soit pour websurfer et dodo après (et écoute de franceQ).
Or, il y a des soirs (et il y a des matins) où je ne l'ouvre plus.
Ainsi d'aujourd'hui.
Et j'ai la flemme d'aller le faire.

Comment dire: le PB est connoté dodo (lieu ou moment) ou boulot-école à imprimer (ben oui, mon imprimante n'a pas de driver pour le vieux mac).
Car c'est là que ça se corse: chaque lieu est un îlot à fonctions particulières, chaque objet aussi, qui y serait attaché.
Et par moments, aller d'un lieu à l'autre (si peu de mètres  que ce soit les séparant, c'est surtout symbolique comme vous avez compris) c'est hors de mes forces.
Pourtant, PB  sert aussi à d'autres choses mais bon, voilà: parfois certaines fonctions prennent une importance démesurée.

Donc j'ai aucune envie d'aller l'ouvrir le PB, d'autant que la moulinette m'enjoint de commencer à préparer la période scolaire qui commence jeudi.
J'irai bosser dans l'école  à partir de demain, aujourd'hui c'est nan: je me révolte contre la moulinette.
No pasara, la moulinette!

Donc pas de musique.
Écoutez donc les p'tits zoziaux et le silence du dimanche.
L'effrayant silence du dimanche.
Par Maybe - Publié dans : Humeurs, mours, murs
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Samedi 31 octobre 2009
Bon, ben au final, je ne suis pas allée faire la queue hier soir pour tenter de voir la projo/débat de 'la domination masculine'.
En même temps, je me suis couchée genre il était 20h.
Ce qui m'amène à constater aussi que la moulinette a repris dès hier et que je récupère difficilement en somme, puisque je me couche comme une poule.
Et rien à raconter.
Je me dis que la reprise de blog était peut-être simplement passagère?

J'essaie de donner du sens  à ce que je vis, et justement je n'en trouve pas vraiment.
Au moins le râlage et la colère sourde ou pas en donnait et faisait tigre dans le moteur.
Là, qqchose en moi est anesthésié.
C'est à la fois confortable et extractif.
Je veux dire ça extrait de moi ce qui fait que je suis moi.
Faut donc que je trouve un autre moi.
(ouhla très égocentré ce post).
Mfff...
Sinon il y a une paire de pages que j'aurais souhaité montrer ici, sur l'intrication des rapports sociaux de sexe dans le travail (dans le Dejours que je lis) mais à quoi bon?
Dans mon enthousiasme j'ai mis les intros, mais qui les lit?
Pourquoi vouloir faire partager des enthousiasmes?
L'enthousiasme c'est personnel en somme, chacun le sien.
En quoi est-ce que ce que je pense ou j'aime peut avoir un intérêt quelconque pour le-la voisin-e?
Quelle présomption en fait.
Bien sûr pour communiquer il fut se leurrer un tant soit peu sur le fait qu'on est tous, chacun-e de nous, seul-e-s dans nos peaux respectives.
Alors  à quoi bon?
Mffff...
Par Maybe - Publié dans : Jus de tibia
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Jeudi 29 octobre 2009
Bon, les gens, ça suffit bien de danser maintenant, on va chanter un peu.
Enfin causer.

Je voulais vous citer qqes paragraphes de l'intro des bouquins (Travail Vivant, T1 et 2) de Dejours, mais justement, tout se tient, il est difficile de ne pas tout citer, alors j'ai enrôlé GothMinou (que vous pouvez remercier en cliquant sur le Meroww) pour scanner les 2 intros.
Ensuite, j'ai mis 150 ans à les uploader grmbl, et donc maintenant, c'est à vous de bosser, vous pouvez lire les 2 intros en cliquant aux bons endroits.

Certes j'aurais aimé m'offrir le bouquin de M.Pezé, aussi, notez que la division sexuelle du travail fait qu'on entend plus les zhoms théoriser et qu'on voit plus les femmes sur le terrain.Combien étonnant.
Je ne sais pas si vous avez pu voir le doc en 2 parties diffusé sur la 3 ces derniers jours, mais ça valait le coup vraiment, comme illustration de ce que vous allez lire ci dessous (si si, vous allez lire) notamment.

En clair, nous vivons, imho, mais je peux me tromper, dans une société de la perversion, je l'ai déjà dit ici, mais il semblerait qu'une forme de prise de conscience se fasse.
Sauf qu'elle ne servira, à mon sens, que pour trouver des stratégies de management qui avanceront un peu plus masquées.
Comme au tout début de *la crise* du moment: certains ont pu penser et dire que les structures seraient modifiées, mais d'autres voix, plus pragmatiques, ont proposé que, de toute façon, les dirigeants économiques retomberaient sur leurs pattes et accentueraient les phénomènes de trusts notamment, et c'est ce qu'on voit en ce moment.
De même, la réification de l'humain ne va pas cesser: elle va changer de forme, peut-être, s'appuyer un peu plus sur l'émotionnel, donc sur la part d'intime de chacun, élevé au rang d'outil de pression, c'est tout.
Je sais, je suis super optimiste, non, ne me remerciez pas, c'est tout naturel.
Edit: une vraie bonne question est celle de la soumission librement consentie à ce modèle.

Bref, voici les scans, bonne lecture:
IntroA1 /IntroA2/IntroA3/IntroA4/IntroA5/IntroA6/IntroA7/IntroA8

IntroB1/IntroB2/IntroB3/IntroB4/IntroB5/IntroB6
Par Maybe - Publié dans : Page à page
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      Le petit zoziau va sortir...

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